samedi 12 juin - par lephénix

L’art de conduire en datacratie

L’automobile est-elle encore une machine qui nous transporte ou un smartphone sur roues qui siphonne nos données personnelles ? Le philosophe-mécanicien Matthew B. Crawford vit la conduite comme un acte de philosophie politique et nous alerte sur la marche forcée du « progrès » : notre addiction à une automatisation aliénante supposée nous décharger de pratiques élémentaires comme la navigation ou la locomotion pourrait bien nous valoir une sortie de route...

La technologie nous embarque dans une «  expérimentation sociale qui n’a rien d’anodin » alerte Matthew B. Crawford, chercheur à l’université de Virginie. Le philosophe avait oeuvré dans l’« économie du savoir » en dirigeant un think thank conservateur à Washington avant... d’ouvrir un atelier de réparation de motos. Une expérience relatée dans un premier essai célébrant le « faire », best-seller dès sa parution outre-Atlantique en 2009 – traduit l’année suivante aux éditions de La Découverte. Il rappelle des fondamentaux bien oubliés : alors que l’individu techno-zombifié se laisse griser par une fuite en avant technologique vécue comme une extension de sa volonté de puissance infantile, le métier de réparateur, en revanche, consiste à se mettre au service de ses semblables et à restaurer le fonctionnement des objets dont tous dépendent. Prendre soin des choses, n’est-ce pas aussi s’inscrire dans une communauté véritable se nourrissant et s’irriguant de ses solidarités ?

De même, la route n’est-elle pas un « espace de confiance mutuelle » et de bonnes pratiques ? « Le plaisir de conduire, rappelle Crawford, c’est le plaisir de faire quelque chose ; de sentir toutes nos facultés activement engagées dans un réel qui nous résiste ».

 

Obsolescence programmée et « faux environnementalisme »

 

Le réparateur de machines à rouler constate que les incitations gouvernementales (« primes à la casse », etc.) à se débarrasser de son vieux véhicule pourtant encore parfaitement utilisable sous prétexte de « responsabilité écologique » génère de démentiels coûts environnementaux cachés. D'ores et déjà, la facture s’annonce abyssale... Les « vieux tacots » seraient-ils une « épine dans le pied » vacillant d’un futur sans avenir ? Loin de traduire une nostalgie du passé, l’attachement à sa voiture manifeste un « rapport affectueux au présent qui fait que l’on chérit ce qui existe réellement parce que l’on en apprécie la valeur  » - à commencer par sa valeur d’usage...

Ainsi, les « artistes de l’improvisation automobile » qui fréquentent les casses sont à la source tant d’une véritable économie de la récupération que d’une économie morale. En refusant de passer au laminoir de la «  logique obligatoire du Nouveau  » ou, au choix, de l'injonction du Toujours-Plus-Neuf, alors que leur vieille voiture est décrétée « nuisance publique », se feraient-ils les défenseurs d’une « forme de richesse intergénérationnelle, à caractère à la fois matériel et sentimental  » ? Manifestement, le « faire » par soi-même, en réparant les objets du quotidien comme nos automobiles, permettrait d’être en prise avec le monde. Tout comme l’acte de rouler à bord d’un véhicule non gadgétisé mais toujours vaillant permettrait encore d’exercer son interaction avec le monde ainsi que son autodétermination.

Mais l’exercice de cette caractéristique fondamentale de l’agir humain ne poserait-elle pas aussi la question de la « gouvernance démocratique » ? Et donc celle de « savoir qui a le droit de décider de notre régime de mobilité » ?

Le consommateur d’aujourd’hui, rendu autiste dans sa bulle technologique, ne serait-il pas exproprié de toute capacité de production comme de jugement ? Voire de ses ressources attentionnelles ? Que peut-il encore faire par lui-même dans un environnement prédéterminé ? Le fardeau qui pèse sur lui n’en finit pas de s’alourdir d’addictions et d’injonctions supplémentaires, de dispersions et d’émiettements suscités par tant de sollicitations automatisées dévorant son « temps de cerveau disponible » …

Matthew B. Crawford entend « inscrire la problématique de l’art de conduire dans la tradition libérale républicaine de la pensée politique  ». L’être humain éprouve particulièrement la fragilité de sa condition dans le fait de se déplacer, jamais exempt de risque. Justement, les « autorités les plus éminentes de l’univers du marché et de la technologie » n’entendraient-elles pas remplacer les aléas de l’existence par des « certitudes robotisées » ? Donc « se débarrasser de la faillibilité humaine » en dépossédant les humains de leur « puissance d’agir » voire de leur mode de vie ? S’agit-il de soumettre l’homo automobilis à une obsession de contrôle permanent en le considérant comme des « consommateurs d’expériences fabriquées » ? Ou bien avons-nous encore le choix de nous vivre en créateurs de nos vies, capables d’ « affronter le monde sans filtre » ?

 

Compétence et confiance

 

Conduire ne serait-ce pas précisément « exercer notre aptitude à être libres » ? D’ores et déjà, les « voitures autonomes » laissent augurer d’un « futur sans conducteurs » dans une datacratie qui entend tout contrôler. Mais qui donc a intérêt à imposer sa « propre définition de ce qu’est une automobile, une route, une ville » voire la mobilité elle-même ? Le « complexe industriel-sécuritaire » ? Et s’il poursuivait d’autres objectifs que la sécurité des usagers du volant ? Et si la logique d’automatisation qui s’étend était un « état d’esprit politique tout autant qu’un projet d’ingénierie  » ?

Heureux possesseur d’une Coccinelle Volkswagen (modèle 1975) et d’un coupé Karman Ghia, le philosophe-mécanicien poursuit sa réflexion sur l’avenir de « notre régime fondamental de mobilité », aujourd’hui dicté par des intérêts prétendant « détenir une plus grande autorité du fait de leur pouvoir économique, de leur influence politique ou de leur soi-disant supériorité morale ». Pourquoi « livrer notre mobilité à un cartel d’entreprises de la Big Tech » ? interroge t-il : « est-ce que nous voulons vraiment, afin d’aller d’un point A à un point B, ne plus utiliser une voiture mais un appareil, c’est-à-dire un portail qui débouche sur des couches superposées de bureaucratie ? »

Car il s’agit bien de ça, en parlant de « technologie » : ce terme n’est pas utilisé à propos d’un marteau ou d’une brosse à dents, mais réservé à des « appareils faits de puces et de machins en silicium » : « Ce qui fait qu’un appareil est « de la tech », c’est qu’il sert de portail à une bureaucratie. Il est impossible de s’en servir sans avoir à s’impliquer soi-même dans une vaste organisation qui jouit d’un quasi-monopole dans son domaine ». Cet « appareil » ne nous transforme pas seulement en « bureaucrate non rémunéré  » à chaque « téléchargement » de ses conseils techniques et conditions d’utilisation. Il ne dépossède pas seulement de notre autodétermination mais aussi de nos données personnelles, cette « ressource gratuite » puisque non protégée par la loi.

L’auteur voit se préciser derrière la révolution sans conducteur rien moins que « l’avènement du capitalisme de surveillance  » analysé par l’universitaire Soshanna Zuboff : « il ne suffit plus d’automatiser les flux d’information sur nous : l’objectif est maintenant de nous automatiser  ».

La saturation de nos univers de vie par des appareils numériques pose, au-delà de la question de notre « souveraineté au volant », celle de la « viabilité de la démocratie » : consentirions-nous à une dystopie régressive où nous serions dépossédés de notre disposition à nous « accorder mutuellement une présomption de compétence individuelle » ?

« Compétence et confiance constituent les réquisits minimaux d’un peuple libre, responsable et pleinement conscient » rappelle le philosophe-réparateur. Consentirions-nous à ce que notre trajet domicile-travail, jusqu’alors une « activité réelle effectuée dans le monde tangible et demandant toute notre attention », soit silicolonisé par une implacable logique de surveillance et de profit ? Consentirions-nous à une contre-société qui nous obligerait à « acheter des produits que nous ne pourrons jamais posséder, pendant que nos paiements financent notre propre surveillance et notre propre coercition  » ?

L’automobile « inintelligente » d’antan, sans gadgets électroniques incorporés, était vécue comme un refuge et un outil de liberté. N’est-elle pas en voie désormais de devenir un « article de luxe » grâce précisément à cet espace de liberté qu’elle préserve du calculable, du traçable et du prédictible ? Ce qui est en jeu dans cette emprise de la prise de décision algorithmique, rappelle Matthew B. Crawford, c’est «  la qualité même de l’autorité institutionnelle et la façon dont nous la vivons  ». Précisément, « les infrastructures qui reposent sur un idéal de contrôle trop rigide font obstacle à l’exercice de nos capacités humaines, nous empêchent d’exploiter au mieux les formes d’efficacité sociale qu’elles engendrent et entraînent au contraire l’atrophie de notre humanité ».

Lorsque le conducteur n’aura plus sa place au volant de son automobile ni dans sa ville ultraconnectée (smart city) ni même le contrôle de sa vie tout aussi connectée, sera-t-il arrivé au bout d’un « héritage libéral » supposé acquis ? Et l’espèce présumée humaine au bout de son histoire comme de sa route ?

Matthew Crawford, Prendre la route, La Découverte, collection « Cahiers libres », 368 p., 23 €



43 réactions


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 12 juin 12:29

    Bonjour. J’ai lu son « Éloge du carburateur » . Essai sur le sens et la valeur travail. Très intéressant. Je note celui-ci pour un prochain achat. Merci.


    • lephénix lephénix 12 juin 13:36

      @Aita Pea Pea
      merci pour votre visite.
      son best-seller mondial, « éloge du carburateur », qui a remis le travail manuel et la force du « faire »  à l’honneur, était sans doute inspiré par un autre livre culte des seventies, « traité du zen et de l’entretien des motocyclettes »...là, la « joie de faire » se double d’un avertissement sur l’atrophie de nos capacités  à commencer par celle de coopération...


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 12 juin 14:24

      @lephénix
      Pour l’éloge du carburateur , un livre à offrir aux conseillers d’orientation.


    • HELIOS HELIOS 12 juin 20:07

      @lephénix

      J’ai lu, j’ai bien aimé... Merci d’avoir ecrit tout cela dans une ambiance complètement délirantes sur ces sujets.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 12 juin 20:27

      @HELIOS
      Crawford est intéressant en ce qu’il part du concret ,du moins pour éloge du carburateur. Même un bac moins comme moi pige ...c’est dire ...lol


    • lephénix lephénix 13 juin 07:10

      @Aita Pea Pea
      effectivement, ce livre a fait son chemin sur la planète tout comme le suivant, « contact » (comment ne pas perdre le contact avec l’essentiel qui nous constitue)... donc tout n’est pas perdu tout à fait...


    • lephénix lephénix 13 juin 12:28

      @HELIOS
      délire ou envoûtement collectif par la « technique » ? voilà un manuel de désenvoûtement parfaitement lisible écrit par quelqu’un qui transmet l’intelligence de la main...


  • Djam Djam 12 juin 13:40

    Oui, l’auteur de « L’éloge du carburateur » (que j’ai lu également) a tout compris. 

    Mais comme la majortié des individus de notre monde est infichue de se passer de tous ses colifichets et gadgets, en réalité inutiles, les multinationales de l’inutile et du pillage intégral n’ont pas de souci à se faire.

    Le « nouveau monde » que nous promettent les dingues mondialistes tout excités d’avoir eu la plandémie comme « fenêtre d’opportunité » (sic. Klaus Schwab dans son « Great Reset ») sera scindé en deux groupes :

    1/ les adeptes d’une vie simple, parfois frugale, enracinée et ingénieuse grâce à un retour aux activités manuelles « durables »,

    2/ tous les autres qui continueront à se faire vacciner 5 fois par ans, qui seront absorbés par leurs écrans 24h sur 24 et qui seront connectés à tous les tuyaux de la numérisation intégrale du corps et de l’esprit.


    • lephénix lephénix 12 juin 13:50

      @Djilit

      assurément, le premier groupe n’a d’ores et déjà plus vraiment « droit de cité »... aura-t-il encore « droit à la vie » et à la subsistance hormis celui qu’il pourrait s’octroyer à la marge et dans les interstices ?
      non seulement nous avons « délégué » nos capacités mais nous nous sommes laisser déposséder de toute possibilité tant individuelle que commune  c’est de cette forme d’action commune que sont les bonnes pratiques au volant qu’émerge la « confiance sociale »...
      or, il n’y a plus cette solidarité sociale minimale qui rendrait nos non-lieux (comme les infrastructures routières) si habitables...


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 12 juin 14:20

      @Djam
      Jacques Tati dans « Mon Oncle » ...Il y a déjà pas mal de décennies , et avec humour.


  • Arogavox Arogavox 12 juin 14:03

    Merci pour cet article constructif !

     Après la « voiture intelligente », allons-nous bientôt cotiser pour l’invention de « machines à veauter intelligentes » ?


    • lephénix lephénix 13 juin 07:17

      @Arogavox
      il semblerait que nous ayons déjà donné à l’insu de notre plein gré sans avoir été consultés le moins du monde, comme d’habitude...comme le disait déjà Gunther Anders, « nous sommes devenus les produits de nos propres produits »... à un point inimaginable, après deux siècles d’artificialisation à marche forcée, de prothèses mécaniques et d’automatisation aliénante...le pire s’est accéléré il y a une génération avec le « gadget de destruction massive » qu’est le « portable »... fallait pas acheter pour que ça se vende pas...


  • Old Dan Old Dan 13 juin 07:14

    D’accord avec l’article !

    ... D’un point à un autre : La 2CV ou la 4L n’avaient rien d’un « doudou psychanalytique » pour l’exhibitionnisme urbanisé !...

    .

    [ ... Ni de rôle compensatoire au déficit mental organisé par la conso. ]


    • lephénix lephénix 13 juin 07:22

      @Old Dan
       deux modèles « anti-crise » increvables et archifiables qu’on gagnerait à fabriquer encore, adaptables à tout  surtout au pire... mais la « politique de l’offre » veut imposer ses « solutions » obsolètes avant de pouvoir être amorties voire même avant d’être utilisables...


    • zygzornifle zygzornifle 13 juin 18:52

      @Old Dan

       et la cox


    • lephénix lephénix 14 juin 13:27

      @zygzornifle

      et puis la simca aronde, la panhard dyna, l’opel kadett, etc
      et la petite souris grise, la fiat topolino devenue simca cinq...


  • Bendidon ... voila l'Ankou ! Bendidon 13 juin 09:31

    Ah on a eu droit à la tête de gondole avec l’image agrandie 

    et j’ai reconnu la ROUTE 66

    Perso je préfère la route 666 on y voit le diable, jésus, satan,et plein d’autres démons

    Un peu comme sur AV

     smiley


    • lephénix lephénix 13 juin 12:31

      @Bendidon
      l’image initialement prévue était vintage : une 301 d’entre les deux guerres sur une route de campagne enneigée mais pas moyen de la retrouver à temps dans les entrailles du pc... partie remise pour le vintage...les chiffres ne disent que ce qu’on veut leur faire dire, mais nous sommes bel et bien en datacratie, dans la gouvernance par les nombres, etc


  • markos 13 juin 09:56

    je ne connaissais pas crawford et votre article m’a donné l’envie de le découvrir, surtout que je suis très critique de ce qu’est devenu la voiture aujourd’hui.

    c’est devenu un objet de consommation extrêmement onéreux qui rend le propriétaire d’un véhicule prisonnier de son bien.

    je n’avais pas encore discerné le problème sous son angle hyper tech mais c’est bien d’avoir éveillé mon esprit à ce sujet.

    il faudrait aussi se pencher sur la façon dont sont faites les publicités des marques automobiles. ça ne parle que de gadgets, rarement du produit et surtout ça cache systématiquement le prix réel du véhicule.


    • lephénix lephénix 13 juin 12:24

      @markos
      il n’y aura plus de « propriétaires » de véhicules : ils se sont laissés déposséder de toute « propriété » d’un « bien » d’une valeur d’usage aussi admise que l’automobile pour ne plus être que consommateur d’une « expérience de mobilité » et payer juste pour l’accès à cette « expérience »...à terme, « propriétaires » et « conducteurs » n’auront plus « droit de cité » s’ils se laissent spolier par « l’expérience » en cours...


  • Trelawney Trelawney 13 juin 10:04

    Lorsque j’étais petit, la guerre était fini depuis 15 ans et néanmoins tout n’était pas reconstruit. Comme le réseau d’eau potable ne fonctionnait pas, nous buvions (même les enfants) de la bière pils très peu alcoolisée et livrée tous les matin par le brasseur.

    Ce dernier qui avait une voiture à cheval était toujours saoul et dormait dans sa voiture, les rênes dans les mains qui d’ailleurs lui servaient à rien. Le cheval connaissait par coeur la route à suivre et s’arrêtait lorsque les enfants remplissaient leur pot en métal de bière et glissaient l’argent dans l’urne conçu à cet effet

    Le soir avec nos parents nous allions à la brasserie, dételer le cheval, le bouchonner et lui donner de l’eau et de l’avoine.

    Le brasseur avait inventé le véhicule qui se conduit tout seul et qui se répare tout seul aussi


    • lephénix lephénix 13 juin 12:35

      @Trelawney
      c’est une anecdote volontiers racontée par les dynasties de brasseurs, c’est leur expérience commune... les premiers camions de livraisons ont fait leur apparition vers 1907 mais le cheval n’avait pas encore été mis au rebut avant l’agriculture intensive (la « révolution verte » des sixities, déjà la « croissance verte »...)


  • eau-pression eau-pression 13 juin 10:55

    consommateurs d’expériences fabriquées

    Ca, c’est une belle trouvaille. Ah, peloter les faux seins de Nabila !


    • lephénix lephénix 13 juin 12:36

      @eau-pression
      tout est fabriqué désormais, breveté et hors sol  comme les tomates « bio » en espagne qui ne touchent pas terre...


  • sylvain sylvain 13 juin 12:53

    moi j’ai une 205 et je roule au rouge

    mais je vais bientot m’acheter une charette et un ane, on arrête pas le progres


  • I.A. 13 juin 13:26

    Bon, votre article redonne la pêche, et l’auteur dont vous vous inspirez semble plus authentique que la moyenne.

    À son niveau cependant, il reste dépendant lui aussi de l’automobile, de chacune des pièces de sa mécanique, et puis bien sûr du fameux carburant, extrait et raffiné de façon de plus en plus automatisée...

    Je dis ça, parce qu’ayant vécu en Afrique, je sais qu’il arrive toujours un moment où le meilleur des « artistes » ne parvient plus à façonner une pièce pour remplacer celle d’origine qui a cassé après avoir déjà été réparée 20 fois...

    Je dis ça, parce que souvent nous nous demandions à l’époque : « et si tout individu en âge de conduire avait sa propre voiture ? Y aurait-il assez de routes, de garages, de carburant ? » (Un peu comme si tout le monde pouvait s’offrir son yacht, il vous faudrait imaginer la gueule des mers et des océan...)

    Je dis ça, parce que moi aussi j’ai eu ma 2CV et ma coccinelle, et moi aussi j’ai fait la tournée des casses, en France, pour dénicher telle ou telle pièce...

    Et puis je dis ça aussi parce que l’automobile, même sans aucun automatisme, est la première fabrique d’obèses du monde entier...

    Réapprendre à marcher, à faire 10 à 20 kilomètres à pieds. Réapprendre à prendre son temps. À faire ses meubles soi-même, à réparer ses objets cassés, a planter des légumes, à lire plutôt qu’à regarder la télé, et cetara.

    En ce sens, oui, cet auteur a raison. Il nous faut nous dépouiller, pour apprécier simplement la vie. Ce qui ne s’avère souvent possible qu’après avoir tout eu (ou qu’après avoir eu la possibilité de tout avoir).


    • lephénix lephénix 13 juin 21:56

      @I.A.
      c’est bien ce que préconise l’auteur : préserver notre autonomie voire autarcie par le « faire »  dans les pays d’amérique latine, la débrouille fait circuler de vieux modèles ce qui évite gâchis gabegie et préserve le patrimoine roulant...
      dans l’absolu, il faut mieux marcher que rouler et d’urgence remettre un pied devant l’autre tant que nous avons encore cette autonomie-là...


  • alinea alinea 13 juin 13:58

    Je me demande s’il faut encore parler de « surveillance » tant les surveillés n’ont rien à cacher puisqu’ils se plient à tout ; juste une déshumanisation, aboutissement d’une volonté de maîtrise totale sur le vivant.

    Le premier qui, en entendant une voix artificielle le houspiller parce qu’il n’avait pas accroché sa ceinture, pourquoi n’est-il pas sorti en courant ?

    Parce qu’il a trouvé que c’était épatant, et les caméras de recul, et le blocage des vitesses...des fenêtres, des portes, technologie qui veut votre mort ! seuls les routiers se sont insurgés et on râlé, en vain, aujourd’hui ils s’emmerdent au volant.

    L’homme infantile adore qu’on s’occupe de lui, il se sent comme dans un cocon, le ventre de sa mère peut-être... au secours, les psy ? Qu’est-ce que vous foutez ? Ah, vous avez les mêmes ?

    Et l’objet n’est plus habité d’une valeur affective, émotionnelle, culturelle, non c’est une merde que l’on use et qu’on jette... on n’est pas sortis du plastique !

    Mais il existe encore des bons mécanos, dans dix ans, je ne sais pas... ma voiture est née le jour de Tchernobyl... je la bichonne, enfin, je la fais bichonner !

    Merci pour cet article que je trouve excellent tellement j’adhère et suis heureuse de le lire !!


    • eau-pression eau-pression 13 juin 14:22

      Bonjour @alinea

      Tiens, tu me donnes une idée : je vais placer un cheval de Troie dans ton navigateur.

      Sellé bridé, bien entendu, et nous quitterons ce réseau dé-ferrés.

      Blague ...


    • lephénix lephénix 13 juin 21:59

      @alinea
      merci pour votre visite et le constat ; nous avons bel et bien délégué nos capacités voire abdiqué notre humanité à nos prothèses techniques qui nous asservissent.. c’est bien connu : la voiture la plus écolo c’est celle que l’on fait durer le plus longtemps possible en l’utilisant le moins possible..


  • zygzornifle zygzornifle 13 juin 14:25

    Souriez vous êtes fliqués ....


  • adeline 13 juin 18:21

    J’ai lu une trace de non666, effacée


  • zygzornifle zygzornifle 13 juin 18:50

    Macron, Darmanin et Dupont Moretti doivent s’en pisser dessus de plaisir ces grands spécialistes de la dictature ..... 


  • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 13 juin 18:52

    Parlons de l’Art de bien se conduire...

    Je saisis l’occasion par la « publication de cet article à la Une » pour dénoncer une absurdité sur ce site. 

    Comment se fait-il qu’un auteur puisse bloquer un autre auteur de manière permanent et pendant des années sans aucune justification ?

    Deux individus obscurs se sont donnés à cela : « Chems Eddine Chitour » et « Bernard Dugué » : C’est honteux, ils ont peur de quoi ? 

    Qui administre vraiment le site Agoravox ?

    Bernard Dugué m’empêche toujours de commenter ses articles même après avoir dénoncer son attitude insolite et arrogante aux Administrateurs...

    Il parle « science » et s’évade dans les cantiques alors qu’il est nul... 

    Les « spécialistes des caves » peuvent toujours veiller devant les Super-calculateurs qui ruminent mes « écrits scientifiques depuis 2001 », ils resteront sur leur faim. La recherche fondamentale est FINIE !

    Je constate par ailleurs que mon « article proposé le 11 juin » sous le titre : «  »« Non, le monde résiste au changement, il va donc pourrir et se décomposer dans l’air pollué... » 

    n’a reçu aucune mention...


  • troletbuse troletbuse 14 juin 07:33

    Comme l’arnaque sur le Covid va se degonfler, ils vont relancer le rechauffement, toujours pour faire du fric et accroitre la dictature grace a tous les neuneud covidistes et waxxines car ces derniers, pris plusieurs fois pour des cons, continueront a croire tout ce que leur disent les evangelistes mondialistes. Enfin ils seront moins nombreux grace au waxxin.


  • jymb 14 juin 13:02

    Ce qui nous attend est terrifiant si nous ne réagissons pas

    Vos Cox, 2CV, 4L ou simple twingo/Clio sont potentiellement en chemin vers la casse 

    https://www.40millionsdautomobilistes.com/articles/zfe-non-aux-zones-a-forte-exclusion


    • lephénix lephénix 15 juin 13:47

      @jymb
      merci pour la piqûre de rappel : à diffuser d’urgence à tous les clubs d’autos de collection et autres usagers de la route « propriétaires » d’un youngtimer...


  • Pierre Régnier Pierre Régnier 14 juin 14:00

    La technologie, la fuite en avant technologique… à la place de “la technique“, “la fuite en avant technique“…

    Cet usage, ici, de l’un des cas les plus fréquents de la déformation langagière omniprésente dans les médias, est particulièrement dommageable, car il empêche l’auteur, dans un article qui reste néanmoins important, de traiter totalement ce qu’il y a dans la bulle technologique des individus manipulés.

    Cet usage l’empêche de combattre efficacement la régression que représente très bien, justement, cette déformation.


  • troletbuse troletbuse 14 juin 15:12

    L’année prochaine, tous les cocus qui ont acheté un véhicule électrique vont faire la grimace grâce à Linky. Parait qu’ils veulent le faire payer et les taxes sur l’électricité pour recharger les batteries seront au moins égales aux taxes sur les carburants actuels. Enfin, ce sera bien fait pour leur gueule. En plus ils devront faire la queue dans les stations et si ils font un long trajet faire une halte à l’hôtel. Et l’hiver avec le chauffage, bonjour la consommation, le chauffage aura les taxes du carburant  smiley


    • Trelawney Trelawney 15 juin 09:23

      @troletbuse
      Il me semble que vous tardez un minimum. La TIPP sur les carburants tourne entre autour de 45 à 50% en fonction du gazoil et du super. Tout va bientot être amené à 50% pour tous les carburants.
      Par contre les taxes sur l’électricité sont de 60%. Et ca fait déjà pas mal de temps que c’est à 60%. Aussi Linki ou pas, ca ne change pas grand chose


  • De Bredevan marc (L'INFOTOX) De Bredevan marc (L’INFOTOX) 24 juillet 14:44

    La voiture, c’est ma liberté !.
    Oui mais ça c’était l’ancien monde !.
    Depuis des limitations de vitesse qui rendent des vélos plus rapides que des Ferrari, des places de parking payantes, hors des villes, des taxes diverses et contrôles multiples jusqu’à la conduite autonome pour engin surveillé, téléguidé où seule la voiture est... branchée, le slogan automobile du nouveau monde est :
    La voiture, c’est ma corvée !. 😕

    Pour rappel et aussi sourire, voici le lien d’un article écrit en... 2010 :
    Autos : Silence, ça roule !. – L’ INFOTOX Actus-Medias (wordpress.com)


Réagir