jeudi 28 février 2019 - par Pale Rider

Ava Gardner : L’incendiaire

 

Régulièrement, je proposerai un portrait d’une femme plus ou moins connue, souvent élogieux, parfois critique, éventuellement caustique. La recette est simple : une photo emblématique. Et un texte court.

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Ava Gardner dans « Pandora »

 

(Grabtown, Caroline du Nord, 25 décembre 1922 – Londres, 1990) Ava est le septième enfant offert à des paysans américains comme cadeau de Noël. Sans doute peut-on considérer qu’elle précède de quarante-deux ans Monica Bellucci en matière de beauté féminine absolue, elle que l’on qualifia de « plus bel animal du monde » ou de « déesse », ce qui est contradictoire et prouve bien qu’aux hommes elle faisait perdre la tête. Déesse, c’est à peu près littéralement le rôle qu’elle tient dans le troublant Pandora où elle incarne la femme que doit retrouver le Hollandais Volant pour échapper à l’errance perpétuelle, sur fond de mythes grecs et pagano-chrétiens. Elle y est totalement fascinante, à la fois naturelle et irréelle, venue d’on ne sait où et allant on ne saura où, quelque part dans l’éternité.

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À part cela, cette créature au regard de braise et à la splendeur majestueuse ne fut guère passionnante. C’était l’époque où les femmes belles devaient laisser l’intelligence aux hommes, surtout à ceux qui rêvaient de les consommer. Ava n’était pas idiote, mais elle ne sut pas conduire sa vie. Auto-exilée en Espagne, elle s’accommoda très bien de la cruauté du franquisme et des corridas et passa son temps à boire sans que l’effleure l’idée de militer pour une cause même modeste. On aurait voulu cajoler cette splendeur ingérable, lui apprendre à être aimée : son visage aux pommettes sculpturales exprimait une soif que plusieurs ont cru pouvoir étancher, avant de se servir sur « l’animal » sans prendre le temps de se donner à elle. Aimée, elle ne le fut pas ; convoitée, tout le temps. Le plus incroyable, c’est que, malgré des décennies d’excès (moindres, affirmait-elle, que ce qu’on en racontait), elle sera restée très belle jusqu’à plus de 50 ans et encore très regardable quand sa robuste carcasse de paysanne finit par capituler, à l’âge étonnant de 67 ans. Ava Gardner aura été une femme au physique atrocement parfait, qui aura eu une existence ratée, malheureuse, déglinguée et finalement solitaire. Jamais on n’aura autant ressenti le décalage entre un regard aussi sublime et une vie affective aussi désarticulée, entre un visage qui avait un goût de paradis et une biographie qui laisse un goût d’incendie.



9 réactions


  • velosolex velosolex 28 février 2019 13:08

    Est ce un article, ces quelques lignes. Plus pales qui riders. 

    Ca me rappelle le coté r redondant « des chefs d’œuvres du cinéma » de je ne sais plus raseur, qui tentait de faire salon. Ah oui Cristophe gros croupon, le nom me revient. On ne le voit plus...Aurait il surgi sous un autre avatar ? A quand un article sur les clones, les doubles, et les faussaires au cinéma ? 

    Désolé, mais je n’arriverai pas à rebondir sur des termes comme « plus bel animal du monde ».


  • Taverne Taverne 28 février 2019 14:06

    En tant que grand amateur de jazz, j’ajouterai qu’elle a été mariée au clarinettiste Artie Shaw. Celui-ci avait épousé auparavant Lana Turner (peut-être ferez-vous son portrait ?) et épousera d’autres belles actrices. En fait, il les collectionnait. Il avait...un coeur d’Artie Shaw. 


  • In Bruges In Bruges 28 février 2019 17:05

    Bon sang.. mais voilà un rude concurrent pour Rototokoriston et son billet quotidien que ce Pale Rider....

    Pour le reste, la beauté perdue d’Ava Gardner, on la préfèrera toujours quand c’est Souchon qui nous la chante que lorsqu’une pale réplique de ce vieux Clint nous l’explique.....

    Désolé.


  • JMBerniolles 28 février 2019 20:21

    Quoi de mieux pour décrire l’effet qu’elle faisait aux hommes que d’écouter Frank Sinatra chanter ’i got you under m’y skin’

    Une beauté pareille est sans doute un fardeau trop lourd. ’La comtesse aux pieds nus’ n’est pas par hasard son meilleur film.


  • Allexandre 28 février 2019 20:33

    Le symbole même de la beauté féminine et de sa puissance !! La classe en plus !!! Dans Mogambo,  Ava écarte Grace Kelly, d’une pâle fadeur, malgré sa beauté. Quant au film Mayerling, où elle n’apparaît qu’assez peu dans le rôle d’Elisabeth d’Autriche, elle efface Catherine Deneuve qui était l’héroïne. La puissance d’une beauté mûre surclasse une petite blonde sans grande envergure. C’est la dernière STAR !!


  • alanhorus alanhorus 1er mars 2019 10:15

    https://www.youtube.com/watch?v=ZEoLMFMB68Q

    trannywood...

    JFK était très proche de Marilyn Monroe Jayne Mansfield et zsazsa gabor (trois travestis secrets)

    https://books.google.fr/books?id=MybCAgAAQBAJ&q=Kennedy&hl=fr&source=gbs_word_cloud_r&cad=4#v=snippet&q=Kennedy&f=false

    https://www.youtube.com/watch?v=_h-Cy2K4gws

    https://www.youtube.com/watch?v=JHiCP1DRfds

    https://www.youtube.com/watch?v=GXQxSqPyq-8

    https://www.youtube.com/watch?v=y7gofajYvF4

    En fait le soit disant attentat de Dallas serait un faux comme l’accident de lady diana. (sources Miles Mathis )

    https://www.youtube.com/watch?v=H9sqOH0Glmk

    Il y a un grand show maçonnique pour créer des chocs psychologiques, des manipulations etc...votre article vante un épouvantail maçonnique.


    • Pale Rider Pale Rider 1er mars 2019 10:37

      @alanhorus
      La 1ère video sur YouTube est magnifique, mais quel rapport avec le transgenre ? Ça devient une mode, un mantra. Sophia Loren, transgenre ? Ava Gardner, transgenre ? Même en admettant qu’elles aient pu essayer diverses pratiques (ce dont je ne suis pas informé et à mon avis les autres pas davantage), ça ne suffirait pas à en faire des transgenres, des bi ou je ne sais quoi. En tous cas, dans leur apparence et leur style, elles n’étaient pas équivoques. D’ailleurs, il est symptomatique que plusieurs réactions féminines que j’ai recueillies (ici, et personnellement) trouvent qu’Ava était une beauté froide (! !!). En tous cas, les hommes la trouvaient plutôt bouillante. Gardner / Bowie : aucun rapport.


  • jorflim 1er mars 2019 18:45

    Vous pourriez nous expliciter les conditions contractuelle dans les quel vous produisez votre placement de théme récurrant ? Franchement, je ne vois aucune raisons sincère de le faire, puis-je savoir combien sa vous rapporte ?

    Que j’ai une chance de faire une contre-offre ?


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