mercredi 22 mai 2013 - par C’est Nabum

Rouler sous la pluie

Le bonimneteur en galère ...

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Un petit coup de balai.

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Quand deux compères s'en vont en virée marinière, rien n'est jamais certain et tout peut entraver le dessein de nos lascars. L'aventure que je vais nous narrer ici est hélas véridique et pour préserver l'honneur de ces tristes personnages, je garderai secrète leur identité. N'y voyez aucunement les prémices d'un mensonge mais simplement une discrétion amicale.

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Ainsi donc, en se samedi pluvieux, ils avaient décidé, malgré le ciel chagrin, de rejoindre leurs lointains voisins giennois en leur fête ligérienne. Ce qui peut sembler facile à tout un chacun prend vite des proportions épiques dès que nous avons à faire à des mariniers. C'est un fait incontestable qu'ils ne font jamais dans la mesure, vous devriez désormais le savoir.

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Arrivé chez le second larron, le premier malandrin affirma tout de go qu'il pleuvait tant qu'il serait judicieux de changer ses balais d'essuie-glaces. Il avait depuis deux mois dans son coffre des balais rutilants qui ne demandaient qu'une main experte pour remplacer les autres, à bout de force et d'usage !

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Hélas, la réputation de maladresse de notre homme était loin d'être usurpé. Le plus petit geste ordinaire de la vie pratique lui était impossible, il comptait s'appuyer sur la dextérité supposé de son compagnon de route …

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Bien mal lui en prit, l'autre, pour plus dégourdi, n'en fut pas plus capable et l'échange standard s'avéra impossible. La sagesse est maîtresse de toute décision et nos deux aventuriers prirent le parti de partir à l'abordage avec de vieux balais usés et délavés. Il pleuvait, certes, mais la pluie n'arrête pas les coquins en bord de Loire.

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D'aquadiau, l'ondée se fit arnarpée. Bientôt ce fut le déluge et nos automobilistes avançaient dans une brouillard incertain. Ils allaient bon train, insouciants du drame qui les guettait sournoisement comme toujours. C'est alors que sur une route rapide, l'essuie glace, sentant son heure arriver, s'envola comme par enchantement.

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Un premier arrêt fut nécessaire pour récupérer le précieux gadget. Les trombes d'eau qui déferlaient du ciel ne simplifiaient pas la tâche de nos bricoleurs d'opérette. On se s'improvise pas adroit en de telles circonstances. La réparation de fortune dura aussi peu de temps que les rêves éponymes.

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Rouler par un tel temps sans ce précieux auxiliaire, il ne fallait pas y songer. Il fallut sortir de la voie rapide et trouver refuge sur le bord d'une route apaisée. Comment rentrer au bercail dans ces conditions. La substitution d'un balai par un chiffon fit des merveilles et c'est une voiture borgne qui parvint au port. Nos deux amis avaient l'intention de se rendre à celui de Gien pour la fête des fis d'Galarne, ils revenaient piteux, déconfits et mouillés au port Saint Loup ….

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L'histoire eut pu en rester là mais nos amis partirent vaille que vaille retrouver leur Loire et leurs amis chanteurs. Un échange d'auto et le tour fut joué. Restait à quai la voiture borgne qui fut confiée à la patiente épouse d'un de nos deux gredin. La suite est pénible à dire mais je vous dois la vérité pour qu'à votre tour vous ne soyez pas grugés.

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La dame retourna chez le vendeur de cet indispensable outil. Des esprits qui se pensent avertis nomment accessoire ce qui est essentiel. Nos deux aventuriers venaient d'en administrer la preuve. Le marchand, un certain Norauto d'Orléans admit s'être fourvoyé en vendant des balais d'essuie glaces inadaptés au modèle. Pourtant, la carte grise leur avait été présenté lors de l'achat.

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Ne voulant rien savoir compte tenu d'un délai jugé trop long par la maison, la pauvre dame dut acheter des nouveaux balais qui furent promptement installés. Le commerce s'en est bien porté puisque deux ventes eurent lieu et la cliente penaude est rentrée chez elle avec dans sa musette une splendide réflexion : « Vous n'avez qu'à les revendre sur Internet ! »

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Il ne fait pas bon être maladroit ou négligent dans ce bon pays. Tenez-vous en pour dit. Être maladroit à un prix. La morale ne fut que pécuniaire et c'est heureux. L'erreur du vendeur eut pu être bien plus grave quand sur la route, les mariniers naviguaient au jugé. Mais de cela, nous ne pouvons parler. Les affaires sont les affaires et les temps sont difficiles pour tout le monde !

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Pluvieusement vôtre

Photographies de Pirate de Loire

 



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