samedi 4 juillet - par C’est Nabum

Comme un caillou dans l’eau

Un polar, chiche.

Lors d’une promenade en bord de Loire, une colère soudaine a explosé à la vue d’un jet ski fendant les flots en toute illégalité. M’emportant à la fois contre ce tueur de diversité mais aussi contre la bienveillante mansuétude des autorités locales pour lesquelles la rivière ne semble être qu’un bel écrin pour communication sans conviction réelle, je fais mon numéro, dénonçant les dégâts de celui qui à mes yeux est le digne représentant du monde d’avant. Un ami s’amuse de mon courroux, un misérable coup d’épée dans l’eau, parfaitement inutile tant les promeneurs tout autour de nous sont plus admiratifs de l’intrépide navigateur déplorable qu’en phase avec cet extravagant indigné environnemental.

Le lendemain, le même camarade m’envoie le règlement d’un concours d’écriture : trois mois pour écrire un roman policier. J’avoue mon étonnement. Que me vaut cette suggestion absolument pas dans mes cordes. Je ne suis pas lecteur de polar et qui plus est, il faudrait singer le style de San Antonio, univers qui m’est étranger. Mon correspondant s’amuse de ma réaction et me glisse : « Fais-toi plaisir, tue symboliquement ton utilisateur de jet-ski ! »

Il n’en fallait pas plus … En moins de temps qu’il en faut pour préparer une blanquette de veau, je glisse sur le papier, au dos du règlement du concours pour être exact, le scénario d’une intrigue policière. Les personnages naissent rapidement, la chute me vient tout naturellement à l’esprit alors qu’habituellement pour un conte, je me laisse surprendre par un dénouement dont j’ignore tout quand je commence à rédiger.

Fanfaron, j’avertis l’instigateur de cette folie que non seulement je vais me lancer dans l’aventure mais qui plus est, je vais donner vie à ce petit roman ( 300 000 caractères maximum) en 22 jours pour rester dans la tonalité policière. Je n’avais plus qu’à me jeter à l’eau pourvu que le jet ski ne vienne pas perturber mon immersion.

Dix huit jours plus tard, l’affaire est bouclée, le coupable sous les verrous et votre serviteur soudain en mal d’occupation. Un vide a fait place à cette période d'intense exaltation où chaque instant était habité par les personnages, le chapitre en court ou bien le suivant. Bien sûr, il va falloir un gros travail de relecture, une tentative sans doute illusoire d’améliorer une production qui n’est en rien conforme aux canons du genre. Qu’importe le résultat du concours, je sors gagnant d’un défi dont je m’étais jusqu’alors, toujours pensé incapable.

Je me suis enfermé mentalement dans cette folie un peu à la manière d’Antoine Blondin, que son éditeur séquestrait pour obtenir un roman. Ce fut un moment jubilatoire, une forme de course contre la montre qui a absolument submergé mon esprit. J’ai même renoncé à la rédaction de ce billet quotidien qui scandait mes journées depuis onze années. Une première étape vers la sagesse sans doute, une guérison ou pour le moins une rémission qui aura permis de comprendreà quel point tout ceci était dérisoire et vain.

Le roman le sera tout autant sans doute. Il ne sert à rien de se bercer de la moindre illusion. Si je couche ici ces quelques réflexions c’est pour vous inciter à faire de même, à vivre cette expérience en participant à votre tour à ce même concours. Je vous en donne les références, n’essayant nullement de garder par devers moi cette information pour accroître mes chances. Plus on sera de fous à oser, moins on se rira de la pauvre copie que je vais envoyer.

Si vous avez la curiosité de découvrir ce travail, il vous faudra attendre la proclamation du résultat afin que je puisse publier discrètement ce premier roman de ma seule plume. Je ferai mieux la fois prochaine, l’essentiel n’est-il pas de participer ? En cette fausse année olympique, le polar de Loire héritera de la médaille de plomb, la seule qui vaille pour couler ce maudit jet-ski auquel j’adresse toute ma reconnaissance.

Rédactionnellement vôtre.

=> https://www.prixsanantonio.universpoche.fr/concours/prix-san-antonio?display_login=true

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37 réactions


  • ZXSpect ZXSpect 4 juillet 18:55

    Voici qui est particulièrement bien troussé et nous met en appétit de lecture.
    .
    C’est Nabum, certaines de mes piques ne contredisent pas le talent que je vous reconnais, je vous lirai avec intérêt.


    • C'est Nabum C’est Nabum 4 juillet 19:16

      @ZXSpect

      Je vous pardonne aisément

      Quant au talent je garde de cette chose bien trop encombrante, je me contente d’être sincère


  • J’ai toujours mon polar dans mon tiroir. De nombreuses lectures me permettront de le terminer,...ENFIN. Du port de Bruxelles jusqu’à un phare en Normandie, lieu d’un meurtre. J’attends mon petit voyage en Bretagne pour mettre mon point final. C’est en bonne voie,...Je ne pensais pas que ma vie prendrait le même chemin que mon roman,... Etrange la vie parfois...Sans les meurtres bien sûr. Mais pour le reste....


  • Corrigé pour la mémoire akashique de l’ordinateur : Ecrire un polar est souvent l’art de retrouver son pôle. C’est aussi une manière d’enquêter sur sa propre histoire et peut-être l’occasion d’étranges synchronicités. Souvenez-vous qu’au moment de lire : Règlement de conte sur la Loire, le meurtre d’une joggeuse (sujet de votre roman) avait lieu dans l’actualité. https://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/l-affaire-alexia-daval-joggeuse-retrouvee-morte-et-brulee-pres-de-gray_1957050.html. Tant de choses se sont passées depuis. Me douterais-je alors que ma route allait croiser celle d’un breton de pure souche celte qui a un phare sur sa carte professionnelle. La résolution du meurtre au phare de mon roman risque de me révéler encore des surprises. on écrit rien par hasard,... tiens je lis pour le moment les aléas du thème astral d’une femme qui voulait être conteuse,...


    • Cadoudal Cadoudal 5 juillet 12:08

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.
      -un breton de pure souche celte qui a un phare sur sa carte professionnelle

       ?

      On se connait ?

      Je crois pas, je fréquente très peu les astropsychologues qui planent à 15 000...lol..


    • @Cadoudal
       Amusant, mais je suis belge,... Je suis bloquée sur la finale du roman. Une expo de peinture sur la batellerie (entre le port de Bruxelles et la ville légendaire d’YS) dans le phare. Il y est question des Burgraves et des Burgondes qui fait remonter l’histoire aux mérovingiens. J’ai un ancêtre qui s’appelait Clotaire (cela ne s’invente pas). Si vous passez par PENQUELEN, pensez à moi,... Dans le roman les villageois sont invités à l’expo pour découvrir les meurtriers dans les tableaux Mazette, c’est du frapadingue. Un meurtre qui date de GRADLON,...


    • En fait, j’hésite à terminer mon roman commencé en 2003. Il est trop lié à l’actualité. Je viens de lire ceci : Les Burgraves (HUGO), pièce à la gloire de Frédéric de Hohenstaufen. Amie de la cousine de françoise Nyssen proche de Brigitte M. Macron ne s’est-il pas identifié au HOHENSTAUFFEN (Emperor Mundi) ?


    • Cadoudal Cadoudal 5 juillet 12:38

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.
      Des Penquelen, c’est pas ce qui manque chez nous...

      Mais certains sont bien fatigués...

      http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/manoir-penquelen-brasparts/51ec3606-3bc1-4854-8b2b-27111ba5477d


    • @Cadoudal Le château des Heurtault de la Merville fut détruit par les allemands,...ainsi que toutes les archives et l’arbre généalogique qui remonte à Saint-Louis. 


    • @Cadoudal merci cela m’aide pour mon enquête. Déjà que dans le roman de Nabum (je n’invente rien) il est question des frères Nissyen (je n’invente rien, demandez à Juluch,...). Imaginez ma stupéfaction. On a tort de ne pas lire les roman de Nabum,...


    • eau-pression eau-pression 5 juillet 12:58

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Et si vous nous onduliez un coup de pole dance autour du mât pour vous démagnétiser du pôle art ?


    • @eau-pression
       Pour cela allez du côté, non de chez Swann mais de ROSE marre. 


    • @eau-pression Non pas marre mais mare. J’aime bien Rosemar,..


    • Puisque nous sommes dans l’aquatique : Swann signifie CYGNE. Anne ma chère Anne (de Bretagne) : le cygne est-il encore noir. OU BLANC ?


    • eau-pression eau-pression 5 juillet 13:14

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      @rosemar ne me répond plus, ne répond qu’aux miroirs. Il vous arrive d’être marrante, ou de saisir la perche avant le démâtage.

      Savez-vous qu’au pin’up club l’amarante est à la fois naturelle et round-up raidie ?


    • eau-pression eau-pression 5 juillet 13:15

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Anne est définitivement la dame des eaux et la source de mes pressions.


    • @eau-pression Mon phare s’appelle le Radiant (ou Radians). RA, c’est plutôt le soleil. J’attends avec impatience mon coucher de soleil sur la mer de BRE T’ANNE.


    • eau-pression eau-pression 5 juillet 13:26

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Le radian, c’est un pas sur vos courbes. Le radiant, c’est mon corps qui vous réchauffe. Pourquoi BRE ? Vous frissonnez ?


    • @eau-pression La rose des marais ou mare est le NEZ NU PHARE.


    • @eau-pression Heureusement que nous ne somme pas le « ça me dit » car je me serais déjà envolée par la meurtrière du château. Mélusine, vous connaissez,... 


    • @eau-pression un caillou fait cailler,.. ;


    • eau-pression eau-pression 5 juillet 13:56

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Après « ça me dit » vient « dis-moi ça ». Vous avez donc des archers à votre service, qui lancent les flèches de Cupidon ? La princesse prisonnière aux oeillades de laquelle je fonds serait donc un trompe l’oeil ? Mais que et où jouïs-je ?
      Quelque part Proust parle d’une manoeuvre qu’il crut dans un premier temps mortelle. Si vous retrouvez où, je suis preneur.

      Vous savez, les fées mères, c’est comme le père Noël : un jour vient l’âge de Raison. Pour mon bonheur, je ne connus ni marne rose, ni morne rase, ni marre et bas(ta), mais une Yole Ande.


  • juluch juluch 5 juillet 12:02

    tenez nous au courant pour la publication comme pour le deuxième livre ??

    merci Nabum !


  • Simenon (ancier batelier) avait fait le pari d’écrire un roman en un jour. Il s’installait dans une cage en verre sur les rives de la seine. Et il y arrivait. Une histoire au fil de l’eau. Et peut-être en jet d’encre en sky


  • Na boum, attention, vous avez ouvert la boîte de PAN (mercure (d’OR). 


  • Loatse Loatse 5 juillet 13:59

    Depuis début mars, une intrigue me trotte dans la tête, celle du roman de Vargas « Pars vite et reviens tard »...

    enfin je ne sais pas pourquoi enfin peut être que si, ce polar m’obnubile...

    Le crieur de rue, l’atmosphère, la grande peur...

    et puis le quotidien s’est transformé en thriller psychologique..

    J’attendrai donc le concours « oui-oui » à moinsse qu’on accepte les fictions en mode « une milice de canards sévit sur les rivières prenant en otage pollueurs et adeptes de jet ski qui s’y risquent »... ;)

    « Le péril col vert » comme titre non plus, ca va pas le faire....

    Je vous souhaite donc bonne chance c’est nabum, je dirai même plus : Que votre talent soit couronné de succès !


  • zygzornifle zygzornifle 6 juillet 12:38

    une colère soudaine a explosé à la vue d’un jet ski fendant les flots en toute illégalité

    Il aurait porté un gilet jaune la BAC lui aurait crevé un oeil et arraché une main ….


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