mardi 18 février - par CHALOT

Une histoire populaire du football

livre de Mickaël Correia

Editions la Découverte

376 pages

mars 2018

 

 

Je ne suis pas un fan de football, bien au contraire, mais, invité à lire cette œuvre par le libraire de Vaux-le-Pénil, j'ai relevé le défi.

J'ai mis deux jours à découvrir, à « dévorer » avec intérêt ce document d'informations et d'analyses.

Si l'auteur dénonce dans son introduction la marchandisation du foot professionnel et toutes ses dérives, il montre dans 22 chapitres qu'hier et aujourd'hui, des terrains de foot ont été et sont des terrains de luttes.

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Le « ballon au pied » a été un puissant vecteur d'émancipation des travailleurs, des femmes, des peuples colonisés.

Hitler a essuyé deux revers de taille, l'un lors des Jeux Olympiques que l'Allemagne nazie a pu organiser grâce à la « complicité » du CIO quand la Norvège, outsider de la compétition a marqué deux buts éliminant l'équipe allemande et surtout quand l'Autriche annexée a battu l'équipe du Reich en présence du « fuhrer ».

Les organisateurs avaient prévu que le match se conclurait pas un nul ! Le buteur autrichien responsable des deux buts, Matthias Sindelar, devenu un héros national, trouvera, avec sa femme, la mort le 23 janvier 1939 !

 

Le lecteur est invité à un tour du monde passionnant, en Afrique du Sud par exemple où il passe quelques temps avec les prisonniers de l'apartheid qui s'adonnent au football et qui en profitent pour réfléchir sur la stratégie et la tactique propres au football mais aussi à « la prise de pouvoir ».

La promenade en Angleterre, mère du ballon rond institutionnel est des plus intéressantes, elle nous fait découvrir le combat des femmes voulant jouer au football et « renvoyées à leurs casseroles » après la grande guerre...

Les lignes ont bougé, en Angleterre et en France depuis ce temps là mais il a fallu aux femmes combattre les préjugés véhiculés par le mouvement sportif :

« Le baron Pierre de Coubertin affirme quant à lui : « S'il y a des femmes qui veulent jouer au football ou boxer, libre à elles, pourvu que cela se passe sans spectateurs, car les spectateurs qui se regroupent autour de telles compétitions n'y viennent point pour voir du sport. » !?

 

Il n'y a rien à laisser dans ce livre et rien n'est éludé.

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A côté et surtout contre le foot-business, il y a le mouvement des supporters qui dans des villes se battent contre l'équipe dirigeante, allant parfois jusqu'à créer des clubs en coopératives et en actionnariat populaire en Angleterre...

L'auteur revient sur les violences dans les stades, il les explique et nous montre que parfois comme à Istanbul, les ultras de différents clubs arrivent à s'entendre pour se retrouver à manifester dans la rue et à affronter la police du dictateur Erdogan.

 

Oui le foot peut être généreux et subversif mais il a « du pain sur la planche » et des Bastilles à abattre.

Prenons par exemple ce football de rue, ludique, non institutionnel qui est pratiqué en Amérique latine, en Afrique et en Europe , il a ses adeptes et aussi ses récupérateurs cupides, les marques comme Nike qui lance en 2014 un clip publicitaire international se référant au street foot.

 

Soyons optimistes et résistons : « Les tenants du foot-business oublient cependant qu'ils ne pourront jamais s'accaparer l'une des valeurs essentielles du football : la joie pure de jouer collectivement au ballon. »

 

Jean-François Chalot



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