lundi 13 juillet - par C’est Nabum

Un ornithorynque au gouvernement

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Le Dard en main

Comparaison n’est jamais raison même s’il est curieux de constater que parmi les mammifères le seul qui possède un dard vénéneux soit ce brave et si exceptionnel ornithorynque. À le regarder de plus près, l’animal dispose de tant de particularités qu’il me fait immanquablement penser à ce curieux personnage qui a pénétré par effraction le ministère de l’intérieur, violant ainsi les consciences de toutes les femmes de la nation. Décrit comme farouche, il remplace sans problème son prédécesseur.

Sa nomination a de quoi surprendre ceux qui n’ont pas perçu le sens exact de sa mission. Il s’agit de redresser la Peau lisse, de faire preuve de fermeté et de se pénétrer d’une culture de l’ordre et de la discipline. L’animal politique est en tous points parfaitement adapté à ce « cahier décharge » qui se présente à lui.

Mais revenons à nos moutons ou plus précisément à cet ornithorynque qui lui servira de blason et d’emblème. Politicien endémique que l’on trouve exclusivement dans le marigot des gens prêts à tout pour être en place, reniant convictions et principes, parti et famille politique afin de trouver grâce au maître du moment, on ne peut l’observer que dans les allées du pouvoir.

À la différence de son modèle qui est le seul mammifère qui pond des œufs, notre ami se contente de pondre des circulaires et des lois qu’il couve amoureusement avant que de les imposer à tous. C’est ainsi que ces textes ne naissent pas complètement formés, ils doivent passer le stade de la maturation avec apport d’amendements de la part de congénères tout aussi spécieux.

Son apparence est, il convient de le reconnaître tout à fait particulière. C’est sans doute ce qui lui permet d’être objectivement dans une famille politique tout en prétendant le contraire. Son bec de canard nous pousse à croire à juste titre que c’est un drôle d’oiseau tandis que sa queue de castor affirme tout au contraire que ce n’est qu’un sacré luron, prêt à tout pour accueillir une femelle dans son terrier.

L'ornithorynque politicus se plaît à brouiller les pistes sans respecter la morale ni les règles d’usage de la société. Il est cependant conseillé de ne pas s’approcher de ce redoutable animal. Il porte en effet au niveau des pattes postérieures un aiguillon capable de libérer un redoutable venin capable de paralyser la volonté humaine et même de tuer toute résistance. Cette caractéristique lui donne un pouvoir étonnant de persuasion quand il est en quête d’une conquête électorale.

Sa queue lui sert d’ailleurs de gouvernail pour évoluer en eaux troubles tout en lui servant de réserve de graisse et de voix. Il dispose en outre de pattes de loutres, pour mieux tromper la gent féminine en l’attirant par sa somptueuse fourrure. Beaucoup d’observateurs ont pensé à une plaisanterie alors que c’est en fait une curieuse exception de la nature.

Depuis quelque temps, les botanistes et les experts en politique se penchent sur son cas pour mieux étudier l’évolution de l’espèce. Il semble qu’il soit emblématique de ces animaux capables de se transformer pour mieux circonvenir ses proies tout en se fondant parfaitement dans le milieu dans lequel il évolue. Il faut cependant se méfier car tout ceci n’est qu’apparence et vanité. L'ornithorynque politique demeure un danger qu’il convient justement de ne pas approcher de trop près.

Si l’espèce est protégée actuellement ce n’est que le fait du Prince, un certain Freluquet, grand amateur d’ambivalence et de faux-semblants. Il n’est pas certain que dans un autre environnement, l’animal au dard malin soit aussi bien considéré. Sa queue plate de castor traîne en effet de vilaines casseroles qui finiront bien par nuire à sa carrière jusque-là fort brillante. Comme son homologue austral, l’individu est quasi menacé si la justice fait convenablement son travail, ce dont on peut douter légitimement dans cette République bannière.

Zoologistement sien.



16 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 13 juillet 13:10

    Embaucher un renard pour garder le poulailler n’est pas une idée nouvelle.

    En 1935, Roosevelt a fait « élire » Joseph Kennedy (le père du futur président) à la tête de la nouvelle « Securities and Exchange Commission » (SEC), l’agence fédérale américaine chargée de réguler les marchés financiers (le « gendarme de la bourse » américain), qui existe encore aujourd’hui. Or, le choix de Kennedy avait déclenché un scandale qui avait donné à Roosevelt l’occasion de répondre par l’une de ses plus célèbres répliques. Quand on lui demande pourquoi nommer un tel escroc, Roosevelt a répondu : « Takes one to catch one », une forme édulchorée d’un dicton américain affirmant : « it takes a thief to catch one. » (il faut utiliser un voleur pour attraper un autre voleur).

    La spécialité de Kennedy était le délit d’initié, (un des principaux délits que la SEC devait justement réprimer) et il avait accumulé une fortune en s’appuyant sur un réseau. Entre autres, il était proche du fils du Président, Jimmy Roosevelt.

    En septembre 1933, quelques mois avant la fin de la Prohibition, Jimmy Roosevelt et Joseph Kennedy avaient embarqué ensemble pour l’Angleterre pour négocier un quasi-monopole sur l’importation de whisky anglais, et il avait utilisé le réseau d’influence de la mafia irlandaise dont il était un membre majeur pour importer de l’alcool européen en toute illégalité pendant la prohibition, en passant par le Canada.

    Il était aussi connu pour sa participation à un pool d’investisseurs accusés de manipulation, aux côtés des Frères Lehman, fondateurs de la banque Lehman Brothers, dont la faillite a été au cœur de la crise financière en 2008. La combine avait aussi à voir avec la légalisation de la vente d’alcool : il s’agissait de faire monter le cours de Libbey-Owens-Ford, un fabricant de verre qui ne produisait pas de bouteilles. Parallèlement, le pool a pris des positions à la baisse, et a attendu que le marché se rende compte que Libbey-Owens-Ford ne bénéficierait pas de la fin de la prohibition, et de la reprise de la production de bouteilles d’alcool. Kennedy aurait, à titre personnel, généré un profit d’environ 60 000$, soit l’équivalent de plusieurs millions de dollars aujourd’hui. Roosevelt n’avait donc pas tort Kennedy était bien placé pour mettre un terme aux pratiques abusives de la finance des années 1920…

    Morales de l’histoire :

    • à côté, Darmanin est un enfant de chœur (et Cahuzac un remake pâlot)
    • les dynasties ne sont pas des générations spontanées.

  • Clocel Clocel 13 juillet 13:27

    L’ornithorynque me fait penser aux Niffleurs de J.K Rowling.

    Ce dernier, bien dressé, rapporte ce qu’il vole à son Maître, là, pas sûr que votre parabole fonctionne encore !

    l’échidné aussi pond des œufs si je me remembre bien...


  • zygzornifle zygzornifle 13 juillet 16:48

    le seul qui possède un dard vénéneux soit ce brave et si exceptionnel ornithorynque.

    Moi qui pensait que c’était dard manin , suffit de demander a certaines filles qui l’ont approchées de près ….


  • mmbbb 13 juillet 20:44

    t inquiètes pas Macron a toutes les chances de repasser en 2022 ; Tu pourras ecrire des articles sur le « freluquet » encore pendant 5 ans .

    Cela t occupera et amusera la galerie des bonnes personnes d AGO
    je souhaite qu il repasse , histoire de vous emmerder !

    Quant a la législation , c est un peu plus conplique La loi Avia a ete retoquée !

    Soit précis , l épistolaire.

    Avant de traiter les autres de cons, ceux qui prennent ces grands bateaux , prend ton baton de pèlerin et va enseigner le civisme . Entre la misere et la merde !

    https://www.francebleu.fr/infos/societe/nantes-les-bords-de-loire-mines-par-les-dechets-1524227133

    Fait attention, les gens sont susceptibles , cela risque d etre plus dangereux que derrière ton clavier . Rigolo 


  • Old Dan Old Dan 13 juillet 23:21

    L’ornithorynque est un « cul-de-sac » biologique.

    Espérons que notre néolibéral destructeur le fut aussi...


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