samedi 1er février - par CHALOT

Mieux vaut mourir debout

« Mieux vaut mourir debout
que vivre à genoux »
Les derniers jours des grands hommes

livre de Patrick Pelloux

éditions Robert Laffont

333 pages

novembre 2019

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L'auteur, ici, met au service de l'écriture, ses connaissances médicales pour nous faire « vivre » les derniers instants, c'est-à-dire la mort de 21 grands hommes.

Il commence par les rois avant de s'intéresser aux artistes, aux politiciens, aux personnages historiques et au peuple puisque 50 pages du livre sont consacrées à la Commune de Paris et à l'effroyable assassinat des dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants par les Versaillais.

Un des premiers chapitres de son livre m'a interpellé.... Je trouvais qu'il était plein de mansuétude pour Marie Antoinette et dur pour les révolutionnaires.... C'était au temps de la Terreur et il faut prendre du recul et se préoccuper du contexte.

Par la suite je me suis aperçu que sa vision humaniste le conduit à dénoncer le procès sans vraie défense fait à l'ex reine puis dans un chapitre suivant condamner avec force les exactions féroces des troupes de Thiers lors de la semaine sanglante.

L'auteur manie l'humour avec talent, ce qui n'est pourtant pas facile avec un tel sujet.
Son chapitre consacré à la mort du président de la République, Félix Faure et « l'érection présidentielle » est un petit bijou.

Le 16 février 1899, jour de sa mort, il attendait sa maîtresse : « A 15H30 croyant que c'est Meg qui le rejoint, il avale un comprimé de son aphrodisiaque, la cantharide. Raté, c'est l'archevêque ! Félix Faure a dû avoir des picotements, des démangeaisons présidentielles dans son slip et des brûlures à la verge pendant toute l'audience. »

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Le lecteur sourit parfois mais pas trop souvent car la fin de ces personnages est dramatique et moins « douce » que celle de Félix Faure....

L'assassinat de Sitting Bull, organisé par les autorités américaines, constitue un méfait dramatique de pure sauvagerie.

Il s'est agi de faire s'entre-tuer les Sioux dans un duel fratricide.

Ce livre passionnant se termine par un hommage appuyé de l'auteur à Charb, son ami, victime de l'attentat islamiste sanglant qui s'en est pris à l'équipe de Charlie Hebdo.

Aucune de ces personnes n'est morte tranquillement dans son lit.... Les fins sont douloureuses....

Le lecteur, tout de suite pris par les récits, apprend en se distrayant.

 

Jean-François Chalot



7 réactions


  • Leonard Leonard 1er février 15:23

    Mieux vaut mourir debout que de faire de la promo de bouquin sur AV !

    Espèce de Chalot ! tu prends de l’espace pour ça ! crilège !


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 1er février 16:04

    Pour Charb ...Lettre aux escrocs de l’islamophobie...paru il me semble une semaine avant son assassinat...que la gauche se regarde en face.


  • Hugo Drax Hugo Drax 1er février 18:13

    Être debout dans la société du spectacle, c’est escalader la muraille d’un château fort, avec un décor horizontal : En bref, être à quatre pattes…

    C’est vrai que pour devenir adulte, c’est mal barré ! Mais, on fera subir l’euthanasie avec un exosquelette à nos sans colonne vertébrale, l’horreur sera sauve !


  • ZXSpect ZXSpect 1er février 18:24

    merci Chalot d’avoir mis le projecteur sur ce livre et son auteur.

    .

    Lorsqu’il écrivait dans Charlie Hebdo, combien de fois j’ai eu les larmes aux yeux lorsque Patrick Pelloux nous rapportait la réalité sociale et humaine autour de ses interventions d’urgentiste.

    .

    Puis il fut témoin du massacre de ses copains de Charlie !


  • Kapimo Kapimo 3 février 18:29

    Pelloux appartient à une tendance politique et sociale mainstream, et c’est bien pour cela qu’il a reçu de tels coups de projecteurs médiatiques.

    Une forme de bien-pensance officielle, en quelque sorte (et il en faut, depuis que l’église s’est désintégrée...). L’Islamophobie décomplexée d’un syndicaliste, tendance Valls.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 3 février 18:37

      @Kapimo

      Sur...lorsque que tu arrive dans les bureaux de Charlie et que tu découvre tes potes les tripes a l’air faut faire des bisous aux islamistes ...pauvre con .


    • Kapimo Kapimo 4 février 17:00

      @Aita Pea Pea

      La récupération/instrumentalisation de l’émotion des autres, c’est pas beau. Quand elle s’accompagne d’insultes, c’est complètement insignifiant.


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