mardi 13 mars - par C’est Nabum

Sur la route

Comme un temps suspendu !

Si pour certains, prendre la voiture est un plaisir, l’occasion de partir à l’aventure tout en profitant du paysage, c’est au contraire pour moi un calvaire, une longue parenthèse durant laquelle le danger menace. Que n’a t-on pas encore trouvé moyen plus agréable pour se rendre d’un point à l’autre sans supporter tous les désagréments de la circulation autoroutière.

En premier lieu il y a ce maudit soleil qui se fait toujours un malin plaisir à venir se refléter sur mon écran tandis que je tue le temps en vaine écriture. Durant le trajet, dès que j’en ai la possibilité je confie le volant à qui veut bien prendre en charge cette corvée et me fixe sur mon clavier pour vagabonder autrement. Durant une heure environ, je ne vois plus rien, je suis totalement focalisé sur ma prose en dépit d’un astre qui m’interdit de regarder ce que j’écris.

Puis il y a les chaos, soubresauts, nids de poule, ralentissements, coups de vent et autres vicissitudes routières qui chahutent l'habitacle et perturbent ma concentration et ma frappe. C’est curieux combien on se rend compte des oscillations permanentes auxquelles nous sommes soumis quand on ne regarde plus la route. C’est me direz-vous de ma seule responsabilité et je n’ai nullement à m’en plaindre.

Il faut déplorer encore toutes les tâches matérielles qui incombent au pitoyable copilote que je suis. Tout à mon écriture, je dois accéder de mauvaise grâce aux requêtes du pilote qui désire toujours quelque chose : un peu d’eau, une carte de crédit, une indication géographique, un regard sur son téléphone, le changement de CD ou bien de station. J’obéis pour éviter ce qu jee redoute le plus, prendre sa place afin d’assumer à mon tour cette effroyable corvée : conduire !

Si je suis bercé par le ton lancinant du moteur, mon rythme d’écriture n’est pas affecté. Hélas, il y a toujours matière à me tirer de mes pensées ; des travaux ou bien un ralentissement soudain, la redoutable et sournoise envie d’uriner qui vient toujours au mauvais moment, le comportement irascible des autres usagers qui parfois vient perturber mon pilote qui s’exclame et me déconcentre.

Si le réseau autoroutier est le meilleur allié de l’écriveur mobile, il n’en demeure pas moins un repère de bandits de grands chemins qui taxent à tout va sans toujours assurer un service de bonne qualité. Je suis toujours tiré de mes élucubrations par la survenue de travaux qui viennent ralentir les véhicules sans dédommagements financiers pour rupture provisoire du contrat commercial. Chaque fois cette idée me sort du fil de mes pensées.

Quand nous roulons sur le réseau secondaire, j’ai scrupule à m’isoler ainsi dans ma bulle. Une nouvelle menace sournoise suppose l’attention de tous. De petites boîtes surgissent sans crier gare pour délester le brave automobiliste, qui la plupart du temps, n’est même pas informé des intentions réelles de ce délateur mécanique. À quelle vitesse faut-il rouler à cet endroit ? Mystère et boule de gomme, nul n’est censé ignorer la loi surtout l’automobiliste qui doit disposer du don d’intuition pour échapper à cette terrible répression.

Celui qui écrit abandonne alors le clavier pour dépister les odieuses machines et leur redoutable œil inquisiteur. Puis le polémiste refait surface et s’indigne une fois encore de l’incroyable injustice de ces amendes à tarifs fixes. Comment peut-on ainsi lourdement punir celui qui ne dispose que d’un RSA ou d’un SMIC quand le même montant est quantité négligeable pour d’autres. Jamais je n’ai admis cette honteuse manière de frapper surtout les plus humbles. D’autres procédures devraient prévaloir à la fixation du tarif des verbalisations.

Voilà que l’heure qui m’est impartie s’achève. Bientôt ce sera à mon tour de reprendre le volant. J’ai tué le temps qui s’étirait de la meilleure des manières pour moi. Maintenant je dois enregistrer au plus vite ce petit billet sans importance. La route s’annonce encore longue. Quelle galère !

Suspensionnement vôtre.



18 réactions


  • juluch juluch 13 mars 11:56

    Conduire ne me dérange pas....je met du métal et en avant !!


    Sinon des pauses régulières....

    Par contre, si je ne conduit pas impossible de lire ou comme vous taper sur la bécane....

    Bien à vous.

  • Je pourrais écrire un roman sur : Moi et ma voiture. Mon plus grand effroi. De 1985 à 1988, par soucis d’économie, je voyageais entre Paris et Bruxelles en Taxistop (en résumé, une personne désirant diminuer ses frais d’essence propose son trajet à un accompagnateur par le biais d’un organisme). Entre conduite féminine, prenant ma voiture pour un cheval au galop ou craintive, les jours où je me suis levée du pied gauche, je me retrouve un jour avec une dame de la communauté européenne dans une voiture haut de gamme. A un moment, elle commence à s’assoupir et avec un accent moitié franquaoui-mi hollandais, elle me dit : toi prendre le volant. Et en plus au passage du cèdre du Liban. Panique totale. Bon ! arrivée saine et sauve, mais le moment fut augmenté d’un stress cruel. Autre souvenir. Cette fois : Paris-Bruxelle. Un courriériste (je ne saiss si le mot existe), nous embarque dans sa Simca. Sorti de Paris, il nous dit Attention, mes cocos, carrés vous bien dans l’habitacle (ou matrice), je dois arriver à temps à Zaventem. Il est monté à 200 à l’heure, sans nous demander notre avis,..


  • Passée à une automatique (excellente occasion). La transition est impossible et je laisse à d’autres le soin de faire mes courses...


  • nono le simplet nono le simplet 13 mars 12:49

    quand je ne conduis pas, ce qui est rare, je passe mon temps à regarder le paysage même sur de petits parcours que je connais presque par cœur : je vois toujours quelque chose qui attire mon attention ... tiens le fossé est plein d’eau, tiens, le blé a poussé, tiens, tel arbre commence à mettre des feuilles ...

    le pire c’est que je fais souvent la même chose sur les petites routes autour de chez moi, roulant comme une tortue et, parfois, un énervé que je n’ai pas vu arriver me klaxonne pour m’obliger à rouler plus vite , alors, souvent je me range sur le côté pour le laisser passer ...
    par contre sur nationales et autoroutes je reste concentré au maximum de la vitesse autorisée ... et je peux conduire 600-700 km sans une halte si je suis seul, parce que, sinon, ça râle sec smiley

  • Autre anecdote. sur une route nocturne vers l’Andalousie, j’eu la chance d’être dans la voiture d’un excellent conducteur (il fut en sa jeunesse « taxi » pour le palais royal) à qui je dois la vie. Roulant sur lagauche à du 140, un autocar a voulu nous faire un tête à queue. Deux possibiltés : on freinait : la mort. On accélérait pour le dépasser : sauvés. Voilà ce qui s’appelle être guidé par la « main de Dieu ». 


  • Clocel Clocel 13 mars 13:01

    Sinon ???

    Z’avez pas croisé Dean Moriarty et la pétulante Marylou ??? smiley

    Déçu, je suis...


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 13 mars 13:09

    Rien ne vaut un guidon en pognes et des chevaux entre les genoux. Fini l’ennui .


  • jymb 13 mars 13:35

    Pour les autophobes haîneux qui dictent depuis plusieurs années leurs volontés, il faut que votre trajet soit une punition permanente, une humilation de chaque instant ; Rien ne peut plus les exaspérer qu’un brin de route bucolique et vide ou vous pourriez lâcher le compteur pour regarder la route ou ses à-côtés. Et rebondir sur des casses voitures destructeurs les comble de bonheur, vous espérer ruiné ou au chômage faute de permis est leur suprême volupté.

    C’est tout le problème de la radicalisation. C’est un désordre psychiatrique 

     

  • UnLorrain 13 mars 15:34

    @ Nabum

    Vous êtes sûr que votre pilote ne fait pas que marmonner ou gromeller quand il côtoie un conducteur emm... ? smiley

    Je suis routier en VL,de nuits en partie,autoroutes et routes quand je peux quitter la première..sur celle-ci de jour comme de nuit elle est si morne et monotone que personne n’est a l’abri de somnolence donc d’endormissement et de l’accident,possiblement mortel.

    On a entendu parler de prévention,routière il fut un temps. Maintenant c’est plus que répression,c’est oppression. Il m’est parvenu cet avis de contravention « radar en mouvement » par l’agent XCmachinchose un lundi matin a 11h06...ah ? Bon. Résigné. Depuis..fureur,rage,sourdes,envers cet administrateur qui permet de telles règles ordurieres qui tabassent l’usager mais aussi,surtout,le professionnel.


  • marmor 13 mars 17:09
    Amoncellement de platitudes, falcitudes, connerietudes,ininterressantitudes.
    Et dire que c’est le premier écrivaillon du site ! Ca fait rire quand même ! 

    • @marmor,


      Il joue le rôle de « fou » utile,...

    • ZXSpect ZXSpect 13 mars 21:00

      @marmor


      Certains auteurs se plaignent de ne pas parvenir à franchir la modération qui, disent-ils, leur fait barrage. 


      Pour C Nabum la modération ouvre quotidiennement et systématiquement les vannes.


      J’imaginais, après certains articles, que nous avions touché le fond… mais non, maintenant, C Nabum creuse !


      Evidemment, si l’on ne se joint pas aux commentateurs groupies qui assurent la claque, le grand homme accusera la « meute » !


    • JC_Lavau JC_Lavau 13 mars 21:05

      @ZXSpect. J’ai plus d’articles refusés que d’articles passés.


    • ZXSpect ZXSpect 13 mars 22:13

      @JC_Lavau

      c’est bien ce que je dis.... 

      demandez à C Nabum son secret pour passer quelque soit la qualité de son billet et en plus quotidiennement !

  • UnLorrain 13 mars 17:28

    @ Melusine

    Je crois que je « vois » votre autocar...Deux collègues l’ont déjà vu,un m’assure qu’il estime sa vitesse a 130 kms/h...l’autobus est couleur brune,marron,il a un « P » comme Portugal derrière..le chauffeur joue au con a mon avis.


  • Henry Canant Henry Canant 13 mars 22:55

    Nabum,


    dans la même ligne, la première chose que je fais le matin au réveil, c’est d’aller faire pipi.

    Si je fais un article sur ce sujet, il passera certainement la modération comme tous les tiens.

  • ZXSpect ZXSpect 14 mars 07:13

    Après ce passionnant billet sur sa pratique de l’automobile, nous espérons que l’auteur nous gratifiera d’un article détaillant son usage du chemin de fer. 


    Est-il plutôt côté couloir ou fenêtre ? 


    Que peut-il nous dire de croustillant sur le sandwich SNCF ! 


    Je ne doute pas de son entrain à s’y coller


  • Aristide Aristide 14 mars 10:40

    en dépit d’un astre qui m’interdit de regarder ce que j’écris.


    Je me disais aussi ...

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