mercredi 13 septembre - par C’est Nabum

Entre Loire et Loiret

Du son et des lumières.

L’incroyable aventure

À l’invitation d’Alain T, le metteur en scène du spectacle en plein air : « Entre Loire et Loiret », j’ai accepté de participer à ce qu’on nomme un Son et Lumière sur le bord de l’affluent de la Loire. Je découvre ainsi la complexité du montage de cette incroyable organisation qui mêle toujours bénévoles et artistes un peu plus confirmés, bande son pré-enregistrée et figurants en mouvement.

N’étant pas moi-même un spectateur assidu de ce genre de spectacle, tout pour moi est nouveau. Je découvre les coulisses, qui sont en fait l’emplacement futur du public espéré. La météo joue des tours en ce début septembre et la petite laine serait fort utile si j’avais été un peu plus attentif. Qu’importe, je patiente et observe attentivement cette curieuse mécanique.

Je suis surpris tout d’abord par le rythme lent de cette répétition. Les bénévoles paraissent habitués, ils bavardent par affinité, indifférents semble-t-il aux interminables palabres qui précèdent chaque scène. Le metteur en scène doit tout rappeler, les vacances sont passées par là et les répétitions de juin sont oubliées. Il y a aussi les impondérables, les figurants absents : grand privilège du bénévolat. Il faut faire avec en croisant les doigts pour que, le grand jour arrivé, tout le monde soit sur le pont.

Des chevaux, des ânes et des mulets sont présents, attirés sans doute par la perspective du son plus que par celle des lumières qui la nuit venue, risquent de les perturber. C’est la vie en bord de la Loire et en orléanais qui va être détaillée de l’arrivée des moines à l'abbaye de Micy en 509 jusqu’à la fin de la marine avec le chemin de fer en 1850.

L’ambition est grande, d’autant plus qu’il s’agit ici de sortir de l’hagiographie habituelle, toute à la gloire des marchands pour mettre l’accent et la lumière sur les petits métiers, les gens simples qui ont participé à cette incroyable aventure. C’est une voix « off » qui sert de fil rouge au ruban bleu, symbolisé ici par son bel affluent. Le récit doit rendre compte bien sûr des aléas de la grande histoire, des invasions, des guerres, des conflits civils, des terribles travers qu’il ne convient pas de laisser dans l’ombre.

Ainsi, la part prise par la marine de Loire à la traite négrière et au commerce triangulaire ne sera pas occultée. C’est pour ça du reste que j’ai accepté d’apporter ma petite part, en survolant le récit durant une intervention en solo de dix minutes. J’avoue encore ne pas savoir exactement ce que je dirai, l’improvisation est ma plus fidèle compagne en pareille circonstance.

Mais oublions ce qui n’est encore qu’une incertaine idée pour regarder la répétition. Les ânes braient, les bénévoles rient, le soleil revient et les bénévoles vont tenter de restituer en mouvements joyeux ce que vient de leur expliquer longuement le maître de cérémonie. La bande son, accompagnée d’une musique originale offerte par un jeune créateur local, Hugues Létévé, les guide pour donner vie au tableau.

Pour l’heure, les déplacements sont incertains, maladroits, sans véritable vie. Ce doit être le prix à payer pour que tout soit réglé comme du papier à musique le jour venu. Pour l’instant, Alain T interrompt la musique et demande à ce que la scène soit recommencée. Je pense que ce n’est pas aujourd’hui encore que je glisserai ma petite partition finale. Je n’ai qu’une bien vague idée de l’ensemble, le patchwork tarde à se construire et ce doit être ainsi à chaque fois.

J’avoue admirer désormais l’optimisme et la confiance de l’équipe qui gère ce vaste ensemble. Il ont sans doute raison, la troisième répétition est bien plus convaincante. Il reste une multitude de tableaux qui doivent ainsi être expliqués, décrits, visualisés avant que d’être mis en vie. Quel travail ! Quelle patience …

La répétition se poursuit. Je comprends mieux désormais comment fonctionne ce type de spectacle. Je ne m’étais jamais penché sur cette minutieuse alchimie qui mêle hommes, bêtes, musique, bateaux, météo et décor naturel pour constituer un ensemble cohérent qui semblera couler de source le moment venu. Il en faut de la conviction pour se lancer dans pareille aventure.

La Cinescénie aura lieu le vendredi 15, samedi 16 et dimanche 17 septembre à 21 H 30 sur le théâtre en plein air du Poutyl à Olivet. Les organisateurs : Lumières et Sons d’Autrefois d’Olivet comptent sur votre présence. Deux cent cinquante personnes auront contribué à ce qui ne peut être qu’un succès si vous leur faites l’honneur de venir à leur rencontre. Merci pour eux.

 

Lumineusement leur.

Réservation ici

 



25 réactions


  • Mélusine7 Mélusine7 13 septembre 13:20

    La Loire ou le loir (Roi fainéant), trouve sa source en Belle Gicle : La LYS d’OR (dort). smiley


  • Mélusine7 Mélusine7 13 septembre 13:22

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Lys_(affluent_de_l%27Escaut).La Lys (Leie en néerlandais) est une rivière du Nord de la France et de Belgique, affluent en rive gauche de l’Escautqu’elle rejoint à Gand. L’essentiel de son cours est aujourd’hui canalisé. La rivière donne son nom aux durs combats qui opposèrent, du 23 au 28 mai 1940, les armées belge et allemande : la bataille de la Lys.


  • Mélusine7 Mélusine7 13 septembre 13:26

    Dans la nuit du 11 février 1984, au bénéfice d’éboulements souterrains la Lys abandonne sa source historique pour jaillir sous une route communale en formant un geyser de quelques dizaines de centimètres de haut. Cette nouvelle source a été aménagée par la communauté de communes et de l’association Lys sans frontières


  • Mélusine7 Mélusine7 13 septembre 13:29

  • Mélusine7 Mélusine7 13 septembre 14:21

    Votre île est aujourd’hui déserte, j’y dépose quelques uns de mes maux. Intarissable. Quel mot étrange qui lie le sable à une source qui ne se tarit point. En 1982 (j’en parle dans mon roman), je me suis proménée sur le tournage du film de Claude Miller : Mortelle randonnée. Comme toujours, en manque d’argent, Miller (suite à une annonce dans : LE SOIR), m’a proposé par téléphone de venir comme figurante. A la condition qu’en une nuit je vienne avec cinq jeunes enfants !!! Cet échange m’avait paru étrange,...(Barbe Bleue,...). Par curiosité, je suis malgré tout allée sur le tournage avec une amie : juste pour voir Adjani, mais sans me manifester,... J’ai appris bien plus tard que le fameux Claude Miller était un personnage plus que douteux. Je ne sais qui est Alain T. et je vous souhaite comme Ulysse un beau voyage,...


  • Mélusine7 Mélusine7 13 septembre 14:47

    29 eptembre 2003 : Recreatio.


     Dans les hauts-parleurs de sa voiture, Vincent D. (Delerm) se promène devant la cage des gibbons.
    Olga pense à la main géante d’un gorille posée sur le sable d’une plage dans une séquence d’un film italien qui l’avait beaucoup impressionnée (Le Musée du cinéma ce Bruxelles n’a toujours pas réussi à mettre le main sur cette séquence, mais il doit s’agir d’un film de Fellini). Les doigts de la main du gorille agrippés aux rayons du soleil tissait l’écheveau d’une rencontre, celle de la mer et du ciel. Aujourd’hui, un nouveau film est projeté sur les écrans de la nuit bruxelloise : « Bon voyage » avec Isabelle adjani. 
    Cette fois , la randonnée ne sera pas mortelle. 
    Invitée, il y a une vingtaine d’années comme figurante pour un film, Olga s’était promenée incognito sur le tournage pour voir Adjani. Celle-ci jouait une scène sur un manège dans un parc d’attraction près de l’Atomium. Comme l’héroïne du film, Olga avait aussi connu une relation difficile avec son père.
    A l’image de ces carroussels de foire où chaque cheval de bois suit le suivant sans jamais le rejoindre.
    Enfant, elle n’arrivait jamais à attraper la floche (rien à voir avec Nicolas Le Floch, quoique,...). Excepté peut-être un jour, à la saint-Nicolas, mais elle s’était blessée.
    Aujourd’hui, Olga s’est réconciliée avec les manèges, elle les regarde de loin et chaque véhicule de bois et de métal se détache de leur plate-forme pour se donner rendez-vous dans une sarabande mouvante et colorée.

  • Mélusine7 Mélusine7 13 septembre 15:27
     Dans les hauts-parleurs de sa voiture, Vincent D. (Delerm) se promène devant la cage des gibbons.
    Olga pense à la main géante d’un gorille posée sur le sable d’une plage, séquence d’un film italien qui l’avait beaucoup impressionnée (Le Musée du Cinéma de Bruxelles n’a toujours pas réussi à mettre la main sur cette séquence, mais il doit s’agir d’un film de Fellini). Les doigts de la main du gorille agrippés aux rayons du soleil tissaient l’écheveau d’une rencontre, celle de la mer et du ciel. Aujourd’hui, un nouveau film est projeté sur les écrans de la nuit bruxelloise : « Bon voyage », avec Isabelle Adjani. 
    Cette fois, la randonnée ne sera pas mortelle. 
    Invitée, il y a une vingtaine d’années comme figurante pour un film, Olga s’était promenée incognito sur le tournage pour voir Adjani. Celle-ci jouait une scène de manège dans un parc d’attraction près de l’Atomium. Comme l’héroïne du film, Olga avait aussi connu une relation difficile avec son père.
    A l’image de ces carroussels de foire où chaque cheval de bois course le précédent sans jamais le rejoindre.
    Enfant, elle n’arrivait jamais à attraper la « floche » (rien à voir avec Nicolas Le Floch, quoique). Excepté peut-être un jour, à la Saint-Nicolas, mais elle s’était blessée.
    Aujourd’hui, Olga s’est réconciliée avec les manèges, elle les regarde de loin et chaque véhicule de bois et de métal se détache de sa plate-forme pour se donner rendez-vous dans une sarabande mouvante et colorée.

  • Mélusine7 Mélusine7 13 septembre 16:06

    Cela chauffe sur le site de Modératus.


  • Mélusine7 Mélusine7 13 septembre 19:26

    N’oubliez pas d’inclure sur votre Arche, le chant du marteau et de l’enclume, les chevaux ont besoin d’être ferrés : https://www.youtube.com/watch?v=AbOkpFTyTAk. A mes ancêtres, forgerons, menuisiers et tisserands qui ont traversé les siècles depuis la Nuit des temps pour me déposer sur le rivages du jour naissant.


  • Mélusine7 Mélusine7 13 septembre 19:40

    Ces nuits là vous penserez un peu à moi :https://www.youtube.com/watch?v=5lMbVzFtvM8


  • Mélusine7 Mélusine7 13 septembre 21:06

    Tonton Joseph Davidovitch


  • onesime leufeross onesime leufeross 13 septembre 23:05

    Des gens qui travaillent et se dévouent et qui travaillent encore ............
    Et vous ?????
    Bin, comme d’Hab .que dalle
    Rien du tout nib de nib, une fausse grimace et mon béret et ça fera l’affaire au milieu de ces « bénévoles et artistes[ ...si peu ...] confirmés, »

    • __ «  l’improvisation est ma plus fidèle compagne en pareille circonstance. »

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