jeudi 6 mai - par Robin Guilloux

Simone de Beauvoir, le deuxième sexe, explication d’un extrait

Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe, Introduction (texte + questions)

Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe, Introduction (texte + questions)

L'auteure :

Simone de Beauvoir, née le 9 janvier 1908 dans le 6e arrondissement de Paris, ville où elle est morte le 14 avril 1986, est une philosophe, romancière, mémorialiste et essayiste française. En 1954, après plusieurs romans dont L'Invitée (1943) et Le Sang des autres (1945), elle obtient le prix Goncourt pour Les Mandarins et devient l'un des auteurs les plus lus dans le monde. Souvent considérée comme une théoricienne importante du féminisme, notamment grâce à son livre Le Deuxième Sexe publié en 1949, Simone de Beauvoir a participé au mouvement de libération des femmes dans les années 1970. Elle a partagé sa vie avec le philosophe Jean-Paul Sartre. Leurs philosophies, bien que très proches, ne sauraient être confondues.

L'œuvre :

Le Deuxième Sexe est un essai existentialiste et féministe de Simone de Beauvoir, paru en 1949. Cet essai est divisé en deux tomes. Le Deuxième Sexe n'a pas été écrit dans un but militant. L'écrivaine a voulu produire une somme à la façon des encyclopédies : tout connaître, tout dire dans les moindres détails. Mais l'essai s'inscrit aussi dans un plus large projet autobiographique. L'ouvrage s'inscrit dans un double cadre philosophique, celui de l’existentialisme et celui de la phénoménologie. Ainsi, son essai n’est pas un simple constat sur la situation des femmes après la Seconde Guerre mondiale ; c’est une œuvre à teneur philosophique, riche de références littéraires, historiques, sociologiques, biologiques et médicales. Le credo qui paraît en filigrane tout au long des pages est bien qu’aucune femme n'a de destin tout tracé. Simone de Beauvoir, excluant tout déterminisme chez l’humain, s'intéresse donc autant à l'infériorisation de la femme en tant que fait, qu'à ses causes, qui ne sauraient venir de quelque ordre naturel. L'existentialisme implique aussi l'entière responsabilité humaine : ainsi, Beauvoir incrimine presque autant les femmes, dont elle dénonce la passivité, la soumission et le manque d’ambition, que les hommes, qu'elle accuse de sexisme, de lâcheté et parfois de cruauté. Elle estime en conséquence que l'émancipation féminine réussira grâce à la volonté solidaire des hommes et des femmes. Selon elle, les deux grands faits qui permettraient à la femme de s'émanciper sont le contrôle des naissances et l'accès au monde du travail. A sa sortie, l'ouvrage est violemment critiqué notamment par les intellectuels catholiques mais également par les communistes. Le livre est néanmoins immédiatement un succès. Le Deuxième Sexe s’est vendu à plusieurs millions d'exemplaires dans le monde, traduit dans de nombreuses langues. Il reste à ce jour une référence majeure de la philosophie féministe. (source : wikipedia)

Le texte : 

"Sans doute est-il impossible de traiter aucun problème humain sans parti pris : la manière même de poser les questions, les perspectives adoptées supposent des hiérarchies d’intérêts ; toute qualité enveloppe des valeurs ; il n’est pas de description soi-disant objective qui ne s’enlève sur un arrière-plan éthique.

Au lieu de chercher à dissimuler les principes que plus ou moins explicitement on sous-entend, mieux vaut d’abord les poser ; ainsi on ne se trouve pas obligé de préciser à chaque page quel sens on donne aux mots : « supérieur », « inférieur », « meilleur », « pire », « progrès », « régression », etc.

Si nous passons en revue quelques-uns des ouvrages consacrés à la femme, nous voyons qu’un des points de vue le plus souvent adopté c’est celui du bien public, de l’intérêt général : en vérité chacun entend par là l’intérêt de la société telle qu’il souhaite la maintenir ou l’établir.

Nous estimons quant à nous qu’il n’y a d’autre bien public que celui qui assure le bien privé des citoyens ; c’est du point de vue des chances concrètes données aux individus que nous jugeons les institutions.

Mais nous ne confondons pas non plus l’idée d’intérêt privé avec celle de bonheur : c’est là un autre point de vue qu’on rencontre fréquemment ; les femmes de harem ne sont-elles pas plus heureuses qu’une électrice ? La ménagère n’est-elle pas plus heureuse que l’ouvrière ? On ne sait trop ce que le mot bonheur signifie et encore moins quelles valeurs authentiques il recouvre ; il n’y a aucune possibilité de mesurer le bonheur d’autrui et il est toujours facile de déclarer heureuse la situation qu’on veut lui imposer : ceux qu’on condamne à la stagnation en particulier, on les déclare heureux sous prétexte que le bonheur est immobilité.

C’est donc une notion à laquelle nous ne nous référerons pas. […] Nous intéressant aux chances de l’individu nous ne définirons pas ces chances en termes de bonheur, mais en termes de liberté." (Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe, introduction, 1949)

Le thème du texte est la condition féminine et l'émancipation des femmes.

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La thèse de l'auteure est qu'il est "impossible de traiter aucun problème humain sans parti pris". En ce qui concerne la condition féminine et l'émancipation des femmes, elle ne se réfèrera pas à la notion de "bonheur", mais à celle de "liberté".

Ses arguments :

a) Dans les ouvrages consacrés à la femme, l'un des points de vue le plus souvent adopté est celui du bien public, de l'intérêt général, c'est-à-dire l'intérêt de la société telle que chacun souhaite la maintenir ou l'établir.

b) Or il n'y a pas d'autre bien public que celui qui assure le bien privé des citoyens.

c) Les institutions doivent être jugés du point de vue des chances concrètes données aux individus.

d) L'idée d'intérêt privé ne se confond pas avec le bonheur.

e) L'auteure ne se réfèrera donc pas à la notion de bonheur, mais à celle de liberté.

Les exemples :

Simone de Beauvoir donne l'exemple des femmes de harem que l'on déclare "plus heureuses qu'une électrice" et des ménagères (femmes au foyer) que l'on déclare "plus heureuses que l'ouvrière".

Il est impossible de traiter un problème humain sans parti pris car, contrairement aux sciences de la nature comme la physique ou l'astronomie les problèmes humains échappent en partie à l'objectivité. "Il n'y a pas de description prétendument objective qui ne s'élève sur un arrière-plan éthique", c'est-à-dire qui ne s'adosse à des "valeurs". 

L'un des points de vue le plus souvent adopté dans la plupart des ouvrages consacrés à la femme est celui de l'intérêt public, c'est-à-dire l'intérêt général : "en vérité chacun entend par là l'intérêt de la société telle qu'il souhaite la maintenir ou l'établir".

Selon Simone de Beauvoir, il n'y a pas d'autre intérêt public que celui qui assure le bien privé des citoyens, c'est-à-dire qui donne aux individus des chances concrètes d'émancipation.

Pour certains, l'intérêt privé se confond avec le bonheur. Simone de Beauvoir donne l'exemple des femmes de harem et des électrices. Les femmes de harem ne sont-elles pas plus heureuses que les électrices ? Les ménagères (les femmes au foyer) ne sont-elles pas plus "heureuses" que les ouvrières ?

Or, il est impossible de mesurer le bonheur d'autrui. Certaines sont plus "heureuses", d'autres non. En tout état de cause, "il est toujours facile de déclarer "heureuse" la situation qu'on veut imposer : "ceux qu'on condamne à la stagnation, en particulier, on les déclare heureux sous prétexte que le bonheur est immobilité".

En d'autres termes, les adversaires de l'émancipation féminine choisissent comme critère le bonheur et définissent le bonheur par l'immobilité, c'est-à-dire par l'absence de risques. Une femme qui travaille, qui a une vie professionnelle qui prend des risques, n'est pas forcément "heureuse", mais le but de la vie humaine est-il le bonheur défini par l'immobilité, la "stagnation" ? 

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Le bien public pour Simone de Beauvoir c'est ce qui assure le bien privé des citoyens. Le "bien public" n'est donc pas contraire au bien privé, mais doit assurer le bien privé.

Simone de Beauvoir juge les institutions selon leur capacité à assurer le bien privé des citoyens.

Toutefois, le bien privé ne saurait être le bonheur comme le veulent les utilitariste anglais comme John Stuart Mill : assurer le plus grand bonheur au plus grand nombre car le bonheur peut être aliénation, stagnation.

Le véritable bien privé, selon Simone de Beauvoir, n'est pas le bonheur, mais la liberté. Les institutions ont donc pour fonction d'assurer le bien privé et non de maintenir ou d'assurer le bien public (le bonheur) s'il s'oppose au bien privé (la liberté). Le bonheur est du côté de l'essence, alors que la liberté est du côté de l'existence, de la transcendance.

Leur véritable fonction est d'assurer le bien privé, c'est à dire de donner à chacun ses chances en termes de liberté, non de bonheur car le bonheur est une notion vague qu'il n'est pas possible de mesurer et qui peut servir à des fins idéologiques, c'est-à-dire recouvrir les intérêts de ceux qui condamnent les femmes à la stagnation : "il est toujours trop facile de déclarer heureuse la situation qu'on veut lui imposer : ceux qu'on condamne à la stagnation, on les déclare heureux sous prétexte que le bonheur est immobilité". 

Simone de Beauvoir refuse donc de se référer à la notion de bonheur, trop vague, trop relative (le bonheur des uns n'est pas celui des autres) et trop marquée idéologiquement par les intérêts des mâles dominants à maintenir les femmes dans un rôle subalterne en les déclarant "heureuses".

La notion de "bonheur" est relative : "Grossesse et maternité seront vécues de manière très différente selon qu’elles se déroulent dans la révolte, dans la résignation, dans la satisfaction, dans l’enthousiasme" (Le Deuxième Sexe, tome 2)

Ceux qui se réfèrent à la notion de "bonheur" (des hommes pour la plupart) ne laissent pas la parole aux femmes, mais parlent à leur place. Les femmes sont heureuse de rester au foyer, de s'occuper des tâches ménagères et des enfants. Un point c'est tout. Elles sont heureuses parce qu'elles sont heureuses. Elles sont heureuses de correspondre à ce pour quoi elles sont faites. C'est un raisonnement tautologique qui traduit la violence de la domination masculine qui fonde la répartition des tâches sur des différences biologiques.

Simone de Beauvoir se référera donc non pas à la notion de "bonheur", mais à la notion de "liberté". Le rôle de l'institution n'est pas d'assurer le bonheur des femmes, mais d'assurer leur liberté, c'est-à-dire leur capacité à choisir ce qui est bon pour elles et non de choisir pour elles.

Simone de Beauvoir insiste sur la liberté des femmes car à l'époque où elle écrit (moins encore qu'à l'époque actuelle, mais il reste des progrès à faire), l'émancipation féminine n'est pas accomplie.

Certes, les femmes ont acquis le droit de vote, mais elles n'ont pas la liberté financière : elles n'ont pas le droit d'ouvrir un compte en banque sans l'autorisation de leur mari - , ni la liberté de leur corps : la contraception n'existe pas et l'avortement est lourdement pénalisé.

Voilà pourquoi l'émancipation féminine est un combat, elle n'est pas acquise, mais arrachée de force aux institutions qui ont intérêt à maintenir le statu quo au nom de "l'intérêt général" : "On ne naît pas femme : on le devient. Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine" (Le Deuxième Sexe, tome 1)

Toutefois le combat contre l'institution pour qu'elle agisse en faveur de l'intérêt des femmes ne suffit pas car l'institution n'est que le reflet des mentalités. Simone de Beauvoir estime en conséquence que l'émancipation féminine réussira grâce à la volonté solidaire des hommes et des femmes.

Selon elle, les deux grands faits qui permettraient à la femme de s'émanciper sont le contrôle des naissances et l'accès au monde du travail (à travail égal, salaire égal), ce qui suppose, concrètement, pour les femmes mariées ou vivant en couple le partage des tâches ménagères et de l'éducation des enfants.

 



28 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 6 mai 09:10

    La différence sociale entre hommes et femmes se construit au sein d’une grande variété de domaines et en particulier à travers l’éducation qui, soit dit en passant, est assumée majoritairement par les femmes –mères qui renforcent les clivages sociétaux. Le film « Guillaume et les garçons à table » en est une belle illustration.

    Cela ne doit pas pour autant faire oublier l’anatomie et la physiologie. Les comportements des uns et des autres est déterminé en partie par les hormones, la force physique, et des carctéristiques aussi méconnues que celles de champs de visons et de capacités olfactives différentes.

    Les problème de la brèche ouverte par Beauvoir sur des perspectives légitimes, c’est que cette brèche a permis à des flots de conneries de s’engouffrer et déferler. Nier les différences entres les deux sexes (les genres étant un pur produit idéologique), c’est fermer la porte aux remations d’estime, de respect, de tendresse et même d’amour entre deux êtres différents et complémentaires.

    Les anciens grecs avaient bâti le mythe des deux « moitiés », mâle et femelle, du même être qui se cherchaient dans leur vie terrestre séparée et, parfois, arrivaient à se retrouver pour former un couple. Ce que l’on n’a pas l’habitude dire, c’est que, la plupart du temps, on se trompe de partenaire.


  • Étirév 6 mai 09:38

    « Le Deuxième Sexe est un essai existentialiste et féministe. »
    Si c’avait été le cas, il n’aurait jamais connu de succès, et cet ouvrage aurait été immédiatement (suivant l’expression antique) mis sous le boisseau par la misogynie qui régnait alors, et règne d’ailleurs toujours, mais plus pour très longtemps.
    Rappelons que La Franc-Maçonnerie moderne, née aux XVIIIème siècle, est le produit corrompu ou « Voie substituée » et d’origine anglo-saxonne d’une « tige » ancienne et respectable, et l’origine de tout le pseudo-féminisme contemporain, dont la finalité consiste, en réalité et à la marge, à remplacer des médiocrités masculines par des médiocrités féminines.
    Un autre Féminisme


  • Lire : Suzanne Lilar : 


  • Hier je me suis penchée sur une affaire révélée par KARL ZERO et qui m’avait échappée.. Le pervers aux cent visages. . https://www.youtube.com/watch?v=N8-XUzf8mWY. JOSEPH MALTAIS. Le vrai visages des Esseniens (Ecovie, retour à la nature). Un véritable homosexuel-pervers qui préfigure les écologistes P.M.A. et GPA d’aujourd’hui. Ce qui se lit entre les lignes : les écologistes purs et durs sont d’authentiques misogynes capable de rejeter leur famille, leur couple, leur femme pour suivre un Gourou homosexuel et pédophile...


  • L’homme n’est toujours pas en prison.....


  • Homosexuel, pédophile et criminel.....


  • Extrait du livre de Suzanne Lilar : 

    Or le voici fort malmené par une femme-écrivain que ses propres convictions, le style de sa vie, le sens et l’action de son œuvre situent cependant sur une cime de la littérature féministe. Suzanne Lilar, en dénonçant son « malentendu » (1), n’est pas douce pour un ouvrage qu’elle voit écrit sans ordre et sans joie, alourdi de répétitions inutiles, obscurci de contradictions et fâcheusement influencé par la dogmatique sartrienne : celle-ci était spécialement dangereuse pour traiter un tel sujet, où il ne faudrait jamais perdre de vue la nature, niée ou dévaluée dans tous les sens par un puritain antiphysique porté à ne voir en tout que des situations historiques et des conditionnements sociaux, et dont l’œuvre fait la place si petite à la verdure, aux oiseaux et aux enfants. Dès les premières pages de son introduction, Suzanne Lilar n’y va pas par quatre chemins : « Il est grand temps de manquer de respect à Simone de Beauvoir, il est grand temps de profaner le Deuxième Sexe ». Sans doute sa probité intellectuelle et ses dons de subtile analyste la conduiront-ils. en cours de route et dans ses conclusions, à des jugements plus modérés et plus équitables ; il reste pourtant une critique vigoureuse et fouillée d’une somme qui en sort non détruite mais pénétrée dans ses ombres et dénoncée dans ses erreurs.

    L’essai de Suzanne Lilar est trop riche et trop serré pour qu’il me soit possible de le suivre dans tous ses détours. Je n’en retiendrai que les directions principales. A travers les arabesques dialectiques où se complaît Simone de Beauvoir dans les douze cents pages de ses deux forts volumes, il y a un axe de la pensée qui soutient tout le système et que conteste sa solide adversaire : Simone veut qu’il n’y ait pas de « nature féminine », que tout le féminin soit « artificiel », construction de la société et de l’histoire et, plus précisément, mythe créé et imposé par l’homme pour objectiver un Autre qu’il entend soumettre à son pouvoir et à ses plaisirs ; et Suzanne pense au contraire, qu’il y a un paradoxe insoutenable, pour une pensée existentialiste, à rejoindre un idéalisme qui veut ignorer, par principe, la projection de la physiologie sur la psychologie, et nier la différence naturelle que leurs conditionnements sexuels particuliers mettent entre l’homme et la femme : d’où découle une uniformisation aussi dommageable à l’épanouissement des personnalités qu’à l’ordre de la société. Il est bien vrai qu’il y avait une erreur objective évidente à attribuer absolument à la vie sociale et à la condition historique l’origine de la féminité et l’aliénation croissante de la femme : comme si, au stade de la nature primitive, la femme n’était pas déjà menacée dans ses droits, et même davantage, par la musculature supérieure du mâle et par la nécessité d’enfanter ; comme si d’ailleurs une société pourrait subsister et conserver la qualité humaine quand la femme aurait abdiqué sa vocation de mère dans son corps et dans son cœur.

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    CONTENUS

  • Sartres et Beauvoir haïssaient le féminin, la nature et le maternel...


  • De nombreux hommes féministes m’ont dit : ouf, au femmes de bosser. Les pieds reposés sur le bord du canapé : dodo.


  • Monsieur Guilloux, êtes-vous conscient qu’en citant Simone de Beauvoir vous couvrez la pédo-criminalité... ?


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 6 mai 12:31

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Je sais à quoi vous faites allusion. Simone de Beauvoir jouait aux « liaisons dangereuses » avec Sartre et s’est comportée de façon ignoble avec une certaine jeune fille d’origine juive. Je ne cautionne pas ce genre de comportement, mais je suis obligé de constater que Beauvoir a servi de maître (maitresse ?) à penser à plusieurs générations de féministes, pour le meilleur et pour le pire et a engendré la « gender theory » (que serait Judith Butler sans Simone de Beauvoir ?) qui accorde tout à l’acquis au construit et rien à l’inné. Je ne connaissais pas l’auteur que vous citez, je vais m’y interesser. Il y a une contradiction majeure dans le discours LGBT qui se réclame en partie de Simone de Beauvoir. Les LGBT affirment que l’homosexualité (masculine et féminine) est inné. En d’autres termes qu’ils n’y peuvent rien ? Mais alors que devient la liberté sartrienne et le principe qu’il n’y a pas de nature (humaine) ? 


    • @Robin Guilloux merci pour le courage de votre réponse. Sachez qu’en expliquant l’homosexualité en passant par la génétique on en fait des handicapés. Tout simplement. J’imagine que vu leur narcissisme (le narcissisme est-il aussi génétique, l’attachement « fusionnel » à la mère est-elle génétique ???? Cela ne tiens pas une seconde la route). En Belgique, un psy machin s’est essayé à démontrer que l’homosexualité était d’origine hormonale. Très bien : mais sait-on que les hormones sont en liens avec le psychisme et donc celui de la mère.... Combien de femmes plutôt masculines ont-elles cette problématique d’avoir de la moustache ???


    • @Robin Guilloux Très grande lectrice, je n’ai JAMAIS voulu mettre le nez dans les livres de Simone de Beauvoir. J’’étais un peu jeune quand j’ai lu : la Nausée, ou un autre livre. Une scène fameuse avec une OIE bloquée par le cou dans un tiroir m’en a dégoûté à jamais... LA NAUSEE. Et pourtant, j’avais déjà quelques lu quelques livres d’HENRY MILLER...Ouf, pour me remettre on m’a fait lire Camus. ....C’est dans les années 70, que j’ai choisi mon camps, ma limite. Celle que je ne franchirais jamais : l’inceste et la pédophilie...Cela m’a permis de tenir debout jusqu’aujourd’hui....Je préférais de très loin : BENOITE GROULT. 


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 6 mai 13:40

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.
       
       La nausée, de Simone de Beauvoir ?


    • @Francis, agnotologue Mais non, de son disant compagnon....L’un ne va pas sans l’autre....


    • Lire soi-disant compagnon....


    • @Francis, agnotologue
       je me rappelle, c’est le MUR qui m’avait écoeurée. Excellent article de l’Express : https://www.lexpress.fr/tendances/voyage/sartre-non-merci_486509.html


  • Laconique Laconique 6 mai 12:37

    Discours totalement abstrait. Liberté totalement abstraite des existentialistes. Ce qui conduit à un individualisme absolu sur le papier, et à une mutation des conformismes dans la réalité : on passe d’un conformisme culturel, donc relativement rationnel, à un conformisme mécanique, où ce sont les individus les plus adaptés, les plus formatés, qui s’en sortent.


  • L’homosexualité ne me dérange nullement. Tant qu’elle sait réprimer sa partie pédophile et incestueuse. Léonard de Vinci, lui arrivait semble-t-il à surmonter ses tendances sans passage à l’acte. Yourcenar et bien d’autres femmes.... 


    • Fanny 8 mai 20:33

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.
      Léonard a, je crois, fait de la prison pour une affaire de moeurs. Sans doute plus qu’un fantasme lui a été reproché. Mais ma mémoire d’une lecture très lointaine me fait peut-être dire des bêtises.


  • Tiens Aron a fréquenté un certain Guilloux Louis, 


  • Sophie71 7 mai 12:24

    S’émanciper de quoi ? Il faudrait peut-être commencer par interroger cette notion d’émancipation. S’émanciper des désirs vains de l’ego devrait être une priorité pour tous, y compris de certaines femmes (les « féministes » j’imagine), dans leur obsession de devenir l’égal des hommes. Emancipons-nous déjà de l’influence et du regard des autres, du besoin de reconnaissance sociale... 


  • Fanny 8 mai 20:24

    « Or il n’y a pas d’autre bien public que celui qui assure le bien privé des citoyens. »

     

    Ce point de vue paraît évident, mais il est idiot.

    Mon bien privé est de bien me chauffer en hiver, en émettant du CO2. Mais je compromets ainsi le « bien privé » des vivants dans un ou deux siècles.

    Cette expression « bien privé » est tellement ambigüe qu’elle ne veut rien dire. On peut y mettre ce que l’on veut. Tout est politique.

    Simone de Beauvoir, femme d’élite par son intelligence et son rayonnement mondial, s’inscrit en fait dans un mouvement de décadence de la société occidentale, la femme n’assurant plus le renouvellement des générations. On va disparaître, mais en toute liberté, avec la pleine maîtrise de son corps bien à soi et rien qu’à soi (la société n’a rien à dire à ce sujet). Au fond, la décadence est bien agréable à vivre en termes de « bien privé ».


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