Morpheus Morpheus 16 avril 2013 20:42

Fergus, je vous suggère de lire au complet cette analyse de Simone Veil concernant les partis politiques avant d’affirmer qu’il s’agit d’un « mal nécessaire ».

Ma propre analyse et réflexion concernant les partis politiques est rigoureusement et diamétralement opposée : les partis sont un mal non nécessaire, et consubstantiel de l’impuissance politique des peuples dépouillés de leur pouvoir.

Court passage du texte de Simone Veil : « Le véritable esprit de 1789 consiste à penser, non pas qu’une chose est juste parce que le peuple la veut, mais qu’à certaines conditions le vouloir du peuple a plus de chances qu’aucun autre vouloir d’être conforme à la justice. Il y a plusieurs conditions indispensables pour pouvoir appliquer la notion de volonté générale. Deux doivent particulièrement retenir l’attention. L’une est qu’au moment où le peuple prend conscience d’un de ses vouloirs et l’exprime, il n’y ait aucune espèce de passion collective.
Il est tout à fait évident que le raisonnement de Rousseau tombe dès qu’il y a passion collective. Rousseau le savait bien. La passion collective est une impulsion de crime et de mensonge infiniment plus puissante qu’aucune passion individuelle. Les impulsions mauvaises, en ce cas, loin de se neutraliser, se portent mutuellement à la millième puissance. La pression est presque irrésistible, sinon pour les saints authentiques. »

Par construction, les partis politiques sont des machines à créer et alimenter les passions, à réduire et circonvenir la pensée de leurs membres, à les contraindre à suivre une discipline partisane et, in fine, à diviser le peuple en empêchant les citoyens (devenu de simples électeurs) de penser par eux-mêmes. L’objectif du parti est de parvenir au pouvoir et de gagner toujours plus de membres. La confusion entre les buts et les moyens est systématique : s’il faut de l’argent pour parvenir à avoir des membres et parvenir au pouvoir, alors l’argent devient le but. Ainsi, non seulement la corruption, le mensonge et la tromperie se loge-t-elle inévitablement dans le parti, mais le parti est conduit, par sa raison première, au totalitarisme. Le clivage politique et social se trouve non seulement inscrit dans le parti, mais en outre, il ne cesse de l’alimenter et le nourrir de toutes sortes de façon et pour toute sortes de sujets.

Cordialement,
Morpheus


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