jeudi 11 juillet - par C’est Nabum

Dans ses rêves

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Polo

Un pays en images

Quand Isabelle ferme les yeux surgissent des fées, des elfes et des lutins, une fée enjôleuse au milieu de fleurs luxuriantes, des libellules se jouant de la gravité, repoussant à tout jamais cette idée réservée aux gens trop sérieux. Ce monde merveilleux, empreint sans doute de la naïveté d’une enfance qu’elle se refuse à quitter, n’a cependant rien à voir avec la mièvrerie. Elle y plonge avec délectation, transformant ses nuits en une épopée majestueuse.

Elle a suivi des études d’arts décoratifs puis graphiques afin de donner en partage son univers délicieusement fantasmagorique. Au tout début, quand elle a affronté le regard des autres, elle s’est protégée en choisissant un pseudonyme : « Polo », sans doute pour conduire ses amis dans un grand voyage intérieur.

Elle a été accompagnée dans son aventure par des complices, de grands enfants eux aussi qui n’avaient pas fait, eux non plus, le deuil des illusions enfantines. Ils ont apporté, chacun à leur manière, une nouvelle part d’imaginaire pour créer une technique qui leur sera propre même si elle est proche du film d’animation.

Qu’importe les trucs et les astuces, les difficultés immenses qui se dressent devant eux. Tout cela relève d’une alchimie mystérieuse qui ne doit en aucune manière nous réveiller. Il nous suffit d’ouvrir les yeux tout en acceptant d’entrer par effraction dans les songes d’Isabelle pour se laisser conduire par le petit bout du cœur…

Alors, en toute innocence, vous sentez dans votre main celle d’une délicate fée qui vous invite à la suivre dans son royaume. Les couleurs sont éclatantes, les lumières vives s’offrent pourtant de délicieuses ombres, nous donnant l’illusion d’une réalité restituée. Rien pourtant dans ce qui se présente à vous n’appartient au monde que vous venez d’abandonner. Ici, nulle laideur, nulle méchanceté, nulle présence humaine pour pervertir ce moment de grâce.

Pris au piège d’un plaisir enfantin, vous tentez bien d’émettre quelques réserves, d’évoquer une naïveté que vous qualifiez, à l’aulne de vos prétentions d’adulte castrateur, de guimauve acidulée. Puis, acceptant de briser le barrage de vos préjugés, vous abandonnez toute réserve, vous vous laissez porter par le charme désuet des illustrations.

Petit à petit, vous quittez votre enveloppe charnelle. Vous vous glissez subrepticement dans l’un de ces objets étranges. Mais comment dire au juste ? Tableau, photographie, illustration, composition, construction ? Qu’importe puisque vous y avez trouvé votre place, non pas visible de tous, mais en cachette, quelque part dans un détail qui appartient à vos rêves d’enfance.

Pour moi, ce fut le souvenir des fous du volant et de leurs étranges machines. J’avais embarqué avec eux sur une machine volante digne de Léonard de Vinci. Je me délectais de cette métamorphose qui me ramenait si loin en arrière. On me tira par la manche, le réveil s’imposait puisqu’il y avait tant d’autres choses à voir ici.

Car, pour ne rien gâcher, Isabelle et son mari habitent dans un village d’une beauté fascinante, Kaysersberg, décor de carte postale qui renforce le sentiment de total dépaysement que vous avez ressenti en découvrant leur exposition au sein même de leur demeure, une maison classée monument historique.

Je n’ai passé là que quelques minutes. Il m’a semblé nécessaire de vous les raconter à ma manière. Je ne sais si ce que je vous ai confié relève de la réalité et je m’en moque éperdument. Ici, l'onirique est en majesté, l’enfance en primauté. Il convient de se libérer totalement des règles et des usages du journalisme. À votre réveil, votre billet ne sera plus valable.

Lutinement leur.

=> http://www.dansnosreves.fr/

L'auteur ne souhaite pas que l'on montre ses œuvres Quel dommage

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