Commentaire de eau-mission
sur En marche vers une Assemblée Nationale dissoute dans un Occident agonisant


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eau-mission eau-mission 21 juin 14:02

@alinea

Tiens, une relance inattendue ! Merci.

Le personnage @nono est fort paradoxal. Il cultive son jardin, élève des murs de pierre sèche, lutte contre les poisons du tabac ; dans cette vie (à laquelle je crois), il manifeste un désir d’autonomie. Il nous prend à partie comme quoi, contrairement à nous, il ne s’en laisse pas compter.

Et patatrac, dès qu’il s’agit de science, il obéit comme un toutou. Tout ça nous dépasse, semble-t-il penser. Je ne reprends pas mon post plus haut en détail ; en résumé, dans l’école « de mon temps » (qui est aussi le tien et celui de @nono, comme quoi, le temps est divers) j’étais a priori l’égal de Cicéron, Montaigne, Voltaire et compagnie. Je me frottais à eux d’égal à égal, quitte à en devenir modeste. Mes copains (certains) idem.

Pourquoi @nono et @pemile se croient-ils investis de la mission de nous ramener à notre petitesse ? Peut-être n’ont-ils jamais osé ces confrontations. Ils sont restés au stade de la critique.

J’ai proposé mon exercice à @nono en pensant à une histoire vécue. Les protagonistes ne m’en voudront pas, je vais rester proche de la réalité. Avant d’oublier, tu remarqueras que @nono appelle ça une énigme ...

Il y avait donc un grand pré, avec 2 ou 3 chevaux selon l’époque. Il y venait un gars de la cinquantaine, accompagné de sa fille les beaux jours. Il y avait, au bord de ce pré, un ruisseau dont les gens proprets de la mairie avaient fait « nettoyer » les rives. Avec les arbres et branches ainsi abattus, un marteau et quelques clous, le gars avait fait un abri pour les chevaux. Ces derniers l’appréciaient fort, surtout l’été pour fuir les taons. Le gars en était intérieurement fier, se rappelant les épisodes de la construction, quand il faut faire tenir debout l’ossature.

Il y avait à côté deux jeunes charpentiers, l’un agronome diplômé, l’autre menuisier, qui dessinaient au sol les plans grandeur nature d’un moulin (la nostalgie est pourvoyeuse de travaux pour eux).

Le gars aux chevaux tirait fierté d’un « il est bien contreventé » que lui avait décerné le menuisier à propos du toit de l’abri. Il savait aussi que ce grand dadais maniait bien mieux que lui les outils de travail du bois.

Les jeunes savaient que le vieux avait quelque qualification en maths. Passant par là au cours d’une pause dans le tracé des plans et la sculpture de l’axe du moulin, les voyant compas en main, il leur soumit les mêmes exercices que ci-dessus. L’agronome défroqué résolut facilement le premier, et se laissa expliquer comment s’y prendre pour le carré. Quand le prof de maths a proposé l’exercice suivant (construire le point milieu entre A et B) le menuisier, mû par un sentiment que @nono pourrait introspectivement nous expliquer, déclara « facile ». Son copain lui tendit le compas : « vas-y ». L’homme de cheval lui sourit et reprit sa fourche.


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