Philippe Aigrain Philippe Aigrain 20 novembre 2006 13:15

En réponse à : <« Ce versant des trente ans de grande transformation débouche aujourd’hui sur une grave crise environnementale, sociale et humaine ». C’est vrai pour les perdants de la mondialisation (ie nous). Demandez a un chinois ou un americain ce qu’il en pense.> Ca dépend de quels chinois et plus encore de quels américains. Je ne nie pas l’existence de gagnants et de perdants au processus enclenchés par le fondamentalisme de marché, mais vous invite à les analyser avec soin dans chaque société, dans chaque ville même. Pour ce qui est de la mondialisation, elle appartient tout autant au deuxième versant, et sur ce plan, je salue les bénéfices qu’elle apporte aux chinois, indiens et brésiliens, bénéfices d’autant plus importants qu’ils ont su bien mieux que nous canaliser les effets du fondamentalisme de marché.

En réponse au  : le juste à temps est rentable parce qu’on l’a rendu tel par des politiques fiscales et sur les coûts de transport, et qu’on l’a encouragé systématiquement dans les programmes de recherche et d’innovation. Sans ces politiques, il aurait peut-être existé dans l’automobile, mais ne se serait jamais répandu comme il l’a fait à tous les secteurs. Ce n’est pas une loi de la nature, c’est même tout le contraire.

Mais pour répondre plus au fond : je ne crois pas qu’une politique des modes de production et de consommation évitera la concurrence sur les coûts de travail dans différents domaines. Elle l’atténuera, et elle permettra surtout à nos sociétés (et à celles des pays émergents) de l’aborder dans de meilleures conditions. Si vous défendez la politique du « on résoud tout, ou ne peut rien faire » vous êtes à l’opposé même de ce que je défend avec ces « leviers ».


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