mercredi 7 août - par rosemar

Regardez-les danser... dans les feux de l’aurore...

Quelle beauté et quelle cruauté dans ce poème de Théodore de Banville mis en musique par Georges Brassens ! Un poème sous forme de ballade, avec un refrain qui ponctue le texte....

Le cadre évoqué est une magnifique forêt, personnifiée dès le premier vers : on voit "ses larges bras étendus", belle image qui fait de la forêt un être humain. Le début du poème est empreint de douceur, et on assiste au réveil de la déesse "Flore" qui symbolise la nature, dans l'antiquité...

Mais cette forêt cache et recèle bien des horreurs : les branches ont servi de gibets et sont couvertes de pendus... Banville alterne, tout au long du texte, beauté, magnificence du décor et cruauté du sort réservé aux cadavres des pendus, ces sujets du "roi Louis", représentant d'un pouvoir absolu qui n'hésite pas à châtier des opposants, de pauvres gens sans doute....

La scène se passe le matin, à l'aurore, au lever du soleil, au moment où les doux rayons effleurent, caressent et dorent la nature... tout est splendide et les pendus, eux-mêmes, deviennent "des chapelets, des grappes de fruits inouis" ! 

Quelle ironie dans ces images qui évoquent la religion et une nature luxuriante ! Plus loin, les pendus se mettent à "voltiger" dans l'air et à "danser dans les feux de l'aurore", vision d'horreur et de beauté, à la fois.

Le verbe "danser", associé à la mort, crée un effet de surprise et souligne l'horreur du tableau.

La nature est encore personnifiée, grâce à un impératif, puisque les cieux sont invités par le poète à "regarder" ce spectacle et cette chorégraphie macabre.

Toute la magnificence de l'aurore apparaît alors : "la rosée", l'azur qui commence à poindre, un "essaim d'oiseaux réjouis" qui gazouillent et "picorent gaiement" les têtes de ces malheureux pendus....

Le contraste entre la splendeur du décor et la vision des cadavres en suspension est saisissant... il permet, encore, de souligner la violence du châtiment, son injustice.

Les pendus, eux mêmes, qui "décorent" les arbres deviennent des images de beauté : le "soleil levant les dévore", et les cieux sont "éblouis" par leur sarabande !

Le décor semble s'illuminer et se "tendre" de bleu, le soleil se métamorphose en "météore", comme pour souligner l'horreur du châtiment infligé aux suppliciés....

Les pendus semblent, d'ailleurs, devoir se multiplier puisqu'ils appellent d'autres pendus. On perçoit bien toute la cruauté du pouvoir royal, son pouvoir arbitraire puisque ce "verger" est celui du roi "Louis", idée reprise de manière insistante dans le refrain...

On ressent l'apitoiement du poète dans l'expression "ces pauvres gens morfondus"...

Les sonorités très douces du texte s'opposent à la vision atroce de ces suppliciés : la sifflante "s", la fricative"f", la chintante "ch" sont utilisées à maintes reprises et donnent une impression de douceur infinie....

 "La forêt où s'éveille Flore, 
A des chapelets de pendus 
Que le matin caresse et dore. 
Ce bois sombre, où le chêne arbore 
Des grappes de fruits inouïs..."

La gutturale "r", plus âpre, met en évidence la dureté du châtiment et sa violence.

Dans l'envoi final, on retrouve un contraste entre les misérables pendus confondus dans "un tas"et le décor qui est somptueux : "un tas de pendus enfouis Dans le doux feuillage sonore".
 
En associant ainsi la splendeur de la nature à l'horreur du châtiment, Banville dénonce d'autant mieux le sort réservé à ces sujets du roi : le lecteur ressent une émotion, une injustice révoltante.

La musique composée par Georges Brassens, très rythmée et lente restitue une ambiance moyenâgeuse et souligne la beauté du décor tout en insistant sur le message : une violence injuste et terrifiante.

Ce texte qui évoque le roi Louis comporte, aussi, une valeur intemporelle, puisqu'il dénonce l'horreur de tous les châtiments et de tous les pouvoirs arbitraires.

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2016/07/regardez-les-danser-dans-les-feux-de-l-aurore.html

 

Le poème de Banville :

http://www.crcrosnier.fr/mur4/prt4/banvillet4.htm

http://en.quetes.free.fr/archives/la-foret/articles/verger_banville.htm

 

Vidéo :

 Photo : rosemar



47 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 7 août 15:00

    pour le roi, je sais pas, mais au verger des muses, les berges sont à vous


  • Fergus Fergus 7 août 23:41

    Bonsoir, Rosemar

    Dommage que l’évocation plutôt réussie de ce superbe poème, si bien mis en musique, soit gâchée par le retour de ces hideuses digressions phonétiques ! Elles n’apportent strictement rien à votre texte, et même le dénaturent. « Les sonorités très douces du texte s’opposent à la vision atroce de ces suppliciés »  observation tout à fait pertinente suffisaient amplement !

    Mais peut-être aimeriez-vous qu’un article consacré à l’une de vos oeuvres musicales favorites soit, au risque d’en briser le charme, émaillé de rappels de l’emploi de demi-tons à la tierce supérieure ou de toute autre annotations du même type ?


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 8 août 09:06

      @Fergus

      j’attends toujours un développement convaincant sur l’opportunité stylistique de l’usage de la consonne fricative uvulaire voisée


    • Fergus Fergus 8 août 09:30

      Bonjour, Séraphin Lampion

       smiley


    • rosemar rosemar 8 août 11:27

      @Séraphin Lampion

      Il ne faut pas mépriser la phonétique : elle est une part essentielle de la poésie des mots...


    • Fergus Fergus 8 août 11:51

      Bonjour, rosemar

      Rassurez-vous, personne ne « méprise la phonétique » !

      Certes, elle constitue « une part essentielle de la poésie des mots », je suis d’accord avec vous sur ce point. Mais le charme des mots naît de l’usage de la phonétique en elle-même que l’on entend et apprécie dans la sonorité des mots —, pas de la dissection technique !

      Pour poursuivre mon parallèle musical, sachez que j’ai eu comme voisin un musicologue très recherché pour ses analyses d’oeuvres classiques destinées à un public de personnes en quête de pédagogie. A un musicien qui lui demandait un jour pourquoi il n’entrait pas plus en détail dans la description technique de l’écriture musicale, il a répondu : « C’est de la cuisine musicologique, cela n’intéresse que les professionnels de la composition et les interpètes les plus pointus ! » Il avait évidemment raison. 


    • rosemar rosemar 8 août 12:28

      @Fergus

      La phonétique quoi que vous en pensiez, est essentielle dans l’analyse d’un texte poétique, car les sonorités créent certaines harmonies, certains effets qu’il convient de mettre en évidence...


    • Fergus Fergus 8 août 13:21

      @ rosemar

      Je ne crois pas me souvenir que Pompidou se soit allé à la moindre digression de cette nature dans cet ouvrage de référence et d’une très grande intelligence qu’est son « Anthologie de la poésie française » ! Or, ce livre est un texte majeur que chacun se devrait d’avoir lu, ou au moins de posséder afin de s’y référer de temps à autre.


    • Fergus Fergus 8 août 13:31

      Le plus drôle dans votre réponse ci-dessus est qu’elle se réfère à une supposée attaque de la phonétique, ce qui n’a évidemment pas été le cas !

      Si attaque il y a eu, c’est contre l’emploi de termes techniques  la fameuse « cuisine »  qui n’apportent strictement rien à votre propos sur le poème de Banville dont chacun peut, même en étant béotien en matière de phonétique, apprécier les sonorités.

      Lorsque vous jouez à la pétanque, faites-vous remarquer à vos partenaires, adversaires et badauds quels éléments de physique sont mis en oeuvre pour que la boule aille se placer là où elle s’est immobilisée ? Car votre problème est là, dans ces digression importune qui est à un andante de Mozart ce qu’est l’insertion soudaine d’un accord de Mötörhead ! 


    • Fergus Fergus 8 août 13:50

      Erratum : ... cette digression inopportune...


    • rosemar rosemar 8 août 16:16

      @Fergus

      La phonétique fait forcément appel à des termes spécifiques : on ne peut s’en passer...
      Non, je ne joue pas à la pétanque... mais vous mélangez tout...

      Comparaison n’est pas raison...


    • marmor 8 août 16:27

      @Fergus
      Vous semblez ne pas connaître cette citation attribuée à Françoise Sagan et qui illustre vos commentaires sur ce fil : « la culture, c’est comme la confiture, etc etc »
      qui est à un andante de Mozart ce qu’est l’insertion soudaine d’un accord de Moorhead !  à mourir de rire ! où va se loger la fatuité !!!


    • Fergus Fergus 8 août 17:57

      @ rosemar

      Rosemar 1  Pompidou 0

      Bravo pour cette victoire !  smiley


    • Abou Antoun Abou Antoun 8 août 18:21

      @Fergus
      hideuses digressions phonétiques ! Elles n’apportent strictement rien à votre texte, et même le dénaturent.
      C’est parfaitement exact et même ridicule. J’ai essayé d’attirer l’attention de l’auteur sur le fait que l’association d’une sonorité à une notion est liée à une langue et qu’elle n’est nullement universelle. Un prof de lettres devrait le savoir.
      D’ailleurs si le rationnel s’explique plus ou moins avec un peu de pédagogie l’émotion ne se transmet pas de la même manière, le ressenti dépend du vécu et de la culture générale, rien n’est universel dans le domaine de l’émotion. 
      Je reconnais que la musique de Brassens, lente et triste colle bien à ces paroles.
      Cependant il faut se souvenir que Brassens met parfois sur la même musique des poésies différentes (’Les tours de Carcassonne’, et ’le nombril de la femme d’un flic’ ’La prière’ et ’Il n’y a pas d’amour heureux’) et que personne ne trouve cela bizarre.


    • Fergus Fergus 8 août 19:37

      Bonsoir, Abou Antoun

      Il va de soi que je partage totalement votre commentaire.

      Pour ce qui est de Brassens plaquant des paroles différentes sur une même musique, il ne faisait en cela que reproduire ce qui a toujours existé, aussi bien dans la musique classique que dans la musique traditionnelle. Et pour ce qui est de « La prière » et « Il n’y a pas d’amour heureux », je lui en suis reconnaissant tant cette musique magnifique est si bien adaptée à ces deux superbes textes.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 8 août 19:43

      @Fergus

      Bonjour. Faut voir entre harmonie et mélodie...tâter d’un instrument permet de comprendre un peu ...suis parti...zoooouuuuuuuu


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 9 août 08:07

      @rosemar

      la chimie est aussi une part essentelle de la peinture à l’huile,
      mais je me contrefous de la nature et de la composition des molécules que Van Gogh a utilisées pour peindre les tournesols
      regarder en silence, contempler est le mieux,
      éventuellement guider le néophyte en lui donnant des codes et même en commentant les techniques utilisées (couteu, brosse, etc...)
      mais pas la formule chimique des produits qu’il utilisait


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 9 août 08:46

      @rosemar

      autre métaphore :
      quand je regarde Sophie Marceau, je ne pense pas à son code génétique ADN, pourtant c’est bien la correspondance entre le génotype et le phénotype d’un organisme.qui déterminent les caractéristiques uniques de chaque individu vivant


    • Fergus Fergus 9 août 09:20

      Bonjour, Séraphin Lampion

      Merci d’apporter de l’eau à mon moulin par cet exemple. Même le peintre (amateur) que je suis se contrefiche d’entrer dans la « cuisine » picturale.


    • rosemar rosemar 9 août 09:20

      @Séraphin Lampion

      Comparaison n’est pas raison, encore une fois... dans un tableau, on pourra analyser avec précision le choix des couleurs, leurs nuances et les effets produits...


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 9 août 09:36

      Les étudiants en médecine assistent à des autopsies pour étudier l’anatomie

      que les chirurgiens aient cette pratique de professionnels ne les amène pas pour autant à décortiquer une grenouille devant leur patient pour leur expliquer ce qu’ils vont lui faire en l’opérant !


    • rosemar rosemar 9 août 09:38

      @Séraphin Lampion

      Encore des comparaisons oiseuses !


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 9 août 09:50

      @rosemar

      « MONSIEUR JOURDAIN.- Quoi, quand je dis : "Nicole, apportez-moi mes pantoufles, et me donnez mon bonnet de nuit", c’est de la prose ?

      MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Oui, Monsieur.

      MONSIEUR JOURDAIN.- Par ma foi, il y a plus de quarante ans que je dis de la prose, sans que j’en susse rien ; et je vous suis le plus obligé du monde, de m’avoir appris cela. Je voudrais donc lui mettre dans un billet : Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour ; mais je voudrais que cela fût mis d’une manière galante ; que cela fût tourné gentiment.

      MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Mettre que les feux de ses yeux réduisent votre cœur en cendres ; que vous souffrez nuit et jour pour elle les violences d’un...

      MONSIEUR JOURDAIN.- Non, non, non, je ne veux point tout cela ; je ne veux que ce que je vous ai dit : Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour.

      MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Il faut bien étendre un peu la chose.

      MONSIEUR JOURDAIN.- Non, vous dis-je, je ne veux que ces seules paroles-là dans le billet ; mais tournées à la mode, bien arrangées comme il faut. Je vous prie de me dire un peu, pour voir, les diverses manières dont on les peut mettre.

      MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- On les peut mettre premièrement comme vous avez dit : Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour. Ou bien : D’amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux. Ou bien : Vos yeux beaux d’amour me font, belle Marquise, mourir. Ou bien : Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d’amour me font. Ou bien : Me font vos yeux beaux mourir, belle Marquise, d’amour.

      MONSIEUR JOURDAIN.- Mais de toutes ces façons-là, laquelle est la meilleure ?

      MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Celle que vous avez dite : Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour. »

      Molière – Le bourgeois gentilhomme – Acte 2 – scène IV


    • Abou Antoun Abou Antoun 9 août 23:22

      @Séraphin Lampion
      Excellent, et encore :

      MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Soit. Pour bien suivre votre pensée, et traiter cette matière en philosophe, il faut commencer selon l’ordre des choses, par une exacte connaissance de la nature des lettres, et de la différente manière de les prononcer toutes. Et là-dessus j’ai à vous dire, que les lettres sont divisées en voyelles, ainsi dites voyelles, parce qu’elles expriment les voix ; et en consonnes, ainsi appelées consonnes, parce qu’elles sonnent avec les voyelles, et ne font que marquer les diverses articulations des voix. Il y a cinq voyelles, ou voix, A, E, I, O, U.

      MONSIEUR JOURDAIN.- J’entends tout cela.

      MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- La voix, A, se forme en ouvrant fort la bouche, A [15] .

      MONSIEUR JOURDAIN.- A, A, Oui.

      MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- La voix, E, se forme en rapprochant la mâchoire d’en bas de celle d’en haut, A, E.

      MONSIEUR JOURDAIN.- A, E, A, E. Ma foi oui. Ah que cela est beau !

      MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Et la voix, I, en rapprochant encore davantage les mâchoires l’une de l’autre, et écartant les deux coins de la bouche vers les oreilles, A, E, I.

      MONSIEUR JOURDAIN.- A, E, I, I, I, I. Cela est vrai. Vive la science.

      etc... etc...


  • phan 8 août 03:57
    Marre de l’arth-rose !
    Marre de la név-rose !
    Marre de la fib-rose !
    Marre de la cir-rhose !
    Marre de l’ostéopo-rose !
    Allez, pour ces hideuses digressions phonétiques, ça s’ar-rose !

  • alexis42 alexis42 8 août 11:37

    Ma pauvre Rosemar,

    N’avez-vous pas encore compris que tout ce qui touche à la musique (et autres, voir le Tour de France) doit au préalable recevoir l’imprimatur de Maître Fergus, seule autorité incontestable ?


    • Fergus Fergus 8 août 12:07

      Bonjour, alexis42

      Troll un jour, troll toujours !  smiley

      Je vous signale que, sur l’article de Gilbert Spagnolo consacré au Tour, j’ai écrit « A mon avis ». J’ai donc émis une opinion qui n’engage que moi et ne prétend en aucune manière s’imposer à qui que ce soit !

      Mais peut-être avez-vous des difficultés de compréhension de la langue française ? smiley


    • rosemar rosemar 8 août 12:28

      @alexis42
      Le spécialiste a encore frappé !!


    • Fergus Fergus 8 août 13:22

      @ rosemar

      Eh oui, spécialiste du trollage !  smiley


    • alexis42 alexis42 8 août 20:59

      @Fergus
      « Je vous signale que, sur l’article de Gilbert Spagnolo consacré au Tour, j’ai écrit « A mon avis ». »
      Exact ! C’est tellement contraire à vos affirmations habituellement péremptoires que vous en êtes encore bouleversé ! smiley


    • Fergus Fergus 9 août 09:23

      Bonjour, alexis42

      Je l’écris souvent, contrairement à ce que vous pensez. Mais certes pas de manière systématique car ce serait aussi redondant qu’inutile : sauf citation signalée, chacun de nous sur ce site émet des opinions personnelles qui n’engagent que leur auteur. Cela vaut pour moi comme pour vous !


  • Agafia Agafia 8 août 13:42

    Bonjour le monde,

    Des pendus, une chanson... Outre François Villon et sa ballade des pendus,

    « Frères humains, qui après nous vivez,
    N’ayez les coeurs contre nous endurcis,
    Car, si pitié de nous pauvres avez,
    Dieu en aura plus tôt de vous mercis.  »

    une autre chanson me vient immédiatement à l’esprit :

    « Strange Fruit » de Billie Holiday... J’adore cette chanson et son histoire.

    Southern trees bear a strange fruit
    Blood on the leaves and blood at the root
    Black bodies swinging in the southern breeze
    Strange fruit hanging from the poplar trees
    Pastoral scene of the gallant South
    The bulging eyes and the twisted mouth
    Scent of magnolia, sweet and fresh
    Then the sudden smell of burning flesh
    Here is a fruit for the crows to pluck
    For the rain to gather, for the wind to suck
    For the sun to rot, for the tree to drop
    Here is a strange and bitter crop
    Parolier : Abel Meeropol

    • Taverne Taverne 8 août 14:16

      @Agafia

      Bien vu ! Brassens assumait sa filiation avec François Villon, l’auteur de la Ballade des pendus. Et Strange fruit est aussi une évocation pertinente avec cette image terrible.


  • Taverne Taverne 8 août 14:20

    A Rosemar :

    Merci pour cette évocation artistique de qualité en plein coeur de l’été.

    @Fergus

    La musique des mots est très importante chez Brassens. J’y suis moi-même très attaché.


    • Fergus Fergus 8 août 15:47

      Bonjour, Taverne

      « La musique des mots est très importante chez Brassens. J’y suis moi-même très attaché »

      Tout comme moi ! Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si je suis allé applaudir trois fois Brassens à Bobino. Il est vrai qu’à l’époque, je vivais à Paris, ce qui m’a facilité le choses pour voir ce grand artiste sur scène, la dernière fois avec Joël Favreau qui complétait à la guitare la basse de Pierre Nicolas.

      Bonjour aux Quimpérois ! Je serai moi-même dans le coin dans quelques jours, à Pont-Croix plus précisément, non loin  si je me souviens bien  du lieu où vivait ton aventurier de grand-père (Esquibien, sauf erreur de ma part).


    • Taverne Taverne 8 août 15:59

      @Fergus

      Trois fois est le nombre parfait. Je n’ai pas eu cette chance.

      Au temps des premières vacances à la montagne, il fut d’usage de dire « va à la neige et skie bien ! » et cela a conduit à nommer ainsi cette commune dont tu as bien cité le nom.

      Pont-Croix, capitale du Cap-Sizun, passage obligé par le port d’Audierne. Bienvenue sous nos climats !


    • Fergus Fergus 8 août 16:11

      @ Taverne

      C’est toujours avec un grand plaisir que je me rends dans ce coin de Bretagne où l’une de mes soeurs possède une petite maison. J’adore y arriver en passant par Pors Poulhan, histoire de saluer la statue de la Bigoudène avant de m’engager en territoire capiste. Une ancienne d’AgoraVox  dont tu te souviens certainement  vit dans ce lieu sauvage : Gül, dont je regrette encore, des années après, qu’elle ait quitté le site.


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