mercredi 14 août - par rosemar

NikanOmpa... un beau voyage musical...

JPEG

Un quatuor vocal qui nous fait découvrir la musique mexicaine et ses rythmes exotiques, c'est un dépaysement garanti et une belle découverte...

Ce concert s'est déroulé au Carré d'Art dans le cadre des festivités des Jeudis de Nîmes.

 

Des mélodies anciennes datant du 16ème et du 17ème siècles, des textes en latin, des musiques plus récentes, des chants traditionnels : voilà une beau programme permettant d'appréhender une culture musicale que l'on connaît peu.

 

Le concert s'ouvre sur des chants en latin, d'inspiration religieuse, d'abord "Coenantibus autem illis" de Juan de Lienas, mélodie apaisante, emplie de sérénité... puis, dans le même registre, Lamentatione Hieremiae de Manuel de Sumaya.

La musique sacrée nous transporte dans un monde de paix et d'harmonie : les voix nous enchantent et nous subjuguent.

"Coenantibus autem illis accepit Jesus panem 
Benedixit ac fregit deditque discipulis suis : 
Accipite et manducate hoc est enim corpus meum."

 Puis, on écoute" Xicochi ", un motet du XVIIe siècle , écrit par Gaspar Fernandes alors qu'il était organiste à la cathédrale de Puebla.

"Xicochi, xicochi, 
Xicochi, xicochi 
Xicochi conetzintle 
Xicochi conetzintle 
Caomiz hui hui Xoco dans Angelos moi 
Caomiz hui hui Xoco dans Angelos moi 
Caomiz hui hui Xoco en moi Angelos 
En Angelos moi dans Angelos me 

Alleluia Alleluia"

"Dors, dors, dors, dors 
dors 
mon enfant 
Dors, mon enfant 
En effet, les anges sont venus pour t'appeler (dans le monde) 
En effet, les anges sont venus pour t'appeler (dans le monde) 
En effet, les anges sont venus pour t'appeler (au monde) 

Alleluia, alleluia"

 

La musique exotique des mots, leurs sonorités nous font rêver et voyager vers des contrées lointaines...

Puis, c'est une mélodie emplie de gaieté et de vie qui nous enchante : Convidando esta la noche, de Juan G. Cespedes.

 

"Convidando está la noche
Aquí de músicas varias
Al recién nacido infante
Canten tiernas alabanzas
Ay, que me abraso, ay ! divino dueño, ay !
En la hermosura, ay ! de tus ojuelos, ¡ay !
Ay, cómo llueven, ay ! ciento luceros, ay !
Rayos de gloria, ay ! rayos de fuego, ¡ay !


Ay, que la gloria, ay ! del portaliño, ay !
Ya viste rayos, ay ! si arroja hielos, ¡ay !
Ay, que su madre, ay ! como en su espero, ay !"

 

"Convidando está la noche" est un chant de Noël écrit au XVIIe siècle.

Le refrain est une guaracha , une chanson de danse rapide, probablement d'origine espagnole.

 

La mélodie qui suit, intitulé Xtoles est probablement une des plus anciennes mélodies connues encore vivantes. C'est une chanson de danse guerrière maya au Dieu Soleil. C'est l'occasion de découvrir un curieux instrument de musique : une mâchoire d'âne, utilisée au Pérou ou au Mexique, cet instrument de musique est appelé également Kijada. On le percute sur le côté tout en grattant les dents comme un guiro.

Maya :

"Conex, conex palanxen, xicubin, xicubin yocolquin.
Conex, conex palanxen, xicubin, xicubin yocolquin.
Xola mayola, xola mayol, ea, ea, ea, o. 
Conex, conex palanxen, xicubin, xicubin yocolquin.

 

Xtoles se prononce chitolès

Conech, Conech pah leh chen, 
Chicoubinn, chicoubinn, yoh kol kinn. 
Conech, Conech pah leh chen, 
Chicoubinn, chicoubinn, yoh kol kinn. 
Cho-la ma-yo-la, cho-la ma-yol, è-a, è-a, è-a o.
Conech, Conech pah leh chen, 
Chicoubinn, chicoubinn, yoh kol kinn.
 

 

Allons-y, allons-y les garçons, car le soleil se lève
Allons-y, allons-y les garçons, car le soleil se lève
Cho-la ma-yo-la, cho-la ma-yol, è-a, è-a, è-a o.*
Allons-y, allons-y les garçons, car le soleil se lève."

 

On peut encore écouter"La bruja", un style de musique dit "jarocho" de la ville de Veracruz. C'est un des plus populaires airs de danse traditionnelle là-bas. 

"La bruja" veut dire "la sorcière". C'est une sorcière qui suce le sang comme un vampire. Cette chanson est l'histoire d'une vieille femme célibataire qui veut attraper un homme (au moins un !).

 

"Ay ! qué bonito es volar
a las dos de la mañana,
a las dos de la mañana,
¡ay ! qué bonito es volar,
¡ay mamá !

 Volar y dejarse caer 
en los brazos de una dama. 
Ay qué bonito es volar 
a las dos de las mañana, 
¡ay mamá !

 Me agarra la bruja
y me lleva a su casa,
me vuelve maceta
y una calabaza.

Ah !, que c'est beau de voler
À deux heures du matin,
À deux heures du matin.
Ah !, que c'est beau de voler,
Ah, maman !

 Voler et se laisser tomber
Dans les bras d'une dame.
Ah !, que c'est beau de voler
À deux heures du matin,
Ah, maman !

La sorcière m'attrape
Et m'emporte à sa maison,
Elle me transforme en pot de fleur
Et en citrouille."
 

Le récital s'achève avec le célèbre Besame mucho de Consuelo Velazquez :

"Bésame, bésame mucho Embrasse-moi, embrasse-moi beaucoup,
Como si fuera esta noche la última vez Comme si cette nuit était la dernière fois,
Bésame, bésame mucho Embrasse-moi, embrasse-moi beaucoup,
Que tengo miedo tenerte Car j'ai peur de t'avoir
Y perderte otra vez Et de te perdre après..."

 

 

Ce quatuor vocal, riche par la diversité de ses membres Ileana MUÑOZ, soprano, Zoé VAUCONSANT MASSICOTTE, contralto, Emilio GUTIÉRREZ TLACAELEL, ténor et Clemente HERNANDEZ, baryton, promeut la musique mexicaine et voyage à travers les époques.

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2019/07/nikanompa.un-beauvoyage-musical.html

 

Vidéos :

 



37 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 14 août 17:02

    Mexico se prononce « Mechico », avec un chuintement humide,

    un peu comme dans

    chat :ʃa

    schéma : ʃema

    shérif : ʃeʁif

    fascisme : faʃizm

    mais plus mouillé

    chat

    ch

    ʃa

    schéma

    sch

    ʃema

    shérif

    sh

    ʃeʁif

    fascisme

    sc

    faʃizm


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 14 août 17:05

      @Séraphin Lampion

      alors que certains ignares prononcent le « x » comme si c’était le « j » de « jota » :« meRico », ce qui est proprement aberrant


    • pemile pemile 14 août 17:14

      @Séraphin Lampion

      Mais Don Quijote ou Don Quixote ?


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 14 août 17:19

      @pemile

      voila le problème : le « x » sert à transcrire des phonèmes différents qui ont pour point commun de ne pas exister en français, et on s’emmêle les pinceaux !
      mais la jota, c’est ça.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 14 août 17:34

      @Séraphin Lampion


    • rosemar rosemar 14 août 18:32

      @Séraphin Lampion

      Merci pour cette leçon de phonétique...


    • rosemar rosemar 14 août 18:34

      @Séraphin Lampion

      J’ai transcrit phonétiquement certaines chansons... oui, la phonétique a son utilité...


    • phan 14 août 20:35

      @Séraphin Lampion
      mexico se prononce mehico au Mexique.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 14 août 20:46

      @phan

      La meilleure période pour y aller, c’est en Huin et en Huillet !


    • Attila Attila 15 août 00:41

      @Séraphin Lampion
      La prononciation du mechicain a évolué. Par exemple, à l’époque de la conquête espagnole on prononçais en castillan « Los Angeles » avec la jota pour le g. Aujourd’hui, c’est plutôt Los Andjeles.

      .


    • phan 15 août 09:44

      @Séraphin Lampion
      Le X était le symbole qui représentait le pavillon du Mexique lors de l’exposition à Séville de 1992.
      Thread : why do people pronounce « Mexico-Mehico » ?

      Why do Americans pronounce Mexico as « mehico » (emphasis on X) and San Jose as San « hose » (emphasis on « J ») ?
      Ecoutez bien cette chanson , et la prononciation de Mehico.
      Et les basques ? Lâchez les moi, je parle français comme un bâche espagnole !
      (l’habitant du Mexique s’appelle mehicano en espagnol).

    • Attila Attila 15 août 10:19

      @phan
      Javais trouvé un chiffre comme quoi seulement 10% des mehicains étaient descendants pure souche des espagnols. Pour les indiens pure souche je n’ai pas trouvé de chiffre mais l’indication qu ils représentaient une minorité un petit peu plus importante, disons 20%.
      Tous les autres, soit 65%, sont des métis (ou des créoles). Ce qui fait que 85% des mehicains ont des ascendants indiens. Pas étonnant que la prononciation et la langue diffère petit à petit de l’espagnol.

      .


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 15 août 15:04

      @Attila

      c’est un Mehicain qui tombe sur un travelo brésilien au Bois de Boulogne alors qu’il était visité Paris. Devant ses yeux effarés du Méhicain à la découverte de ses attributs, le travelo Brésilien a rigolé en disant : « J’ai déjà vu un Mexicain, mais, j’ai jamais vu un mec si con ». Il prononçait à la brésilienne.


    • phan 15 août 16:01

      @Séraphin Lampion

      Quel est le bar préféré des espagnols ?
        Le Bar-celone
      Pourquoi est-ce que les mexicains mangent-ils aux toilettes ?
        Parce qu’ils aiment manger épicé
      Que fait un cendrier devant un ascenseur ?
        Il veut des cendres
      Quel est le café préféré des espagnols ?
        Le café Olé
      Que fait un théière devant un ascenseur ?
        Elle veut mon thé
      Que dit un italien pour dire au revoir ?
        Pasta la vista
      Que dit un chihuahua japonais pour dire bonjour ?
        Konichihuahua

    • popov 15 août 16:34

      @Séraphin Lampion

      Les deux orthographes sont acceptées : México, Méjico.
      Le « x » de México ou de Quixote ressemble au « χ » (chi) grec, tandis que le « x » français ressemble à « ξ ».


    • Attila Attila 15 août 22:12

      @Séraphin Lampion
      J’étais tombé sur un blog tenu par un adolescent en séjour lingouistique au Mehique. A propos du piment dans l’alimentation :
      « Si un mehicain te dit que ça ne pique pas, c’est que ça pique.
      S il te dit que ça pique, surtout n’y touches pas ou t est mort ! »

      .


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 16 août 08:38

      @rosemar

      Pour la la prononciation du x de Mexico , il s’agit en fait d’une spirante vélaire [x] (la jota) et non pas d’une spirante plus palatalisée [ç]. Serait-ce du à une différence de prononciation selon les régions du Mexique ? 

      Par exemple, pour Oaxaca de Juarez, le nom aztèque était huāxyacac [wāšyakak wāššakak] composé sur huāx-in, l’arbre appellé en mexicain moderne guaje, et sur yaca-tl le nez, a la forme locative, d’ou le suffixe final -c. Le sens mot a mot est donc « au nez au guaje(s) », et c’est exactement ce que représente le glyphe de la ville. Le sens exact est moins clair : Le suffixe locatif -yacac a en général le sens de « a la pointe de », a l’extrémité de« , le sens pourrait donc être : au bout de l’arbre guaje, à l’extremité de l’arbre guaje. Cette traduction est la plus directe, mais je n’en vois pas vraiment le sens la reliant a la designation de la ville

      yaca-tl pouvant aussi désigner une pousse de vegetal, une autre traduction possible pourrait être »le lieu des pousses d’arbre guaje" ce qui colle mieux avec le fait que l’arbre guaje était (et est toujours) cultivé dans cette partie du mexique pour ses gousses consommables.


    • Attila Attila 16 août 21:20

      @Attila
      Je me suis un tout petit peu trompetté sur le pourcentage des descendants d’espagnols pure souche au Mehique : c’est 15% et non 10%.

      .


  • Fergus Fergus 14 août 20:00

    Bonsoir, Rosemar

    Personnellement, ma version chantée préférée de « La Bruja » est celle de Salma Hayek, tirée de la BO du superbe film « Frida » : lien.

    A propos de musique classique mexicaine, peu de personnes sont familiarisées avec celle-ci. J’ai consacré, si cela vous intéresse, un article en 2011 à ce sujet intitulé Musique : de « Sones de mariachi » à « Huapango ».

    Liens (deux superbes morceaux) :

    Huapango

    Sones des mariachi


  • phan 14 août 20:10
    Consuelo Velázquez était l’un des auteurs-compositeurs modernes les plus connus du Mexique. Elle a écrit sa chanson la plus célèbre - « Bésame mucho » - avant son 20e anniversaire. Lorsqu’on lui a demandé, des années plus tard, dont l’amour avait inspiré les paroles puissantes, elle a répondu qu’elle l’avait écrite avant même d’être embrassée, et a déclaré que toute la chanson était un « produit de l’imagination ».
    PS : NikanOmpa veut dire, « d’ici de là », en Náhuatl (langue régionale du Mexique).

    • rosemar rosemar 14 août 21:14

      @phan

      MERCI pour ces différentes versions de Besame mucho : l’occasion de découvrir celle qui a composé cette chanson mondialement connue...


    • rosemar rosemar 14 août 21:15

      @phan

      Et merci encore pour la traduction du nom de ce groupe que j’ai oublié de mentionner dans l’article...


  • Attila Attila 15 août 10:31

    Bonjour Rosemar,

    Une petite erreur de traduction de la langue indienne nahuatl dans « Xicochi conetzintle ».

    Le mot enfant se traduit par « conetl ». « Conetzintle » c’est « mon tout petit enfant ».

    .


  • Attila Attila 15 août 10:42

    Mon informatique étant en rade, je ne peux pas mettre de lien vers une vidéo.

    Je vous invite donc à rechercher une musique d’un style particulier, cela s’appelle une « negrilla », d’inspiration africaine (les anciens esclaves) :

    Tambalagumba, par le groupe « Ars longa de la Habana »

    .


Réagir