Commentaire de Mélusine ou la Robe de Saphir.
sur La télévision du futur : effrayant !


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 12 janvier 2023 08:08

Extrait sur la pensée WOKE :

De la pensée « woke »

Bien que remontant au panafricanisme protestataire du début des années 1900, lui-même nourri des antiesclavagistes du XIXe siècle sous la présidence d’Abraham Lincoln, le terme woke est issu des problématiques de justice sociale et raciale aux Etats-Unis dans les années 1960, visant à dénoncer le racisme et les violences policières*. Devenu une idéologie, il est devenu une expression fourre-tout, utilisée pour chercher la différence à même d’opposer les gens, notamment en s’opposant à l’histoire conventionnelle. Passé simple du verbe anglais to wake, qui signifie en français « se réveiller », ce mot désigne le fait d’être conscient des injustices subies par les minorités ethniques, sexuelles, religieuses, ou de toutes formes de discrimination, entraînant une mobilisation à leur sujet.

Ses figures et égéries au XXI° siècle sont parmi d’autres la chanteuse américaine Erykah Badu, le groupe de rock féministe russe Pussy Riots (dont des membres ont été condamnés à la prison pour « incitation à la haine religieuse »), le mouvement pour l’égalité femmes-hommes #metoo, les mobilisations lors des marches pour le climat, et le mouvement Black Lives Matter avec les émeutes de Ferguson (Missouri) en 2014 faisant suite au meurtre d’un jeune noir de 18 ans tué par la police. Ce dernier a fait émerger une nouvelle génération de militants antiracistes, plus présents sur les réseaux sociaux, qui dénoncent le racisme systémique et appellent les citoyens à être « éveillés » contre l’oppression subie par la population noire aux États-Unis.

Depuis, le mot s’est répandu à travers le monde au sein d’autres sphères militantes pour dénoncer toutes formes d’injustices subies par les minorités, qu’elles soient sexuelles (personnes lesbiennes, gay, bi et trans), ethniques ou religieuses, en invitant les minorités à s’unir autour d’une perception et d’une expérience partagées des discriminations. Indépendamment de la façon dont les attitudes individuelles ont pu changer, les personnes « woke » estiment que les sociétés à travers le monde demeurent inéquitables et parfois destructrices pour certaines minorités, et qu’il est nécessaire de s’attaquer aux inégalités structurelles afin de rendre le monde plus sûr et meilleur.

Ses détracteurs mettent en avant la montée d’une intolérance à l’égard d’opinions opposées et la tentative de muselage de la liberté d’expression, se traduisant par le déboulonnage de statues d’esclavagistes, l’annulation de conférences universitaires, la pression à démissionner pour nombre de responsables, ainsi que l’application d’une « cancel culture » (la culture de l’annulation) visant à ostraciser de l’espace public toute personnalité dont un propos, ou une action, est considéré comme « offensant » à l’égard des minorités.

* La grande figure du mouvement des droits civiques américains, Martin Luther King, avait exhorté les jeunes Américains à « rester éveillés » et à « être une génération engagée » lors d’un discours à l’université Oberlin, dans l’Ohio, en juin 1965.


Voir ce commentaire dans son contexte