Commentaire de Pierre-Marie Baty
sur Le conclave de 1958, prélude du concile Vatican II


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Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 5 août 17:37

@Lynwec
On a écrit beaucoup de sottises tant sur les jésuites que sur la franc-maçonnerie. Soit par ignorance, soit par bêtise, soit par malice : les marronniers éditoriaux sont une manne régulière et certains en font leur fonds de commerce.
On leur a prêté une organisation militaire, des desseins obscurs et inavoués, le goût du machiavélisme et de la vengeance...

J’ai étudié sérieusement ces sujets et je n’ai rien trouvé de tel. Peut-être suis-je trop bête moi aussi.

Les jésuites furent chassés de France en 1763 sous la pression du clan des « philosophistes », menés jusqu’à la Cour par les écrits séditieux du Bernard-Henri Lévy de l’époque, F.-M. Arouet dit Voltaire. Qui finit sa vie bien piteusement en réclamant un prêtre pour l’extrême-onction que ses disciples campés devant sa porte faisaient barrage pour ne pas laisser entrer. On entendait, dit-on, ses hurlements et ses malédictions dans la moitié de Paris, et il fallut ensuite à ses disciples en exfiltrer le cadavre hors de la capitale, dressé et déguisé dans un fiacre pour pouvoir l’enterrer sur ses terres  à l’arrivée le cocher en était à moitié mort de terreur. Les jésuites avaient la charge de l’enseignement, ce qui ne correspondait ni aux prétentions gallicanes de la maison de France qui s’opposaient à celles du Pape, ni aux idées nouvelles propagées par les « philosophistes », ce sont les deux seules raisons pour lesquelles ils furent exclus  surtout la première. D’autres mouvements de la contre-réforme furent aussi bannis à la même époque, comme les jansénistes de Port-Royal, sur prétexte d’un augustinisme excessif, et d’où germera pendant la révolution le mouvement des convulsionnaires de Saint-Médard.

L’organisation et les activités réelles des jésuites n’ont pas grand-chose à voir avec la réputation sulfureuse qu’on leur fait.

Je dirais bien la même chose de la franc-maçonnerie ; la seule volonté hégémonique dans cette organisation provient d’une branche schismatique minoritaire au niveau mondial (le Grand-Orient de France) qui a été infectée, via la maison d’Orléans, par la philosophie totalement entriste (au sens d’une volonté de noyautage des institutions et des places de pouvoir) d’une variante sectaire nommée les « Illuminés de Bavière » après que ceux-ci aient été découverts et interdits outre-Rhin et que leur fondateur Adam Weishaupt, sorte de pervers mégalomane mais auréolé du charisme sur ses étudiants que lui procurait sa chaire d’enseignement universitaire, fût allé chercher refuge auprès d’un protecteur dans l’un des micro-états germaniques de l’époque, et par les restes d’une philosophie mythologique fantasmée (et totalement délirante) faisant remonter les secrets de leur ordre aux Templiers, issue là encore d’une ancienne obédience maçonnique germanique (la Stricte Observance) qui fut révoquée publiquement au convent de Wilhelmsbad par tous les envoyés de la franc-maçonnerie internationale de l’époque. Je pourrais rajouter Swedenborg et quelques détails mais je craindrais de vous perdre. Toutes ces informations sont disponibles et n’ont jamais été cachées.

Bien entendu, on peut aussi préférer imaginer un grand complot ; pour ma part, j’y ai vu beaucoup, beaucoup, de bêtise. À un point difficilement imaginable, si on ne se représentait que le XIXe siècle a vu naître des délires romantiques pires encore.

Cordialement,


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