jeudi 9 juillet 2020 - par rosemar

L’oiseau nous parle de délicatesse, de musique, de poésie...

 

"Ô les oiseaux chantant doux, chantant gai, chantant fort !

Compagnons des saisons sereines, 

Notes de flûtes du printemps

Et du beau temps..." (Traduction de Marguerite Yourcenar)

 

C'est ainsi que le choeur apostrophe les oiseaux, dans une célèbre comédie antique écrite par Aristophane...

 

Aussitôt, le mot "oiseau" dessine des images de délicatesse, de charme, avec sa consonne sifflante "s", emplie de douceur, avec ses voyelles feutrées... Ce nom nous fait ressentir des éclats des plumes, un velouté...
On entrevoit des envols soudains, des arabesques somptueuses dans le ciel, des duvets de lumières, des guipures aériennes sur l'azur.

Ce mot très ancien venu du latin, "aucellus", lui même dérivé de "avicellus", révèle une formation de diminutif, à valeur affective.

Le nom "avis" désigne, en latin, l'oiseau et on perçoit, aussi, toute la légèreté, l'élégance des envols de l'animal dans les sonorités de ce mot ancien...

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Le suffixe de diminutif -cellus lui confère une fragilité, une délicatesse supplémentaires. La forme moyenâgeuse de ce terme, "oisel" restitue, également, ce suffixe.

Le mot "oiseau", paraît bien loin de son ancêtre "avicellus", en raison de modifications phonétiques importantes, mais il a gardé une élégante simplicité.

Le nom grec de l'aigle, "aétos" est issu, probablement, de ce même radical ancien "avis".

D'autres termes plus modernes sont venus, au fil du temps, compléter cette famille de mots : "avion, aviateur, aviation"... et curieusement, on retrouve, presque intact, dans ces termes récents, le nom originel "avis".

J'aime ce petit mot d'autrefois qui a donné des dérivés modernes. Ce simple nom "avis" nous fait remonter aux origines les plus anciennes de notre langue, le latin et le grec.

Vivant dans les airs, dans les hautes sphères célestes, les oiseaux étaient, pour les grecs et les romains, considérés comme les messagers des dieux, ainsi leurs cris, leurs chants, leurs mouvements étaient interprétés comme des signes divins...

Les oiseaux messagers célestes aux voix diverses peuplent les arbres, les remplissent de vie, animent, de leurs envols, les jardins.

Les oiseaux virevoltent, dessinent des embruns, des volutes de lumières dans le ciel : leur nom même évoque des figures lumineuses, des tourbillons d'écumes, des envolées de mystères...

Leur nom suggère harmonie, tendresse, finesse, et éclats.

L'oiseau nous parle de délicatesse, de musique, de poésie : les chants des oiseaux, souvent associés à la poésie, accompagnent et rythment l'éveil de la nature... dès l'aube, ils envahissent les charmilles de leur mélodie radieuse.

L'oiseau dessine des volutes sur l'horizon, il décline toutes les harmonies du monde : douceur, éclats de plumes, murmures soyeux dans les arbres...

Symboles de liberté, d'élégance, les oiseaux côtoient le ciel : ces rois de l'azur représentent une beauté céleste, une part de mystère, et d'harmonie lumineuse...

 

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Un autre extrait de la pièce d'Aristophane :

 

LA HUPPE, dans le taillis. : Epopopopopopopopopopoï ! Io, Io ! Venez, venez, venez, venez, venez ici, ô mes compagnons ailés ; vous qui paissez les sillons fertiles des laboureurs, tribus innombrables de mangeurs d'orge, famille des cueilleurs de graines, au vol rapide, au gosier mélodieux ; vous qui, dans la plaine labourée, gazouillez, autour de la glèbe, cette chanson d'une voix légère : "Tio, tio, tio, tio, tio, tio, tio, tio ;" et vous aussi qui dans les jardins, sous les feuillages du lierre, faites entendre vos accents ; et vous qui, sur les montagnes, becquetez les olives sauvages et les arbouses, hâtez-vous de voler vers mes chansons. Trioto, trioto, totobrix ! - Et vous, vous encore qui, dans les vallons marécageux, dévorez les cousins à la trompe aiguë, qui habitez les terrains humides de rosée et les prairies aimables de Marathon, francolin au plumage émaillé de mille couleurs, troupe d'alcyons volant sur les flots gonflés de la mer, venez apprendre la nouvelle. Nous rassemblons ici toutes les tribus des oiseaux au long cou. Un vieillard habile est venu, avec des idées neuves et de neuves entreprises. Venez tous à cette conférence, ici, ici, ici, ici. — Torotorotorotorotix. Kikkabau, kikkabau. Torotorotorotorolililix.

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2016/05/l-oiseau-nous-parle-de-delicatesse-de-musique-de-poesie.html

 

http://www.editionsdelondres.com/Les-oiseaux

 

Vidéo :

 



85 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 9 juillet 2020 17:52

    L’oiseau qui vous parle aime bien mettre son nid entre deux bouchons.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 9 juillet 2020 18:05

      @Séraphin Lampion

      Z’avez pas honte ?


    • cyrus Parpaillot 9 juillet 2020 18:30

      A force que RM refuse les frites bien grasse , tu va te retrouver entre deux gant de toilette .Tu connait le proverbe , on est ce que l’ on mange ....si tu broute t’ etonne pas de faire miaoux et de pisser partout :)


    • troletbuse troletbuse 10 juillet 2020 22:24

      Aujourd’hui il y a de nombreux bouchons en plastique, Zut, les seins aussi  smiley


  • JC_Lavau JC_Lavau 9 juillet 2020 21:10

    « On entrevoit ». Encore et toujours ce perfide pronom indéfini, pour nous refiler autoritairement ses projections à elle qu’elle a.

    A être aussi projectif, on se ment constamment sur les autres, ici les oiseaux.

    Un chardonneret qui clame sur les toits et les arbres proclame qu’ici c’est chez lui, et que si un mâle se pointe trop près, il y aura de la bagarre. Entendu par une femelle, le chant signifie qu’il y a ici un mâle qui a un territoire, et qui est capable de le défendre, même défendre le nid contre une pie ou une corneille. Ça, ça l’intéresse.

    Et ces oiseaux n’en ont rien à foutre de nos projections à leur sujet.

    Nous non plus, n’avons rien à foutre des projections infantiles de cette égocentrique.


  • Clocel Clocel 10 juillet 2020 10:00

    Quand j’étais môme, les piafs ont les bouffé !

    Plumés, vidés, un bon morceau de lard dans le fion, roulés dans une fine tranche de ventrèche, tout ce petit monde allait faire une tournante sur le grill de la cheminée.

    Un N’hectare ! smiley


    • Clocel Clocel 10 juillet 2020 10:01

      on les bouffait... Sorry


    • rosemar rosemar 10 juillet 2020 10:03

      Mais, il n’y a rien à manger avec un piaf !


    • rosemar rosemar 10 juillet 2020 10:04

      On aime bien la provoc... sur agoravox...


    • JC_Lavau JC_Lavau 10 juillet 2020 10:11

      Les faucons hobereaux ne sont pas de ton avis. Quand leurs petits sont petits petits, ils ne leur attrapent que des libellules. Quand les petits grandissent, les parents hobereaux ramènent des oiseaux, eux aussi capturés en vol.


    • Clocel Clocel 10 juillet 2020 10:38

      Ach... Que voulez-vous ma bonne... Le pays n’est pas qu’une quo-propriété de bobos exaltés !
      Je peux vous assurer une chose, le monde d’où je viens était beaucoup accueillant que le votre, même pour les oiseaux.
      Relisez donc « La gloire de mon père », mesurez le monde que ces rustiques générations nous ont laissé, ce que la modernité va léguer à vos petits enfants.


    • Clocel Clocel 10 juillet 2020 11:13

      « Mais, il n’y a rien à manger avec un piaf ! »

      D’où l’intérêt d’en avoir plusieurs ! Les ortolans étaient un plat royal, fort apprécié par notre ex socialo-collabo-monarque à la mie de pain.

      Maintenant, la sagesse paysanne voulait qu’on les serve avec des pommes de terre, le bourre-cochon de la ferme. on usait du bon avec vergogne.


    • rosemar rosemar 10 juillet 2020 11:31

      Mais, cela n’empêche pas d’admirer et d’aimer la beauté de la nature...


    • rosemar rosemar 10 juillet 2020 11:33

      N’est-ce pas ??


    • Aristide Aristide 10 juillet 2020 11:44

      Mais, il n’y a rien à manger avec un piaf !

      C’est interdit maintenant, mais à une ancienne époque, dans une ferme des Landes près de Dax, j’avais eu l’occasion de goûter à un plat fait de petits oiseaux à la broche accompagnés de champignons. Et je vous assure que ce n’était pas rien ... De mémoire, la paysanne qui recevait, contre rétribution des « connaisseurs » nommait cela des « aoutchets ». C’est une orthographe approximative, mais j’avais entendu cela.


    • Aristide Aristide 10 juillet 2020 11:51

      Ajout.

      J’avais entendu « aoutchets », je viens de voir que c’était une déformation de l’occitan pour oiseau : « ausèths »


    • Christian Slipenfer 1er 10 juillet 2020 12:27

      c ’est pas faux !!! Rose,c’est que des vilains crakmuche,c’est pour jouer les gros dur,mais c’est des tendres en fait.


    • rosemar rosemar 10 juillet 2020 13:59

      Des êtres sensibles, en fait...


    • pierre 11 juillet 2020 17:55

      Il y a peu des abrutis mandés par la mairie explosaient des corbeaux surtout en temps de nidification, ils mettaient en sac les victimes et en faisaient un sorte de soupe, l’humain c’est super....


    • Attila Attila 12 juillet 2020 01:45

      @Aristide

      C’est interdit maintenant . . . de les commercialiser mais on peut toujours les déguster en privé. Quand on habite en pleine campagne encore un peu sauvage, les bestioles ça pullule.

      .


  • zygzornifle zygzornifle 10 juillet 2020 10:15

    L’oiseau nous parle de délicatesse, de musique, de poésie...

    Surtout le vautour de l’élysée ….


  • Attila Attila 10 juillet 2020 11:41

    «  L’oiseau nous parle de délicatesse, de musique, de poésie... »

    Çui-là aussi ?

    https://www.youtube.com/watch?v=EwKoOEqmtUA

    .


  • Christian Slipenfer 1er 10 juillet 2020 12:31

    Il faut mettre un collier avec un grelot autour du coup des chats pour éviter l’ hécatombe de ce félin chasseur.

    Les chats tuent des milliards d’oiseaux

    https://www.lefigaro.fr/sciences/2013/01/31/01008-20130131ARTFIG00711-les-chats-tuent-des-milliards-d-oiseaux.php


  • zygzornifle zygzornifle 10 juillet 2020 12:56

    Le Vilain Petit Zoziau (Ramon Pipin’s Odeurs)

    https://www.youtube.com/watch?v=YeeEOaZtSNA


  • ETTORE ETTORE 10 juillet 2020 13:56

    Bon après....Rosemar....

    Vous savez bien ce que vous allez provoquer avec pareil parution !

    Si à l’entrée de la plage, il y a marqué « Plage nudiste » ou « Naturiste » faut pas s’étonner d’y croiser des « sans plumes », les rémiges à l’air !

    Mais c’est finement joué, parce que sans en avoir l’air, de drôles de chants s’élèvent vers vous. Croyez moi, vous pouvez en jouir !


  • ETTORE ETTORE 10 juillet 2020 13:56

    « pareille »....zut !


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 10 juillet 2020 14:11

    Sur la tombe de ma mère il est inscrit : j’aurais aimé être un oiseau. SA photo est tellement jolie que je la collerais bien sur mon masque,. A ELLE. A AILE.


  • cevennevive cevennevive 10 juillet 2020 14:27

    Bonjour rosemar,

    J’aime les oiseaux, ils sont mes amis.

    Mais lorsque l’on dit à quelqu’un qu’il mange comme un oiseau quand il mange peu, on est dans l’erreur, si vous saviez ce que mangent ceux qui fréquentent mes mangeoires !

    Bon, autre chose, encore une ritournelle Italienne coquine concernant les oiseaux qui faisait bien rire mon compagnon disparu :

    L’Uccellino Della Comare - Tony Di Marti

  • cevennevive cevennevive 10 juillet 2020 15:21

    Parpaillot, je ne pense pas vous l’apprendre mais je vais tout de même dire (pour les copains) d’où vient le terme « parpaillot » pour désigner les protestants.

    Lors des assemblées du désert, dans les montagnes cévenoles, de nuit, et pour échapper aux gardes du Roi, les protestants partaient sur les chemins avec une lampe sourde. Et les petits papillons de nuit venaient tourbillonner autour.


    • cyrus Parpaillot 10 juillet 2020 16:03

      Tout a fait , 

      je suis en vivarais un peut plus au nord , 

      quand des voisin nous ont expliqué , il nous ont aussi dit que le terme de parpaillot venait du fait que les papillon de nuit , se cache dans la paille la journée .


  • cevennevive cevennevive 10 juillet 2020 16:06

    Parpaillot,

    En langue d’oc, le papillon se disait « parpailhou ». Et en patois cévenol aussi.


    • JC_Lavau JC_Lavau 10 juillet 2020 16:38

      ... et souvent couroit après les parpaillons, desquels son père tenait l’empire.

      De l’enfance de Gargantua.


  • cevennevive cevennevive 10 juillet 2020 16:12

    J’oubliais : le sauvetage du moineau est super ! Merci !

    Moi, ici, j’ai vu naître des centaines de faucons crécerelles dans mon pigeonnier depuis des années.

    Cette année, il y en un, tombé du nid un peu trop tôt, qui avait élu domicile devant la porte de la cuisine, sur le paillasson. Ses parents venait lui apporter des lézards, et un gros lézard vert lui ayant échappé il est entré chez moi...


    • cyrus Parpaillot 10 juillet 2020 17:41

      @cevenne

      L’ eleveur de chevaux sait s’ y prendre , il as bien fait de le réchauffer dans sa main avant pour que le sang circule dans ses pattes . Et quand l’ oiseaux s’ envole enfin , ce cuicui de joie est le plus beau des remerciement possible .

      Magnifique les faucon crecerelle , et ca s’ aprivoise tres facilment . 

      Si un jours tu ne vois pas les parents , tu peut faire un melange steakhaché, oeuf , et complément proteine/vitaminé https://www.boutique-oiseaux.com/blog/alimentation-des-rapaces-n33 (40-40-20) .

      Pour les lezard vert a attention ca mord et ca ne lache plus , en fait le reflexe con est qu’ on le souleve , donc si ca t’ arrive , repose le a terre il lâchera aussitôt smiley

      c’ estun peut comme les crocodile , les muscle sont fort pour fermer la bouche , mais pas pour l’ ouvrir , du coup en l’ air meme s’ il as envie il ne peut plus te lacher .c’ est pas mechant mais purement mecanique .

      j’ ais 7 chat , je sauve ce que je peut quand il me les ramene , y a pas de petit geste pour la nature , meme pour un carnivore comme moi :)

      A+


    • cyrus Parpaillot 10 juillet 2020 18:03

      au passage , méfie toi , encore un épisode cévenole assez violent qui arrive sur vous ... c’ est bien plus beau que le feux d’ artifice du 14 juillet smiley


  • troletbuse troletbuse 10 juillet 2020 22:27

    Et le merveilleux chant des étourneaux

    Qui vous laissent tous un cadeau

    Quand ils s’envolent vers le haut.


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