samedi 20 juillet - par rosemar

Elles s’en allaient vers le midi, la Méditerranée...

Le texte de cette chanson de Michel Delpech, intitulée Le chasseur, débute comme un récit, avec des circonstances de temps et de lieu : "cinq heures du matin... Dans les marais couverts de brumes...", avec un verbe d'action : "on avançait..."

Le narrateur qui parle, ensuite, à la première personne, se présente "avec un fusil dans les mains." Mais le personnage reste passif.

Et, aussitôt, du récit, on passe à la description du paysage environnant, comme si ce spectacle fascinait le regard du personnage...

"Un passereau prenait au loin 
De l'altitude 
Les chiens pressés marchaient devant 
Dans les roseaux." 

L'oeil est attentif à la beauté d'un envol d'oiseau qui s'élève dans le ciel, puis aux chiens qui accompagnent les chasseurs. L'imparfait à valeur durative restitue cette envie d'observer la nature, et une forme de plénitude.

Le verbe "voir" suggère une sensibilité à la beauté du monde environnant, représentée par "un étang, des oies sauvages". Le regard s'élève vers le ciel, symbole de liberté, comme le montrent les verbes de mouvement :"passer, elles s'en allaient..."

La destination de ces oies sauvages ne fait-elle pas rêver ? Le poète évoque "le midi, la Méditerranée".

Des "perdreaux qui montent dans les nuages" traduisent, aussi, une envie de liberté, alors que la forêt est personnifiée dans cette expression : "la forêt chantait". La nature, pleine de vie, le soleil qui "brille"incitent le chasseur à abandonner sa quête de gibier pour partir "en promenade".

Le "fusil dans les mains" semble, dès lors, inutile et le poète se sent "un peu coupable", devant tant de beautés révélées par la nature.

Il s'éloigne, alors, des autres chasseurs : la solitude lui permet de vivre pleinement ses sensations : il "regarde" le "bleu du ciel, les oiseaux, les nuages". L'observation se fait plus attentive et s'élève encore un peu plus vers les hauteurs.

Le chanteur rejoint, ainsi, l'harmonie de la nature comme le suggère ce parallélisme : "J'étais bien, les oiseaux qui étaient si bien..."

D'ailleurs, le poète aspire à rejoindre ces oiseaux dans leur voyage, à les accompagner dans leur quête de bonheur, de soleil et de liberté.

La mélodie, qui va crescendo, restitue l'enchantement et l'émerveillement croissant du chasseur qui observe le paysage...

Au fil du texte les sonorités se font plus douces : on perçoit, au début, de nombreuses gutturales "r" qui traduisent une âpreté : 

"On avançait dans les marais 
Couverts de brume 
J'avais mon fusil dans les mains 
Un passereau prenait au loin 
De l'altitude 
Les chiens pressés marchaient devant 


Dans les roseaux ..."

Par la suite, ce sont les sonorités de sifflantes "s", et de chuintantes qui dominent, notamment, grâce à la rime féminine en "-age", dans les mots "sauvages, nuages, marécages, voyage."

La simplicité du style, l'évocation d'une nature sauvage, symbole d'évasion et de liberté nous donnent une leçon de vie, d'humanité, de paix et d'harmonie : comment ne pas y être sensible ? 

Comment ne pas suivre les pas de ce chasseur qui oublie son fusil, pour devenir poète et se livrer à une observation attentive des beautés de ce monde ?

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2016/01/elles-s-en-allaient-vers-le-midi-la-mediterranee.html

 

Vidéo :

 Le texte :

 http://www.lacoccinelle.net/950212.html



29 réactions


  • JL JL 20 juillet 13:20

    L’une des plus belles chansons que je connaisse.

    Michel Delpech, un grand, un très grand artiste.


  • alexis42 alexis42 20 juillet 15:45

    Faites gaffe, Rosemar ! Ce n’est pas du Mozart ou du Haydn, mais de la musique : on frôle donc le domaine réservé fergusien !


  • arthes arthes 20 juillet 15:53

    On peut le dire comme ça aussi ; https://youtu.be/vaZGmpHqnac

    Ché viens du suddd, et par tous les chémins, chy reviens !!!

    Woala hakbar !!! (humouuuuuur)


    • arthes arthes 20 juillet 17:16

      @Positronique

      Ah tiens, toi aussi tu apprécies Sardou...Sinon oui, c’est sa version à lui que je préfère.


    • rosemar rosemar 20 juillet 18:23

      @arthes

      Une autre belle chanson dédiée au Sud...


    • capobianco 24 juillet 09:08

      @rosemar
      « Le sud » de Nino Ferrer et une pochette de son album qui donne une autre image de la tenue vestimentaire, autrement plus nature et agréable que les tenues de certaines ministres...


  • S.B. S.B. 20 juillet 16:33

     des circonstances de temps et de lieu, un verbe d’action, L’imparfait à valeur durative 

    Quel dommage de traiter une si belle chanson sous l’angle d’une vulgaire méthode scolaire formatée d’analyse de texte.



    • rosemar rosemar 20 juillet 18:26

      @S.B.

      Puisque vous aimez cette chanson, vous pouvez proposer un autre article à ce sujet... sans vulgarité...


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 20 juillet 16:45

    Suis ta voie et perd pas l’nord , perd pas l’nord ...


  • Plus robert que Redford 20 juillet 22:18

    P....n !

    C’est chiant comme un cours de français au collège !


    • rosemar rosemar 20 juillet 23:23

      @Plus robert que Redford

      Encore fâché avec l’école et le collège ? Etes-vous arrivé jusqu’au lycée ??


  • UnLorrain 20 juillet 23:23

    Des circonstances atténuantes. ...à la chasse avec mon flingue,un redoutable automatique a fonctionnement inertiel qui ne peut donc s’enrayer,je bute tout ce qui vole,c’est simple. Je flingue tous ces cons de pigeons qui ne pensent qu’a bequeter sinon ils crèvent, si cons,qu’à bequeter sur routes le grains tombé de la remorque il se font aplatir par le pneumatique et ne servent alors plus a rien hormis de charogne aux corvidés et autres opportunistes.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 20 juillet 23:34

      @UnLorrain

      Tain ... Franchement tu donne une mauvaise image des ploucs que nous sommes ...pas glop .


    • UnLorrain 21 juillet 08:43

      @Aita Pea Pea

      Des ploucs que nous semblons être plutôt ! ( c’est une réplique dans je ne sais plus quel film,assez connu pourtant )


    • Raymond75 21 juillet 09:25

      @UnLorrain

      C’est parce que vous êtes un mauvais chasseur :
      https://www.youtube.com/watch?v=QuGcoOJKXT8


    • UnLorrain 21 juillet 12:18

      @Raymond75

      J’aurais bien aimé la chasse a l’époque de Mirbeau Octave qui s’y adonner. J’ai lu que Maupassant avait une passion pour la chasse « le sang ruisselant sur le plumage » ( approximatif ) écrit par Maupassant, cela le fasciné.

      Plus encore,aller a la chasse avec Pergaud Louis. ..chasse dite d’approche. La chasse de nos jours...des innombrables règlements mis en place en parallèle avec la masse de pognon qu’elle brasse. Moi...j’essaie de pratiquer ce ..divertissement ? Distraction ? Comme il y a 1 siècle.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 21 juillet 12:33

      @UnLorrain

      Me fait penser aux clampins des villes qui attendent la sortie du lapin d’un terrier gavé de toiles d’araignées. Lol


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 21 juillet 13:03

      @Raymond75

      Un classique...


  • Raymond75 21 juillet 09:23

    Merci Rosemar d’apporter un peu de fraicheur et de poésie sur ce site, de plus en plus dédié aux polémiques haineuses.

    Michel Delpech, à l’époque des yéyés, a su lui aussi apporter de la poésie dans les chansons ’pour les jeunes’, et il a eu raison : grands succès et longue carrière.


  • zygzornifle zygzornifle 21 juillet 09:40

    Bientôt grâce aux déchets plastique on pourra traverser au sec ....


  • Livide666 Lympios8 21 juillet 22:40

    ♫♪ Y avait les 4 gosses

    Et la tantine dé Burgosss Olé !♫♪♫


  • zygzornifle zygzornifle 22 juillet 15:44

    Ne peuvent plus suivre l’Aquarius pour trouver la France .... 


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