mardi 28 mai - par Fergus

Oslo, ou le pari réussi de la fusion entre ville et nature

Nichée à l’extrémité de son fjord, entre mer et collines, la capitale norvégienne, dépourvue d’unité architecturale et plutôt pauvre en monuments emblématiques, ne prétend pas rivaliser au plan patrimonial avec des villes comme Londres, Prague ou Rome. Elle n’en est pas moins passionnante à plus d’un titre, et ne manque ni de charme ni d’atouts. Mais par-dessus tout, ceux qui l’ont bâtie ont réussi à donner vie au concept énoncé par l’humoriste Alphonse Allais : « construire les villes à la campagne » !

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Les saunas de Bjorvika et l’opéra d’Oslo

Aksel amène lentement le drapeau norvégien qui flotte en haut du mât, puis il le plie soigneusement et va le ranger dans la petite maison de bois peinte en rouge. Enfin, après s'être assuré que tout est en ordre, il referme la porte et s'éloigne vers l'appontement pour attendre la navette qui le ramènera au cœur de la ville, sur les quais d’Aker Brygge, à deux pas de l’imposant hôtel-de-ville (Rådhus). La maison fermée pour le long hiver scandinave, c’est dans leur confortable appartement proche du stade Bislett qu’Aksel et son épouse Solveig attendront patiemment le retour du printemps, non sans aller de temps à autre se dégourdir les jambes dans les espaces forestiers du Nordmarka, imbriqués jusque dans la ville, ou passer un week-end sur les pistes de fond du superbe site nordique des Jeux Olympiques de Lillehammer*. Soudain, un bref appel de sirène signale l’arrivée du bateau, faisant fuir les tournepierres à collier, les bécasseaux violets et les harles piette qui squattaient les abords du ponton.

Aksel a de la chance, et il le sait. Posséder dans une île du fjord l’une de ces coquettes maisons est un privilège rare. Mais qu’à cela ne tienne, si peu d’Osloïtes y sont propriétaires, nombre d’habitants de la capitale norvégienne aiment à prendre les navettes aux beaux jours pour aller se détendre dans les îles : la verdoyante Hovedøya et les modestes ruines de son monastère cistercien, les riantes Lindøya, Nakholmen ou Bleikøya, si typiquement scandinaves avec leurs maisons de bois aux couleurs vives, Gressholmen et son phare classé, sans oublier Langøyene et sa plage naturiste. Avec ou sans maillot, bercés par le clapotis des eaux du fjord et le cancanement des bernaches, les Osloïtes viennent s’y dorer la peau, ici sur un carré d’herbe, là sur une dalle de roche aux allures de solarium naturel. Et cela en harmonie avec la nature. Tout au plus les visiteurs sont-ils dérangés, de temps à autre, par les chamailleries des goélands ou la puissante sirène d’un ferry en provenance d’Allemagne ou du Danemark.

Les nus de Vigeland

En réalité, la nature n’est jamais très éloignée du cœur d’Oslo : 18 minutes de métro seulement séparent le Théâtre national des rives sauvages du Sognsvann, l’un des lacs d’Oslo dont un charmant sentier pédestre permet de faire le tour en moins d’une heure. Et 24 minutes de train permettent d’atteindre le non moins spectaculaire – et beaucoup plus vaste – Maridalsvann d’où l’on peut revenir à pied en suivant le cours de la rivière Akerselva, ponctué de quelques belles cascades. Sans oublier le « must » : 37 minutes suffisent aux rames de la ligne de métro n°1 pour partir du centre-ville et dépasser le légendaire tremplin de saut à ski d’Holmenkollen – 134 m de haut ! – avant de s’immobiliser au terminus de Frognerseteren au milieu des pins, des myrtilliers et des framboisiers. Là, à près de 500 mètres d’altitude**, les Osloïtes peuvent, avec une légitime fierté, admirer les reflets moirés des eaux de leur fjord avant de plonger à travers bois, à pied, à vélo ou à skis selon la saison, vers la station Midstuen (à 2,6 km et 250 m de dénivelée plus bas) où le métro les ramènera au cœur de la ville.

Car Oslo, c’est avant tout cela : une ville à la campagne qui a su s’étendre sans dénaturer sa richesse naturelle. Mais Oslo n’est pas que cela, loin de là. Et si la ville est pauvre en collections d’œuvres de grands peintres, mis à part celle, pléthorique, de l’auteur du célèbre « Cri », Edvard Munch, elle est en revanche riche de sculptures. Coulées dans le bronze ou taillées dans la pierre, elles sont omniprésentes, de l’impressionnant tigre qui accueille les voyageurs à la sortie de la gare centrale à ce couple de consommateurs attablé à la terrasse d’un bar d’Aker Brygge, en passant par les enfants du bassin d’Eidsvolls Plass. Sans oublier la prodigieuse collection léguée par Gustav Vigeland dont 214 œuvres, ici en bronze, là en pierre, ont été regroupées dans le parc Frogner. Des sculptures qui symbolisent la famille à tous les âges de la vie, et cela de manière originale : tous les personnages, généralement bien charpentés, sont aussi nus que le jour de leur naissance, y compris ceux dont les corps entremêlés forment un monolithe de 17 m de hauteur, et ceux qui ornent les superbes grilles en fer forgé.

Du Fram au Kon Tiki

On peut aimer ou détester les peintures de Munch ou les sculptures de Vigeland, mais une chose est sûre : pas un visiteur de la capitale norvégienne ne la quittera sans avoir été ébloui, ému ou passionné par les remarquables musées de la presqu’île de Bygdøy (prononcer Bugdeu). Des musées atypiques qui, chacun à sa manière, sont de formidables voyages dans le temps sur les traces d’épopées humaines hors du commun. À commencer par le musée Fram où l’on peut visiter le navire emblématique des expéditions polaires, ce légendaire Fram à bord duquel partirent à la conquête des immensités glacées ces géants de l’exploration polaire que furent Fridtjof Nansen et Roald Amundsen. Tout à côté se dresse un autre musée consacré à l’aventure maritime, celle qui, au péril de leur vie, a jeté Thor Heyerdhal et ses compagnons sur les océans à bord d’improbables embarcations : le légendaire radeau Kon-Tiki, bien frêle avec sa structure de balsa pour faire face aux fureurs de l’océan Indien, et le non moins étonnant Râ II, entièrement construit en… papyrus pour affronter les colères de l’Atlantique ! Mais le plus émouvant reste à venir avec le musée des bateaux vikings, dont celui d’Oseberg, prodigieusement conservé durant plus d’un millénaire d’existence par les boues du fjord (hélas ! le musée est actuellement fermé).

Toujours sur la presqu’île de Bygdøy, le Musée populaire norvégien, installé dans un vaste parc, mérite lui aussi qu’on s’y attarde pour se balader dans ses allées boisées et ses clairières, à la découverte de ses 155 bâtisses caractéristiques de l’habitat et des métiers des différentes provinces de Norvège. Toutes sont authentiques et ont été amenées là, avec d’infinies précautions, dans un but didactique. Mais aussi intéressantes ou séduisantes soient-elles, et certaines sont réellement magnifiques, le joyau du lieu est incontestablement l’étonnante église médiévale en « bois debout » (Stavkirke), transférée du village de Gol (250 km au nord d’Oslo) pour être implantée là et symboliser aux yeux du plus grand nombre une architecture religieuse exceptionnelle ; il ne reste malheureusement plus que 28 stavkirker dans tout le pays.

Sur les toits de l’opéra

De retour au cœur de la cité, on peut encore visiter bien d’autres musées et monuments, y compris le Palais royal en période estivale, et son parc durant 6 mois de l’année. Sans oublier le musée Munch et surtout le Musée national norvégien : le plus grand musée scandinave propose à ses visiteurs de nombreuses collections d’objets et de peintures qui mettent notamment en valeur les artistes locaux dont certains mériteraient assurément une plus grande notoriété. Non loin de là, l’Opéra d’Oslo, inauguré en 2008, présente une étonnante particularité très prisée des Osloïtes : situé en bordure du fjord, ce temple de la musique et de la danse est doté de toits en pente qui permettent de l’escalader jusqu’au sommet d’où l’on peut admirer les eaux de la baie. Toute proche également, la forteresse chargée d’histoire d’Akershus est quelque peu dénuée de charme extérieur, mais on peut y admirer quelques très belles salles.

En revanche, le très austère hôtel-de-ville, aux allures d’empilage de briques Lego®, ne laissera pas un souvenir impérissable si l’on s’en tient à son aspect extérieur, mais il recèle des fresques historiques dignes d’observation pour tous ceux qui s’intéressent au passé de ce pays dont la pleine souveraineté n’a été acquise qu’en 1905***. En définitive, entre deux balades dans l’extraordinaire environnement naturel de la ville, ou deux visites de musées de la capitale norvégienne, le mieux est peut-être de s’en remettre au conseil d’Aksel : flâner dans Karl Johans Gate puis aller s’attabler à une terrasse du Frogner Park ou sur les anciens docks d’Aker Brygge pour déguster des crevettes arrosées d’une bonne Ringnes bien fraîche. « Pour nous, les Norvégiens, le bonheur est dans les choses simples », souligne Solveig dont les yeux pétillent de malice. Comment lui donner tort ?

C’est sur le site nordique de Lillehammer qu’ont été organisés les Jeux Olympiques d’hiver de 1994.

** La dénivelée de la ligne de métro n°1 entre son point le plus bas (station Stortinget) et son point le plus haut (terminus Frognerseteren) est de 469 m. Il s’agit de la plus importante dénivelée d’un réseau de métro de la planète.

*** C’est dans le salon d’honneur de cet hôtel-de-ville qu’est remis chaque année le prix Nobel de la Paix.

À lire également, en rapport avec la Norvège :

Il y a 150 ans : le fabuleux voyage du « Ville d’Orléans »

 

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Sur les quais d’Aker Brygge
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Statue devant l’hôtel-de-ville
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Lindoya, à 10’ de bateau des quais
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Statues de Vigeland (Frogner Park)
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Stavkirke de Gol
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Le Kon-Tiki de Thor Heyerdahl
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Le Râ II de Thor Heyerdahl
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Statue devant l’hôtel-de-ville
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Grille de fer forgé de Vigeland
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Sognsvann, à 20’ de métro du centre-ville


50 réactions


  • Sirius Sirius 28 mai 12:06

    il est surement plus agréable de vivre à Oslo qu’à Paris pour ceux qui peuvent se passer de mondanités

    mais pour autant, une ville-jardin n’est pas la nature, c’est même le contraire, c’est la domestication de la nature

    un chien n’est pas un loup et une pomme de terre n’est pas une patate : l’homme les a transformés à son profit

    c’est une condition nécessaire au "développement, et on peut en dicuter, peu importe, mais en tous cas, un jardin n’est pas la nature que l’homme considère le plus souvent comme hosile, à part quelques énergumènes aventureux


    • Fergus Fergus 28 mai 16:05

      Bonjour, Sirius

      Croyez-vous qu’il n’y ait pas de « mondanités » à Oslo ?
      Avant-hier, j’étais à l’opéra de cette ville et je peux vous dire qu’il y avait pas mal de personnes au champagne durant l’entracte. 

      Oslo n’est pas une « ville-jardin » (hors les parcs), mais bel et bien une ville au contact de la nature !


    • Sirius Sirius 28 mai 18:01

      @Fergus

      la nature, c’est la jungle
      et la chaine alimentaire est régie par la loi de la jungle
      Crocodile Dundee ne vit pas à Oslo.
      La nature est devenue portion congrue en France et n’existe plus qu’à une certaine altitude, dans les parcs nationaux et régionaux et dans quelques zonesde forêts domaniales protégées
      la proportion de zones naturelles est certainement plus importante qu’en France, mais en-dehors des villes même si on ne tond pas la pelouse toutes les semaines et si on ne cultive pas un potager, le quadrillage des voies de communication et l’entretien type élagage, débroussaillage, soins des plantes malades, font qu’il ne s’agit pas de nature, mais de parcs d’un style différent de celui des jardins « à la française » comme ceux de Versailles qui ont marqué pour longtemps les principes d’une monarchie absolue affichant l’ordre classique qu’elle entendait imposer dans tous les daomaines, alors que les Norvégiens ont eu la chance d’échapperà cette rigueur centralisatrice et de pouvoir vivre dans un environnement moins stict, mais pas pour autant « naturel »
      il ne faut pas confondre environnement et biotope


    • Fergus Fergus 28 mai 18:08

      @ Sirius

      Non, la nature, ce n’est pas uniquement la « jungle » : il s’agit là de la nature primitive. 

      « La nature (...) en France et n’existe plus qu’à une certaine altitude, dans les parcs nationaux et régionaux et dans quelques zones de forêts domaniales protégées »
      Par chance, il reste de grands espaces où l’on prend un immense plaisir à voir et écouter cette « nature ». Personnellement, je suis un fan des grands causses.


    • Sirius Sirius 29 mai 11:12

      @Fergus

      Encore un malentendu.
      L’expression « la loi de la jungle » a  pris le sens de « chacun pour soi », « tout est permis », « loi du plus fort », en référence à la supériorité de la force brute ou de l’intérêt personnel dans la lutte pour survivre

      à l’inverse de l’expression introduite à l’origine par Rudyard Kipling qui décrivait dans « Le Livre de la jungle » un ensemble de règles suivies par les loups et d’autres animaux dans les jungles d’Inde, règles incompatibles avec la « domestication » de l’homme moderne qui ne survivrait pas dans un environnement devenu hostile pour lui depuis qu’il a inventé l’agriculture et l’élevage il y a environ 10 000 ans. Et Kipling a dressé un tableau idyllique, la réalité étant bien plus triviale que ses descriptions anthropomorphes. La nature, c’est ausssi la mante religieuse, le vautour et la vipère, c’est la « survie du plus apte », ce que l’homme n’est plus dans les milieux sauvages.
      Il me semble que, contrairement à moi vous en percevez le sens déformé actuel et non pas celui que lui avait donné son initiateur.


    • Fergus Fergus 29 mai 11:35

      @ Sirius

      « l’homme moderne qui ne survivrait pas dans un environnement devenu hostile pour lui depuis qu’il a inventé l’agriculture et l’élevage »
      L’homme survivrait car il s’adapterait.
      Sans doute aux prix de terribles hécatombes.
      Mais il ne fait aucun doute que les plus manuels et les plus intelligents s’en sortiraient en combinant leurs connaissances et leurs savoir-faire.
      C’est d’ailleurs ainsi que des intellectuels cambodgiens ont survécu dans la forêt primaire en fuyant le régime des Khmers rouges. Et sans doute y a-t-il eu des cas analogues en d’autres lieux.


  • Decouz 28 mai 12:13

    Il y a aussi Berlin :

    "Berlin est une ville verte au sens premier du terme : les jardins, parcs et forêts représentent 40 % de sa superficie (soit plus de 2 500 espaces verts). Ces lieux ne sont pas simplement récréatifs, ils accueillent une biodiversité sauvage et cultivée. Si renards, ratons-laveurs, fouines ou sangliers y ont été recensés, la ville est avant tout le laboratoire d’une stratégie de reconquête de la biodiversité."

    Connais pas, pas encore.

    https://www.petitfute.com/v48153-berlin/decouvrir/d1354-la-ville-verte/


    • Seth 28 mai 12:53

      @Decouz

      La présence de ratons laveurs à Berlin en dit long sur le « naturel » du milieu vert.

      Les renards vivent sans pbm dans les zones urbaines, Londres en était envahie, je ne sais pas si ça a changé, les vides sanitaires composant pour eux une zone habitable et la nourriture ne manquant pas dans les villes.

      Les fouines sont difficiles à repérer mais sont grandes consommatrices de rongeurs qui pullulent, reste les sangliers (coupés de porcs) envahissants qui sont une plaie, jusqu’en rase campagne.


    • Fergus Fergus 28 mai 16:09

      Bonjour, Decouz

      Je connais Berlin et Oslo, et j’apprécie les deux.

      « Ces lieux ne sont pas simplement récréatifs, ils accueillent une biodiversité sauvage et cultivée »
      C’est également le cas en différents lieux à Oslo, même si cette approche est sans doute plus pointue dans la capitale allemande.


    • Aristide Aristide 30 mai 15:04

      @Fergus

      Je connais Berlin et Oslo, et j’apprécie les deux.

      Si on rajoute vos escapades en Autriche et ailleurs, je ne suis pas sûr que vous ne soyez pas gêné aux entournures sur vos positions pro-écologistes !!!

      Le bien carbone, c’est quoi cela, c’est bon pour les nullos qui font tous les jours des kilomètres en diesel pour aller au turf dans les territoires où les transports en commun sont faméliques…


    • Fergus Fergus 30 mai 16:47

      @ Aristide

      Commentaire absurde : je ne suis pas plus « pro-écologiste » que vous !
      Pas question pour moi de militer pour cette cause au delà des petits gestes au quotidien comme nombre de nos compatriotes.
      Les enjeux écologiques ne dépendent évidemment pas de cela, mais des décisions politiques applicables aux industriels et aux gros agriculteurs productivistes !

      Quant à mes voyages en avion, ils n’ont pas été si nombreux que cela : tout au plus une douzaine d’aller et retour au cours de ma vie (dont un seul hors d’Europe), le précédent voyage aérien remontant à 2019. Bref, je n’ai pas de leçon à recevoir !


    • Jean Keim Jean Keim 31 mai 07:52

      @Fergus

      Dans la biodiversité sauvage et cultivée, incluez-vous l’être humain qui cache sa sauvagerie sous la patine des convenances ?


    • Fergus Fergus 31 mai 09:12

      Bonjour, Jean Keim

      L’être humain fait évidemment partie de la « biodiversité », à la fois dans sa dimension « sauvage » et dans sa dimension « cultivée ». 


    • Aristide Aristide 31 mai 12:48

      @Fergus

      Attendez, je n’ai aucunement la volonté de vous restreindre dans vos envies voyageuses. Moi-même, je n’évite jamais, les seules limites sont mes envies et mes moyens… Pour ce qui est de vos engagements écologistes, je croyais, à tort visiblement, que vous en étiez. Quoiqu’en lisant cela, je doute…

      Les enjeux écologiques ne dépendent évidemment pas de cela, mais des décisions politiques applicables aux industriels et aux gros agriculteurs productivistes !

      Là encore, attendez, justement dépend de cela !!! Ce sont nos achats, nos choix de consommateurs , ... qui feraient que les industriels et les producteurs se détachent du modèle actuel. Je reconnais tout de même votre fond insoumis en désignant les seuls industriels et GROS agriculteurs. C’est un peu l’ADN de l’insoumission de désigner les coupables de cette façon..


    • Aristide Aristide 31 mai 13:16

      @Fergus

      L’être humain fait évidemment partie de la « biodiversité », à la fois dans sa dimension « sauvage » et dans sa dimension « cultivée ». 

      Mais pas que… Si on ne peut contester la nature animale de l’homme et donc de sa place dans la biodiversité, il me semble que nous sommes bien plus qui dépasse largement notre condition physiologique...


    • Fergus Fergus 31 mai 16:42

      @ Aristide

      En effet, l’intelligence au service tant du bien que du mal. De la protection de l’environnement ici et de sa dévastation là !


    • Aristide Aristide 1er juin 06:20

      @Fergus

      Un monde en noir et blanc ? Peut-être ne pas se laisser aller à la misanthropie et ne pas désespérer de la nature humaine ? 


    • Fergus Fergus 1er juin 09:13

      Bonjour, Aristide

      Il n’est pas du tout mon genre de me « laisser aller à la misanthropie » ni de « désespérer de la nature humaine ». 
      Pas du tout mon genre non plus de voir le « monde en noir et blanc » : j’ai toujours dit et écrit que la vie, sous toutes les formes que prennent les activités humaines, est principalement faite de nuances de gris, plus ou moins claires ou foncées selon les lieux et les moments de l’histoire.


  • Aristide Aristide 28 mai 12:51

    Entre le pétrole et le gaz qu’ils exportent et les touristes bretonnants qu’ils importent, cela ne va pas arranger leur note en écologie ...


    • Fergus Fergus 28 mai 16:12

      Bonjour, Aristide

      Rassurez-vous, les « touristes bretonnants » n’y sont pas nombreux. Tous les « touristes » venant de Bretagne ne sont d’ailleurs pas « bretonnants » !
      Mieux vaut d’ailleurs qu’ils soient anglophones, le français étant quasiment inexistant dans les documents locaux.


    • Aristide Aristide 29 mai 15:53

      @Fergus

      Vous avez raison d’éviter le fond du problème de l’écologie. C’est clair que ce pays idyllique qui assoit son bien-être sur ses ressources en pétrole et gaz n’a rien à glander de tous les problèmes liés au réchauffement climatique. C’est vrai que parler de réchauffement en Norvège n’est pas pour déplaire...

      Sur le tourisme, je me plais à constater vos humeurs vagabondes, d’autant plus heureuses qu’elles sont courtes ...et lointaines ... 

      Un petit point de détail, en fédéraliste et européen convaincu et convaincant, vous pensez quoi de ce pays d’Europe qui se tourne vers son nombril et ignore l’UE !!! C’est vrai que partager avec d’autres pays européens n’est pas une qualité danoise ... Bien chez soi et pas emmerdé par les autres, d’Europe et encore moins d’ailleurs, mais bienvenue aux touristes bretonnants ou pas ....


    • Fergus Fergus 29 mai 16:24

      Bonjour, Aristide

      Je ne cherche pas à « éviter le fond du problème de l’écologie ». La Norvège est évidemment loin d’être exemplaire sur ce plan. De même que sur la question de la qualité de ses produits alimentaires, à commencer par le saumon industriel de ses immenses fermes aquacoles.

      « parler de réchauffement en Norvège » est, dans un autre genre, un sujet sensible, eu égard qu’il est 2 à 3 fois plus rapide qu’ailleurs sur la planète, notamment dans l’archipel du Svalbard et près du cercle polaire. C’est un réel sujet d’inquiétude pour les Norvégiens.

      « ce pays d’Europe qui se tourne vers son nombril et ignore l’UE »
      J’en pense que c’est dommage, mais que le jour viendra où la Norvège  malgré sa prospérité économique  rejoindra l’UE. Pour mémoire, le référendum de 1994 avait donné une victoire au NON par seulement 52 % des voix.
      Et l’évolution de la géopolitique européenne va dans ce sens, la Norvège ayant une frontière commune avec la Russie. 

      « bienvenue aux touristes »
      Là comme ailleurs !


    • Aristide Aristide 30 mai 12:54

      @Fergus

      Vous usez de toutes les ficelles pour ne pas répondre au fond sur les sujets posés.

      La Norvège, comme tout autre pays qui serait dans sa situation, privilégie ses propres intérêts, assez naturel pour moi. Je n’accuse aucunement ses dirigeants de le faire et de défendre leur souveraineté entière ainsi que de ne pas vouloir partager leur rente pétrolière et gazière. 

      Vous dites qu’il est « dommage », je pense le contraire de vous, heureusement qu’il existe encore des pays qui font passer les droits, les intérêts financiers et économiques de leur nation avant ceux des autres. 

      Je serais assez heureux que la France dénonce le compromis énergétique qui nous désavantage, je serais aussi heureux que la France, meilleure en rejet de CO2, ne s’entende pas avec l’Allemagne qui arrive à faire passer le passage du charbon au gaz pour une mesure écologique, idem pour notre agriculture qui souffre de conditions économiques et réglementaires inadaptées…, Et c’est pour de nombreux sujets une naïveté de nos dirigeants qui veulent être plus fédéralistes que les autres, plus vertueux…, une fuite en avant imbécile… Et tout cela au détriment de notre population…

      En résumé, suivons l’exemple norvégien et dans l’UE ne jouant plus le jeu d’un intérêt européen qui n’est qu’un leurre et recentrons nos positions sur NOS intérêts nationaux.

      PS : Nous avons un avantage diplomatique avec le nucléaire et le siège permanent au CS de l’ONU, même cela est mis en cause par ces foutraques d’une fédéralisation européenne… Idem pour une défense européenne quand on sait que la plupart des pays achètent de l’amerloque pour éviter de se mettre en dépendance de la France. Les sujets sont trop nombreux pour ne pas voir l’impasse d’une UE de 27 pays aux intérêts si contradictoires.


  • Seth 28 mai 12:55

    A noter que la statuaire y est apparemment particulièrement moche et convenue. On y apprécie apparemment beaucoup les femmes girondes. smiley


    • Fergus Fergus 28 mai 16:16

      Bonjour, Seth

      « la statuaire y est apparemment particulièrement moche et convenue »

      C’est votre opinion. Fausse en l’occurrence car il y a dans la ville de très nombreux styles de sculptures.
      J’ai observé dans vos commentaires que vous n’appréciez pas grand-chose en matière artistique. C’est votre droit.


    • Seth 29 mai 09:17

      @Fergus

      En matière artistique, je ne goûte guère l’art officiel et bien-pensant qu’il faut se fader dans les rues.

      Ici les représentations rondouillardes et lourdingues en bronze ne sont pas un exemple de création. Pour les thèmes je ne les connais pas mais il semblerait y avoir une certaine constante de la famille, thème convenu s’il en est.


    • Fergus Fergus 29 mai 11:09

      @ Seth

      A Oslo comme ailleurs, il n’y a pas que « l’art officiel et bien-pensant » dans les rues. On peut même voir ici et là des oeuvres qui interpellent par leur inspiration innovante, et parfois délibérément provocatrice.

      Pour ce qui est des statues de la capitale norvégienne, libre à vous d’y voir des « représentations rondouillardes et lourdingues ». Tel n’est pas mon cas. Les goûts et les couleurs...


    • Aristide Aristide 29 mai 16:00

      @Fergus

      A Oslo comme ailleurs, il n’y a pas que « l’art officiel et bien-pensant » ...

      Il y a cela « ’Butt Plug Gnome » 


    • Fergus Fergus 29 mai 16:29

      @ Aristide

      Cela et d’autres statues aussi moches ou dérangeantes (mais possiblement géniales aux yeux de certaines personnes) dans le parc d’Ekeberg où la variété des styles est de mise.


  • placide21 28 mai 17:15

    En Norvège les statues des « grands hommes »sont très largement supplantées par des statues valorisant le quotidien des« petites gens » ; les statues d’Oslo expriment l’ancrage, la cohésion, le lien social du peuple plutôt que les « grandes idées » dont nous voyons malheureusement le résultat dans notre quotidien en France .


    • Fergus Fergus 28 mai 17:54

      Bonjour, placide21

      « les statues d’Oslo expriment l’ancrage, la cohésion, le lien social du peuple »
      C’est parfaitement exact.

      « les « grandes idées » dont nous voyons malheureusement le résultat dans notre quotidien en France »
      A mon avis, ce sont moins les « idées » qui sont en cause que la médiocrité des gouvernants qui se succèdent depuis quelques décennies.
      Trop de personnalités politiques sont formatées par un moule unique et sont de ce fait malheureusement déconnectées de la vie réelle.


  • chantecler chantecler 29 mai 07:22

    L’importance de la Norvège historiquement est liée à son domaine maritime protégé et à ses immenses réserves de morues .

    Les habitants étaient alors majoritairement esquimaux .

    Des curiosités , quoi !


  • Fergus Fergus 29 mai 08:24

    Bonjour, chantecler

    « L’importance de la Norvège historiquement est liée à son domaine maritime protégé et à ses immenses réserves de morues »

    Et d’hydrocarbures.


    « Les habitants étaient alors majoritairement esquimaux »

    Cela dépend à quelle époque on fait référence. Les Samis sont présents dans les pays scandinaves depuis l’âge de bronze. Mais les vikings s’y sont implantés dès l’âge du fer !


    « Des curiosités , quoi ! »

    Un tantinet condescendant, non ?



    • chantecler chantecler 29 mai 09:31

      @Fergus
      Voui, mais la morue est antérieure aux hydrocarbures ....
      « Les terre neuves » partaient pour la pèche à la morue (6 mois , avec grands 3 ou 4 mats , et chaloupes « , pas pour ramener du pétrole , (puis d’ailleurs navires usines...) »
      L’huile de baleine était plus importante ....
      Et le foie de morue, monsieur , le foie de morue .... !


    • Fergus Fergus 29 mai 11:24

      @ chantecler

      L’épopée des Terre-neuvas, comme celle des de la « Pêche à Islande », si bien décrite par Pierre Loti, n’a véritablement connu sa grande époque qu’au cours du 19e siècle.
      Cette période de la vie des gens de mer est très bien rappelé  de manière très émouvante  par le Mur des disparus en mer où se succèdent les plaques commémoratives du cimetière de Plobazlannec.

      « L’huile de baleine était plus importante »
      En effet car elle servait à divers usages. 
      J’ai récemment évoqué ce sujet dans le cadre d’un article consacré à une pratique des Iles Feroé : Le grindadrap : une tradition barbare.

      « le foie de morue, monsieur , le foie de morue »
      Je garde de très mauvais souvenirs de cette huile que l’on nous obligeait à avaler lorsque nous étions enfants. smiley

       


    • Seth 29 mai 11:43

      @chantecler

      Il y a aussi la production des stoltenberg. smiley


  • hommelibre hommelibre 30 mai 12:54

    J’aime voutre escapade et vous en remercie.


  • Eric F Eric F 30 mai 18:33

    Les pays scandinaves et leur population bénéficient d’une image idyllique, Pacifiques, proches de la nature, prospères, jadis puritains et désormais progressistes. En tête de classement pour le respect des droits, la liberté, la probité politique. Les bains glacés et le poisson séché doivent être des élixirs de vertu !


    • Fergus Fergus 30 mai 20:48

      Bonsoir, Eric F

      Certes ! Mais il ne faut pas idéaliser. Il y a également des problèmes, notamment en Suède. 


    • Eric F Eric F 31 mai 09:52

      @Fergus
      Les problèmes de la Suède sont proches des nôtres, la Suède n’est plus totalement suédoise.


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 31 mai 11:25

      @Eric F
        Nous sommes dans une période d’élections.
        Nous avons eu dans le passé un gouvernement de coalition à la couleur suédoise 
      La Coalition suédoise regroupe les partis libéraux (MR et Open VLD, bleu), le parti nationaliste flamand (N-VA, jaune) et le parti chrétien flamand (CD&V, rappelé par la croix), d’où la référence au drapeau suédois, qui consiste en une croix jaune sur un fond bleu. Son autre nom (coalition kamikaze), connoté péjorativement, est dû au fait que, selon les oppositions (notamment les partis francophones (PS et cdH), il s’agirait d’une coalition à très haut risque voire « suicide » (tout comme les vols des kamikaze japonais), vu que, au sein de la législature de 2014, les francophones s’y retrouveraient minoritaires (vingt députés sur quatre-vingt-cinq) et représentés par un parti qui n’a pas la majorité du collège francophone (vingt députés sur soixante-trois)1,2. Il faut cependant noter que dans le Gouvernement Di Rupo, les partis flamands étaient en minorité dans le collège néerlandophone et au sein du gouvernement

      Comme quoi... Tout n’est pas rose bonbon.


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 31 mai 11:27

      C’est pour cela que nous y avons ajouté de la musique avec une coalition Vivaldi et que cette fois, nous devons Elire par la fiction smiley


    • Fergus Fergus 31 mai 12:04

      @ Réflexions du Miroir

      Intéressant, votre lien sur la politique belge.


    • Fergus Fergus 31 mai 16:39

      @ Eric F

      En effet, la Suède paie le prix de sa trop grande générosité en matière d’immigration insuffisamment contrôlée.


  • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 31 mai 11:18

    Au lieu d’aller dans le Sud en vacances, je me suis souvent dit d’aller visiter les pays scandinaves. Danemark, Norvège, Suède,... Hier, j’ai vu un documentaire sur la Finlande où tout est prévu pour l’apprentissage des enfants dès leur plus jeune âge. Le problème, c’est qu’il faut un peu plus investir dans le prix des vacances.

    On a beaucoup à apprendre sans pour cela les cloner.


    • Fergus Fergus 31 mai 11:52

      Bonjour, Réflexions du Miroir

      Il nous arrive d’aller dans le Sud, mais mon épouse et moi sommes plus attirés par les pays moins exposés à des fortes températures, et dont les paysages nous séduisent plus : Irlande, Suisse, pays scandinaves.

      Ce qui n’empêche pas le beau temps : la semaine passée à Oslo, il a fait un temps magnifique avec des températures de 24 à 26°. Beaucoup de gens en t-shirt et short, et pas mal de jeunes femmes en legging court hyper moulant, y compris pour se balader en ville. smiley


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 31 mai 17:27

      @Fergus,
       Comme il est expliqué par un météorologue dans mon billet tout dépend de la position de l’Anticyclone.
        A Bruxelles, cela n’a pas été la joie depuis plusieurs semaines.


  • zygzornifle zygzornifle 3 juin 08:21

    On voit qu’il n’ont pas un Macron a leur tête ....


    • Fergus Fergus 3 juin 09:03

      Bonjour, zygzornifle

      Macron et ceux qui l’ont précédé car la politique de l’actuel président se situe dans la droite ligne des gouvernances antérieures. Et il ne faut pas se leurrer : il en aurait été de même avec un Fillon ou un Juppé à la tête du pays.


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