Commentaire de Luc-Laurent Salvador
sur De quoi « de moins en moins » est-il le signe ?


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Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 6 août 19:31

@baliste

L’incompréhension de la culture de l’autre n’est pas un problème en soi quand les choses sont à leur place, c’est-à-dire que l’autre est à l’étranger et que l’on connaît alors le plaisir de l’exotisme. Pas de peur non plus dans ce cas.
La peur c’est quand on ne sait pas si on peut faire confiance : on sait qu’on ne connaît pas cet autre, on n’est pas sûr des valeurs qui sont les siennes tant qu’on a pas la certitude qu’elles sont semblables aux nôtres et que donc, au-delà des différences de surface, superficielle donc, il y a une similitude profonde sur ce qui compte comme, par exemple, le patriotisme.
Quand on sait que celui semble superficiellement différent a mis sa vie en jeu pour défendre la nation, alors on sait qu’il est des nôtres. C’est pourquoi le sort qui a été réservé aux harkis comme aux anciens combattants des colonies est une honte car ceux-là ont donné la preuve de leur appartenance à la nation. Ils ont payé l’impôt du sang comme dirait Philippe de Villiers.
La race fait « problème » seulement sous le rapport du « faire groupe », du « vivre ensemble » du « vivre in-simul » et donc tout tourne autour de la question de la similitude. C’est une question extrêmement délicate d’un point de vue psychologique. Il n’est pas possible d’en traiter comme ça, à la volée.
Juste un exemple : pour certains humains, leur semblable c’est leur animal de compagnie. Pour d’autres, des adultes, leurs semblables sont les enfants, pas les adultes. Etc. Chacun voit midi à sa porte. C’est donc très complexe. Mais tout tourne autour de ça. Désolé, je ne peux en dire plus mais je ferai sûrement un article là-dessus car, en plus, c’est au coeur des processus de pensée.


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