grubinstein 21 décembre 2012 10:35

Outre le fait qu’aucune université belge n’est actuellement paralysée par quoique ce soit (entre un blocage et des AG de quelques dizaines d’étudiants, il y a de grosses différences), l’article contient de très nombreuses imprécisions.

1) Il n’y a pas deux mais un projet de réforme de l’enseignement supérieur. Le ministre de l’enseignement supérieur Marcourt (socialiste) ne vise absolument pas « à revaloriser la qualité de l’éducation et son accessibilité » mais, en gros, à réorganiser la carte de l’enseignement supérieur en pôles territoriaux, à créer une académie fédérant l’ensemble des acteurs et à réformer l’organisation de l’année académique dans la logique de la déclaration de Bologne. Plus de détails ici : http://bit.ly/Veouzm

2) En Belgique, une minorité d’établissements sont de gestion publique, les principales universités belges sont libres (voire catholique pour celle de Louvain, la plus grosse). Le « mouvement » qui anime actuellement quelques campus est en fait téléguidé par les responsables d’universités libres, qui critiquent le projet en ce qu’il restreint l’autonomie de leurs entreprises en les forçant à collaborer plutôt qu’à se faire concurrence. C’est à cet égard l’exact inverse du mouvement qui a animé les universités françaises en 2007 contre la LRU (loi Sarkozy - Pécresse pour l’autonomie des universités). Les organisations étudiantes ne font qu’exploiter la grogne de la frange réactionnaire du monde académique et politique (voir ici la réaction du MR - droite libérale : http://bit.ly/UOveDM et des mandarins de l’enseignement privé : http://bit.ly/12tpd7k ) pour animer un mouvement sans vraie revendication (voir ici les motions votées ces derniers jours, d’une très grande pauvreté sur le fond : http://on.fb.me/VTYp9z).

3) Contrairement à ce qui est dit, une très large consultation de tous les acteurs de l’enseignement supérieur a eu lieu en amont de la réforme, en 2010. La FEF a boycotté cette concertation, pour des raisons incompréhensibles, et a donc raté l’occasion de faire entendre sa voix dans le dossier. Voir ici : http://bit.ly/ZnyaA7

Bref, on est très loin des mouvements étudiants qui ont animé le Québec, l’Angleterre ou le Chili ces dernières années, et on se demande si les leaders étudiants internationaux accorderaient leur soutien à cette mascarade s’ils en connaissaient réellement les tenants et les aboutissants...


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