Aaltar Aaltar 15 juillet 2015 11:39

L’analyse est relativement correcte mais au bout du prisme désigné il y a un obscurantisme de perspectives. Je détailles...

Déjà, peut être qu’il faudrait ne pas penser en rivaux acharnés, sorte d’héritage jaloux daté de plusieurs siècles qui consiste à penser que l’autre, le voisin, n’est bon que s’il est perçu et définit comme inférieur. Le poids de l’histoire des états impériaux est lourd mais toujours présent et on ne saurait consentir réellement le partage dés lors qu’une autre nation serait plus forte que nous.

Le destin européen ne serait alors vertueux que si nous arborons l’étendard du leadership ? C’est non seulement un grave erreur de prétention mais en plus ça revient à dire que nous ne croyons pas en ce que nous faisons (l’Europe) puisqu’en fait nous ne souhaitons de développement communautaire que s’il nous accorde le siège haut.

Car c’est hypocrite de reprocher à l’Allemagne sa réussite sur le plan économique sous prétexte que nous ne parvenons pas à en faire autant. Notre modèle social-généreux ne nous place même pas en compétitivité puisque jamais nous n’atteindrons les résultats de notre cousin germain. Alors quoi ? Il faut s’attendre à un combat acharner pour le leadership européen, ce dernier qui viserait à contraindre l’Allemagne pour nous laisser prendre une partie de son fauteuil ?

Quand dans les années 2000, les profondes réformes Schroeder amène l’environnement structurelle de ce qu’est l’Allemagne aujourd’hui, nous sommes encore en train de nous satisfaire béat d’être moins ennuyé qu’eux ; aujourd’hui nous allons commencer à fissurer la posture de façade en raison de leur réussite et notre latence. Au final, nous faisons naitre, renaitre, ce qui est encré dans l’histoire européenne depuis des siècles, la rivalité de nations et la renaissance des empires pourtant bien morts.

L’enjeu du siècle à venir, pour nos société occidentale et sous surveillance anglo-saxone est de forcer l’Allemagne à ne pas réussir, à faire tout ce qui est possible pour que cet acteur majeur et centrale du continent européen reste le regard vers l’ouest plutôt que prospérant vers l’est (et faisant prospérer l’est). Si d’aventure, au lieu d’être partenaires, nous faisons de l’Allemagne des rivaux, alors ils se trouveront d’autres appuis, d’autres alliés et si la Russie se substitue à notre partenariat de développement, la situation engendrée par le refus de l’Amérique à regarder l’Allemagne redevenir une super puissance fera dégénérer la stabilité/sécurité en Europe.

Construisons l’Europe avec le respect des différences de chacun et sans chercher à avoir par amoindrissement des autres l’importance qu’on ne parvient pas à avoir dans nos résultats. L’équilibre des forces est de plus en plus précaire, l’Europe de plus en plus fragilisée, si la construction communautaire devait vacillé, remettre l’adversité France/Allemagne en porte à faux c’est bien sombre que se dessinerait l’avenir...

Intellectuellement il est malhonnête de reprocher sa réussite à l’Allemagne.


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