Sam (---.---.116.120) 1er novembre 2006 19:50

L’article précité sur les blogs des cités montre qu’il s’agit avant tout d’un jeu grandeur nature, et d’abord d’une confrontation à l’autorité matérialisée par les forces de l’ordre perçues comme une force d’occupation d’un territoire dont ils se sentent les maîtres absolus.

D’abord, ne pas oublier les propos et incidents qui ont mis le feu aux poudres. Je ne pense pas que les jeunes ayant eu connaissances des faits, aient pu avoir le sentiment de se lancer dans un jeu vidéo en brûlant les voitures et en bravant la police. Mais plutôt un sentiment d’atteinte sûrement, de crainte sans doute, de stigmatisation c’est hors de doute.

D’autant que d’ordinaire, de la misère, de la frustration et des humiliations diverses, comme des difficultés de vie de leurs parents, les jeunes des quartiers en difficulté ont une claire conscience.

Conscience aigue et douloureuse qui ne leur donne pas l’idée de se prendre pour les rois, ni même de s’estimer supérieur à une police qui leur fait peur, bien plus qu’elle ne les excite.

Sentiment d’être les « maîtres absolus » est donc hors de propos.

Cette qualification ne reflète que les craintes de personnes ignorant, ou refusant de voir les conditions de vie, comme l’âge des jeunes et la peur du gendarme, surtout s’il est en groupe armé et décidé, comme le sont les policiers quand ils patrouillent et interviennent.

La politique ne les intéresse pas (les chiffres d’inscription sur les listes électorales restent très faibles) et du reste, la grande majorité des émeutiers était très largement mineure et ne sera donc pas concernée par les prochaines élections...

La politique intéressait-elle les sans-culottes ?..Je ne le crois pas. Ca ne les a pas empêché de faire acte politique majeur en changeant leur vie, en changeant la politique, les données politiques de l’époque.

Beaucoup d’implicite, décidément, dans ce « la politique ne les intéresse pas ». Quelle politique ? Celle des petites phrases médiatiques, du fonctionnement des corps constitués, des débats législatifs ardus, labyrinthiques, tronqués par les médias, manipulés par les partis ?..

Sans doute. Comme elle n’intéresse guère l’ensemble des français, au sens où il se sent dindon. Au sens où ils se sentent dindons, les jeunes des quartiers font de même. Et leur abscence, leur refus de ce politique-là n’est-il pas éminemment..politique ?

N’ont-ils pas conscience de leur « état inférieur » dans la société, du rejet de ceux qu’ils « sont » pour bcp de gens, des difficultés de leurs parents, de la voie de garage qui les guette ?..Je le crois. Et celà est un regard politique, cette conscience est une conscience politique au sens le plus fort.

Alors, si tu perçois bien la dérive médiatique, cher auteur, et si tu préviens justement de ses possibles dérives attendues, ta perception des jeunes de quartier et de leurs problèmes ne me semble pas différer d’un ethocentrisme de classe qui habite ceux dont tu critiques les agissements médiatiques.

Ainsi apparait un impasse qui est celui de comment analyser un phénomène avec la grille de ceux dont on prétend critiquer la manipulation, l’exploitation, la désinformation.


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe