lundi 15 avril - par Robin Guilloux

Juan Branco, Crépuscule

 

Juan Branco, Crépuscule

Juan Branco, Crépuscule, Préface de Denis Robert, Editions Au Diable Vauvert/ Massot Edition, 2019

Juan Branco, né le 26 août 1989 à Estepona en Andalousie, est un avocat, universitaire, militant politique et journaliste franco-espagnol, collaborateur régulier du Monde diplomatique.

Il est l'une des figures de l'opposition à la loi « Hadopi » sur les droits d'auteurs en 2009. Conseiller juridique de WikiLeaks et de Julian Assange en France, il a été également l'avocat de Jean-Luc Mélenchon. Soutien des Gilets jaunes, il est l'avocat d'un de leur porte-parole, Maxime Nicolle.

Dédicace du livre :

"Ce texte est dédié à ceux qui n'auront jamais concédé leur dignité. Ceux qui, face à la tentation du pouvoir et de la compromission, du mensonge et de l'intérêt auront su tenir sans céder. Dédié, il l'est à cette idée qui m'a fait naître, cette République postulant l'égalité de ses enfants. Cette République qui a inspiré le monde, et qui sombre maintenant en des mains prostituées."

Cinquième de couverture : 

"Ce texte vise à expliquer et à légitimer la colère qui s'est déployée. Comprendre ce qui s'est joué. Il donne assise et raison à ceux qui se sont mobilisés. Il permet de démontrer - le mot est fort, il est justifié - qu'ils ont eu raison. Par les faits, loin de toute idéologie, il montre la nécessité d'un mouvement qui a fait craindre à ceux qui possédaient qu'ils pourraient perdre ce qu'ils avaient gagné."

"Ce livre s'inscrit dans la tradition littéraire française des requisitoires politiques. Sous la plume enflammée d'un jeune homme formé pour intégrer les élites mais croyant encore en la République, il dénonce et expose les preuves d'une captation de la démocratie par des oligarques puissants, en faveur d'intérêts de caste. Et comment le président Emmanuel Macron en fut à la fois la créature et l'instrument. Le publier est un acte citoyen."

Extrait de la Préface de Denis Robert :

Denis Robert, né le 9 mai 1958 à Moyeuvre-Grande, est un journaliste et écrivain français. Spécialiste du journalisme d'investigation, il est également l'auteur de romans, de films documentaires et d'essais. Il est par ailleurs plasticien. Ses livres, films et interviews à la presse, dénonçant le fonctionnement de la chambre de compensation financière Clearstream, lui ont valu une soixantaine de procédures judiciaires par des banques. En 2011, après dix ans de procédures judiciaires, il est blanchi par la Cour de cassation de sa condamnation pour ses deux ouvrages Révélation et La Boîte noire, ainsi que pour son documentaire Les Dissimulateurs. Il est, en 2008, au cœur d'une polémique qui l'a opposé à Philippe Val, l'ancien patron du journal Charlie Hebdo, et au journaliste Edwy Plenel.

"Ce que vous avez entre les mains, cette chronique d'un effondrement qui peut advenir, est le fruit d'une courte maturation. Sa lecture permet de mieux comprendre comment et pourquoi ce président a si peur du peuple et compte tellement sur la police pour sauver sa réputation et celle de ses amis. Les grandes messes macroniennes, érigées en débats, occupent en ce mois de février finissant, à temps quasi complet, les écrans. Elles retardent une échéance qui semble, à lire Juan Branco, inéluctable. J'aurais pu dire "espérée". Je n'en suis pas sûr. Contrairement à l'auteur de Crépuscule, je ne suis pas persuadé que l'effondrement puis la destitution d'Emmanuel Macron soit la seule issue au conflit qui agite notre pays. Ni la meilleure.

Jamais des politiques fiscales et économiques n'ont été autant construites, vendues et inventées pour bénéficier aux classes supérieures déjà si riches et dominantes. L'absence de contre-pouvoir médiatique et d'offre politique crédible à opposer est désespérante. Nous nous sommes laissés endormir et berner. Mais nous avons été des électeurs consentants. Et ce qui se profile n'est pas la fin d'un monde, juste son déclin, sa nuit. Son tumulte. Son désordre. Sa confusion. Pourquoi croire au pire ? Espérons l'aube, le calme, le silence et la justice. Espérons des hommes debout, déterminés et lucides.

Contrairement à la vision sombre et sans alternative d'une révolution forcément sanglante, induite pas Juan, il reste un peu de temps et des espoirs. Il reste aussi des journalistes dans les médias "mainstream", comme dans la presse alternative et indépendante, pour poursuivre le travail d'anquête autour du macronisme. Et inverser la tendance lourde qui voudrait enterrer les gilets jaunes sous les gravats du ressentiment des managers en place.

Ce livre est différent de ce qui s'édite et se lit usuellement sur Emmanuel Macron, ceux qui l'ont amené à l'Elysée et ceux qui vivent grassement aux crochets de cette République en marche vers leur néant. Son auteur assume pleinement et courageusement une forme de trahison. Juan vit à Saint-Germain-des Prés. C'est un jeune bourgeois qui rompt avec sa classe, ses maîtres, certains de ses amis, ses collègues de Normale Sup et de sciences Po. Il vit depuis près d'un an grâce au RSA. Gageons que cela lui sera reproché. Il a aussi rompu avec sa vie d'avant et ses salaires de banquier pour entreprendre ce travail pour lui-même, sur lui-même et pour nous. Il n'a rien prémédité. Il s'est levé un matin et s'est mis à écrire. A prendre ce risque parce que le reste - tout le reste - lui paraissait insupportable.

Crépuscule nous éclaire - c'est son paradoxe - sur la face obscure de ce pouvoir déliquescent. C'est d'abord un exercice de lucidité. (Denis Robert)

Chapitre I (présentation de l'ouvrage par Juan Branco) :

"Le pays entre en des convulsions diverses où la haine et la violence ont pris pied. Cette enquête sur les ressorts intimes du pouvoir macroniste, entamée en octobre 2018, vient de donner raison à ces haines et violences que l'on s'est tant plu à déconsidérer.

Il rend hommage à ce peuple sombre, dont la profondeur a été confondue avec sa supposée saleté, par une élite qu'il est temps maintenant d'étriller.

Qu'il soit établi que seront ici révélés les liens de corruption, de népotisme et d'endogamie qui jonchent un pays et qui ont fait de ses dominants les esclaves de leurs propres intérêts.

Tous les faits que je vais exposer ont été l'objet d'une enquête et vérifiés au détail près. Ils exposent un scandale démocratique majeur : la captation du pouvoir par une petite minorité, qui s'est ensuite assurée d'en redistribuer l'usufruit auprès des siens sans ne rien exiger ni imposer, en un détriment qui explique l'explosion de violence à laquelle nous avons assisté.

Qui l'explique et l'a requise. Car à force de compromissions successives, nos clercs, chargés de décrypter le réel, se sont prostitués en un marché de l'information où la protection du secret valait autant, voire plus, que la révélation de la vérité.

Ce scandale n'a jusqu'ici pas été décrit, ni révélé, alors même qu'il est connu de ceux qui sont censés nous le raconter. Ceux-là mêmes qui se satisfont, plutôt que d'exercer leur fonction, de se compromettre avec qui ils sont censés contrôler - et qui les ont achetés. Dans un pays où 90% de la presse est entre les mains de quelques milliardaires, l'exposition de la vérité est devenue affaire complexe. Morcelée, envasée, elle est devenue indicible et insaisissable, inagglomérable politiquement. La capacité à dire et se saisir du réel n'a cessé, par ces corruptions, pour les dirigeants comme pour les populations de se dégrader."

Et le peuple a fini par se lever.

Mon avis sur le livre : 

"Et voilà que l'on commence à comprendre pourquoi en ce pays, personne ne comprend rien, tandis que tous sentent tout." (p.158)

Le mérite du livre de Juan Branco, parce qu'il connaît presque tout de ce monde auquel il a failli appartenir est de mettre des mots et des noms sur ce que tout le monde sent, mais à quoi personne ne comprend rien, faute d'information ou d'une information biaisée et orientée qui cache l'essentiel.

Lorsqu'il n'y a pas de mots pour exprimer le malaise et la souffrance, c'est la violence qui remplace les mots. On le constate, semaine après semaine, avec le mouvement des "Gilets Jaunes" qui se poursuit malgré le "Grand Débat".

Les Français veulent qu'on les écoute, qu'on les respecte et qu'on leur dise la vérité. Cette vérité, si importante dans tous les domaines et particulièrement en politique, car sans elle, pas de confiance ni de lien social.

La vérité, Juan Branco se substitue dans ce livre à ceux qui sont en charge de la dire et qui ne le font pas : la Presse, désormais inféodée aux puissances d'argent qui ont fait élire Emmanuel Marcon pour qu'il leur renvoie l'ascenseur.

Il met des mots et des noms sur "ce que tout le monde sent", sur la servitude des médias, la reproduction sociale, le rôle et les privilèges de la nouvelle oligarchie, sur leur mépris du peuple.

Il explique qui sont ces hommes qui ont fabriqué Emmanuel Macron : Bernard Arnaud, l'anti-héros de Merci Patron (François Ruffin), 4ème fortune du monde, champion du monde de l'"optimisation fiscale", du lobbying, des licenciements, des délocalisations, habilleur de la "première dame", Bernard Arnaud qui a hérité de papa, mais n'a pas, aux dires même de ses "amis", décroché la timbale au loto de la génétique, mais qui se fait servir par des domestiques en livrée, comme sous l'Ancien Régime et pour qui les politiques sont des domestiques comme les autres, des domestiques en costume cravate, Xavier Niel, proxénète devenu multimilliardaire grâce à des complicités au plus haut sommet de l'Etat, Jean-Pierre Jouyet, Gabriel Attal, Alexandre Séjourné, Michèle (dite "Mimi") Marchand, trafiquante de drogue devenue la reine de la "Presse people", Alain Minc, pour qui il faut être "un peu pute" (sic) pour faire des affaires et de la politique (ce qui est pour lui du pareil au même), Patrick Drahi, Denis Oliviennes, Nicolas Bazire, Jean-Marie Messier, Arnaud Lagardère... et quelques seconds couteaux comme Ramzy Khiroun, Raphaël Emelien, Ludovic Chaker ou Alexandre Benalla.

Oui, la lecture du livre de Juan Branco permet de mettre enfin des mots sur ce que tout le monde sent confusément... Qu'il y a pour paraphraser Shakespeare "quelque chose de pourri au royaume de France". 

Il permet de mieux comprendre comment le système scolaire et les écoles d'élite organisent la reproduction sociale, comment une poignée d'initiés procèdent au pillage systématique de l'Etat, comment s'organisent l'endogamie, les réseaux d'influence parisiens et la "fabrique du consentement" : "Les liens actuels entre pouvoir médiatique et politique dégradent notre espace informationnel et rendent nos journalistes prisonniers de logiques d'intérêt, des effets délétères de la concentration des richesses".

"Conscient de sa fragilité et de la difficulté à continuer à préserver, tout en le niant, l'intérêt de ceux qui l'ont constitué, conclut Juan Branco, le président Macron est reparti en campagne. Dépensant une énergie "de dingue", il fait illusion.

Tout autour de lui, pourtant, on l'aura compris, un monde vacille, se décompose et lutte contre son crépuscule. Il était temps de le révéler. Et face à un pouvoir nous menaçant d'effondrement de se lever."(p.311)

En lisant ce livre qui dénonce "l'effondrement de l'exemplarité morale, intellectuelle et économique des dirigeants (p.135), j'ai pensé - on va se moquer de moi mais tant pis - à la nuit du 4 août 1789, à tous ceux qui ont donné leur vie pour la France, à tous ceux qui se sont battus pour plus de liberté, d'Egalité et de Fraternité, au front Populaire qui a arraché les congés payés, à Mai 68 qui a abouti aux accords de Grenelle, j'ai pensé à des gens de ma famille, à mon grand-père paternel, ouvrier chez Citroën, quai de Javelle, militant SFIO, blessé aux Dardanelles, gazé à Verdun, à mon père résistant de la première heure, aux Gilets Jaunes qui ont perdu une main ou un oeil, car ces gens "bien élevés" sont féroces quand on touche à leurs intérêts et j'ai été partagé entre la nausée, le désespoir, la consternation et la colère.

J'ai pensé aussi à Edmond Michelet, ministre du général de Gaulle, rescapé de Buchenval où il portait la communion à ses frères de misère, au risque de sa vie. 

Il est impensable, à moins de verser dans le néo-fascisme (mais peut-être y sommes-nous déjà) que les choses continuent comme avant, après le tour de passe-passe du "Grand Débat", comme si de rien n'était.

La France ne mérite pas le déshonneur d'être gouvernée par des gredins. Car, comme le dit Juan Branco : "ils ne sont pas corrompus, ils sont la corruption".

 



18 réactions


  • Les maux pour le dire.Merci pour cet article. A un moment, les masques doivent tomber.


    • Arogavox 15 avril 17:43

      Oui, grâce à ce livre et au courage exceptionnel de son auteur, les masques sont maintenant tombés.

       Personne n’était dupe, mais trompés par le mensonge d’une rétention d’information généralisée, une grande majorité de Français scrupuleux sentaient bien les embrouilles mais, n’ayant pas de preuve, s’efforçaient honnêtement de laisser le bénéfice du doute.
       Ce livre est une démonstration : il était nécessaire !

       Les complicités n’auront plus maintenant aucune excuse recevable.


    • Arogavox 15 avril 18:41

      Difficile de comprendre ou interpréter la perception d’une « trahison » avancée dans cette phrase : « Son auteur assume pleinement et courageusement une forme de trahison. »
       Refuser et avoir refusé de se laisser acheter est incompatible avec « être un vendu ».
        Ce bon élève aurait-il du avoir la prétention de développer une appréciation personnelle sur son entourage et sur ses précepteurs avant que d’avoir terminé ses études ?
        Au contraire, la trahison eût été de ne pas parfaire d’abord ses capacités d’entendement et son talent pour les mettre ensuite, avec un sans faute louable, au service de la cause commune telle qu’il la perçoit.

       Il n’a d’ailleurs pas la prétention de détenir La Vérité, mais il a, avec un rare bonheur, réussi le rare tour de force de s’efforcer à être vrai : la seule chose qui soit humainement atteignable.
       C’est ce qui fait sa force peu commune, et il le sait.
       (Prendre le risque de dénoncer des tabous, de renoncer au paraître et à la fausseté permis par des rétentions d’informations, ce n’est pas de la trahison, mais bien une lucidité courageuse et honorable.)
       


    • Drougeok Drougeok 21 avril 18:24

      @Arogavox Qui est Juan Branco à part ce brillant orateur ?


  • Jean De Songy 15 avril 17:51

    L’ARCHIPEL (ex) FRANÇAIS, l’assurance multiculturelle de la Banque.
     
    20% de bébés à prénoms arabo-musulmans en progression accélérée, la totale tribalisation du troupeau de multiethniqués bien profonds est achevée (Ifop, Fourquet)
    Non seulement « la lutte des classes est gagnée par les riches » mais « l’assurance divide et impera est prise ».

     

    Pourquoi s’intéresser à la petite bonniche négrière, coryphée du saint crédo mondialiste des « chances »... pour la Banque ?

     

    « La démocratie n’existe que quand le peuple est uni. » Carl Schmitt. Aux multiethniqués profonds, l’oligarchie, c’est éthologique.


  • Eric83 Eric83 15 avril 17:56

    La lecture de « Crépuscule » est impérative pour qui veut comprendre comment Macron, illustre inconnu jusqu’en 2014, est arrivé au pouvoir grâce à la puissance de l’oligarchie et de la caste qui dirige l’Etat depuis des décennies. Au delà, il permet de comprendre comment cette caste se perpétue afin de préserver son pouvoir et ses privilèges au détriment du peuple.


    Juan Branco, par son ouvrage maintenant édité, a littéralement « déclaré la guerre » à la caste et à l’oligarchie. Les médias ont ignoré sa publication en ligne et même l’édition pendant plusieurs semaines. Seulement, au vu du succès phénoménal du livre, les médias ont commencé à en parler depuis 2 ou 3 jours...mais au regard de ce qu’à écrit Juan Branco hier sur son compte FB - repris partiellement ci-dessous -, les chiens de garde ont été lâchés en meute pour attaquer Juan Brancon sur tous les fronts.


    « De Geoffroy de Lagasnerie à Alain Soral, d’Ariane Chemin à Daniel Schneidermann, de Panamza à Claude Askolovitch, de Bruno Jeudy à Sylvain Courage, d’Olivier Truchot à Pascal Riché, de Marc-Olivier Fogiel à Pierre Haski, un immense front s’est levé contre moi en quelques heures.

    Des plus ignobles penseurs racialistes au progressistes d’apparat les plus vains, un seul mot d’ordre, répété jusqu’à la pâmoison, sous toutes ses formes, sur les réseaux sociaux, les médias, leurs infinis moyens de communication, a semblé les lier.

    La levée de boucliers a été incroyable dans sa diversité et sa brutalité, après un mois de silences feints. Il a fallu que je révèle qu’une dizaine de médias m’avaient successivement invité puis annulé en moins de 48 heures pour parler de Crépuscule, et que tous confirment tout en signant des mots d’excuse d’écolier plus pitoyable les uns que les autres, pour que soudain les vannes s’ouvrent. De C Politique au Quotidien en passant par l’Obs, la matinale de RMC chez Bourdin et tant d’autres, tous se sont empressés de prétendre qu’il n’en avait rien été. Enfin, que si, mais que tout s’expliquait.

    Cela faisait alors cinq mois qu’aucun d’entre eux n’avait dit un mot d’un texte qui a été plusieurs centaines de milliers de fois téléchargé et qui s’est retrouvé immédiatement propulsé en tête de tous les classements de vente, sans une publicité. Face à la rupture du réel, à la violence de cette soudaine mise en abyme - l’ouvrage montre comment l’espace informationnel français est devenu un marché où s’échangent et se trafiquent les petits secrets contre promotions et avancées - les dénégations et les (dis)qualificatifs ont commencé à pleuvoir à une vitesse fascinante : fasciste, homophobe, mythomane, antisémite, complotiste, agent des russes et des chinois, sioniste, psychotique, millionnaire caché, imposteur, narcissique, arrogant, sexiste se sont succédés, avec tout le sérieux du monde, en des espaces autorisés ou se croyant censurés, du site d’Arrêt sur images à celui d’Egalité et Réconciliation en passant par CheckNews, Mediapart et les comptes twitter et facebook de certains de nos plus importants dominants.

    Tout cela, sans qu’à aucun moment, aucun d’entre eux ne soit en mesure de répondre à cette simple question : 
    Pourquoi, depuis cinq mois, ce texte, qui révèle notamment comment Edouard Philippe à fait recruter sa femme à SciencesPo après avoir attribué des subventions à l’institution, n’a-t-il été abordé une seule fois par un média institutionnel, si ce n’est sous l’angle de son succès ?

    Puisqu’y répondre, ce serait s’exposer, accepter qu’en effet, il constitue un procès en règle extrêmement dangereux pour tous les valets de l’oligarchie, une seule solution semblait avoir été univoquement trouvée : exploser l’être qui avait fait exister ces mots. Accabler, écraser, humilier, comme on le fit tant de fois avec tant d’autres, avant que d’autres ne se saisissent de son propos, et puisse menacer des positions bien installées.

    Avant que l’on puisse prétendre, qu’en effet, ce qu’il disait, était vrai.

    Alors à moi qui ne me suis jamais désolidarisé des gilets jaunes lorsque j’ai vu exactement la même mécanique se mettre en branle contre eux, accumulant les paroles délirantes pour tenter de les écraser, humilier, effacer d’un panorama où ils ne sauraient être toléré, on ne la ferait pas.

    Moi j’étais prêt. Ils ont formé une nouvelle génération qui ne s’en laisserait pas compter. A eux que la vérité hystérise, qui se comportent comme les pires soubrettes des régimes autoritaires lorsque ces derniers décident d’écraser un dissident que nous nous plairons, nous, à admirer, mon mépris. A eux qui ne s’engagent que lorsque l’ennemi est loin, ne touche pas à leurs propres structures de pouvoir, ne menace pas leurs intérêts, à eux qui ne savent ce que le risque est, mon reconnaissant mépris : celui d’avoir confirmé ce qu’ils étaient, et ce qui, en cet ouvrage, était écrit. Ils sont pires que ce je pensais.

    Eux que j’ai vu désespéramment mentir, se battre et se débattre pour nier la vérité, eux qui face à leur inconséquence, continuent de tenter de défendre leurs implausibles défenses, submergés par l’infatigable accumulation de preuves et d’évidences, de faits révélant leur complice inanité, mon regard sévère, et mon souverain dédain.

    Qu’ils ne prétendent plus qu’il s’agit de moi, lorsque d’eux et d’eux seuls il est question. Qu’ils ne prétendent pas qu’il s’agit du gamin qui n’a fait qu’une chose : devenir un rien pour révéler leurs misérables intérêts partagés, après s’être longtemps laissé absorber.

    Qu’ils ne prétendent pas qu’ils sont autre chose qu’une coalition ignorante d’intérêts, qui les fait se retrouver, de Soral à Lagasnerie, à faire front commun après avoir longtemps prétendu s’opposer, bourgeois liés dans la défense de leurs seuls intérêts, ne supportant pas l’exposition de leurs égales compromissions, idiots utiles d’une oligarchie installée, jouant de rebellions de pacotille pour mieux s’installer, produisant néants ou boucs émissaires dans une constance partagée, divertissant communément une population aseptisée pour les détourner des vrais enjeux touchant à leur souveraineté.

    Non ce ne sont ni les juifs, ni Benalla, ni les francs-maçons ni les policiers qui nous ont plongé dans l’effondrement que nous vivons.

    Mais cette oligarchie qu’un simple gamin, doté de ses seules mains, a été capable d’exposer alors qu’ils ne cessaient de la masquer, pour mieux s’y conformer.

    Au Crépuscule qui tient, et à l’aurore qui vient.

    Le 1er mai, faites vivre ces mots qu’ils auront tenté de dépouiller en vain.

    Érigez vous. Ne les imitez pas. Oubliez moi. Et faites naître ce Nous qui, jusqu’aux tréfonds, les poursuivra. »

    NB : Vous avez indiqué Raphaël Emelien mais le prénom est Ismaël.


  • N’oublions pas que Macron sort de l’écurie Mitterrand et Hollande....


  • L'Astronome L’Astronome 15 avril 21:32

     

    Livre très intéressant, à lire absolument. Dommage que le style ne soit pas à la hauteur (j’ai relevé une phrase qui faisait une page et demie ; mieux que Proust !)

     


  • Djam Djam 15 avril 21:45

    Lire aussi son 1er livre (« Contre Macron ») pour mesurer déjà la maîtrise, presque élitiste, du style d’écriture de Branco. Moi, j’aime beaucoup parce que cela exige un effort et l’obligation d’ouvrir davantage encore et les yeux et la pensarde.

    Mais... combien de français de base liront ses livres ? Combien d’ambitieux bien peignés et costumés « made in china », petit sac à dos tendance fiché dans le dos et écouteurs sans fil prothésant les esgourdes feront l’effort de remettre en cause leur petit début de carrière d’employé de banque, d’assurance et de cabinets de conseils ?

    Combien de jeunes femmes vêtues selon la mode des magasines « féminins » branchés, aux ongles transformés en pétales rouge sang et smarphone greffé dans la main s’intéresseront à ce jeune avocat brillant et courageux sans s’inquiéter pour leur réussite féminine imitant l’homme si conspué ?

    Oui, il est temps, grand temps de se relever, de soutenir peu ou prou les GJ, de refuser les compris avalés jusqu’à aujourd’hui. Et au moment où le plus puissant symbole de notre pays, Notre Dame, est en proie aux flammes et déjà dramatiquement détruite, n’est-il pas plus encore temps de sortir de notre léthargie et notre soumission ????



  • Djam Djam 15 avril 21:46

    Correction :

    de « refuser les compromis »... c’est mieux smiley


  • Biscotte Biscotte 16 avril 09:39

    Il y a le réveil d’une vraie gauche, par celle des salons et des ors. De la sainte trinité des Thomas : Piketty, Guénolé, Porcher à P. Helin et en passant par Juan Branco ; tous sont ou gagnent à être connus et reconnus.

    Ils mettent en lumière dans leur domaine, les mots qui manquent à bien des gens pour exprimer leurs souffrances, d’où elles viennent et par et pour qui (les profiteurs).

    Branco à un courage immense, je trouve. Mettre de côté une vie ou il aurait roulé sur l’or, ce n’est pas donné à tous.

    Brillant orateur, il va faire parti des générations futures qui prendront part, et avec bonheur je l’espère pour lui, aux destinées de la nation.


    • Dr Destouches Dr Destouches 16 avril 14:27

      @Biscotte
      Tant qu’il ne critique pas l’emprise du lobby juif et la maçonnerie ,il n’a rien à craindre
      C’est un gauchiste ,il ne le fera jamais


  • pipiou 16 avril 23:03

    Branco est le type-même du contestataire idealiste qui croit avoir tout compris, porte aux nues des guignols comme Fly Rider et se fait plaisir à baver sur les élites en se prenant pour Che Guevarra.

    Brillant littérairement, mais complètement déconnant intellectuellement.

    Comme Begodo il aura sa cour de fans parmi les révolutionnaires en chaussons.

    Un marché de niche.


    • mac 21 avril 10:58

      @pipiou

      Deconnant intellectuellement. Pour qui vous prenez-vous pour en juger ? La question pour Le lecteur est de savoir si ce qu’il dit est vrai. Et la réponse semble être oui n’en déplaise à tous ceux qui voudraient surtout que les choses ne bougent pas , peut être comme vous ?


  • Florian Mazé Florian Mazé 17 avril 23:24

    Mon « Crépuscule des humanistes » est nettement plus marqué à droite. Bah... Lisez les deux, ça fera un équilibre... 


    • mac 21 avril 11:00

      @Florian Mazé

      Vu la déliquescence de notre république, il n’est plus vraiment question de gauche ou de droite mais de survie...


  • Drougeok Drougeok 21 avril 18:20

    Pas très normal cette apparition soudaine d’un Juan Branco, dans trop de vidéos. Il y a quelques mois il n’existait pas pour le commun des mortels, et le voilà de partout sans censure, bien accueilli. Très intelligent, très informé, un discours sans bafouillage, mais un livre, un brulot qui parait avec une trop grande facilité. Aucune censure ni de youtube, ni des éditeurs, ni des libraires, quoiqu’il en dise.. ! Son bouquin, très bien argumenté, très chaud contre Macron, et la classe des très riches et les élites au commandes ( Castaner : élite !!!?? avec sa langue pâteuse alcoolisée...et son pois chiche brinquebalant, le pauvre !) Son bouquin il a fallut l’écrire, le publier, et en produire un audio livre disponible sur internet gratuitement ! Cela représente un gros travail de toute une équipe. Il apparait dans les vitrines des plus belles librairies dont les vitrines restent intactes, épargnées de toute dégradation. C’est vraiment la liberté d’opinion avérée. Donc derrière Branco, il y a du monde, et certainement pas des bénévoles. Ce Juan Branco parle très (trop) bien, son discours est séduisant, on l’écoute avec plaisir, il est largement plus dans le concret que Macron et son printemps et sa pensée complexe. Cependant, il ne veut absolument pas s’en prendre aux 1% représenté par le CRIF, qui écrasent la France sous le poids des banques et de l’usure, ni à la franc-maçonnerie, seuls les politiques doivent changer, partir... !!? Juan Branco nous explique bien que ni les sionistes ni les francs -maçons ne sont en cause dans les malheurs qui frappent les petites gens. Les vrais responsables de la situation : les grands patrons, les boss de cette mafia oligarchique au pouvoir sont les vrais coupables, Branco est un agent qui veut nous étourdir par ses discours habiles mettant en cause Macron, mais en nous entrainant dans une lassitude et une certaine fatalité de la situation économique, il voudrait que nous nous abstenions de voter. Il certifie que voter ne servira à rien ! Il nous entraine grave dans la victoire de Macron. La responsabilité des évènements ne revient que sur les hommes au pouvoir visible. Et n’oubliez pas le Post Scriptum.

    Juan Branco dit avoir quitté des revenus à 8000 € pour se contenter du RSA dans la tâche qu’il accomplit actuellement, mais il court par monts et par vaux : qui l’aide alors, ou qui paye...c’est cher tous ces déplacements, cette organisation que l’on ne voit pas ! Mais le pire : aux européennes, ils recommande de ne pas voter, et alors là il se découvre comme agent macronien ou alors j’ai pas compris. Si tout le monde ou un très grand nombre s’abstient de voter, c’est donner une grande victoire à Macron, et une grande défaite à tous les gilets jaunes. Branco est un garçon intelligent, et en entrainant une foule désemparée à ne pas voter aux européenne, il fait le lit de la victoire de Macron qui gagnera alors comme aux présidentielles, avec une petite majorité du corps électoral, l’essentiel étant de gagner sur les suffrages exprimés. Alors, un seul remède, contre cela VOTER. Vous ne voulez plus de l’Europe, alors votez pour un anti européen déclaré pour ces élections, surtout ne laissez pas le champ libre à Macron, parce que renforcé par une victoire aux européennes, il vous écrabouillera alors comme de la, ... oui comme de la ....M...e . Vous m’avez compris. Votez pour Asselineau ou pour tout autre personnage déclaré anti européen mais votez, ensuite vous aurez le temps de faire les comptes et de voir comment se reformera la politique et choisir votre voie.
    Comme clamait Aragon dans « La Rose et le Réséda » :
    Quand les blés sont sous la grêle
    Fou qui fait le délicat
    Fou qui songe à ses querelles
    Au coeur du commun combat
    Une seule chose compte VOTEZ ! N’écoutez pas les trop belles paroles de Branco. Sachez reconnaitre votre ennemi pour l’écarter, et lui faire mordre la poussière. Dans l’immédiat, ce bulletin de vote est votre seul pouvoir, sachez l’utiliser à bon escient. Profitez de choisir sans recevoir de coups de matraque ou risquer de vous faire éborgner ou arracher un membre. V-O-T-E-Z, je vous en conjure.

    PS https://www.alterinfo.net/DEVINEZ-QUI-EST-LE-PARRAIN-DE-JUAN-BRANCO-JACQUES-ATTALI_a146662.html


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 21 avril 18:43

      @Drougeok

      Suis même pas abstentionniste, suis plus sur les listes électorales depuis la traitrise de Lisbonne. Et je vous emmerde .


Réagir