jeudi 6 août - par CHALOT

« Amédée Saint-Férréol 1810-1904 », Brioude (Haute-Loire), représentant du peuple et ardent républicain, exilé sous le second Empire

livre écrit par Julien Guérin

Editions du Boure

186 pages

deuxième trimestre 2020
 

Une biographie passionnante

Rien ne me prédestinait à lire cette biographie d'un ardent républicain de Haute Loire si ce n'est la personnalité de l'auteur, mon ami et camarade Julien Guérin militant et historien.

Les conférences historiques de Julien Guérin sont passionnantes, car vivantes et accessibles, pourquoi ne pas lire cette œuvre originale qui traite de ce 19ème siècle où la République est difficilement mais durablement installée ?

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Je ne suis pas du tout déçu du voyage et je vous invite à découvrir ce « personnage » comme l'appelle l'auteur, ses réflexions et son action politique en faveur d'une république sociale qui ne dit pas encore son nom.

Amédée Martinon de Saint Férréol né à Brioude le 29 juillet d'une famille aisée aurait pu avoir une existence calme, grâce à sa situation familiale lui assurant des revenus confortables.

Il a choisi une autre voie, moins confortable, plus incertaine en s'engageant dans les rangs des républicains fidèles à la révolution de 1789.

Orateur moyen, c'est surtout son opiniâtreté et ses capacités épistolaires qui vont l'aider dans ses combats.

Il deviendra tour à tour, maire de Brioude, Conseiller général et député.

Comme d'autres républicains, il s'oppose au coup d'Etat fomenté par le futur Napoléon et partage le sort de ses collègues... Il est exilé de force et se retrouve en Belgique, notamment où il poursuit,autrement, son combat républicain par l'écrit.

L'exil prend fin en 1870 au moment de la chute de l'Empereur....

Comme il l'a fait en 1848, notre « personnage » participe activement à l'action politique en 1870-1871, condamnant la répression sanglante qui s'abat contre les communards et en militant pour que la Résistance armée contre l'armée prusse s'organise.

Opposés au déclenchement de cette guerre, les républicains, les vrais vont comprendre que les enjeux ont changé et qu'il faut défendre la République juste proclamée mais que certains sont prêts à brader pour revenir à la restauration...

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La guerre changera de nature.

Le mouvement est faible en dehors de Paris et le gouvernement surveille les républicains notamment radicaux.

Julien Guérin contextualise l'action menée par Saint-Férréol et analyse la situation politique et les contradictions qui divisent les républicains en modérés et en révolutionnaires et les jeux politiques qui se jouent localement et nationalement.

La vie n'est pas facile et les élus municipaux sont à cette époque sous le contrôle de l'appareil central, les municipalités peuvent être dissoutes et les maires remplacés par une commission locale électorale...

Durant tout le siècle, Amédée Saint-Férréol, va avec ses amis défendre farouchement la République, prôner l'égalité et dénoncer les injustices sociales. Sans être socialiste - le mouvement ouvrier est en voie d'organisation - il se prononce et agit pour l'Emancipation…

Il est à la fois sur place dans sa ville, dans son département pour mener les combats électoraux et faire aboutir des projets et à la fois sur la scène politique nationale côtoyant les plus grands comme Victor Hugo...

C'est une traversée vivante du siècle que nous offre Julien Guérin qui réussit à nous passionner en évoquant la vie publique et l'action d'un élu enraciné dans son territoire.

Jean-François Chalot



4 réactions


  • Septime Sévère 6 août 13:12

    Son grand-père Saint-Férréol fut anobli par Louis XVIII peu clairvoyant. Louis XVIII étant mort en 1824, Amédée est devenu noble au pire à 14 ans. Il s’appelle donc alors de Saint-Férréol, que cela lui plaise ou pas, même s’il a cru bon de se faire républicain. 


  • Fergus Fergus 6 août 17:52

    Bonjour, Chalot

    J’ai lu un jour quelques pages d’une publication locale consacrée à ce personnage, désormais bien oublié des Brivadois.

    A noter qu’il y a à Brioude  j’y ai des cousins  une rue et un quartier Saint-Ferréol. Mais ce nom est dédié au martyr chrétien et non à l’ex-maire.


    • Septime Sévère 6 août 18:31

      @Fergus
      En plus de Saint-Céré ! Moi, j’en ai à Saint-Hippolyte-du-Fort et à Lamotte-Beuvron. 


    • Fergus Fergus 6 août 19:03

      Bonsoir, Septime Sévère

      Que voulez-vous ? La majeure partie de ma famille est répartie entre le Puy-de-Dôme et le Lot-et-Garonne, en passant par la Haute-Loire, le Cantal, la Lozère et le Lot.
      En revanche, personne dans le nord, dans l’est et dans le sud-est. Et du côté du sud-ouest, c’est le berceau de mon épouse. smiley

      A propos de Saint-Céré  ou plutôt Bretenoux , j’y suis retourné il y a quelques semaines, hélas ! pour y subir un premier épisode caniculaire. Ces régions sont vraiment trop chaudes. Vive la Bretagne ! smiley


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