samedi 20 avril - par nemo3637

« VIVRE L’ANARCHIE » film documentaire de Michel Mathurin

 Au tournant du XXe siècle, le mouvement anarchiste, en plein essor, influence maints aspects de la vie sociale : syndicalisme, mutuellisme, écologie, végétarisme... La société dominante, bourgeoise, le combat sans merci. Certains anarchistes, lassés d'attendre le « Grand Soir », décident de se lancer, de vivre selon leurs principes. Ils vont donc s'organiser en communautés, en milieux libres, tels qu'ils s'appellent alors, généralement en milieu rural, souvent ouvertes sur des activités « extérieures » en relation avec les populations locales : imprimerie de journaux, de publications, écoles nouvelles, propagande syndicale...

  Michel Mathurin, cinéaste, réalisateur, auteur de plusieurs films docu-fiction comme « Hors Les Lois La Servitude - Marius Jacob », ou « Y'en a pas un sur cent et pourtant, ils existent – Histoire du syndicalisme d'action directe », nous fait revivre ici, avec l'aide d'historiens comme Michel Antony, cet épisode de passion, ce rêve de société nouvelle que l'on a cherché à concrétiser. Cet œuvre cinématographique devient un témoignage historique rare pour comprendre les voies, les analyses, qui parcouraient le mouvement ouvrier et ce jusqu'à aujourd'hui. Car le rêve communautaire, libertaire, ressurgissant après mai 1968, ne s'est pas éteint : cet idéal d'une vie collective laissant sa place à l'individu est trop ancré chez chacun de nous pour que ces tentatives ne ressucitent pas régulièrement.

 Des séquences font revivre des moments de cette vie communautaire où sont débattus de grandes questions. Le réalisateur a fait appel à ses fidèles acteurs de toujours, ceux qui apparaissent déjà dans ses films pécédents. Nous ne pouvons les citer tous. Mentionnons Sophie Boureau, Micha Debronde et Michel Mathurin lui-même qui apparaît dans certaines scènes.

 La durée de vie de la plupart de ces communautés du début du XXe siècle ne dépassa guère en moyenne quelques années. Les grands penseurs de l'anarchisme d'alors, comme Elisée Reclus ou Pierre Kropotkine, avaient mis en garde les partisans des communautés, expliquant, contrairement à Proudhon que toute tentative « communiste » à l'intérieur de la société était vouée à l'échec, combattue, étouffée par celle-ci, condamnée à s'y intéger ou à disparaître. Ce n'était qu'à travers la destruction de la société capitaliste que l'on pouvait espérer construire un monde nouveau. 

 N'empêche. En attendant le Grand Soir, il faut bien vivre – ou plutôt survivre – le mieux possible. Certains se construisent ainsi des cabanes sur des ronds-points pour se retrouver en Gilets Jaunes dans une convivialité tant recherchée...

  « VIVRE L'ANARCHIE » de Michel Mathurin , en DVD (2 disques), 20 euros (frais de port compris) à commander à : Atelier du Soir, Le Milhon, 32140 Masseube.



4 réactions


  • Paul Leleu 20 avril 19:00

    pauvres d’eux si ils ont du attendre les ronds-points et les gilets-jaunes pour avoir une « sociabilité »... sont-ils obligés de casser les pieds de tout le monde pour avoir une « sociabilité » ? Il y a des manières adultes d’avoir une sociabilité riche, saine, épanouissante, cultivée, aimante et raffinée... mais pour ça faut un peu sortir de l’hystérie puérile de l’anarchisme... il faut se calmer avec ses pulsions et s’ouvrir à ses vraies passions...


  • Paul Leleu 20 avril 19:05

    la république des punk à chiens, des fafs et jointés de tous bords et de toutes sortes ? On est vraiment obligé d’être comme eux pour être des « saints » ? L’anarchisme c’est du post-catholicisme petit-bourgeois mal digéré... un espèce de puritanisme individualiste... le tout revisité à l’école des cyniques...

    le problème des anarchistes, c’est qu’ils ont du mal à concevoir que tout le monde veut pas vivre comme eux. Ils ont du mal à accéder à l’autre, à sociabiliser, à accepter la culture de l’autre, sa sensibilité, son intégrité... ils ont donc du mal à se fédérer, à construire... c’est le château de sable...

    ils n’ont qu’à vivre en communautés, et être heureux...


  • UnLorrain 21 avril 08:41

    Proudhon a Malthus dans « Les Malthusiens » :

    Vous dites que l’homme qui ne peut subvenir a ses besoins par son travail ou par sa famille n’a rien a faire sur cette Terre et qu’il doit s’en aller et de ne surtout pas faire d’enfants . Hé bien moi ( PJP pour les intimes hihi ) je vous le dit,c’est vous docteur Malthus qui n’avait rien a faire sur cette Terre.

    Entre les 2 mon coeur doit balancer ? Style Junger Ernst ?....Anarque,il semble avoir une « vie plus haute » dont parle une personne chez Bloy,il supervise et surplombe tous les « istes » et même donc l’ a-crate de Reclus. Figure de style,a voir.


    • UnLorrain 21 avril 09:04

      @UnLorrain

      J’oubliais. Fin IXXeme un pseudonyme, Zo d’Axa physionomie longiligne comme Élisée Reclus ( cité par un biographe, Zo dit entre autre « s’embarquer sur le radeau de la Méduse ? Oui mais pas sans quelques biscuits »le biographe raconte que Zo - quand il n’avait plus de poches probablement - se nourrissait de....chiendents,l’herbe autrement dit. ..que je doit tondre a mon domicile à propos ) D« Axa ne s’accordait avec personne raconte encore le biographe ( Meric..ou Meri son nom ) comme preuve de cela,les intitulés de ses éditions » la Feuille « ou plus éloquent »l’En-Dehors " Meric donne ce détail amusant,qu’il arrivait souvent a Zo de se précipité chez l’imprimeur,tardivement la Feuille était sous presse,il fallait absolument changer une virgule a la Feuille de d’Axa...


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