mercredi 8 juillet - par Sylvain Rakotoarison

Edgar Morin, le dernier intellectuel ?

« On continue à prédire 2025 et 2050 alors qu’on est incapable de comprendre 2020. L’expérience des irruptions de l’imprévu dans l’histoire n’a guère pénétré les consciences. L’arrivée d’un imprévisible était prévisible, mais pas sa nature. D’où ma maxime permanente : "Attends-toi à l’inattendu". » (Edgar Morin, le 20 avril 2020, chez Gallimard).

Edgar Morin, le dernier intellectuel ?

Le sociologue et philosophe de la complexité Edgar Morin fête son 99e anniversaire ce mercredi 8 juillet 2020. Penseur majeur de la France contemporaine, ce presque centenaire est encore en pleine forme, il était encore sur le plateau de la matinale de France Inter le 25 juin 2020.

Je voudrais évoquer l’un de ses derniers livres. Je croyais que c’était le dernier, mais entre-temps, il a sorti encore quatre ouvrages ! Le tout dernier est paru le 20 avril 2020, dans la collection "Tracts de Crise" (n°54), chez Gallimard, "Un festival d’incertitudes", où il a réfléchi sur la pandémie de coronavirus et sur ses conséquences. Ce petit livre montre à l’évidence qu’Edgar Morin pense toujours avec une "mise à jour" exceptionnelle : ce n’est pourtant pas un commentateur de l’actualité immédiate, mais il y a ce côté d’observateur un peu excité d’un événement mondial absolument "géant", un simple virus, qui lui donne l’occasion d’affiner sa pensée, de l’adapter avec les évolutions tellement rapides du monde et de l’humanité. J’y reviendrai peut-être ultérieurement.

Le livre que je souhaite évoquer ici est un grand livre documentaire : "Les souvenirs viennent à ma rencontre", sorti le 4 septembre 2019 chez Fayard. Contenant 766 pages, cet ouvrage n’est pas à proprement parler des Mémoires, dans le sens où il ne s’agit pas de retracer sa vie de manière chronologique. En revanche, ce sont par thèmes quelques "flashs" qui lui donnent une sorte de colonne vertébrale de son destin intellectuel. Des rencontres, des émotions, des vérités… Je regrette qu’il n’y ait pas beaucoup de dates précises par rapport aux faits relatés. Mais sans doute était-ce le moyen de l’écrire sans se noyer dans des recherches documentaires épouvantables.

Edgar Morin raconte ainsi dans ce livre ses rencontres, sa période de résistance (il était lieutenant en 1944), sa période de chômage, à partir du 1er novembre 1949. Il avait même signé un article dans la revue "Action" intitulé : "Je suis un chômeur intellectuel" : « En fait, je ne repris pas ma carte du Parti, mais n’osais le dire, ce qui fait que les communistes de mon quartier à Vanves étaient persuadés que je militais à mon travail (…). Le destin me faisait travailler à ma renaissance sur le front des sciences sociales. (…) On m’avait commandé un livre sur l’homme et la mort pour la collection "Dans l’histoire" aux éditions Corrêa, et je m’étais mis à l’ouvrage, profitant de ma situation infortunée de chômeur intellectuel. ».

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Georges Friedmann (1902-1977), sociologue spécialiste du machinisme, proposa à Edgar Morin de postuler au CNRS : « Au cours d’un déjeuner (…), où je me lamente de ma triste situation de chômeur, lui, connaissant mon intérêt pour la sociologie depuis Toulouse, me suggère d’entrer au CNRS, dans la section sociologie. Pour ce faire, il faut un projet de recherche et des parrains universitaires. Je concocte un projet sur l’esthétique du monde industriel (ou de la machine), pour rester dans ses cordes, et j’obtiens des lettres élogieuses de Maurice Merleau-Ponty, Vladimir Jankélévitch et Pierre George, tous trois professeurs à la Sorbonne. La commission sociologie du CNRS me recrute comme stagiaire de recherches, c’est-à-dire en bas de l’échelle. ». Il fut recruté le 1er octobre 1950. C’était un poste révocable, donc sans garantie d’emploi à vie. Il a gravi tous les échelons jusqu’à directeur de recherches.

Edgar Morin explique comment il a été exclu du parti communiste, et ce fut pour lui un choc psychologique important : « Quand le bon secrétaire de la cellule Tousseul, concierge en face de chez moi, vint me demander de participer à une réunion, je crus que c’était une assemblée des Combattants de la paix (…) ; je mis pour l’occasion mon beau costume croisé. Quand je vis entrer Annie Besse dans le hangar où se tenaient les militants de la cellule locale, je compris tout. ». Il fut exclu en 1951 parce qu’il avait publié un article dans "L’Observateur", considéré comme un journal "traître" !

Choc psychologique : « L’exclusion du parti communiste, à l’époque (et pendant longtemps encore !), était l’équivalent de l’excommunication catholique (…). Cette marque d’infamie se surimprimait en moi à mon sentiment de non-conformité d’orphelin de mère depuis l’âge de 10 ans, qui me faisait honte au point que je n’osais l’avouer à mes camarades de classe. Il s’ajoutait à l’autre sentiment de non-conformité qui me venait de ma naissance juive. Et ma vie intérieure était elle-même exclue du regard de ma famille. (…) Cette fois, l’exclusion provoqua le rejet de très proches amis. Au cours d’une vive discussion, mon ami, mon frère, Jacques-Francis Rolland me dit dans la colère : "Je ne discute pas avec un exclu !". Et je lui répliquai : "Va donc, espèce d’inclus !". La cellule du centre d’études sociologiques voulut me mettre en quarantaine, mais son secrétaire (…) trouva des moyens astucieux pour s’y opposer. (…) Pour les sartriens des "Temps modernes", j’étais devenu un ennemi. (…) De bons amis cessèrent de me voir. ».



Bien plus tard, ce fut pour lui un brevet d’indépendance intellectuelle : « Tout cela est passé. (…) Même si j’en ai souffert, j’ai surtout été libéré, et cela dès le lendemain matin dans la soirée fatale de l’exclusion, après mes pleurs dans les bras de Violette avant de m’endormir. Quelle jouissance de redevenir moi-même ! Je n’ai jamais plus adhéré à aucun parti. Wikipédia se trompe en indiquant que j’ai été membre du PSU. Depuis 1951, je suis resté autonome et m’exprime politiquement dans les articles que j’ai pu librement publier dans "France Observateur" d’abord, puis dans "Le Monde" à partir de 1963. ».

Parmi ses nombreuses rencontres, Edgar Morin parle du psychologue social Serge Moscovici (1925-22014), promoteur de l’écologie politique : « Serge Moscovici m’a poussé à développer ma communication dans un livre qui aura le même titre "Le Paradigme perdu : la nature humaine" (1973, Le Seuil). C’est pour moi le premier livre d’anthropologie complexe, il demeure toujours ignoré dans les programmes compartimentés des lycées et universités. ».

Le lecteur y retrouve aussi le "fiston", Pierre Moscovici, au détour d’un souvenir à propos de François Mitterrand qu’Edgar Morin connaissait bien pour avoir été ensemble dans la Résistance et sur qui il avait beaucoup d’influence intellectuelle. Justement, à propos du fameux livre de Pierre Péan sur la jeunesse de François Mitterrand : « Je participai à une émission télévisée de Christine Ockrent où Mitterrand était attaqué par la journaliste et par Pierre Moscovici. J’essayai de faire comprendre que non seulement nous étions heureux du ralliement à la Résistance de vichystes à l’esprit patriote, mais que j’avais pu constater que Mitterrand était un résistant très courageux. Pendant un temps, je fus le seul à le défendre. L’homme semblait à terre et commençait à recevoir quelques coups de pied d’ex-thuriféraires. Mais, bien que très malade (nous ne le savions pas), il put redresser son image au cours d’une interview avec Elkabbach qui, du reste, ne le ménagera pas. Ceux qui l’avaient abandonné ou morigéné lui redevinrent fidèles. Je pris plaisir à le lui dire, peu après, lors d’une rencontre : "J’ai été votre Bastogne". Après sa mort, j’ai fait un article : "Le second époux de la France". ».

Edgar Morin a 99 ans, et alors ? Est-ce une raison pour arrêter de penser ? Bien sûr que non. Dans la présentation de son livre, le sociologue conclut par ces questions, par cette "obsession essentielle" : « Que puis-je savoir ? Que puis-je croire ? Que puis-je espérer ? Inséparable de la triple question : qu’est-ce que l’homme, la vie, l’univers ? Cette interrogation, je me suis donné le droit de la poursuivre toute ma vie. ». Eh bien, cher Edgar, bon anniversaire ! Et tous mes souhaits de bonne vie pour que celle-ci se poursuive à notre plus grand bonheur, celui de voir la pensée s’affiner, s’ajuster, aux caprices infâmes des temps nouveaux.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (08 juillet 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Edgar Morin, le dernier intellectuel ?

Michel Droit.
18 juin 1940 : De Gaulle et l’esprit de Résistance.
Vladimir Jankélévitch.
Marc Sangnier.
Michel Houellebecq écrit à France Inter sur le virus sans qualités.
Jean-Paul Sartre.
Pierre Teilhard de Chardin.
Boris Vian.
Jean Daniel.
Claire Bretécher.
George Steiner.
Françoise Sagan.
Jean d’Ormesson.
Les 90 ans de Jean d’O.

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25 réactions


  • Ecométa Ecométa 8 juillet 13:03

    Edgard Morin : La pensée complexe  ! Un très grand penseur.

    Il est tellement évident que ce n’est pas le « simplisme » qui mène toute chose ; mais la « complexité » ! Il n’y a que dans notre cervelle d’humain rationalo technoscientiste que les choses sont vue de la sort : la réalité des choses, celle physique comme métaphysique humaine, est toute autre !

    Ce n’est pas un savoir qui réduit tout au « simplisme » comme nous le faisons, que nous devrions élaborer, mais un savoir qui tient compte de la complexité !

    Qui de nos jour se soucie des acquits intellectuels du XX è siècle, Principe d’incomplétude, d’incertitude et d’impossibilité, issu principalement de la physique quantique, la dernière des physiques dite « paradoxale ». Des acquits intellectuels limitant la connaissance, tant dans le domaine du raisonnement que dans celui de l’action.

    Qui se soucie, aussi, du « principe cognitif » de Pascal, qui nous explique la complexité : « Toutes choses étant causées et causantes, constituées et constituantes, englobées et englobantes et toutes s’entretenant par un lien naturel et insensible qui lie les plus éloignées et les plus différentes (lien écosystémique), je tiens pour impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties  ».


    Quand Descartes cherchait encore, et nous proposait ce puits sans fond qu’est la science, « sans conscience » ; Pascal, lui, avait déjà tout compris de la complexité des choses. 

    Werner Heisenberg, un des pères et pairs de la physique quantique, s’exprimant au sujet de la vision cartésienne du monde, écrivait que « la limitation cartésienne a profondément pénétré l’esprit humain durant les trois derniers siècles qui ont suivi Descartes et, il faudra longtemps avant qu’elle ne soit remplacée par une attitude vraiment différente à l’égard du problème de la réalité. »

    Quand Descartes cherchait encore, et nous proposait ce puits sans fond qu’est la science, « sans conscience » ; Pascal, lui, avait déjà tout compris de la complexité des choses.  

    Tout est « système » et même « écosystème » : au plan « purement physique » comme « métaphysique humain », aussi artificiel : tout est lié ! Le système est à la fois l’unité de l’élément composant et l’unité de l’élément composé ; le système c’est l’unité du savoir !


    Quand tiendrons-nous compte de la complexité des choses, ceci éviterait bien des complications ; toutes ces complications sous lesquelles nous nous enterrons !



    • Claudec Claudec 8 juillet 21:49

      Ecométa

      Et si “savoir” était simple ?

      « Ce qui manque le plus à l’homme, c’est l’esprit de synthèse. », disait Jean Fourastié.


    • Ecométa Ecométa 9 juillet 13:27

      Simplifier, oui, mais pas au « simplisme » ; surtout pas pour mieux manipuler !


    • mmbbb 9 juillet 19:54

      moi pauvre d esprit pas comprendre vous !

      Vous auriez pu éviter le poncif science sans conscience 

      Quant à l épistémologie , aucun chercheur dans ce domaine ! 


    • Ecométa Ecométa 11 juillet 12:24

      @mmbbb

      Difficile, voire impossible, de faire boire un équidé qui n’a pas soif ....

      L’épistémologie étant la discipline qui prend la connaissance scientifique pour objet ; il y a beaucoup d’épistémologues !

      https://episthist.hypotheses.org

      Ce sont assez souvent des philosophes des sciences ; mais pas que, aussi des spécialistes qui reviennent de leur spécialisation au spécieux, au fallacieux, à la manipulation. Qui ont pris conscience que les expertises sont trop souvent contradictoirement orientée en fonction de qui paye l’expertises ; trop souvent fermées sur elles-mêmes et relevant du scientisme«  : de la science pour la science et de la science imbécile !

      La science est devenue générique de savoir et du »SAVOIR« , et il n’y aurait plus de valeur et même de principe que de nature scientifique ! Au diable l’Ontologie, la Déontologie, l’Éthique et l’Altérité, renvoyées aux calendes grecques cette première »épistémologie« qui sortait l’humain de la pure croyance religieuse ! La SCIENCE n’est pas le SAVOIR,c’est un savoir particulier, parmis tant d’autres, et qui doit être qualifié de »scientifique« et non de science des sciences. 

      La science : un savoir incomplet, incertain, impossible, pour reprendre les »acquits intellectuels« du 20 e siècle issus en grande partie de la physique quantique.

      La science et son corollaire la technique sont-elles sans poser problèmes ? Non : elles en posent et même de très sérieux pour qui à un minimum de »conscience«  ! Mais la science et la technique résoudront elles même les problèmes qu’elles posent nous disent les tenants du scientisme ! C’est, là, un raisonnement circulaire, un véritable cercle vicieux ;une limitation intellectuelle qui s’apparente même à une véritable »imposture intellectuelle" !
       
      Il faut à la science, pour la maîtriser, éviter ses travers ; il lui faut quelque chose de supérieur et c’est précisément l’épistémologie !
       


    • mmbbb 12 juillet 12:14

      «  Il faut à la science, pour la maîtriser, éviter ses travers ; il lui faut quelque chose de supérieur et c’est précisément l’épistémologie ! » c est gentil de me prendre pour un ane , 

      restez avec votre suffisance


  • Rincevent Rincevent 8 juillet 13:27

    Une fois n’étant pas coutume, je crois que l’auteur a cette fois raison : au milieu d’une foule de pseudo-intellectuels formatés TV, Edgar Morin est bien un des derniers à avoir une pensée cohérente, tournée vers l’avenir et sans complaisance avec les “concepts“ actuels…


  • Gollum Gollum 8 juillet 14:03

    Je m’associe aux deux commentateurs ci-dessus pour faire l’éloge de Morin un des rares ayant compris qu’il fallait avoir une pensée « complexe » systémique.

    Un des rares aussi à soutenir la logique du tiers inclus de Stéphane Lupasco, et qui rompt avec la logique aristotélicienne si toxique en même temps que si apte à l’utilitarisme technique moderne, un personnage bien plus important que Morin, et mort dans l’indifférence générale en 1988, comme il se doit à notre époque quand un grand esprit rejoint les étoiles...

    Mais cela importe peu dans le fond. Car dans l’indifférence générale les semences du monde futur sont déjà là.. Pour qui sait voir.


  • Esprit Critique 8 juillet 17:16

    Lécher le cul , et dans le sens du poil, siouplait !

    Rokotacot et Edgar Bourrin son cousins. ça c’est sur !


  • Octave Lebel Octave Lebel 8 juillet 18:06

    Edgar Morin est un exemple redoutable, il est irrécupérable. Gare aux embaumeurs.

    Edgar Morin , un esprit libre, c’est bien le moins que l’on puisse dire. Puissant aussi qui nous incite à douter de manière méthodique et constructive des récits de ceux qui aimeraient bien penser une bonne fois pour toute à notre place. Cet homme est un exemple redoutable, il est irrécupérable. Gare aux embaumeurs.

    Le paradigme perdu : la nature humaine (Seuil, 1973 et 1979), dernières lignes du livre.

    « La pleine conscience de l’incertitude, de l’aléa, de la tragédie dans toutes choses humaines est loin de m’avoir conduit à la désespérance. Au contraire il est tonique de troquer la sécurité mentale pour le risque, puisqu’on gagne ainsi la chance. Les vérités polyphoniques de la complexité exaltent, et me comprendront ceux qui comme moi étouffent dans la pensée close, la science close, les vérités bornées, amputées, arrogantes. Il est tonique de s’arracher à jamais au maître mot qui explique tout, à la litanie qui prétend tout résoudre. Il est tonique enfin de considérer le monde, la vie, l’homme, la connaissance, l’action comme systèmes ouverts. L’ouverture, brèche sur l’insondable et le néant, blessure originaire de notre esprit et de notre vie, est aussi la bouche assoiffée et affamée par quoi notre esprit et notre vie désirent, respirent, s’abreuvent, mangent, baisent. »

    Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur (Seuil 2000), chapitre 7, l’éthique du genre humain page 135.

    « Il n’y a pas que les inachèvements démocratiques. Il y a des processus de régression démocratiques qui tendent à déposséder les citoyens des grandes décisions politiques (sous le motif que celles-ci sont très « compliquées » à prendre et doivent être prises par des « experts »), à atrophier leurs compétences, à menacer la diversité, à dégrader le civisme…..Tout cela contribue à une gigantesque régression démocratique, les citoyens devenant dépossédés des problèmes fondamentaux de la cité. »

     


  • Claudec Claudec 8 juillet 18:43

    Il est regrettable que Edgar Morin, comme tant d’autres, ait limité son observation sociologique à la nature de l’homme et ne l’ai pas étendue à sa condition.

    Sa culture marxiste l’en a probablement empêché, mais peut-être a-t-il encore le temps d’y penser.


  • Octave Lebel Octave Lebel 8 juillet 23:29

    Edgard Morin est un esprit foisonnant et méthodique qui a arpenté de long en large la sociologie, ses sources philosophiques, les sciences humaines, qui a pris le parti de l’engagement dans l’urgence d’une occupation militaire avant de mener le combat des idées et de la réflexion. Il a ensuite conduit de véritables enquêtes sociologiques de terrain avant que de proposer afin de dépasser les classements disciplinaires par un travail de publication étalé de 1977 à 2006 une méthode (publication de La Méthode, 6 volumes) afin de relier les connaissances, traduire la complexité du réel, reconnaître l’existence des êtres, approcher le mystère des choses selon ses propres mots.

    En dehors de ce travail, deux ouvrages parmi la multitude de ses publications.

    Mes philosophes,, éditions Germina 2011  (Héraclite, Montaigne, Pascal, Spinoza, Rousseau, Hegel, Marx , Freud,Jung, Heiddeger, Piaget, Jésus, Boudha, Dostoîevski, Proust,Beethoven.)

    Pour et contre Marx,Flammarion, 2010.

    Citation : « Aujourd’hui, le problème n’est plus de savoir si la " doctrine marxiste est morte ou non"…Marx doit être dépassé, c’est-à-dire intégré dans la constellation des penseurs qui peuvent éclairer notre réflexion »


     


    • Claudec Claudec 10 juillet 13:42

      À Octave Lebel (et Edgar Morin)

      N’est-ce pas le meilleur moyen – d’éclairer LEUR réflexion, plutôt que de penser à ce qui peut en faire l’archaïsme ?

      C’est ainsi que la pensée marxiste perdure en dépit de sa faillite, au point d’avoir donné naissance à la pensée unique à laquelle se réfèrent, en creux ou en relief, la grande majorité des intellectuels de toutes tendances sévissant de nos jours. 

      Lire à ce sujet “Les 7 péchés capitaux des universitaires”, du regretté Bernard Marris


  • Jonas Jonas 9 juillet 09:21

    Ce pauvre vieux sénile ne comprend rien à son époque, il a encensé l’islamiste radical Tariq Ramadan, celui qui veut bâtir une société sous la charia, refusant la mixité sociale homme femme.

    « Dans le domaine politique, comme c’est le cas pour la sphère sociale ou économique, il existe aussi un cadre de référence islamique défini par le Coran et la Sunna qui correspond à peu de choses près au statut de la loi fondamentale, la Constitution, (en ce qu’elle va permettre sa formulation) vis à vis des législations nationales. [...] Ce cadre est d’origine Divine et les directives qui y sont liées sont intangible. »
    Tariq Ramadan, « Islam, le face à face des civilisations » p93

    4. Le choix du responsable de la nation (le président ou l’imâm – celui qui se place devant -) peut être délégué au Conseil de la shûra (ou aux conseils régionaux, s’il en est) mais il peut également être le fait de la population. Encore une fois, le principe de choix du peuple est inaliénable en islam ; la forme que prendra sa réalisation peut dépendre d’un grand nombre de facteurs historiques, géographiques et même culturels. L’idée d’un mandat à durée déterminée ne contrevient pas aux enseignements islamiques.

    5. Le président de la nation est donc choisi par la communauté (hommes et femmes doivent avoir le droit de participer à ce choix). Comme n’importe quel président lié par la constitution de son pays, il se doit de respecter les principes de références islamiques et en cela, il en est le garant devant le Conseil de la shûra (et devant le peuple) à qui il doit rendre compte de sa politique générale et de celle de ses ministres. C’est très exactement ce que faisait Abou Bakr et Omar, et c’est bien en ce sens que s’articulent, dans les sociétés modernes, les instances exécutives et législatives.
    Tariq Ramadan, « Islam, le face à face des civilisations » p97-99


    • Octave Lebel Octave Lebel 9 juillet 12:35

      J’ai lu l’article que vous avez mis en lien qui date du 10/10/17.Je n’y ai pas vu "un pauvre vieux sénile qui ne comprend rien à son époque" et qui encense son interlocuteur et approuve ce que vous dénoncez. Si je vous comprends bien, toute personne qui a un jour eu un dialogue avec Tariq Ramadan est susceptible de relever de cette catégorie.


    • Gollum Gollum 9 juillet 13:07

      @Octave

      Pareil. Je suis allé voir par curiosité car je me méfiais... Et rien, nada...

      C’est un peu comme si on disait que Naulleau est devenu soralien depuis qu’il a fait un livre entretien avec Soral...

      Mais bon avec Jonas c’est la norme. Pas de demi-mesure. smiley


    • Ecométa Ecométa 9 juillet 13:33

      Pauvre d’esprit...


    • Jonas Jonas 9 juillet 13:40

      « Si je vous comprends bien, toute personne qui a un jour eu un dialogue avec Tariq Ramadan est susceptible de relever de cette catégorie. »

      Vous plaisantez ou quoi ? Edgar Morin a co-écrit un livre avec Tariq Ramadan !

      En associant son nom à celui de cet islamiste, il lui a donné de la crédibilité.

      On ne dialogue pas avec un islamiste qui souhaite appliquer la charia, qui refuse la mixité sociale homme/femme, on le dénonce et on fait en sorte, surtout quand on a la notoriété de Edgard Morin, qu’il soit expulsé du territoire.

      Tarqi Ramadan a arpenté pendant plus d’une vingtaine d’années les plus grandes mosquées de France, pour y faire de l’incitation à la haine auprès des jeunes musulmans, leur expliquer qu’ils doivent se réveiller car ils sont exploités, humiliés et persécutés par un gouvernement raciste.

      Le but de Tariq Ramadan, et de l’organisation politique dont il est issu, les Frères Musulmans, est de diviser, séparer la communauté islamique de l’état français, pour préparer les musulmans à l’avènement d’un califat islamique en France.


    • mmbbb 9 juillet 21:52

      Je ne connaissais pas ce livre Vous pouvez l acheter a la FNAC 

      https://livre.fnac.com/a6497634/Edgar-Morin-Au-peril-des-idees

      sous format E BOOK 

      livre paru le 19 mars 2014 

      « resumé Rencontre inattendue : le penseur de la complexité face au philosophe théologien réformateur. L’agnostique face au croyant. Le descendant de marranes face au fils d’exilés égyptiens. Le » fréquentable « Edgar Morin face à l’ » infréquentable « Tariq Ramadan...Loin des clichés attachés à leurs noms, ce sont surtout deux intellectuels ancrés dans leur époque et dans leur culture, deux Européens déclarés qui cherchent ici une » Voie « commune, évoquent leurs années de formation et débattent, avec la complicité de Claude-Henry du Bord, sur l’éducation, les sciences, l’art, la laïcité, les droits des femmes et des minorités, le nouveau Moyen-Orient, le conflit israélo-palestinien, l’antisémitisme et l’islamophobie, la démocratie et le fondamentalisme, la mondialisation et le pardon...Deux conceptions du monde et de la foi, deux philosophies de vie qui ne demandent qu’à s’écouter. » 


      Sympa la FNAC ! Theologien réformateur ! Magnifique !  Sauf que le double langage de ce Tarik etait connu et surtout ses postions ambivalentes . Une vieille technique tant que l on est en position de faiblesse 

      J habite pres de Lyon ce type de librairies montrees dans le reportage de France 2 dont le lien a ete donne par JONAS , je les vois , Je n ai pas du tout envie de rentrer comme dans le hall de l eglise de scientologie sur les pentes . La tenuer est donnee pas l ambiance !


      Dans ce reportage, celui qui a moins de recul est un sociologue suisse : Coincidence de la cecite de ces deux sociologues ? 


      Quand on pretend avoir une pensee complexe , autant eviter de discourir avec des personnes qui ont des pensees ambivalentes ! 

      Quoi qu il en soit , ce jour ci sort un rapport du SENAT sur la radicalisation et RAMADAN est en prison ! 





    • Octave Lebel Octave Lebel 10 juillet 11:29

      Tariq Ramadan est un tenant de l’islam politique qui avance masqué. Il est très habile et cultivé et s’appuie dans ses déclarations publiques et ses écrits sur des références à la philosophie gréco-latine, chrétienne, celle de l’humanisme laïque ainsi que sur les conceptions de l’état de droit pour asseoir son influence et sa crédibilité  tout en distillant l’idée que les musulmans ne sont pas respectés parce que musulmans et que la culture musulmane serait reconnue sans aucune valeur et à ce titre non respectée. Cette approche est redoutable parce le constat de n’importe quelle discrimination ou injustice devient la preuve de la véracité de ces affirmations et conduit à une intervention en tant que musulman dans le champ de l’organisation politique et de la citoyenneté. Et évidemment à une remise en cause pas à pas de la laïcité qui fonde la citoyenneté sur l’appartenance à un état de droit dont aucune religion ou croyance particulière ne peut être la référence. Le piège est bien tendu. Cette manœuvre met mal à l’aise la classe politique qui joue à la fois de la surenchère verbale, du consensus mou et du clientélisme. Elle a évidemment un pouvoir de séduction auprès de la population de culture musulmane dans son ensemble, auprès de ses élites et de la jeunesse en recherche d’identité.

      Il était donc difficile de se dérober à la confrontation intellectuelle et politique sauf à laisser le champ libre auprès des personnes de culture musulmane mais aussi de nos représentants politiques inscrits dans notre société laïque dont chacun voit bien que leurs convictions sont à la fois vacillantes, fluctuantes et opportunistes.

      La plupart des politiques travaillent pour leur carrière dont l’horizon est le temps de la succession des mandatures. L’islam politique travaille sur le temps long qui est celui des rythmes de la vie des hommes. Il travaille à créer un fait sociologique pour obtenir un avantage politique. Avec sa part d’improvisation, d’opportunisme et de tâtonnements. Ne nous laissons pas instrumentaliser par les premiers non plus que par les seconds. Il serait contreproductif de confondre l’islam politique, l’islam culturel et l’islam spirituel. Ce jeu est celui de l’islam politique qui aura pour effet de diviser les forces républicaines qui se reconnaissent dans un état de droit laïque. Le danger est qu’ici certains politiques sont prêts à toutes les manœuvres signalées plus haut pour parvenir ou se maintenir au pouvoir.

      L’ouvrage « Au péril des idées, entretien avec Edgard Morin »date de 2014.Celui sur lequel je m’appuie ainsi qu’une conférence publique à laquelle j’ai assisté pour expliquer la méthode de T Ramadan « De l’islam et des musulmans  » date de 2014.Je note que cet ouvrage ne contient aucun des excès auxquels vous faites référence et qui existent bien sûr par ailleurs.

      Depuis, T Ramadan a été brutalement confronté à quelques contradictions entre son image sociale et personnelle. Aussi sa légende a-t-elle pris de nouvelles apparences et quelques yeux encore éblouis se sont ouverts ou entrouverts.

      Prenons garde à ne pas alimenter la posture de victime de la cause et les manœuvres qui perdurent.


  • zak5 zak5 11 juillet 06:24

    Bof ! Il s’est fait bananer par Tarik Ramadan


  • zak5 zak5 11 juillet 06:30

    Bof ! Il s’est fait bananer par Tarik Ramadan


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