Claude Simon Gandalf 6 janvier 2015 15:25

Il faudrait compléter votre analyse dont le but est d’améliorer l’efficience du marché du travail pour voir ce qu’il donne en terme de consommation et d’épargne. Car, si la proposition est allécheante à courte vue pour le patronnat, elle risque de l’être beaucoup moins dans un second temps.


On pourra prendre pour exemple la loi ANI, qui, facilitant les licenciements, a provoqué la destruction de 250 000 emplois en France.

On pourra se référer à l’Espagne, qui ayant réduit le salaire minimum de 20%, est passé de 22 millions d’emplois à 16 millions. Si la déduction est un peu courte, elle mérite que l’on y prête attention.

Une étude américaine (dont il faudrait retrouver la référence) datant des années 2000 dans le Massachussets a constaté que des salaires trop peu rémunérés n’encouragent pas à contracter pour ce type d’emplois.
L’emploi doit être accompagné d’une décence, sauf à dévaloriser ou dégoûter de l’activité salarié.

Rien dans votre article ne permet de protéger le salarié d’une absence de temps de travail dans le contrat. On est donc en droit de considérer que votre proposition revient à accepter, comme chez Mc Do aux US, un contrat à temps variable où le salarié se retrouve du jour au lendemain à effectuer une heure de travail tout les quinze jours.

Et, il est regrettable que les libéraux n’aient pas encore tirés les leçons du néo-libéralisme des années 90-2000. Car moins de protection en France signifie toujours plus de fonctionnaires.
Au contraire, les libéraux français devraient plutôt définir un cadre économique afin de restaurer l’entrepreunariat privée dans notre pays, en accordant aux acteurs privés, qu’ils soient salariés, entrepreneurs ou investisseurs, une marge de manoeuvre dans la mondialisation qu’ils ont imposés. Tant que les conditions économiques ne sont pas réunies. Ils ne veulent pas comprendre qu’il est stupide d’être libéral avec une autre puissance économique qui ne l’est pas (cas de la Chine, du Japon pour leurs dumpings monétaires par ex), sauf à provoquer un suicide économique. Au contraire, l’addiction idéologique, caractéristique patente en France, est de forcer sur la mauvaise soupe.

Au lieu de cela, ils proposent de tirer les normes sociales vers le bas, alors qu’une société somme toute égalitaire comme la France est mis à mal car mise en compétition avec des sociétés très inégalitaires, où quelques très riches plastronnent dans un océan de populations tiers-mondisées et d’esclaves modernes.

Sans remise en cause de la mondialisation qu’impose l’Europe, réinstauration de politiques de dévaluation compétitive, TVA sociale ou autre, toute réforme compétitive (celles là même que propose l’Allemagne à la France) sera profondément destructrice pour notre économie, qui, en l’état, ne peut que se contenter d’un déclin lent et sûr.
Les propositions libérales n’étant que d’accélérer sur le champignon de ce déclin, l’histoire économique risque de ne retenir du libéralisme que la mauvaise farce qu’il a joué au Vieux Continent au XXIème. Pour la simple et bonne raison que les libéraux mettaient en concurrence des inégalités de droits, dans le seul but de produire des marges pour leurs commanditaires.

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