Commentaire de Bernard Dugué
sur En marche vers une Assemblée Nationale dissoute dans un Occident agonisant


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Bernard Dugué Bernard Dugué 17 juin 15:22

Lasch pointe une « révolte des élites », qui n’a fait que grandir depuis un siècle -révolte qui n’aboutit pas à une insurrection, puisqu’elle provient d’un petit groupe de privilégiés, mais à un repli sur soi, loin des gens ordinaires : « Naguère, c’était la « révolte des masses » qui était considérée comme la menace contre l’ordre social et la tradition civilisatrice de la culture occidentale. De nos jours, cependant, la menace principale semble provenir de ceux qui sont au sommet de la hiérarchie sociale et non pas des masses » 2. Il n’y a pas en la matière à faire de distinction entre privé et public, entre grands administrateurs d’états et chefs d’entreprises, entre professeurs d’universités et directeurs de journaux. « Aujourd’hui, ce sont toutefois les élites – ceux qui contrôlent les flux internationaux d’argent et d’informations, qui président aux fondations philanthropiques et aux institutions d’enseignement supérieur, gèrent les instruments de la production culturelle et fixent ainsi les termes du débat public – qui ont perdu foi dans les valeurs de l’Occident, ou ce qu’il en reste » 3. L’organisation politique convient de moins en moins aux classes populaires, dont le mode de vie se trouve bouleversé par les changements qu’imposent en permanence une élite avide de changements et d’accroissement de ses profits. Ces élites ne voient plus tellement de raison de participer à une société démocratique : « Rien de ceci n’est de bon augure pour la démocratie, mais le pronostic devient encore plus sombre si nous considérons la détérioration du débat public. 


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