Commentaire de Octave Lebel
sur EUROPE : nous la subissons ou nous la quittons


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Octave Lebel Octave Lebel 3 juin 09:51

La dette, un sujet récurrent qui mérite quelques éclaircissements.

Faire tomber le mur de la dette (Vaut le détour, très clair et synthétique , ne vous contentez pas du résumé ci-dessous, vous gagnerez en compréhension sur un point essentiel et donc vous gagnerez de l’autonomie de réflexion et du temps).

 

« La manière dont les États se financent les met à la merci d’un chantage du capitalisme financier. Le problème, plutôt que la dette publique elle-même, c’est bien ce chantage organisé autour d’elle. L’État refinance sa dette auprès des marchés financiers...

Dans les mois qui viennent, plusieurs de ces titres de dette arrivent à échéance. Et la BCE ayant mis fin à sa politique de rachat nets de dettes publiques, nous allons devoir refinancer au moins une partie de cette dette auprès des marchés. Jusqu’à présent, cela ne posait pas de problème particulier étant donné le niveau des taux d’intétrêt. Mais l’inflation nous entraine dans une spirale de hausse des taux. La BCE, contre tout bon sens, a annoncé pour cet été un hausse de son taux directeur. Donc l’endettement va dévenir plus cher pour les États au moment même où la banque centrale arrête son programme pour garantir leur financement...

Quand cette exception tant historique que géographique, sortie de l’esprit de néo- libéraux fanatiques, est devenue intenable pour les tenants même du statu quo dans l’Union européenne, la banque centrale a inventé un moyen de le contourner. Entre 2015 et 2022, elle a racheté sur les marchés, de la dette publique des États, pour la mettre dans ses coffres. Elle a ainsi acquis plus de 3 000 milliards d’euros de dettes des États européens. 30 % de la dette publique française est ainsi détenue par la banque centrale, et plus sur les marchés financiers. C’est ainsi, en contournant largement les traités, qu’elle a pu éviter à court terme une crise financière généralisée, la banqueroute dans plusieurs des plus grands États européens et surtout plusieurs des plus grandes banques européennes notamment allemandes...

Il faut donc profiter de l’occasion historique qui résulte des sauvetages pratiqués par la BCE dans la décennie qui vient de s’écouler. Cela nous donne une occasion historique. Notre banquier central peut acter du fait que la dette détenue dans ses caisses ne sera jamais payée, que les États n’auront plus besoin d’aller sur les marchés financiers pour la refinancer. Il peut utiliser sa capacité à créer de la monnaie pour financer les États. Bien sûr, cette opération resterait dans le cadre actuel des traités. Elle ne changerait pas d’ailleurs la nécessité de sortir de ces traités pour établir d’autres règles. Mais elle constituerait un tournant historique. Pour la première fois depuis 40 ans, la banque centrale serait en Europe du côté des peuples et de leurs États et non des puissances financières. »

 

 

https://melenchon.fr/2022/06/10/faire-tomber-le-mur-de-la-dette

 

 

 


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