Philippe Aigrain Philippe Aigrain 22 novembre 2006 09:04

Merci de cette réaction constructive et de mettre l’accent sur un point clé que j’avais prudemment contourné. Sur le fait que les premiers commentaires de l’article aient été désabusés ou animés d’un ressentiment si profond à l’égard du politique que l’idée même de le crédibiliser était rejetée : il y a je crois un effet retard du ressentiment. Alors que nous sommes entrés dans une période de reconstruction - désordonnée et turbulente effectivement - la lame de fond de la déception continue à enfler. Cela rend la période actuelle difficile et potentiellement dangereuse. Sur la bataille idéologique et la réappropriation de la diminution du travail comme bien : c’est effectivement un point essentiel. Mais cette affirmation reste inaudible par ceux et celles qui sont tout à la fois démunis d’emplois (ou d’emplois valorisés) et de la reconnaissance sociale qui continue à être indexée sur cette insertion, et plus encore par ceux qui se sentent menacés de perdre l’un et l’autre. Bien que j’aie écrit sur le revenu minimum d’existence, que je salue le potentiel de la libération de l’activité et du travail dans le sens profond de son assujettissement au salariat, je ne me sens pas d’en faire le signe de ralliement d’un nouvel optimisme tant que nous n’aurons pas su esquisser une trajectoire de transition un peu crédible. Je préfère proposer une conjonction de l’exploration de nouvelles formes de mutualisation sociales du financement des activités (très éclectiques, parfois spécialisées à un type d’activité, parfois généralistes) et de protections sociales renouvelées type sécurisation des parcours professionnels. C’est un cocktail un peu contradictoire, mais inévitable à mon sens si l’on veut passer à travers les années qui viennent sans trop de dûreté pour ceux qui les abordent à partir de situations difficiles.


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