Commentaire de pingouin perplexe
sur Les psychopathes d'entreprise : un risque sérieux pour la santé


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pingouin perplexe (---.---.96.18) 28 mars 2007 14:35

Un article clair et efficace qui donne un aperçu pertinent d’un phénomène effectivement prégnant dans le monde de l’entreprise, mais non uniquement. Où l’on voit, au passage, que ce sont de bons articles de vulgarisation qui aident à apprécier la portée, parfois vitale, des sciences humaines. Dans le contexte de l’entreprise, cela éclaire beaucoup de choses par rapport à la violence managériale. Ce serait à mon avis une bonne chose si les jeunes diplômés qui « débarquent » pour des premiers stages et jobs, puissent accéder à des informations de ce type. Cela devrait même, éventuellement, faire partie du bagage de survie. Lorsque l’on « débarque » en n’ayant aucune notion de cela, le fait de se trouver exposé, notamment en situation de recrutement, à des rictus « plastifiés », inexpressifs au niveau émotionnel, à une multitude de sous-entendus foireux, et à des remarques radicalement cassantes imprévues, peut s’avérer lourdement traumatique si certaines notions de sciences humaines ne préexistent pas afin de donner les mots capables de décrire l’expérience. Ce qui est aussi regrettable, c’est que les manoeuvres du P.E se trouvent aisément relayées, que ce soit dans le cadre délibéré d’un management dit d’efficacité par la peur, ou bien par un supplément d’habileté, faisant tomber les gens dans la manoeuvre façon « ce n’est qu’un jeu ». Ce qui est inquiétant, à propos du management, c’est qu’il peut bien se trouvé équipé de notions de psychologie cognitive d’une efficacité redoutable, alors que les candidats et employés s’en trouveraient dépourvus. Dès lors, il y a lieu de s’interroger à propos d’outils intellectuels qui ont bien pu se trouver forgés afin d’éclairer les comportements, et qui se trouvent aisément utilisés dans le sens de la production de casse humaine. A titre exemple, de nombreux messages dépréciatifs, répétés à l’improviste par des personnes inconnues peuvent éventuellement engrammer quelque chose comme une programmatique d’auto-destruction, qu’il sera par ailleurs bien difficile de déconstruire. Cela ne se voit pas d’ailleurs que dans le contexte de l’entreprise. Les motions hyperconcurrentielles sont généralement comprises au quart de tour par les psychopathes, et ce serait malheureusement presque leur rendre service que de considérer que ce sont tous des imbéciles. Il en est en effet qui discernent avec finesse les potentialités du « manus », de la manipulation possible dans le management, et qui s’équipent en conséquence. Il est clair que les psychopathes connaissent un certain succès dans le cadre des logiques qui préconisent une absence totale d’états d’âme. Dès lors, il semble bien que toute prise de position en faveur d’un marché dérégulé ne peut qu’en accélérer l’essor, le niveau de casse humaine devenant alors indifférent, quitte à en convaincre que la « normalité » se tiendrait à leur niveau de cynisme, et que les autres, les « naïfs » devraient se résoudre à n’être que des pions utilisables et sacrifiables à volonté. Ces propos n’ont cependant pas pour objectif de faire oublier que les psychopathes sont aussi, malgré l’étendue effrayante de la violence qu’ils déploient dans la société, des êtres humains. Il serait peut être bon, alors, dans le sens de l’intérêt commun, de cesser de donner quitus aux conditions qui contribuent à fabriquer la psychopathie et la casse qui lui est attachée.


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