Commentaire de Pierrot
sur Les loisirs électriques


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Pierrot 3 août 03:38

@Nicolas Cavaliere
Vous n’avez manifestement jamais fait l’expérience d’une panne d’électricité majeure.

Sans électricité, tous les appareils qui en utilisent directement ou indirectement cessent de fonctionner. Cela inclut les infrastructures d’alimentation en eau et en gaz, les équipements fonctionnant au gaz ou au fioul, les services bancaires (dont les CB et les distributeurs de billets de banque plus d’accès à l’argent liquide à terme), la majorité des commerces (plus de caisse, d’éclairage, de frigo, de four...), les centres de tri postaux (plus de courrier), les systèmes de télécommunication, les trains et métros, les stations à essence, les bornes de rechargement de véhicules électriques, les équipements industriels et domestiques, la plupart des services publics et des entreprises, etc. .

L’humanité ayant vécu sans électricité durant des millénaires, la question n’est pas de savoir si nous serions également capables de nous en passer hypothétiquement.

La question est plutôt de savoir si, en pratique, nous pourrions reprendre ce mode de vie suffisamment vite pour ne pas succomber aux privations et au chaos engendrés par une telle pénurie.

Or, aujourd’hui, très majoritairement nous ne disposons plus des moyens nécessaires à un tel retour en arrière et il nous serait difficile de les acquérir rapidement, particulièrement dans les zones urbaines où se concentre l’essentiel de la population.

En effet, cela fait longtemps que quasiment toute l’organisation de notre pays est subordonnée à l’utilisation de l’électricité, du fait notamment des mesures de transition visant à réduire notre dépendance au pétrole (développement du parc nucléaire, électrification du chauffage domestique et des lignes ferroviaires, etc.), de l’automatisation des tâches et des machines et, plus récemment, de la dématérialisation des services.

Aujourd’hui, rares sont ceux qui disposent d’un puits et d’une cheminée à bois ou d’un poêle avec la réserve de combustible nécessaire à son utilisation durablement. Quoi qu’il en soit, on peut difficilement éclairer et chauffer normalement les locaux où nous vivons et où nous menons nos activités avec des lanternes et des poêles. Quant aux bougies et aux piles électriques, elles ne durent que quelques heures et ne sont pas disponibles en quantité suffisante pour une population qui en ferait une consommation intensive.

Vivre sans électricité imposerait de ré-équiper tout le pays, de révolutionner notre économie, de réorganiser la société, de reconstruire nos villes. Et cela demanderait du temps et de l’énergie que nous n’avons plus.

Bref, en l’état, notre dépendance à l’électricité est totale, et nous en priver signifierait la perte de la majorité des moyens qui répondent aujourd’hui à nos besoins les plus essentiels (eau, nourriture, chauffage, sécurité, etc.). Ce ne sont donc pas seulement nos loisirs qui sont en jeu, c’est aussi et surtout notre survie en tant qu’individus et en tant que société organisée.


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