njama njama 17 avril 2015 16:05

Théodose ait fait interdire tout culte qui ne soit pas celui du Christ-Roi. Cette « révolution culturelle » va conduire vers des persécutions de pratiquants de religions, auxquels le christianisme a pourtant puisé certains fondements : le culte de Mithra, de Cybelle et Attis, Sol Invictus. Une répression sur les cultes dits païens qui va durer de nombreux siècles en Occident et en Orient, accompagnée de la destruction des textes et des livres concernés, une répression sans comparaison bien plus importante et sanglante que les précédentes persécutions romaines anti-chrétiennes.

Gustave Le Bon (1884), La civilisation des Arabes : livre III (L’empire des Arabes), explique (page 79 à 81) que c’est sous Théodose que l’Egypte ancienne est mise en pièces  :

Lorsque le christianisme devint la religion officielle de Constantinople, l’empereur Théodose fit abattre, en 389, tous les temples et statues des anciens dieux de l’Égypte, et tout ce qui pouvait rappeler ces derniers. Les monuments trop solidement construits pour pouvoir être détruits facilement eurent leurs inscriptions et leurs personnages martelés.

L’Égypte est encore couverte des débris de cette fanatique dévastation. Ce fut un des plus tristes actes d’intolérance et de vandalisme qu’ait connus l’histoire. Il est regrettable d’avoir à constater qu’un des premiers actes des propagateurs de la religion nouvelle, qui venait de remplacer les anciens dieux de la Grèce et de Rome, fut la destruction de monuments que la plupart des conquérants avaient respectés depuis cinq mille ans.

Cet acte de vandalisme entraîna comme conséquence rapide l’anéantissement de la civilisation égyptienne. La science des hiéroglyphes se perdit entièrement et ne fut retrouvée que de nos jours. l’Égypte devint forcément chrétienne, mais elle tomba dans un état de décadence, qui ne fit que s’accentuer chaque jour jusqu’à l’arrivée des Arabes.

Quand la conquête de l’Égypte fut tentée par le lieutenant du deuxième successeur de Mahomet, elle avait pour maître l’empereur de Constantinople, Héraclius. Son état était des plus misérables, elle était devenue le champ de bataille de nombreuses sectes chrétiennes qui pullulaient à cette époque, s’excommuniaient réciproquement et se livraient d’éternels combats.

Ensanglantée chaque jour par les dissensions religieuses, ruinée par les exactions des gouverneurs, l’Égypte professait une haine profonde pour ses tristes maîtres, et devait recevoir comme libérateurs ceux qui l’arracheraient aux mains des empereurs de Constantinople. C’est aux Arabes que fut réservé ce rôle.
[...]

http://classiques.uqac.ca/classiques/le_bon_gustave/civilisation_des_arabes /Arabes_livre_3.pdf


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