vendredi 21 juillet - par C’est Nabum

L’impudique écrit

Dans le bruit du silence

Un collègue dont j’avais apprécié le premier roman, à la construction si particulière, m’a envoyé son second opuscule, sans doute pour que je lui offre un billet à ma façon. J’ai longuement hésité à me lancer dans cette aventure, non pas que je ne sache quoi en penser mais plus étrangement parce que mes pensées vont pérégriner à la marge de son ouvrage.

Le roman peut-il être un jour intime et forcément impudique ? Quelle place prend alors le lecteur confronté bien malgré lui à la posture du voyeur ? J’avoue plus d’une fois m’être senti mal à l’aise dans cette histoire qui finalement n’en est pas une à moins que ce ne soit l’éternel et pathétique cheminement des couples qui se déchirent.

La déchirure n’en finit pas de s’accentuer même si parfois, des réminiscences de consommations charnelles viennent raviver une flamme, une plaie, des regrets et forcément des tourments. A-t-on le droit ainsi de livrer en pâture aux inconnus ces moments si intimes, si secrets ? Que peut penser l’autre moitié de ce couple en perdition de se retrouver ainsi couchée sur une page qui semble ne jamais rien cacher ?

Où est le roman, où est le récit ? Si vérité et fiction s’entremêlent, comment le lecteur parvient-il à distinguer le vrai du faux, le phantasme du réel, le règlement de compte de la douce nostalgie ? C’est troublant au début jusqu’à ce que s’installe le malaise, le sentiment de ne pas être là où la décence le permettrait.

Combien de fois j’ai voulu me retirer de ce tête à tête en l’absence d’un des deux protagonistes avant de replonger malgré moi dans cette confession publique qui est plus certainement une incroyable exhibition des sentiments et des pulsions ? J’étais pris au piège de ces rets diaboliques tout autant que d’une construction si foutraque et je m’interrogeais sans cesse sur la volonté cachée du metteur en mots.

Est-ce cela faire littérature que de jouer des sens et des constructions, des situations et des digressions, des impasses et des fausses pistes ? Plus je lisais plus je me questionnais sur l’implicite et l’explicite tout autant que sur la clarté narrative et la permission accordée ou repoussée faite au lecteur de tout comprendre.

Un roman, est-ce une thérapie au seul usage de son auteur ou bien une invitation à un voyage en commun où chaque partie trouve un attrait ou bien un petit plaisir ? Il est évident que mon ami vide son sac, sans aucune retenue, sans aucun tabou même, et en cela je lui reconnais un courage sans limite mais que fait-il de son lecteur qui se perd dans les arcanes d’une pensée en permanente construction ?

Son roman ou bien devrais-je dire son essai, n’est certes pas le produit final, abouti, bouclé et estampillé grand public. C’est tout au contraire, l’ébauche de la trame, le brouillon des possibles, les traces évanescentes d’une écriture en devenir qui sans cesse se refuse à son auteur même. Les aller et retour permanents entre l’auteur et ce qu’on peut qualifier de correcteur imaginaire sont à ce titre d’une incroyable sinuosité intellectuelle.

Ce n’est donc pas un roman mais plus certainement l’éventualité d’un plan. Nous entrons ainsi dans les secrets de cette élaboration complexe qui conduit celui qui écrit à structurer ce qui n’est au départ qu’une vague idée, un mince fil qu’il convient de mener quelque part. Mais cette fois, le chemin est si étrange que la destination n’est sans doute pas connue de celui qui tient le clavier lors de ses interminables nuits.

J’ai le sentiment de n’être pas invité à cette longue succession d’insomnies. Il convient pourtant qu’une présence supplée le départ de celle qui ne cesse de hanter cet ouvrage. Le roman est ici un domaine où l’absente est reine tout autant que démon. Le lecteur s’interroge, il dérange tout autant qu’il s’interpose, il permet les ultimes confrontations sans jamais saisir la nature même de cette histoire.

On ne peut sortir indemne d’un tel livre. Il pose bien plus de questions qu’il n’apporte de véritables satisfactions de lecture. Il vous contraint à vous immiscer à la fois dans la mort d’un couple tout autant que dans la naissance d’un écrit qui n’est encore qu’à l’état de fœtus. Est-ce un enfantement qui ne se fera jamais ?

Je reste perplexe tout autant que profondément troublé par cette lecture. Mes questions demeurent innombrables, mes rejets tout aussi nombreux que les moments d’incompréhension devant ce qui était écrit ou confessé. Je referme cette chose que je ne saurais nommer avec le désir profond de communiquer les abysses de réflexion dans lequel m’a poussé mon camarade. Je crains qu’il m’en veuille à moins que ce personnage soit assez diabolique pour atteindre ici, son dessein secret et qu’il s’agisse ici d’une construction plastique comme ce maître sait les réaliser.

Briquement sien.



24 réactions


  • Henry Canant Henry Canant 21 juillet 15:02

    Nabum,

    Je suis très inquiet. N’as tu pas un proche qui pourrait t’emmener consulter ?

  • Balamou Balamou 21 juillet 21:34

    Nabum
    Comment ; vous , dont la moindre ligne accumule les contorsions ratées les postures et les cuirs , pouvez vous oser poser au critique littéraire.... ?
    Votre incapacité est la mesure de votre prétention.
    Vous faites définitivement partie des gens qui voudraient avoir l’air mais qui n’ont pas l’air du tout.


    • Robert Lavigue Robert Lavigue 21 juillet 23:00

      @Balamou

      Le Nombril de la Loire s’exerce à une nouvelle forme de critique littéraire. Le stupide faquin ne donne même pas les références de l’ouvrage qu’il recense.
      A quoi bon d’ailleurs, Cabot de la Loire ne va quand même pas assurer la promotion d’un concurrent. Business as usual.

      Le journaliste mitoyen dans toute sa médiocrité...


    • Sharpshooter - Snoopy86 Sharpshooter - Snoopy86 22 juillet 00:33
      @Robert Lavigue

      Vous êtes parfaitement injuste, Nabum est simplement discret , mais point n’est besoin d’être grand clerc pour deviner qu’il s’agit d’un roman de Rosemar racontant , à la manière de Christine Angot, ses galipettes avec Rocla ...

      On comprend qu’il se soit autant emm....


    • C'est Nabum C’est Nabum 22 juillet 07:23

      @Balamou

      Vous me flattez
      Prenez garde, je vais finir par ne plus vous croire


    • C'est Nabum C’est Nabum 22 juillet 07:24

      @Sharpshooter - Snoopy86

      Mais qui vous l’a dit ?


    • OMAR 22 juillet 12:18

      Omar9

      Eh @Lemoudubulbe

      Sois original : arrête de plagier Brel....


    • covadonga*722 covadonga*722 22 juillet 13:58

      @Robert Lavigue
      yep , la devise du nautonier de la Loire


      Mergitur nec Fluctuat

    • Michelarmand 11 août 10:40

      @Robert Lavigue

      Robert … bonjour …

      Le titre de l’ouvrage et en haut du texte L’impudique .de c’est Nabum … 

      Il est paru aux éditions St Honoré… ne cherchez plus !


  • bob14 bob14 22 juillet 06:37

    Vous touchez le fond mon bon !


  • marmor 22 juillet 11:25
    Le Bernard Pivot des patronages a frappé ! Son, « camarade » pourra le remercier d’utiliser ses écrits pour en sortir une dissertation au style ampoulé du XIX ème siecle, où ni l’auteur, ni l’ouvrage ne sont mis en exergue. Il ne nous est pas proposé de juger l’ouvrage, mais seulement de tenter de nous esbaudir devant la « culture littéraire » du nabum, à l’empilement de poncifs scribouillards de celui-ci, à la suite débridée de mots laids que font les gens bêtes.
    L’enfantement se fera-t-il ? En tout cas, sûrement pas le vôtre, issu d’une tentative d’analyse aussi stérile et malfaisante.

  • Carte Senior Carte Senior 25 juillet 23:16

    Lorsqu’on entend des romanciers parler de leur(s) bouquins, il y en a qui disent qu’ils écrivent d’abord le roman pour eux, plaisir, catharsis, occasion de coucher des idées à travers l’organisation de situations, méditation... bref, le seul intérêt pour le lecteur est d’attendre de lui qu’il achète le bouquin. D’autres vous disent qu’ils écrivent d’abord pour leurs lecteurs, qu’ils s’adressent même parfois clairement au(x) lecteur(s).


    C’est Nabum, lorsque vous vous sentez en position de voyeur, je pense que vous faites erreur. De façon évidente dans le deuxième cas. Mais même dans le premier cas : il y a bien un moment où l’auteur vous a sollicité, explicitement ou non...

    • C'est Nabum C’est Nabum 26 juillet 06:30

      @Carte Senior

      Rassurez-vous, j’en ai longuement discuté avec l’auteur

      Il m’a donné le feu vert pour publier cette critique, trouvant naturel mes doutes et mes interrogations
      Ses explications ne m’ont certes pas convaincus et je demeure persuadé d’avoir été pris à son piège

      Mais vous avez peut-être raison


    • covadonga*722 covadonga*722 26 juillet 07:08

      Lorsqu’on entend des romanciers parler de leur(s) bouquins..............t d’abord pour leurs lecteurs, qu’ils s’adressent même parfois clairement au(x) lecteur(s).



      bonjour , de mon modeste point de vue ,c’est bien vu .Reste que s’agissant de certain n’auteur cimoyen ici le voyeurisme ou l’exhibitionnisme que vous évoquez par ailleurs , relève beaucoup plus de
      « mon cul sur la commode ».
      Certains articles même bref , dont ils sont les auteurs auraient gardés attraits fulgurance et justesse en n’étant pas noyés sous une 
      diarrhée éditrice journalière .

      asinus ; ne varietur

    • C'est Nabum C’est Nabum 26 juillet 07:27

      @covadonga*722

      Je suis un âne certes mais bâté

      Mon bât alourdit chaque jour un peu plus en ce lieu de grande tolérance


  • covadonga*722 covadonga*722 26 juillet 07:40

     heu juste comme ça hein , asinus c’est ma première signature ici en 2008 


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