abracadabranesque (---.---.138.48) 26 octobre 2006 14:59

Les ours savants s’invitent au cirque présidentiel

Ce que cache « La République des idées »

Pour les candidats à la présidence, il s’agit à présent d’habiller le néant des programmes. Hors d’état d’enfanter le moindre projet, les partis de gouvernement sous-traitent la production d’idées à des clubs de réflexion. « La République des idées » compte au nombre de ces supermarchés de la pensée. Oracle au PS, omniprésent dans la presse, ce cercle de sacs-à-vent redessine une « gauche » qui caresse l’euro dans le sens des zéros.

Le constat est désolant, mais qu’y faire ? Les joies du capitalisme ne se vendent plus aussi bien que jadis. Finis les temps glorieux où Laurent Joffrin et Libération ululaient « Vive la crise ! » sur un air californien pour fêter les restructurations industrielles. Finie l’époque, plus récente, où le plagiaire Alain Minc célébrait La Mondialisation heureuse (1997). Dissoute, enfin, la fondation Saint-Simon, où intellectuels, patrons, journalistes et hauts fonctionnaires militaient pour une « République du centre ». Cette fondation, expliquait Jean Daniel, « est née avec le présupposé que le déblocage de la société française passait par un capitalisme réel, assumé, mais régulé et moralisé par des gens de gauche ».

Mission vite accomplie : « Nos idées - croyance dans l’économie de marché, l’Europe - sont au pouvoir », plastronnait en 1999 Michel Albert, membre de Saint-Simon. Peu après le sabordage du club, son ex-secrétaire général Pierre Rosanvallon s’égayait avec Ernest-Antoine Seillière lors d’un dîner au Medef.

Laissant ouvriers et employés s’exercer à la lutte des classes aux guichets de l’Assedic, le parti socialiste caressait la croupe fiscale de son nouveau « prolétariat » : « les membres du groupe intermédiaire, constitué en immense partie de salariés avisés, informés et éduqués, qui forment l’armature de notre société. Ils en assurent la stabilité » (Dominique Strauss-Kahn).

Ces abonnés au Monde, aux Inrockuptibles ou au Nouvel Observateur multipliaient « les signes de leur attachement à l’« économie de marché » ». Tout allait bien.


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