Commentaire de amiaplacidus
sur Quand rien ne va


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

amiaplacidus amiaplacidus 22 juin 17:57

L’auteur tape à boulets rouges sur la proportionnelle, source, à ses yeux, de multiples désordres :

------

Imaginons ces pugilats à fleurets mouchetés, ces peaux de banane distribuées à la pelle, les concours de lèche-bottes pour gravir les sommets, avant de songer à construire un programme pour la France et les français.

------

Si effectivement la proportionnelle est source de désordre et d’instabilité gouvernementale, alors dans quel état doit être la Suisse qui connaît la proportionnelle intégrale* à tous les niveaux.

Et moi qui croyait, naïvement sans doute, que la Suisse était bien gérée avec une stabilité gouvernementale que même les dictatures n’ont pas ...

.

.

 *

Je discutais dimanche dernier avec un ami suisse (devant une bouteille de fendant), il me disait que les électeurs français n’ont pas vraiment de choix, ils sont obligés de voter ce que les instances dirigeantes du parti de leur choix veulent.

Au contraire, les électeurs suisses ont de multiples possibilités de nuancer leur choix :

Tout d’abord, les listes ne sont pas bloquées, les électeurs peuvent biffer, sur une liste, un candidat qui ne leur plaît pas, la liste conserve toutes ses voix mais le candidat biffé en perd une.

L’électeur peut ajouter, sur la liste A, le nom d’un candidat de la liste B, la liste A perd une voix, la liste B et le candidat rajouté en gagne une. Pour être valable la liste doit comporter au maximum le même nombre de noms que de poste à pourvoir.

L’électeur peut, sur une liste, redoubler le nom d’un candidat qu’il aime bien.

L’électeur peut aussi prendre une liste vierge et totalement composer sa liste personnelle, y mettre les candidats, de n’importe quelle liste, qu’il souhaite élire, chaque candidat reçoit une voix et la liste de ce candidat également une voix.

Une fois le nombre de siège, n, attribué à une liste, ce sont les n candidats de la liste qui ont obtenu le plus grand nombre de voix qui sont élus (en tout cas, cela m’aurait bien arrangé, j’aurais pris une liste NUPES en biffant certains noms et en redoublant d’autres).

Des listes peuvent s’apparenter (pour récupérer des « restes » après une première répartition des sièges) et même se sous-apparenter. Par exemple, les listes A, B, C sont apparentées, mais, en plus, les listes B et C sont sous-apparentées, après la première répartition des sièges, on regarde si l’addition des restes des listes B et C donnent droit à un siège, si c’est le cas, le siège est attribué à la liste ayant le plus fort reste ; si ce total ne donne pas droit à un siège, on recommence mais avec le total des restes de A, B et C.

Certes le dépouillement doit être particulièrement ardu, enfin avant les calculs effectués par ordinateurs, quoique la saisie des données des bulletins modifiés doit être assez astreignante.


Voir ce commentaire dans son contexte