lundi 13 juillet - par Mervis Nocteau

La connaissance peut abrutir

La connaissance peut abrutir, et ce n'est pas son paradoxe le moins croustillant. Comment la connaissance peut-elle abrutir ? … Il y a des situations plus évidentes que d'autres. Puisque nous sommes sur un site journalistique, disons qu'à force de s'informer (ici comme ailleurs) il arrive que nous nous en soûlions : on se soûle d'informations. Et comme tout soûlard, on en sort juste groggy ; il n'en sort rien d'autre d'utile. Certains s'en font des visions apocalyptiques « tous seuls chez eux comme des grands », ce que j'ai un jour nommé une guerre chaude avec éléments idoines. Passons, et voyons pire.

 

 

Des connaisseurs-moralisateurs

Les connaissances servent toutes les moralisations. Quand quelqu'un « sait » quelque chose ou « croit savoir », il lui arrive de ne plus se sentir (pisser). Comme il ne se sent plus pisser, évidemment, il moralise. Il a des airs, comme on dit « il pète plus haut que son cul ».

Les plus gentils de ces vaniteux arrogants, vous charrient une seconde avec ça. Les pires, ne vous en disent jamais rien, et vous laissent mariner dans l'ignorance, à se sentir plus importants que vous alors qu'il suffirait de vous transmettre la connaissance pour vous remettre à niveau. Dans le jargon, cela s'appelle « faire de la rétention », et cela procure de plus ou moins grands avantages tactiques voire stratégiques. Jusqu'au complot …

Ceux qui ne disposent pas du renseignement, sont alors les dindons de la farce, ou les « mauvais », à te les faire passer pour des « êtres inférieurs ». Et pourtant ! Le plus souvent, le but des moralisateurs épistémiques – du moins affiché – est de vous élever à « la dignité de leur connaissance » : ils vont vous la transmettre, ils vous l'assurent.

Ils sont d'ailleurs foncièrement « antinazis » (comme si Hitler était toujours en vie et son pays toujours antisémite … ), « antifascistes » (comme si nous subissions un militarisme étatique nationaliste … ), « antipopulistes » (comme si les mouvances du peuple n'étaient pas libres de prendre part au débat « populo-potentiaire » – ce qui est la forme latine de « démo-cratique » … ), et « anti-estrèmdrwate » (comme si l'extrême-droite n'était pas républicaine … ).

Ainsi, cela ne les empêche pas de vous déjuger comme des Waffen-SS face à un porteur d'étoile jaune ; cela ne les empêche pas de vous ostraciser en milices face à un ennemi de leur nation ; cela ne les empêche pas de pratiquer de l'électoralisme et démagogie, ce qui sont les jolis termes admis pour « populisme » ; et cela ne les empêche pas de vous refuser tout droit de cité, du moins putatif, et certainement public.

 

L'argument sanitariste de « la science préconise d'agir ainsi pour la santé »

Même en sciences voire surtout en sciences, la question des critères de pertinence retenus pour obtenir tel résultat, se pose. Ainsi, quand il s'agit de prévenir le développement infectieux d'la covid, la chloroquine utilisée depuis des décennies, et à foison dans plein de pays du monde, devient logiquement utilisable si l'on veut sauver des vies. Par contre, si l'on n'y tient pas spécialement, ou que l'on tient à faire preuve d'une prudence obséquieuse, ou encore que l'on privilégie le développement de nouveaux médicaments pour la finance, etc. alors on peut l'interdire. Seule le moralisme s'offusque dans le pour et dans le contre, et engage des prises de position voire des engagements politiques (un médecin prescrivant de la chloroquine fait un choix politique de désobéissance civile à son goût, de rébellion au goût du pouvoir). C'est la cacophonie libertaire expressive.

Par ailleurs, « la science préconise de ne pas fumer de cigarettes, ni de manger trop gras-salé-sucré, ainsi que manger cinq fruits et légumes par jour, et encore de ne pas boire pendant la grossesse ». D'une part, des générations de personnes ont vécu sans ces préconisations et nous sommes là : c'est donc que ces préconisations n'étaient pas utiles à la perpétuation de l'espèce en général. Les visées sont ailleurs, dans une sorte d'hygiénisme bourgeois encore, ainsi que bourgeois-bohème quand il tire vers des « méthodes alternatives » en plus.

Il est loin, l'épique dilemme d'Achille devant Troie : l'oracle lui a permis de choisir entre une vie longue sans gloire, ou une vie brève mémorable (la preuve, on s'en souvient encore). De toute évidence, nombreuses sont les gens à préférer la longévité, oubliées par les générations futures, de telle sorte qu'il soit permis de se demander si dans cinq siècles notre époque présentera vraiment de l'intérêt historique. On se contentera de dire que « à l'époque, les gens privilégiaient leurs petits culs par-dessus tout ».

C'est bête mais sous l'angle immoraliste qui est le mien, tout ceci ne fait aucune différence, bien que je ne sois pas cynique et que j'aie des valeurs privilégiées en dehors de cette analyse givrée. Mais qui peut bien « penser à froid » et encore en général « garder la tête froide » ? … Clairement, on passe pour « un givré » de s'exprimer ainsi – un peu comme Raoult a confiance en ses diplômes et son expérience, à bon droit pourtant. C'est bizarre, pourtant les constats ne font pas encore une direction éthique ou politique : à vous de vous décider.
Mais ne comptez pas trop sur les études scientifiques non plus

 

L'argument sans-frontiériste de « il y a toujours eu des migrations dans l'Histoire »

L'argument de « il y a toujours eu des migrations dans l'Histoire » ne tient pas car, de même, « il y a toujours eu des implantations, des invasions et des exterminations ». Si l'Histoire, comme science, pouvait justifier quelque chose, cela se saurait de source sûre. Hélas, si l'Histoire est un argument pour favoriser les migrations, alors elle l'est autant pour favoriser les protections, les spoliations et autres destructions.

Dire que « il y a toujours eu des migrations dans l'Histoire » pour justifier l'idéologie migrationniste actuelle, n'est pas de l'Histoire, mais de la morale. Comme elle s'ignore comme telle, c'est du moralisme, et l'on a raison de dire que c'est de la bien-pensance (voire de la rien-pensance, puisque ça raisonne à faux) parce que ça se veut « de bonnes mœurs ». Exactement comme la charité bourgeoise, serait-ce de la charité bourgeoise-bohème.

La vérité, c'est que l'Histoire est une discipline désormais scientifique depuis deux siècles, en sciences humaines, cherchant à établir autant de viabilités narratives que possibles, quant au passé, par rapport aux preuves dont on dispose. Qu'il y ait eu des colonisations ne justifie le déboulonnement de statues (parfois de figures même pas colonisatrices, cette rien-pensance … !) qu'au titre d'un moralisme revanchard moutonnier.

Et, pour inquiétant que cela soit, dans l'absolu, toutes les guerres sont objectivement toujours possibles au titre de « l'Histoire », car elle ne s'intéressera à ce Devenir qu'une fois passé, pour enquêter et établir une narration aussi viable que possible de ces nouvelles guerres. Ce qui, en fait, est déjà le cas avec les guerres de ces deux derniers siècles, siècles de la science historique. Y compris les guéguerres de déboulonnements de statues ! …

Mais là où l'argument de « il y a toujours eu des migrations dans l'Histoire » est débile profond, c'est que ces migrations historiques (constatables autant à travers la génétique des populations qu'à travers la chronique d'invasions … ) eh bien, ces migrations historiques n'ont jamais eu lieu de façon massive.

Par exemple, quand les Romains font entrer les Gaules dans le giron italique, ils ne remplacent pas la population locale, comme par magie passant de gauloise à romaine. D'ailleurs, même les Gaulois auparavant, Celtes, se sont diffusés dans la population néolithique européenne, et ainsi de suite ! … Cela signifie donc qu'il y a des évolutions traditionnelles qui ne déracinent rien. La modernité est prétentieuse pour cela : elle se justifie de ces mouvements historiques séculaires voire millénaires, pour l'infliger aux gens sur quelques décennies à peine.

Ce n'est pas comme cela que les choses se passent bien, même si moralement on peut croire que c'est toujours mieux qu'une guerre ; mais on est historiquement autorisé à penser que c'est une invasion ou contre-colonisation pourtant, jusqu'à théoriser un Grand Remplacement. C'est comme ça, ce sont des vues politiques, et seuls des moralismes eux-mêmes politisés s'y opposent – ce qui est aussi bien leur liberté, par le Devenir. Mais enfin, décidément, l'Histoire est un argument impossible autorisant tous les camps, car tout est historiquement possible dans le Devenir futur.

 

L'argument mondialiste transidentitaire de « Mama Africa » doublé de « nous sommes tous un brassage génétique »

Ce combo argumentaire est particulièrement tordu. D'une part, une revendication identitaire de terre natale, berceau de l'humanité, à savoir « Mama Africa ». Cette revendication identitaire est adressée généralement à des non-Africains, surtout s'ils sont ressortissants Européens (en clairs : s'ils ne sont pas Noirs, et s'ils sont Blancs). C'est un vieil argument local entre Européens, pour « faire barrage aux pentes glissantes nauséabondes aux heures les plus sombres de notre Histoire » : comme quoi, ici, « l'Histoire » peut être mauvaise, même si elle est invoquée comme « bon gentil argument migratoire » par ailleurs : la débilité ne se soucie guère de ses contradictions.

L'argument de « Mama Africa », donc, n'est pas censé justifier de panafricanisme ni faire de nous tous des rastafaris, et pourtant il y a nécessairement une fierté identitaire là-dedans, pour les charitaristes bourgeois éventuellement bohèmes : ce « décentrement » d'Europe est néanmoins un « recentrement » new age sur l'origine putative de l'humanité (car elle pourrait aussi bien être née entre les actuelles Grèce et Bulgarie … !). Pire : les Européens rien-pensants, ne voient aucun problème au nationalisme panafricain alors qu'ils en voient au paneuropéisme, et ils inventent ensuite une « citoyenneté du monde » fatalement motivée par une identité terrienne : le jour où ils rencontreraient des extraterrestres, ils s'empresseraient d'inventer une identité universalienne, ce qui arrangera la firme idoine … qui fait déjà des profits sur l'identité rastafarie, qui elle non plus ne dérange absolument pas lesdits Européens. Ces crétins n'y voient qu'un « style », qu'un « lifestyle  », et d'ailleurs ils y résument pour ainsi tout : à des affaires esthétiques d'esthétisme capitaliste au fond, même quand ils sont gauchistes. Bourgeoisie bohème ou pas, quand tu nous tiens !

Mais là où le bât blesse, c'est quand toutes ces « bonnes gens » deviennent les nazies qu'elles déniaient être en accusant tout le monde à part elles, les panafricanistes, les Mama Africanistes et les rastafaris, et tout autre exotisme bourgeois adoré, d'être nazi. Parce que, d'une part, par exemple, ces personnes dénient l'identité rastafarie pour ce qu'elle est : des guerriers jamaïcains fort machistes dans la démarche, encore qu'ils adorent leurs chéries en forme matrilocale (au plan anthropologique). Et parce que, d'autre part, ces personnes s'adonnent à un biologisme, en inversant le rapport du purisme racial au bâtardisme inter-racial. Mais, dans les deux cas, on a affaire à du raci(ali)sme.

On peut aisément leur rétorquer que « si Dame Nature a permis que l'on s'accouple entre homo sapiens de tout phénotype, cette même Grande Dame nous a doté d'instincts territoriaux mortels et nous a amenés à nous différencier phénotypiquement de significative façon » – serait-ce comme convenu depuis le continent africain. Alors c'est idéologiquement indécidable, entre le purisme raci(ali)ste ou le bâtardisme raci(ali)ste : les chiens constituent une même espèce, avec plusieurs races qui peuvent s'accoupler. Mais ce pouvoir sexuel n'est pas plus une nécessité qu'une vocation : c'est une possibilité, et d'autant plus heureuse lorsqu'on s'aime (avis aux romantiques).

Bref, à ce point, le gauchisme s'avère crypto-extrême-droitier, tandis que l'extrême-droite était toujours-déjà gauchiste. Et, pour plagier Constantin Tsiolkovski au sujet de la Terre et d'envies de conquête spatiale : « L'Afrique est peut-être le berceau de l'humanité, mais on ne passe pas sa vie dans un berceau ». Des bisous.

 

L'argument pacifiste de « c'est juste culturel et pas scientifique »

C'est évidemment l'argument le plus affreux, car il suppose que les sciences devraient remplacer les cultures ! Fichtre ! … Je songe là, à une vidéo qui circule, où l'on voit des personnes fières de leurs origines, confrontées à un test ADN qui bouleverse leurs certitudes. Comme je le disais à l'instant, c'est de croire que l'on se résume à notre ADN et que notre ADN contient notre identité (comme on le fait croire pseudo-scientifiquement là) qui est une forme de nazisme. On a simplement remplacé le national-socialisme par de l'international-socialisme, le délire est le même.

Mais le problème de cette vidéo, c'est que – en plus de ne représenter « la science » que par des Blancs, ce qui est une énième fois racialo-centrique … si l'on va par là … – eh bien, le problème de cette vidéo, c'est qu'elle laisse croire que les cultures ne sont rien, que les différences culturelles ne sont pas une richesse à préserver, et qu'au contraire tout cela peut être remplacé par des méthodes scientifiques. Or, on parle parfois, c'est vrai, de « culture scientifique », mais il faut se comprendre.

En vérité, la notion de « culture scientifique » ne vole culturellement pas plus haut que celle de « culture d'entreprise », et l'on peut bien considérer que la culture scientifique est effectivement la culture de l'entreprise scientifique, c'est-à-dire de la démarche qui se décide à appliquer des méthodes mesurables dans le domaine de la connaissance.

Mais la connaissance de mes parents est-elle mesurable ? Ou celle de ma langue française ? … On peut certes mesurer le nombre d'embrassades annuelles entre nous ou d'appels téléphoniques, et l'on peut certes mesurer le champ d'extension de mon vocabulaire ou mes origines géographiques en fonction de mon accent … Le fait est qu'on n'aura rien saisi de mon expérience biographique. Si je dis que « je connais Pierre, je connais Paris, je connais Victor Hugo, je connais Bizet, je connais Renoir, etc. », il se trouve que cette connaissance n'est pas scientifique (quoiqu'elle puisse contenir des mesures scientifiques) et d'ailleurs je n'ai même pas besoin d'être français pour les connaître, que cela ne fait pourtant pas de moi « un Français », OK.

Mais même si c'est indémontrable de façon positiviste (en termes de preuves juridiques et techniques manifestes), il se trouve que mon expérience ce qui s'appelle nationale ou native (c'est la même racine) est caractérisée. Elle est particulière à ma situation et à mon vécu, qu'elle n'en est pas moins singulièrement « française », je n'y peux rien : ici, au contraire du positivisme, il y a un « négativisme », qui brille comme une nuit étoilée, cette nuit serait-elle sentie comme nuageuse voire pluvieuse, mais aussi de ciel net et de pleine lune. Et cela vaut pour n'importe quelle origine. Ce sont nos mœurs plus ou moins partagées, qui trament une identité régionale dans le monde.

« Mais alors – dirons les petits malins – on peut bien brasser tout le monde tout autour de la Terre ! » Diantre ! Encore faudrait-il que les concitoyens ne soient pas des citoyens cons, et qu'ils veuillent partager des mœurs communes. Sinon …

De manière générale, il ne faut pas confondre la citoyenneté avec la nationalité : la citoyenneté est administrative, elle peut embrasser plusieurs nationalités ; les nationalités sont culturelles et traditionnelles, tout simplement.

 

C'est ainsi que la connaissance peut abrutir, c'est-à-dire qu'elle abrutit surtout ceux qui s'imaginent pouvoir se servir de son objectivité pour justifier des idéologies et autres démarches anticulturelles. La science ne fait qu'observer des possibilités et des difficultés.

Au reste, nous sommes chacun(e) des personnes qui ne saurions vivre qu'une seule expérience biographique. Personne n'est « l'humanité », bien qu'on puisse tous se sentir de la même … espèce, biologiquement.

Culturellement, c'est autre chose, et qu'on le veuille ou non le mot de Joseph de Maistre a sa place : « Il n'y a point d'homme dans le monde. J'ai vu dans ma vie des Français, des Italiens, des Russes ; je sais même, grâce à Montesquieu, qu'on peut être Persan ; mais quant à l'homme, je déclare ne l'avoir rencontré de ma vie ; s'il existe c'est bien à mon insu. »

Même les animaux ont des cultures et se font la guerre ! C'est vous dire, ô ma bonne dame/mon bon monsieur !

 

Quant à moi, je préfère en avoir conscience, plutôt que de rêver d'un monde en paix et de détester et dédaigner sans cesse mes opposants comme un salaud, pour des salauds. Le reste de la planète, s'il n'envisage pas spécifiquement ma mort, n'a pas spécialement prévu de me faire de cadeaux, non plus.

 

 

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117 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 13 juillet 10:58

    C’est une question de navigation, d’orientation et de cap à tenir.

    Certes, l’ignorance ne peut que conforter les abrutis dans leur statut d’abrutis, mais tous les ignorants ne sont pas abrutis, et tous les abrutis ne sont pas ignorants. 

    En fait, « abrutissement » et « connaissances » ne fonctionnent pas sur le même registre :

    “Si, en effet, Internet a beaucoup à offrir à qui sait ce qu’il cherche, le même Internet est tout aussi capable de compléter l’abrutissement de ceux et celles qui y naviguent sans boussole.” Laurent Laplante - Ignorant par abus d’information


    • Inquiet 13 juillet 12:08

      @Séraphin Lampion

      Je pense que l’auteur a voulu mettre en évidence « le piège de la raison ».

      Qui se traduirait comme ça « je raisonne donc j’ai raison ».

      Raisonner, alors que d’autres affirment sans raisonner, n’implique pas pour autant qu’on ait raison.

      De plus, qu’une démonstration infaillible aboutisse au fait qu’on ait raison sans aucun malentendu, n’implique pas qu’il faille absolument s’en tenir à cette conclusion.

      Par exemple, beaucoup de gens en cette période de crise économique et sanitaire, prouvent qu’ils ont des « manques à gagner » énorme.
      « Si je me réfère aux année précédentes où je faisais en moyenne un chiffre d’affaire de 1 milliards, je n’ai fait que 800 millions cette année, donc j’ai un manque à gagner de 200 millions ». Étonnamment ces « manques à gagner » n’ont pas empêcher les actionnaires à se verser des dividendes ?
      Tout est juste, le problème lorsqu’on veut faire intervenir la solidarité publique est est-ce que votre situation est soutenable : à l’évidence oui.

      On voit bien, que le fait d’avoir raison, n’induit pas qu’on doive nous suivre.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 13 juillet 14:35

      @Inquiet

      C’est la différence entre « avoir raison » (utiliser son entendement et démontrer)et « avoir raison de » (vaincre l’autre par tous les moyens, loyaux ou déloyaux), non ?


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 13 juillet 14:36

      @dimitrius

      c’est ça machette, change pas de main, ça vient !


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 13 juillet 20:58

      @Inquiet

      Autre citation :

      « Il n’est pas de vent favorable pour qui ne connaît pas son port." - Sénèque

      Le poilu partant au combat la fleur au fusil en Août 1914 pensait revenir pour les vendanges, une fois le conflit terminé. Il croyait savoir où il allait, poussé par un vent qu’il estimait favorable, en ignorant l’objectif des puissants : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels ». La suite est écrite sur les monuments aux morts !

      Christophe Colomb, lui, savait bien où il voulait aller : il voulait atteindre les Indes, la Chine ou le Japon en passant par l’ouest parce qu’il avait vu sur Wikipedia que la terre était ronde. Eh ben, c’est comme ça qu’il a découvert l’Amérique.


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 13 juillet 21:22

      Merci Inquiet. Mais, avec Séraphin, j’ai une autre théorie à vous soumettre : c’était aussi un titre putaclic. Et ça a marché. Cela dit, le paradoxe est pourtant là en effet, comme tu l’as saisi Inquiet, merci. Ensuite Séraphin, on peut raisonner à vide pendant longtemps.


    • AlLusion AlLusion 14 juillet 14:56

      @Séraphin Lampion
       En fait, il y a un lapsus à penser que l’ignorance ou le savoir sont à confondre avec l’intelligence.
       Ce n’est pas une question de registre mais de parallèles qui ne se touchent parfois qu’à l’infini ou par une vision et/ou un effet stroboscopique. 


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 15 juillet 09:39

      Oui, tout à fait. J’en parle là aussi.


  • Laconique Laconique 13 juillet 11:11

    Well, you talk about knowledge, but you always come back to your territorial issues. That’s a fucking obsession with you.


  • Gollum Gollum 13 juillet 12:09

    La connaissance peut abrutir, et ce n’est pas son paradoxe le moins croustillant.


    Bah ce n’est un paradoxe que pour ceux qui adhèrent à la logique du tiers exclu d’Aristote qui suppose que le bien ne peut pas avoir d’effets malins, que d’avoir plus d’informations ne peut être que bénéfique, que le mal ne peut être qu’intrinsèquement mauvais et ne peut pas déboucher sur du bien, que d’avoir plus d’argent, plus de confort, plus de voyages, plus de ceci ou cela ne peut être que bénéfique..

    Or cette logique là, qui domine la planète entière, est toxique et mortifère.

    La cause principale de la crise du monde moderne est, avant tout, une crise de la logique, qui suppose que si A est bon alors non-A est mauvais et qu’il faut éliminer non-A.

    C’est cette logique qui se retrouve en abondance dans les religions du Livre (judaïsme, christianisme, islam) avec pour le judaïsme seuls les juifs sont bons et les goyim des sous-fifres, pour les chrétiens seuls les chrétiens seront sauvés et les autres sont des hérétiques sous domination de Satan à éliminer, de toute façon ils iront pourrir chez Belzébuth, et idem pour l’islam avec les mécréants à rejeter...

    Idem en politique avec les valeurs de droite incompatibles avec celles de gauche et vice-versa.

    En sciences avec la raison qui s’oppose à l’irrationnel ce dernier étant bon pour la poubelle..

    Bon j’en oublie mais ces façons de faire sont profondément ancrés en nous pour la plupart...

    La révolution de la logique c’est supputer que A n’est pas si bon que ça et a sa part de malignité et que non-A n’est pas si mauvais...

    Tiens ça me rappelle quelque chose. Cela ne serait-il pas la façon de penser millénaire chinoise ? Avec le Yin ayant sa part de Yang et réciproquement ?

    Bien évidemment adopter cette logique là c’est renoncer à la morale et au moralisme et aux jugements de valeurs... Très, très dur pour des judéo-chrétiens de tradition dont le jeu favori a été de diaboliser à outrance tout ce qui n’étaient pas EUX.

    C’est aussi, dans une certaine mesure, renoncer à la toute puissance de l’efficacité, puisque l’efficacité surtout technique associée à des objets, requiert la logique utilitariste, binaire (pas pour rien que nos ordinateurs fonctionnent avec des 0 et des 1) du tiers exclu.

    Le remède : toutes les logiques trinitaires (comme celle de Lupasco) ou quadripolaire (comme celle du Taoïsme ou encore d’Abellio)..

    Bien évidemment, cela a un lien avec la cybernétique de Wiener.

    Pour résumer : la logique du tiers exclu est dangereuse et conduit à l’élimination de l’autre. Les logiques du tiers inclus sont des logiques d’intégration de l’autre.


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 13 juillet 21:24

      J’abonde.


    • @Gollum Vous voyez, je vous ai mis 3 étoiles et pourtant selon vos raisonnements à mon égard : Mélusine et Gollum, c’est « A » et « NON-A ». La tierce exclue. Quand on se met à péter plus que son cul, celui-ci finit par prendre la place du cerveau ;


    • Gollum Gollum 14 juillet 10:11

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Effectivement selon la logique classique rien de commun entre nous.

      Selon la logique taoïste votre présence m’avantage car on voit bien la différence de qualité entre les deux. smiley

      Merci quand même pour le vote. smiley

      La dernière phrase s’applique à vous d’ailleurs car vous n’avez manifestement pas le niveau mais cela ne vous empêche pas de la ramener.

      De façon littérale et triviale cela s’appelle, en effet, vouloir péter plus haut que son cul...
      Les gosses diraient : c’est celui qui dit qui y est..


    • @Gollum effectivement, plus freudienne que vous (axe taureau-scorpion-YIN) je croise le fer avec l’avatar Gollum, plus jungien (Lion-verseau-Yang). Ascendant capricorne, je dirais que j’ai dépassé l’âge enfantin. Mais ma lune cancer heureusement me rappelle cette douce nostalgie, question d’éviter le raidissement des os à manger,...Je ne vous donnerai pas les miens. smiley


    • @Mervis Nocteau Je suis de plus en plus convaincue que la bonne astrologie est la tropicale. Prenons un exemple édifiant. Les quatre cavaliers de l’apocalypse trouvent leur équivalent astrologie dans le tétramorphe (wiki :

      Le tétramorphe, ou les « quatre vivants », ou encore les « quatre êtres vivants », représente les quatre animaux ailés tirant le char de la vision d’Ezéchiel (Ez 1 ; 1-14). D’abord décrit dans le Livre d’Ézéchiel, il est repris avec saint Jean dans l’Apocalypse (Apoc 4 ; 7-8). Plus tard, les Pères de l’Église y ont vu l’emblème des quatre Évangélistes : le lion pour Marc, le taureau pour Luc, l’Homme pour Matthieu et l’aigle pour Jean. Ils accompagnent souvent les représentations du Christ en majesté.

      • L’Homme est Matthieu : son évangile débute par la généalogie humaine de Jésus.
      • Le lion est Marc : dans les premières lignes de son évangile, Jean-Baptiste crie dans le désert (« un cri surgit dans le désert »).
      • Le taureau est Luc : aux premiers versets de son évangile, il fait allusion à Zacharie qui offre un sacrifice à Dieu, or dans le bestiaire traditionnel, le taureau est signe de sacrifice.
      • L’aigle est Jean : son évangile commence par le mystère céleste.

      La religion ayant pompé son, symbolisme dans la religion paienne, nous retrouvons la mêmes équivalence avec les fêtes Celtes : SAMAIN (31 octobre : SCORPION) ; chandeleur-IMBOLC(VERSEAU), 1er : mai BELENOS (TAUREAU), LUG (31 juillet-1er aout : LION). 


    • Précision : le cheval noir ou l’homme étant le VERSEAU. Normal, le soleil y étant en chute. L’illumination n’étant pas extérieure comme en Lion (l’opposé), mais intériorisée (les eaux-AQUARIUS de l’inconscient). Idem pour la dialectique TAUREAU-SCORPION : la terre, l’enfer ou l’Hadès (l’enfer, le Soi ou le ça de Freud). 


    • Belenos ou Beltaine,...1er mai...


    • Abou Antoun Abou Antoun 14 juillet 21:20

      @Gollum
      Bien évidemment, cela a un lien avec la cybernétique de Wiener.
      Me suis tapé tout le bouquin (cybernetics). vois pas le rapport.
      Expliquez !


    • Gollum Gollum 15 juillet 09:26

      @Abou Antoun

      Bien évidemment, Wiener est antérieur à ces nouvelles logiques. C’est Lupasco lui-même qui a écrit que sa trialectique énergétique avait des liens avec les concepts de Wiener...

      La potentialisation de A entrainant l’actualisation de non-A à travers des boucles de rétroaction (feedback)..


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 15 juillet 09:43

      Non-A n’est pas à confondre avec Anti-A, puisqu’il peut s’agir de B, C, D, E, F, G, H, I, J, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, U, V, W, X, Y et/ou Z, sans parler de A accent grave, etc.

      Mélusine, je ne sais pas où vous voulez en venir, mais à l’époque de la mise en place de vos symboles, la précession des équinoxes n’avaient pas joué au point d’opérer le décalage que l’on a actuellement entre la tropicale et la sidérale : les deux concordaient mieux.


    • Abou Antoun Abou Antoun 15 juillet 10:22

      @Gollum
      La potentialisation de A entrainant l’actualisation de non-A à travers des boucles de rétroaction (feedback)..
      Ah ben oui, comme ça c’est clair !


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 15 juillet 11:09

      Je préfère le négatif hegelien.


  • Clocel Clocel 13 juillet 12:24

    Ouch ! Elle dépote la première illustration !

    J’aime, elle doit faire couiner dans les bas-fonds de la « civilisation » ! smiley

    Je ne pense pas que la connaissance abrutisse, mais le flot d’informations parcellaires et non-discriminées, oui.

    Début de la guerre froide, l’URSS contrôle totalement l’information, les USA publie un maximum de documents caviardés impossible à traiter.

    Qui a gagné à ce jeu ?


  • dimitrius 13 juillet 12:29

    On dirait un article de Fergugusse . Oui mais non , mais oui , mais non. Chaque individu se prédispose selon ses croyances , ses affinités , ses peurs , ses joies et ses peines. J’aime pas le Omar et tu ne m’en fera jamais manger surtout celui en provenance du Maghreb . La connaissance c’est comme l’histoire on leurs fait dire
    ce qu’on veut selon qui l’enseigne .


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 13 juillet 21:26

      Je ne comprends pas comment vous pouvez avoir compris en définitive le fond de l’article, pour lui reprocher quelconque slalom pour commencer qui en est absent. Le besoin de vous faire mousser, j’imagine.


  • Aimable 13 juillet 14:14

    Certains sont immunisés dés la naissance contre la pédanterie , d’autres au contraire l’attrape après la naissance mais n’en guérirons jamais . smiley


  • rita rita 13 juillet 14:39

    A ma « connaissance »....

    Le salaire moyen d’une Caissière est de 1 450 € net par mois (soit 20 500 € brut par an).. ?

    Le salaire de brigitte Macron est de de 35.000 euros pas mois..soit 420.000 euros par an ?

    La première est utile, la seconde un parasite !

    A votre connaissance

    Qu’en pensez vous ?


  • samy Levrai samy Levrai 13 juillet 15:25

    On commence avec Orwell et l’ignorance c’est la force et on finit par se montrer aveugle...

    qui donc décide l’immigration ? n’est ce pas les articles 67,77 et 79 du TFUE ?

    Est ce que notre non indépendance n’est pas responsable de la majorité de nos maux ? n’est ce pas les pays vieillissants europeens ( Italie, Allemagne, etc... ) et leur maître américain qui décident pour nous ? 


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 13 juillet 21:30

      Le souverainisme, en fait, c’est la souveraineté. S’en priver, c’est ne plus décider pour soi. Ce qui est foncièrement illibéral, car il y a un droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, un droit de non-ingérence, de même qu’il y a un droit privé.


  • vesjem vesjem 13 juillet 15:55

    @nervis

    j’ai pensé un moment que tu allais aborder l’entrave que représente « la » connaissance, pour l’humilité, voire même pour la neutralisation de l’égocentrisme ;

    ceci n’est pas un mince problème : reconnaître sa propre insignifiance quand on possède une connaissance d’un haut niveau


  • vesjem vesjem 13 juillet 16:17

    dans un article resté célèbre parce que personne ne l’a lu (), je prétends que libre-arbitre et conscience n’existent pas ; et que pour comprendre ce concept, il faut tâcher de faire abstraction de sa « mémoire morte » (celle qui est justement difficile à annihiler, car elle-même inconsciente) ; se débarrasser pour l’instant de la cognition, de l’obstacle que constitue le narcissisme du savoir ;

    j’ai pas voulu faire le savant ; excusez-moi


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 13 juillet 21:31

      Plus subtil encore, je prétends que le serf-arbitre n’existe pas et que l’attention existe pourtant.


    • vesjem vesjem 14 juillet 22:00

      @Mervis Nocteau
      l’attention existe pourtant

      rien n’est moins sûr


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 15 juillet 09:45

      Vous voulez dire, avec tous les problèmes de concentration actuels, j’imagine. Parce que lorsque mon chien se focalise sur la mouche qu’il va bientôt niaker, il est particulièrement attentif.


    • vesjem vesjem 15 juillet 20:25

      @Mervis Nocteau
      son attention n’est qu’un réflexe, une réaction...


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 15 juillet 21:10

      Et ? Ce n’est pas de l’attention ? La neurophysiologie est-elle en contradiction avec la neuropsychologie ? Mais c’est la même chose.


    • vesjem vesjem 16 juillet 08:26

      @Mervis Nocteau
      le mot « attention » est un mot auquel on a donné un sens, celui du dico ;
      je ne parle pas de çà ; je fais abstraction du sens des mots


    • vesjem vesjem 16 juillet 08:46

      @mervis nocteau
      je lis actuellement « dernières et nouvelles connaissances sur l’homme » du Pr Gautier (# 1958), où il est expliqué le rôle prépondérant des glandes sur le cerveau (ce dernier ne serait qu’une « machine » au service du système hormonal, puisqu’il a été fabriqué par le système hormonal) ;
      les 4 grandes glandes (hypophyse, thyroïde, surrénales et génitales) équilibrent leur fonctionnement, du 8ème au 21ème jour après la naissance ; le rapport de l’importance de leurs fonctions respectives détermine alors la personnalité d’un individu ;
      toutes perturbations extérieure de l’une de ces glandes pendant ce processus, modifie dans l’excès ou dans l’insuffisance, le comportement du sujet 
      ce grand chercheur n’a pas été suivi et je ne sais jusqu’où les résultats de ses recherches sont avérés...
      ceci n’a rien à voir, non plus, avec ce que j’essaie d’expliquer


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 16 juillet 23:41

      Impossible d’échanger avec quelqu’un « qui fait abstraction du sens des mots », parce qu’alors tout peut tout et rien dire. Et si donc ça n’a rien à voir avec ce que vous essayez d’expliquer

      Non. Mais l’info est intéressante : elle rejoint aussi mon lien.


    • vesjem vesjem 17 juillet 16:46

      @Mervis Nocteau
      plus tard, peut-être
      il faut du temps et un certain renoncement


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 17 juillet 22:22

      Mmmmwwwwoui.


    • vesjem vesjem 18 juillet 07:22

      @Mervis Nocteau
      pas de suffisance ...


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 18 juillet 09:21

      Ni d’insuffisance !


  • zygzornifle zygzornifle 13 juillet 16:34

    La connaissance peut abrutir

    L’exemple meme c’est l’ENA


  • Elisa 13 juillet 18:38

    En fait dans cet article on confond information et connaissance.

    Une information apporte un éclairage ou des précisions sur un corpus

    de faits. Mais elle ne renseigne en aucun cas sur le processus par lequel ce corpus s’est constitué.

    Une surinformation effectivement est un moyen d’abrutissement d’autant plus insidieux et pernicieux qu’il est redondant et exprime la même vision des faits par une superposition accumulée d’indices concordants.

    On observera ainsi que les thèses les plus absurdes sont celles qui se développent dans un véritable sciptorrhée d’articles interminables.

    La connaissance est tout autre chose c’est la construction critique d’un modèle explicatif ou compréhensif d’un fait, d’un événement ou d’une situation. Ainsi connaître c’est être capable fonder en raison le modèle qui rend intelligible le champ concerné.

    A ce titre une connaissance est fondamentalement justifiée mais paradoxalement réfutable. Elle ne sollicite pas l’adhésion ou la croyance mais le partage et la critique.


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 13 juillet 21:34

      Oui mais non, en ce sens qu’il s’agissait d’une sensibilisation aux problèmes plus raffinés que vous déployez à bonne fin.


  • The White Rabbit The White Rabbit 13 juillet 19:38

    Les identitaires ont vraiment du mal avec l’altérité...


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 13 juillet 19:59

      @The White Rabbit

      Vouais mais les rasés de près pas avec les altères.


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 13 juillet 21:41

      L’altérité est un problème pour autrui : elle est la prétention à saisir l’essence d’autrui (alter-ité) ou, si vous voulez, son intrinséquence. Cela, par un concept applicable à tout le monde indistinctement, et finalement distillant l’autre de son « altruisme » en tant qu’autre indépendant de moi. Vous ne savez d’ailleurs même pas si je suis un identitaire : vous l’avez décidé pour moi. Mais, que je sache, l’identité est ce qui me trame biographiquement, de ma naissance à ma mort : ce que je me raconte de façon si foncière pour commencer, que je le deviens, d’y avoir été habitué, avant certes que de pouvoir y jouer ma part éventuellement critique. Où l’on voit que vous n’avez pas lu l’article alors, puisque « la citoyenneté du monde » est elle aussi une identité, et lorsque les gauchistes se demandent ce qu’est la gauche, ou du moins lorsqu’ils sont sûr de savoir ce qu’est la-droite-à-honnir-parce-que-son-alterité-à-elle-ne-serait-pas-acceptable-en-tant-qu’autre-parmi-les-autres (alors que les droitistes sont parfaitement affables la plupart du temps, aussi affables que le gauchiste commun, du moins tant qu’on ne lui semble pas une bête immonde par simple amalgame délirant ... ) eh bien, dans ces moments, ils sont parfaitement identitaires. Si je ne sais pas qui je suis et, pire, si je me crois rien, je n’ai rien à offrir à autrui, et je suis si faible que j’en veux sans raison à la Terre entière. Une réflexion sur l’amnésie est à ce titre tout à fait édifiante, au plan des angoisses des amnésiques. Identitaires, tout simplement.


    • babelouest babelouest 15 juillet 11:23

      @Mervis Nocteau , entre humains pourquoi devrions-nous ressentir l’altérité comme une agression ? Nous sommes tous égaux, et tous différents. Nous sommes tous nés de la même manière, et nous finirons tous dans la démolition de nos cellules en molécules plus ou moins primordiales. Comme le rappelait Heraklès, nous sommes un animal qui commence sur quatre membres, continue sur deux, et s’il vit assez vieux termine sur trois, appuyé sur un bâton.
      .
      Droite-gauche sont des conceptions géographiques datant de la Révolution française : cela a bien vieilli. Où se situe un vrai anarchiste ? Sans doute en tant qu’observateur entouré de ses compagnons, depuis une sorte de « point de vue de Sirius » qui se moque bien des catégories. Les différences ne sont en rien inhérentes aux personnes, mais aux terroirs complexes où elles ont grandi, se nourrissant de différences comme de ressemblances. Est-ce un hasard, si pas loin du lieu où je suis né, en 1789 un simple curé de campagne d’une paroisse minuscule, élu député, se présenta le 11 juin 1789 à la porte du local où était réuni le Tiers Etat ? Bravant les conventions, il venait se joindre aux autres humains élus pour vérifier ensemble les mandats de tous. Les jours suivants, petit à petit, les autres membres du clergé, puis de la noblesse suivirent. Il fallait un premier. Il s’appelait l’abbé Jallet. Sans lui, y aurait—il eu la Révolution ?
      http://shenandoahdavis.canalblog.com/archives/2018/09/14/36687420.html


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 15 juillet 11:43

      Mais vous me soûlez avec vos concepts pourris, votre idéalisme véreux, vos aspirations molles et nulles, et surtout votre débilité à croire que je suis un psychopathe alors. Il est clair que le point de vue de Sirius est le point de vue impossible des oniromanciens connaisseurs-moralisateurs dont traite cet article, un peu comme Montesquieu (que j’apprécie par ailleurs) dans ses lettres Persanes, invente des Persans pour mieux moraliser le débat public au nom d’une pseudo-connaissance, car on dirait aujourd’hui qu’il fait de la récupération culturelle inappropriée et offensante. Alors ne parlez pas pour les Siriusiens, bande de soûlards.


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 15 juillet 11:46

      Les vrais psychopathes sont les harceleurs moraux, avec leurs concepts niaiseux et totalitaires tels que ceux que vous charriez comme la lie en prétendant encore les faire découler de vos connaissances, totalement abruti. L’abrutissement est la seule chose que je prendrai pour le Mal absolu, et vous en débondez.


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 15 juillet 11:47

      Ceci étant déballé, merci d’illustrer mon propos à merveille.


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 15 juillet 11:53

      Pour le dire clairement : si nous sommes une gamme de cellules plus ou moins primordiales, comme vous dîtes, nous ne sommes pas leur détérioration, mais leur organisation diverse dans la Vie, qui ne fait pas d’égalitarisme mais des variétés à foison se hiérarchisant et plus ou moins compétentes çà et là, dans des ordres de comparaison impossibles, desquels on ne saurait conclure à l’égalité. Sur un trône, on n’est jamais assis que sur son cul disait Montaigne, mais on reste assis sur un trône plutôt que sur un tabouret, peu importe qu’il me fasse envie ou pas en ce qui me concerne.
      Quant aux territoires, c’est justement mon propos, pauvre fou. Mais vos histoires sont si spécifiques qu’on ne saurait en tirer de généralités : vous extrapolez dans vos pseudo-sciences délirantes et, pour le coup, psychopathiques, je répète. Vous tuez l’intelligence.


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 15 juillet 11:56

      En somme, votre raisonnement est morbide et mortifère, et parle en vertu de la mort !


  • Jean Keim Jean Keim 13 juillet 21:21

    La question finalement est : la connaissance peut-elle abrutir.

    A voir les longs développement de certains avec citations , références et mentions de penseurs ayant pensés, sans aucun doute ; dans une tête bien faite, il y a souvent un système d’aérage plus ou moins efficace, mais parfois il n’y en a pas.


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 13 juillet 21:43

      Le système d’aérage : tout est là, car ne sombrons pas dans l’anti-intellectualisme sommaire, de ce que l’intellectualisme est lui-même erroné.


  • Old Dan Old Dan 13 juillet 23:05

    Moralité : Ne pas mélanger connaissance et croyance.

    .

    D’où l’intérêt du « tirage au sort », pas plus sélectif que le vote majoritaire, mais plus frustrant, héhé !... (Voir infra !)


  • Si l’Afrique est notre matrice (continent noir de Freud,...), pour Jung, il faut se différencier de l’inconscient collectif, au prix d’un sacrifice de l’enveloppe dans cette matrice originelle, un sacrifice conditionnant la reconnaissance de l’altérité. Si l’enfant continue à fusionner avec la matrice originelle, il ne pourra différencier le moi du non-moi.


  • microf 14 juillet 13:48

    Entièrement d´accord avec l´auteur," la connaissance pas qu´elle peut abrutir, mais elle abrutit.

    On peut faire ce constat lorsqu´on regarde aujourd´hui l´Occident qui a accumulé tellement et tant de connaissances que cet Occident par ses connaissances, s´est abrutit.

    On pourrait écrire des encyclopédies sur le titre de cet article.

    Prenons quelques cas de connaissances qui abrutissent.

    La connaissance de fabriquer les armes de destruction massive, pourquoi ?

    Le monde souffre actuellement des faits d´une Pandémie le CORONAVIRUS, que ce CORONAVIRUS existe ou pas est une autre chose, mais le fait est bel et bien lá, la Pandémie CORONAVIRUS est entrain de mettre le monde á genou, et que fait cet Occident avec ses connaissances ? c´est chacun pour soi.

    L´Occident a crée les Nations-Unies oú les questions de l´humanité sont débattues et règlées.

    Les Nations-occidentales qui contrôlent ces Nations-Unies par leurs connaissances, n´auraient-elles pas bien fait de convoquer tout les pays du monde á New-York pour débattre comment combattre cette Pandémie ? Comment combattre les effets de cette Pandémie qui plombent les économies du monde y comprises celles occidentales ?.

    Chacun garde ses connaissances et fait des recherches pour trouver un vaccin. Lorsqu´il l´aura trouver qu´en fera-t-il ? Le mettra t-il au service de l´humanité ? certainement non, il le vendra pour devenir encore plus riche que maintenant.

    « Sciences sans conscience n´est que ruine de l´âme »

    a dit un occidental ( Rabelais )

    Voilá comment les connaissance occidentale au lieu d´être mise au service de l´humanité, ne serviront qu´á une minorité occidentale, les abrutissant de plus en plus.


  • Notre identité, c’est avant tout notre VERBE (Tour de Babel).  Ma patrie, c’est la langue française, Albert Camus 


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 15 juillet 09:54

      Non, mais il y a de l’idée : c’est la langue maternelle, donc tout ce qui a trait à la natalité territoriale d’une part, mais il existe d’autre part des territoires plus symboliques et représentationnels. Cependant, ils sont essentiellement liés à l’extension du domaine de la natalité, telle que la religion des parents par exemple, qui de toute évidence à peu ou prou inspiré leur comportement, donc le nôtre par mimétisme, quand bien même on peut plus tard y exercer un esprit critique et s’en départir. Albert Camus était trop français, c’est-à-dire théoricien, pour s’en rendre bien compte, encore qu’il exalta le corps. Mais lui qui chérissait le fait d’être conséquent, ne le fut pas sur ce point. Ce n’est pas pour moi un grand homme, en dehors d’une réussite intellectuelle de la République.


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 15 juillet 09:55

      Dit autrement avec Pierre Bourdieu, ce sont les habitus.


    • @Mervis Nocteau ayant fait un mémoire sur la dyslexie, j’aimerais relater cet exemple. Un proche, un belge d’origine celte du côté de la mère et british du côté du père. Dyslexique dans l’enfance, je l’ai fait un peu parler de son histoire. C’est ainsi qu’en creusant, si je puis dire, j’apprends que ses ancêtres avaient des mines de charbon dans le Pays de Galles (du côté de son père). Il me répète souvent qu’il n’aime pas Charleroi. tiens me dis-je, une ville d’anciennes mines de charbon. Ses parents ayant connus de nombreux conflits, des incompréhensions. Mère française-bretonnante et père juif-gallois, je me suis demandée si cette difficulté d’apprentissage du français ne venait pas de ses deux lignées d’origine différentes. La dyslexie est parfois explicable par la difficulté à choisir : lignée paternelle ou maternelle,.... Pourtant, les gallois sont d’origine celtes. il y a à creuser (si je puis dire concernant le charbon) dans cette direction..... Affaire à suivre. 


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 15 juillet 21:18

      C’est très doltoïen tout ça. Pourquoi pas ? Mais d’abord, c’est qu’on a enjoint ce malheureux à choisir, tout court. Il n’y a pas à choisir, il y a (se) composer. Ses parents l’ont donc salement contrarié, et pas parce qu’ils avaient deux héritages plus ou moins différents.


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