mercredi 22 avril 2020 - par S.B.

Soleil noir

D’un coup le ciel s’est obscurci.

« C’est maintenant que commence la partie vache du voyage, mousse. On va se farcir le détroit au sens le plus fort du mot. Regarde. A bâbord, on a la côte de la péninsule de Cordoba. Elle est bordée de récifs tranchants comme des dents de requin. Et à tribord, le panorama n’est pas meilleur. Là, c’est la côte sud-est de l’île Désolation. Des récifs mortels et, dans quelques milles, comme si ça ne suffisait pas, on va tomber sur les courants du canal Abra, qui portent toute la force de la pleine mer. Ce foutu canal a bien failli avoir la peau de Fernand de Magellan. Mousse ! Tu peux rester, mais bouche cousue. Ne l’ouvre pas avant d’avoir vu le phare d’Ulloa. » *

Dans ce bout du bout du monde et pendant des milliers d’années il y eut des Indiens. Les Onas, les Yagans, les Patagons, les Alacalufes.

«  Vous avez déjà entendu parler du tir au pigeon gelé ? C’était ça leur sport, aux Mac Iver, aux Olavarria, aux Beauchef, aux Brautigam, aux Von Flack, aux Spencer, et il consistait à faire monter une famille entière d’Indiens sur un morceau de glace flottante, sur un iceberg. Alors venaient les coups de fusil, d’abord aux jambes, ensuite aux bras, et ils échangeaient des paris sur le dernier à se noyer ou à mourir de froid. » *

L’été, certains de ces Indiens vivaient nus et s’enduisaient le corps de graisse de guanaco. L’hiver, ils s’enveloppaient dans les peaux de cet animal. D’autres plongeaient dans les eaux polaires à la recherche de mollusques comestibles. Le long des côtes ils allumaient des feux, qu’ils ne laissaient pas s’éteindre pour se chauffer en permanence. C’est ainsi que les premiers Européens baptisèrent ce monde « Terre de Feu ».

Dans ce sud extrême, un garçon de seize ans peut embarquer sur un baleinier car il a raconté l’histoire de Moby Dick à des marins qui ne la connaissaient pas. On ne lit pas au bout du monde. On fait avec les vents, le froid, les bancs de sable traîtres, les courants marins et des pirates modernes qui rasent les forêts ou transforment la mer en bain de sang. Dans ce monde de bouts éparpillés tout au bout, l’ombre d’un vaisseau fantôme hante les esprits et le vent transperce les os. Des hommes ont pour patrie le souvenir d’un bateau et restent des années sans éprouver le besoin de parler. Des Chiliens, des Basques, des Danois naviguent dans un puzzle infini d’îlots, de chenaux, de canaux, de fjords et de détroits. Les eaux peuvent être aussi limpides que celles de lagons tropicaux. Les glaciers tombent dans la mer. Les descendants d’Indiens vivent dans une autre dimension, sacrée.

Dans ce sud austral, les baleines et les dauphins dansent autour des bateaux amis, poussent des cris aigus et s’immobilisent, une seconde, dans leur saut au-dessus des flots. Des navires-usines d’une centaine de mètres, venus des quatre coins du monde, pourchassent ces animaux mythiques jusqu’à leurs cachettes les plus secrètes. Un jour, dans une baie sans nom, les cétacés se jetteront par centaines contre une de ces machines jusqu’à la pousser vers les récifs et l’obliger à faire demi-tour. Les baleines devront migrer toujours plus bas, vers le sud, pour se protéger.

Il paraît que dans les coquillages géants de ces confins on entend vraiment la mer.

 

********

Le canapé tangue sur l’eau qui a envahi la pièce.

« Je n’aurais jamais cru possible que cet homme meure un jour » a dit Anne-Marie Métailié.

 

* Le Monde du bout du monde, de Luis Sepulveda

 

Crédit photo : Editions Métailié



68 réactions


  • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 22 avril 2020 12:56

    Six ans sans un mot de vous, Sabine, c’est long.

    Et encore vous cachez-vous largement ici sous les mots ( et les maux ) d’un autre.

    Son nom n’a pas d’importance. Sepulveda aurait pu être un autre , (je devine.)

    Je comprends que vous vouliez ouvrir la fenêtre sur le grand large , l’ailleurs ( qui n’est pas forcément mieux, du reste), bref aérer la pièce confinée du confinement qui pue un peu des pieds...OK.

    Je devine aussi , vous cyber-connaissant un brin, que vous avez caché des petits cailloux que je ne suis aujourd’hui pas en état (ou en « cerveau disponible ») de ramasser, pour la route. Mais je sais qu’il y en a planqués. J’y reviendrai. Maybe.

    Faut soulever les pierres pour voir détaler les lézards.

    Je comprends aussi que le soleil et le vent est toujours en vous. Et que vous savez que moi, la mer, c’est plutôt l’amer, le noir et blanc et les camaïeu de gris.

    Mais je vous embrasse quand même, puisque personne ne nous regarde.

    Vous valez bien 135 euros d’amende pour violation des gestes barrière et des règles fondamentales du confinement..


    • S.B. S.B. 22 avril 2020 13:22

      @Sandro Ferretti
       smiley 
      Merci pour ce message d’accueil. Je dois travailler, je reviens tout à l’heure.


  • Francis, agnotologue JL 22 avril 2020 14:20

     Je n’ai sans doute pas compris le seul ouvrage je crois, que j’aie lu de lui : « Le vieux qui lisait des romans d’amour ».

    Qu’il me pardonne cette réflexion publique et inutile, où qu’il soit aujourd’hui : tant d’autres lecteurs ont aimé ses livres. Ce sont sûrement de grands et beaux romans.


    • S.B. S.B. 22 avril 2020 17:28

      @JL
      On n’est jamais obligé d’aimer un livre, même si d’autres l’encensent. Ce qui se passe entre un livre et son lecteur se passe seulement entre eux.
      « Le Vieux... » est le premier livre de Luis Sepulveda traduit en français, c’est le plus connu et celui qui l’a rendu célèbre. 


  • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 22 avril 2020 16:55

    @SB

    Bon, ce soir, c’est moi qui sera « on duty », pour des déconfinements avouables ou pas...

    Je dirais juste qu’il y a deux lacunes dans votre billet d’air frais ( comme d’autres parlent d’arrivée d’air chaud en parlant des italiens...).

    Le son et l’image.

    -Sur l’image, moi qui passe parfois une heure à trouver la photo qui véhiculerait le message ou l’émotion du texte (sur Bashung, Christophe), je trouve que vous avez choisi de mettre une cagoule sur vous, en prenant la lisse couverture du livre, le genre dont je me servais, ado, pour écraser les moustiques ou les araignées à la campagne, la nuit venue.

    On vous donne une deuxième chance : on ne vous demande pas de vous mettre nue, juste de nous faire un lien sur une photo qui illustrerait ce dont vous voulez vraiment parler dans votre rébus.

    sur le son (mon point faible, vous le savez) il manque une bande son à cette escapade.

    Comme vous ne nous dites rien, eh ben moi, je pense à ces deux Manset.

    https://www.youtube.com/watch?v=wUOtvGDPQAE

    Et puis :

    https://www.youtube.com/watch?v=sISCUdsRz_4

    Mais bon, j’dis ça , j’dis rien.

    J’suis peut être hors sujet, ce ne serait pas la première fois.


  • S.B. S.B. 22 avril 2020 17:55

    Sandro,

    En fait, il n’y pas de rébus et Luis Sepulveda n’aurait pas pu être un autre.

    C’est bien parce que c’est lui et parce que c’est ce livre, que le ciel s’est obscurci d’un coup quand j’ai appris la nouvelle. 

    Vous me reprochez de ne pas être allée chercher des images et des sons pour évoquer une pure sensation de lecture ? Je n’en ai pas eu besoin. C’est tout simple, finalement.


  • alinea alinea 23 avril 2020 00:51

    Merci Sabine,

    je lirai son Monde du bout du Monde


  • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 23 avril 2020 11:13

    @SB

    Par je ne sais quelle association d’idée, ce livre ou ce que vous en dites ou citez me fait penser à un livre à lire absolument :

    « Le cul de Judas » ( Os Cus de Judas) par l’écrivain portugais Antonio Lobo Antunes.( Ed de l’Olivier pour la version française)

    C’est un peu « le Céline portugais ».

    C’est assez brillant. C’est une grève des avions qui m’avait conduit par hasard à la librairie de l’aéroport de Lisbonne, où je l’avais pris au hasard au rayon « livres traduits en français ».

    J’avais 3 heures à attendre, et c’est passé très vite.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cul_de_Judas


    • S.B. S.B. 23 avril 2020 12:14

      @Sandro Ferretti
      L’association d’idée vient peut-être du fait que les deux auteurs ont eu la même éditrice française ? 
      Je note. Ça a l’air très noir (je sais que ça vous agace quand je dis que j’ai envie de soleil et pas de noir). Tous ces livres que je n’ai pas lus et toutes ces plages que je n’ai pas (encore) vues.
      C’est comment Lisbonne ? 


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 23 avril 2020 12:30

      @S.B.

      Lisbonne c’est une ville avec des poils sous les venelles .


    • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 23 avril 2020 16:17

      @S.B.
      Autant pour moi, l’éditeur d’Antunes est Métaillé, et pas l’Olivier ( c’est l’Olivier stylisé de la couverture qui m’a trompé).
      Lisboa ? Un peu l’Italie du pauvre, mais qui monte et qui descend tout le temps, des immeubles aux couleurs vives comme en Scandinavie, une dominante de bleu, des trottoirs casse-gueule et glissants en marqueterie comme dans une salle de bains à l’ancienne, des trams à crémaillère, des gens sympas qui ne friment pas, une cuisine sympa et pas chère mais qui vite fait de vous refaire un trou à votre ceinture,.
      Le poisson grillé, le Mathaus rosé, infâme piquette demi-sucrée qu’on boit comme de l’eau et qui saoule quand même, vers minuit et à la troisième bouteille en terrasse, avec les vieux en noir qui jouent aux cartes avec leur chaise inversée, leur clope baveuse et éteinte collée à la lèvre supérieure.Leur regard qui lorgne la mer, parce qu’ils ont besoin de savoir qu’elle est là, même s’il n’y vont plus. Savoir que si ça les reprend, eux ou leurs petits enfants, ils repartiront annexer le Brésil. Ils savent qu’il ne le (re) feront jamais, mais la possibilité existe. C’est pas la possibilité d’une ile, c’est la possibilité de reprendre la mer.
      Leur fatalisme gai.
      Le café robusta acre.
      Décrit comme ça, c’est nul et ça fait cliché .
      J’essaierai donc demain de vous dénicher des passages de Lobo Antunes sur sa propre ville, car il est très lucide sur ça aussi, et pas dans le sentimentalisme béat, qui lui est étranger.
      PS : au Portugal, c’est plutôt Evora et Coîmbra qu’il faut voir.
      (Les deux plus vieilles université d’Europe, avec Bologne.)


    • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 23 avril 2020 17:49

      Tiens, un très bel article sur Antunes.
      Un peu long, mais tout y est dit, et bien dit.
      https://laregledujeu.org/2019/05/16/34902/antonio-lobo-antunes-ecrivain-portugais-et-ses-fantomes/

      Bon, j’y retourne.


    • alinea alinea 23 avril 2020 18:06

      @Sandro Ferretti
      Oui, c’est beau Lisboa... surtout depuis que airbnb en déloge tous ses habitants.


    • S.B. S.B. 23 avril 2020 19:03

      @Sandro Ferretti
      Ce n’est pas du tout nul ou cliché. Les vieux qui jouent aux cartes tard dehors, c’est une image du Sud pour moi. Je ne sais pas pourquoi, j’imaginais Lisbonne blanche. Les Portugais que je connais sont des gens sympas qui ne friment pas, exactement ça. 
      Dans l’article on dit qu’Apollinaire est son poète français favori et que Lobo Antunes aime la mer (comme Luis Sepulveda). Je comprends aussi qu’il a vécu des choses qu’il n’arrivera jamais à raconter, même s’il est écrivain, et qu’il le sait. 


  • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 24 avril 2020 15:29

    Bon, comme promis ; rien trouvé à proprement parler sur Lisbonne ( pas eu le temps à vrai dire).

    Me suis contenté de certains passages que j’avais surlignés en marge au crayon, il y a quelques années.

    En voici un :

    « Chez vous ou chez moi ?

    J’habite derrière le Fontaine Lumineuse, à la Picheleira, dans un appartement où on voit le fleuve, l’autre rive, le pont, la ville la nuit, du style dépliant pour touristes, et chaque fois que j’ouvre la porte et que je tousse, le fond du couloir me retourne l’écho de ma toux, et une drôle d’impression me prend (…).

    Entretemps, si vous en êtes d’accord, peut être pourrions-nous essayer de faire l’amour, ou plutôt cette sorte de gymnastique païenne qui nous laisse dans le corps, une fois l’exercice terminé, un gout de sueur et de tristesse au milieu du désastre des draps : le lit ne grince pas, il est improbable que la chasse d’eau de l’étage du dessus vomisse à cette heure-ci le contenu limoneux de son estomac, caressant les caresses sans tendresse qui sont le moteur du démarrage du désir, aucun de nous n’éprouve pour l’autre autre chose qu’une complicité de tuberculeux dans un sanatorium, faite de la tristesse mélancolique d’un destin commun ; nous avons déjà trop vécu pour courir le risque idiot de tomber amoureux, de vibrer dans notre âme et nos tripes, de rester des après-midi entiers devant une porte fermée, un bouquet de fleurs au poing, ridicules et touchants, à avaler anxieusement notre salive. Le temps nous a apporté la sagesse de l’incrédulité et du cynisme, nous avons perdu la simplicité franche de la jeunesse ( ..)

    Passé 50 ans, l’amour ne fatigue plus assez pour dormir aussitôt après.

    Il n’arrive pas, le matin, il ne va jamais arriver, c’est inutile d’attendre que les toits palissent, qu’une lividité glacée éclaire timidement les stores, que de petites grappes de gens transis, brutalement arrachés à l’utérus du sommeil, se regroupent sous les arrêts d’autobus vers un travail sans plaisir.

    Nous nous trouvons vous et moi condamnés à une nuit sans fin, épaisse, dense, désespérante, dépourvue de refuges et d’issues, un labyrinthe d’angoisse que le whisky éclaire de biais, de sa lumière trouble, et nous tenons nos verres vides dans nos mains comme les pèlerins de Fatima tiennent leurs bougies éteintes, assis côte à côte sur le canapé, vidé de phrases, de sentiments, de vie, souriant l’un à l’autre avec des grimaces de chiens de faïence sur une étagère de salon, les yeux épuisés par des semaines de veilles terrorisées.

    Avez-vous déjà remarqué comme le silence de quatre heures du matin distille en nous la même espèce d’inquiétude qui habite les arbres avant la venue du vent, un frémissement de feuilles de cheveux, un tremblement de troncs d’intestins, l’agitation des racines des pieds qui se croisent et se décroisent sans raison, à la recherche d’un coin frais du drap ?

    Donc nous attendons au fond ce qui n’arrivera pas, l’anxiété qui accélère nos veines pédale en nous, en vain, à la façon des bicyclettes immobiles des gymnases, parce que cette nuit, vous comprenez, est une cale à la dérive, une énorme armoire dont on a perdu la clef, un aquarium sans poissons, naufragé dans une absence de pierre et parcouru seulement par les ombres dans l’eau d’une inquiétude informe.

    Nous resterons ici à écouter le moteur du frigo, seule compagnie vivante dans ces ténèbres, dont la lampe blanche allume sur les carreaux de faïence du mur des phosphorescences d’igloo, jusqu’à ce qu’on construise d’autres immeubles sur cet immeuble, d’autres rues sur cette rue, que des visages indifférents se superposent à la brève amabilité des voisins, que le concierge acquière la barbe majestueuse et hagarde d’un fou du village, que les archéologues du futur retrouvent nos corps figés dans des attitudes d’attente, identiques à ces figures de glaise des tombes étrusques, attendant, le whisky au poing, la clarté d’une aurore atomique. ».

     

    Antonio Lobo Antunes, « le cul de Judas », Ed. Métailié

     

    Oui, je sais, vous vous dites ; « p..tain, vous en avez d’autres, des comme ça ?

    Moi, non. Mais Lobo Antunes, oui.

    Et mis bout à bout ça fait un livre brillant, qui fait que s’il fallait n’en emmener que deux dans le trou du cul du monde (traduction libre du »cul de Judas« en portugais), ce serait celui-là et »le voyage « de Céline, auquel les lettrés auront remarqué que la première phrase de cet extrait rend hommage à la dernière (  »au loin, le remorqueur a sifflé, etc")..


    • S.B. S.B. 24 avril 2020 17:51

      @Sandro Ferretti

      P...tain, il en a d’autres des comme ça ?
      Attention, minute de vérité :
      - je n’ai pas lu et ne lirai pas « Voyage au bout de la nuit »
      - la musique du « Boss » ne me parle pas
      C’est là que vous vous dites : « P..., c’est quoi c’tte arnaque de soleil-vent ? »

      Le style de Lobo Antunes n’est a priori pas pour moi, j’y viendrai peut-être un jour, mais j’ai apprécié de lire l’extrait, vraiment.
      Faites attention à vous. 


    • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 24 avril 2020 21:53

      @S.B.
      Bon, bon, j’ai compris.
      Je crois que j’ai ce qu’il vous faut comme lecture.
      J’avais même fait la voix « off » du trailer de ce bouquin, pour son éditeur.
      Là (cliquer sur « plus » en bas de la vidéo).

      https://www.youtube.com/watch?v=_HSQTSdcs_E

      Un type sympa que ce Boris, ex.prof. de philo Ukrainien exilé en France , si je me souviens bien. Je l’avais rencontré une fois. Il a très bien vendu ce premier livre. Il est malheureusement mort comme un chien il y 6/8 mois, à 52 ans.
      Je ne porte pas chance, faut croire...


    • S.B. S.B. 25 avril 2020 10:40

      @Sandro Ferretti
      Craig Johnson est arrivé dans ma boîte aux lettres. Je pars au Wyoming. 
      J’emmène Paris Hilton, pour la dépayser.


  • In Bruges In Bruges 4 janvier 17:27

    Tanti auguri.

    (Grazie a Dio)

    https://www.youtube.com/watch?v=2Sy67Cfk0AI


  • S.B. S.B. 9 janvier 18:59

    Elle n’est pas italienne, « seulement » franco-américaine. Mais elle a une cafetière italienne et mange des pizzas.

    Songe à la douceur écrivait Baudelaire en pensant à elle un siècle avant.

    https://www.youtube.com/watch?v=4JXJrs6rukQ&ab_channel=FerWeb1


  • In Bruges In Bruges 9 janvier 21:21

    Merci pour la découverte de cette Madeleine.

    Pour des raisons que vous ne ferez que deviner, toutes les madeleines ( les vraies, pas celles de Proust ni celles de mon petit déjeuner) ont un a priori favorable chez moi.

    J’en connais une qui vous aurait dit : « vous auriez dû vous occuper de mon fils il y a quelques années, quand il était encore temps ».

    Mais bon, tout le monde n’est pas Beth Hart non plus, et ses rauques « I will take care of you ».

    PS : musicalement (et en rapport avec la SACEM), le morceau que vous citez est limite plagiat de « Amstrong » de Claude Nougaro.

    (On dira que je n’ai rien vu/ rien dit. Chuis pas de la police non plus)

    Belle soirée.

    (Il parait qu’il neige même chez « les sudistes ».« It must be a sign » , comme disait l’autre.)


  • The Old Snoop chtarbologue The Old Snoop 9 janvier 22:03

    Quoiqu’il en soit , Sabine et Sandro, tous mes voeux pour cette nouvelle année en espérant pouvoir vous lire encore ici au pire ou ailleurs


  • S.B. S.B. 9 janvier 22:28

    J’aime l’idée qu’il y a quelque part un endroit avec une lumière pour les gens qui prennent des trains à travers la plaine.


  • S.B. S.B. 26 janvier 20:42

    In Bruges,

    Jean-Pierre Bacri : https://www.youtube.com/watch?v=kCF_XfAxfIA&ab_channel=Com%C3%A9die%2B

    Je crois que la fin va vous plaire.


  • In Bruges In Bruges 27 janvier 19:05

    Bonsoir,

    Merci pour le clin d’œil.

    Lui, je ne l’ai « vu » qu’une fois (voir ci-dessous), mais je crois avoir vu tous ses films, depuis Azoulay le proxo juif pied noir du «  Grand pardon » et son costard moutarde à déclencher les bagarres... Et tant d’interview.

    J’avais avec cet homme un vraie fraternité ( au sens étymologique, qui n’est pas celui de la fratrie), je le sentais comme un frère. D’ironie, de pudeur, l’art de botter en touche. Tant de gens m’ont dit depuis 20 ans « ne fais pas ton Bacri, ca te vieillit... »

    Sa mort ne fut pas un regret, une peine. Ce fut une douleur.

    Comme un signe.

    Là, j’accompagnais un copain un peu connu qui n’avait plus de permis, et voulait un chauffeur « discret » pour cette soirée d’avant première, où du coup il m’a invité.

    Petit passage fulgurant. Le son n’est pas bon, mais tout le reste, oui...

    https://www.youtube.com/watch?v=9XeHnJuGOgw


    • In Bruges In Bruges 27 janvier 19:43

      J’aime bien aussi ce bout de minimalisme bien élevé, mais n’en pensant pas moins :

      https://www.youtube.com/watch?v=wG9eteDHhlA

      PS : pour le reste, je vous suggère de prendre les « mauvaises nouvelles du front » du sieur Pagan. Epilogue à lire vous savez où.
      (Je crois bien qu’il faut faire vite, hélas..)


    • In Bruges In Bruges 30 janvier 14:22

      SB :
      Ouaips, ci après l’avis de l’intéressé ( en toute fin d’interview, mais le début, comme -presque- toujours avec lui vaut le détours sur le contexte du choix de « Osez ».

      https://www.youtube.com/watch?v=VTMWyBm6f0Q

      Et puis cette Itw dans la chouette série « on décompose la chanson » sur les titres signés Jean Fauque, avec France Bleu Frontignan ( où le grand fauve s’est retiré, mais chuuut), sur la genèse de « Osez ».
      Version très adoucie et paisible, à mon avis. Mais bon.
      Monsieur Jean a pris de la rondeur et quelques kilos ( quadruple pontage et arrêt de la clope oblige), et le voilà plus éloigné de la noirceur absolue de la Joséphine des glauques parkings à routiers de Wingersheim.
      C’est lui qui a raison, sans doute, comme toujours....

      https://m.facebook.com/VilleFrontignanOfficiel/videos/odlc-osez-josp%C3%A9hine-dalain-bashung/1052180418551488/

      Osez, Samantha...


    • S.B. S.B. 30 janvier 21:31

      @In Bruges
      Oui, il a raison. Je crois. J’aime pas les parkings glauques avec des Joséphine perdues dedans.
      Ca sert à quoi de vieillir si on ne s’adoucit pas.


  • S.B. S.B. 27 janvier 22:39

    « C’est quoi en gros votre personnage ? Et là je peux mourir d’une dépression », fait un peu le lien avec ce que Pagan écrit de ses personnages.

    Dans « La grosse émission » avec Alain Chabat, Bacri résume le film « Place Vendôme » en donnant envie de tout sauf de le voir et fait une parodie de l’artiste de gauche bien-pensant. Il était aussi très drôle. 

    Je l’ai surtout aimé dans « La septième cible » (tout petit rôle), « Une femme de ménage », « Avant l’aube » et bien sûr « Le goût des autres », où il joue tellement bien ce type riche et fruste méprisé par les intellos et les artistes. Tout en finesse.

    Un homme très subtil.


  • The Old Snoop chtarbologue The Old Snoop 27 janvier 23:08

    C’est marrant, j’y pensais aussi à Bacri dans le rôle de Sandro smiley


  • In Bruges In Bruges 23 février 16:47

    SB

    A propos de soleil noir, il y a 5 ans jour pour jour, dans un coin perdu de Seine et Marne, je retenais à deux mains et à grand peine au bord de la ligne Thalys / Eurostar un vague copain d’un ami qui voulait se transformer en steak haché pour cette fille :

    https://www.youtube.com/watch?v=uNEUlAZFLVE

    sans doute ( avec Edith Fambuena) la meilleure guitariste française. Une grâce vénéneuse, le genre de filles qui ne devraient pas être en vente libre, vu les dégâts qu’elles font.

    Ici en accompagnement de Dani dans un classique gainsbourien :

    https://www.youtube.com/watch?v=Pc-FVvHxIdY

    PS : autant Brigitte Fontaine est pour moi pathétique et vulgaire, autant Dani, dans la même classe d’age, a su rester assez sobre et relativement digne , à mon sens.

    Voilà, c’était il y a 5 ans, et c’était mon illustration du soleil noir qu’est pour moi Emilie Marsh.


    • In Bruges In Bruges 23 février 17:49

      PS : Je ne l’ai vue qu’une fois, sur le tournage de ce clip ( duo avec François Staal sur une chouette chanson d’AB).
      Quand elle vous regarde, vous ne pouvez pas tenir devant.

      https://www.youtube.com/watch?v=i-bPj1PciP0


    • The Old Snoop chtarbologue The Old Snoop 24 février 17:29

      @In Bruges

      Fin des années 70 ou début des années 80, il m’arrivait de me laisser entraîner par des copains chez Dani qui tenait une boîte avenue Victor Hugo
      Formidable hôtesse au charme incomparable
      Mais même mort de faim il ne me serait pas venu à l’idée d’aller faire un tour chez Brigitte Fontaine smiley


    • S.B. S.B. 24 février 18:39

      Brigitte au fond de l’Ohio.


    • In Bruges In Bruges 24 février 18:58

      @S.B.
      Bof..
      La seule fois où elle m’a vraiment fait rire, c’est là :
      https://www.youtube.com/watch?v=pt5cyNYXLxE

      A part ça, M’sieur Universal vient de m’envoyer un mail privé pour les happy few m’annonçant que le mois prochain sort un album de reprises d’AB, intitulé « Covers », dont voici la set-list.

      FACE A
      01.That’S All Right Mama
      02.Avec Le Temps
      03.Bruxelles
      04.Céline
      05.Les Amants D’Un Jour
      06.Everybody’S Talkin’
      FACE B
      01.Le Sud
      02.L’Homme A Tête De Chou
      03.Le Tango Funèbre
      04.Hey Joe
      05.Les Mots Bleus

      Just in case...


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 24 février 19:04

      @In Bruges
      Bon , faut utiliser toutes les bandes ?


    • In Bruges In Bruges 24 février 19:05

      Ouaips.
      « L’aventure ».
      Pas connu ( a fermé en 1981, j’chuis trop jeune...). J’essayais de faire des études...
      Ici une très belle harmonie pantalon / bottes de la dame Dani, le tout devant un très chouette château. Et la Miss Emilie et sa Fender diabolique...( pas que la guitare, mais bon)

      https://www.youtube.com/watch?v=eZ2MDISrPQk


    • In Bruges In Bruges 24 février 19:07

      C’était pour Snoop.


    • The Old Snoop chtarbologue The Old Snoop 24 février 19:43

      @In Bruges

      Beau duo
      Dani, il y a 40 ans n’avait rien de vénéneux ( encore que la coke circula beaucoup dans sa boîte, déjà ! ) , mais quel charme !


    • In Bruges In Bruges 28 février 14:13

      Corrigendum : pas de Fender ici, désolé.
      La belle vénéneuse véhicule son talent en Duesenberg Fullerton CC. « Cutaway ».
      Dont acte.
      PS : merci à la fée du logis d’avoir fait le ménage de ( presque) printemps sous cet article .
      Les obsessionnels, leur problème, c’est qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils font ch... tout le monde...


  • S.B. S.B. 24 février 18:52

    Dans le film, le vieux tueur à gages retrouve son jeune collaborateur (tueur à gages aussi) dans un parc où il s’apprête à se suicider. Le premier panique parce qu’il doit abattre le second, c’est le contrat, et pour faire son travail il doit le sauver.

    C’est ma scène préférée.

    C’est la réponse à la question.

    Il-fait-beau In Bruges.


    • In Bruges In Bruges 24 février 19:30

      @S.B.
      Oui, je sais, je reviens de 2.30 de marche en foret.
      Pour In Bruges, oui, cette scène et tant d’autres : ce film est vraiment « un putain de conte de fées », comme dit l’autre à plusieurs reprises dans le film.
      Pour le reste, un Thalys ( chais pas s’il venait de Bruges..) à 50 cms, ca fait des vibrations dans la poitrine, et beaucoup de vent.
      Des vents violents, comme dirait la miss.

      https://www.youtube.com/watch?v=fvShCXDFxCc


  • In Bruges In Bruges 24 février 19:38

    @ Aita

    Je ne sais pas.

    Pour ceux qui possèdent le vinyle de 2003 «  duo, reprises et raretés » ( introuvable depuis 2003, grosse valeur marchande) rien de neuf, pas d’inédits.

    Pour les autres, c’est quand même une bonne occasion de sortir des classiques.

    Ils essaient tout de même « d’organiser la rareté » ( Universal indique dans le mail que j’ai reçu : « édition limitée ». ). Bof. Un peu racoleur.


  • The Old Snoop chtarbologue The Old Snoop 24 février 20:11

    Désolé Sabine et Sandro, tout comme Aita doit l’être, d’avoir attiré ici dans mon sillage un ou deux tarés de la pire espèce ...

    N’hésitez pas à recourir au bouton rouge quitte à ce que mes interventions disparaissent aussi


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 mars 21:26

      @S.B.
      Salut. Téléphoné avec In Bruges qui parle ailleurs d’Otis . Mais que c’est bon de l’écouter...


    • S.B. S.B. 15 mars 16:50

      Oui  smiley

      « The Dock... » est comme « The Boxer » de Simon et Garfunkel : mélancolie américaine...


  • In Bruges In Bruges 17 avril 19:38

    Il y a un type qui se languit de vous.

    Vous aviez promis de passer le voir, et là où il est, c’est pas très passant, justement.

    Du coup, il vous le chante.Pour que vous (re) veniez.

    https://www.youtube.com/watch?v=4wj_kvQk9Q4


  • S.B. S.B. 17 avril 22:56

    In Bruges,

    Cette vidéo me touche. Je regarderai.


  • In Bruges In Bruges 18 avril 13:06

    Il y a aussi cette interview/ bilan de lui, qui est un bijou.

    La lenteur de cette interview exceptionnelle, au début (dans le pays dont on dit pourtant que tout va si vite. Quelle TV française laisserait « le magnéto tourner » comme ça ? Personne)

    Ça démarre mal. Tension. Tension lente, mais tension.

    Dean Stanton dans son minimalisme de taiseux.Le journaliste qui a la faiblesse d’avouer qu’il est fan depuis toujours, et Stanton qui répond d’un sobre et poli « you are welcome ».

    On se dit qu’il va « le tuer », comme un vieux matou se décide enfin à tuer d’un coup de patte la souris qui l’a un peu trop sous-estimé.

    Mais Dean Stanton ne veut tuer personne.

    L’interview revient à la normale.

    La grande gentillesse du Monsieur.

    La mémoire qui se barre, les souvenirs avec, tant pis , les clopes qui s’enchainent.

    Sa modestie inébranlable. Son humour suave ( quand il évoque le seul amour de sa vie, une Hawaienne avec qui il n’a vécu qu’un an et demi, avant qu’elle ne se tire avec Tom Cruise sans qu’on sache bien sur si c’est vrai).

    Son nihilisme tranquille, qui l’a pris d’un coup à 14 ans et son œil qui se rallume soudain ( à 25.00) sur la conscience du vide, la terreur du vide, le fait qu’il n’y a pas de réponse, pas de réponse à rien. « No begining, no end, only the moment ».

    Et puis à 27.51, cette chouette interprétation.

    Un grand moment.

    Si loin des Hanouneries et des Adissoneries survoltées de nos franchouillardises.

    Cadeau pour vous.

    https://www.youtube.com/watch?v=uW7-_ibnXm8


  • S.B. S.B. 26 avril 20:11

    C’était bien. 


  • In Bruges In Bruges 28 juin 19:05

    L’âme de Geoffrey Oryema est-elle passée par là ?

    Repassera-t-elle ailleurs, si le vent la porte...

    https://www.youtube.com/watch?v=OE9Gn3PT4VM


  • In Bruges In Bruges 28 juin 19:11

    Ou bien est-elle sur le parking d’une station service ?

    http://leon-fraichesnouvelles.blogspot.com/2009/11/station-service-sandro.html


    • S.B. S.B. 29 juin 19:23

      @In Bruges
      Il y a tellement à faire avec l’âme des vivants, la nôtre et celle des gens qu’on aime (comme ses enfants), que je ne me pose pas de questions sur celle des morts.
      Un très beau livre : https://gallmeister.fr/livres/347/fromm-pete-la-vie-en-chantier 


    • In Bruges In Bruges 30 juin 22:07

      @S.B.
      Bon, je n’ai ni trop le temps ni l’envie de disserter (plus tard, maybe, we never knows... )
      Pour moi (la khâgne sans doute) un mot est un mot, il faut un minimum de rigueur quand on écrit, on ne peut pas dire toujours n’importe quoi, comme un journaliste, juste parce que « ça sonne bien » , ou parce que c’est une doxa ou un mantra personnel (fut-il légitime).
      « L’âme des vivants  », ça n’existe pas, par définition . C’est un oxymore ( pour mettre les points sur les « i », c’est comme « la neige chaude » ou « le soleil froid ».)
      Tant qu’on est vivant, on a pas (encore) d’âme.
      Les morts, oui.
      Et ils nous parlent du moins les moins jeunes- dans l’oreillette ( pas tous, heureusement on n’en sortirait pas). Les -très proches, ceux qui veulent vous aider , le font, en contrepartie de l’aide ou du respect que vous leur avez porté de leur vivant.

      C’est tout autre chose que votre « mantra » un peu simpliste (désolé), famille méthode coué, du genre « oiukaidi, ioukaida, la vie est belle, occupons nous des vivants, les morts on verra bien quand on le sera nous-mêmes ».

      Les morts nous parlent, SB, que cela vous plaise ou non.

      Et les vivants, ils n’ont pas d’âme, puisqu’ils ne sont pas encore morts. Capito ?

      Est-ce que vous me décevez, SB, avec vos raccourcis parfois- simplistes ( parce qu’ils sont juste au service de votre humeur du moment), vous qui êtes capable de beaucoup mieux ?
      Réponse : oui.
      Point barre.


    • S.B. S.B. 1er juillet 20:17

      @In Bruges

      Il se trouve que je ne suis pas votre élève et que vous n’êtes pas mon professeur.

      Vous manquez d’intuition. Vous n’avez pas le début du commencement d’une idée sur pourquoi j’écris ce que j’écris ni sur ce qu’il y a derrière ce que je dis ou ne dis pas. Et je ne vais pas prendre la peine d’expliquer quoi que ce soit, vu votre ton.

      Capito ?
      Je n’ai pas l’impression.
      Apparemment, vous n’avez pas fait beaucoup de progrès depuis les premiers posts juste au début de ce fil où vous vous trompiez complètement sur le sens de mon article au-dessus.

      « Est-ce que vous me décevez 
      Réponse : oui
      . »

      C’est réciproque.
      Votre intransigeance et votre colère mal dirigée doivent casser beaucoup de choses. Tout cela ne me concerne définitivement pas.

      Salutations.


Réagir