Jérémie (---.---.152.53) 10 janvier 2007 00:02

Bonjour,

Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites. Je reprends vos paragraphes point par point (c’est une bonne idée de les avoir numérotés) :

1) On n’« absorbe » pas une langue comme on gobe une pomme. Devenir bilingue à 4-5 ans est certes plus facile qu’en étant adulte, mais il faut tout de même être immergé dans la langue. Proposez-vous un an dans une famille anglophone pour tous les 4-5 ans non-anglophones de la planète (N.B : les non-anglophones représentent 92% de l’Humanité selon le Quid) ? Non, quelques cours seulement, qui ne rendront jamais bilingue, et n’apporteront un bon niveau qu’à condition d’être en trop grand nombre pour ne pas empiéter dramatiquement sur le reste de la scolarité.

2) On ne nie pas la réalité de la domination de l’anglais, puisqu’on la critique. Le cancer, les SDF, les accidents de la route sont aussi des réalités, et ça n’en fait pas des choses auxquelles se résoudre. C’est pareil pour l’anglais : en quoi le fait que c’est une réalité est-il une bonne raison pour que cela ne change pas ? Et n’y a-t-il pas au contraire de bonnes raisons pour faire évoluer la situation, par exemple avec une « réforme » européenne (le mot est à la mode) ?

Vous ne semblez pas mesurer l’ampleur du caractère injuste de la domination de l’anglais, et notamment sur le place économique et culturel. Pendant que vous voulez rendre l’anglais obligatoire en France (il l’est déjà « de facto », soit dit en passant), que font les petits anglais, américains, australiens ? Ils se concentrent sur les matières « de fond » (sciences, littérature, humanités, etc.) où ils excelleront donc davantage, tout en étant ô combien meilleurs en anglais que les autres... Super système ! Le rapport Grin (que je vous invite à lire, j’ai mis le lien avec ce message) établi pour le Haut commissariat à l’éducation, montre que l’économie britannique gagne environ 18 milliards € par an grâce à la domination sa langue... Pas étonnant qu’ils aient, comme les Américains, des moyens pour la recherche, puisqu’ils en consacrent moins aux langues, alors que nous sommes sommés de faire des efforts en anglais, pour faire perdurer une situation qui nous désavantage pourtant !

Pour communiquer avec le reste du monde, l’espéranto serait plus efficient et plus juste que l’anglais, parce qu’il est neutre, lui, et beaucoup plus facile d’apprentissage. C’est ça la réalité, et c’est vous qui la niez, sans doute par désinformation et préjugés, comme tout le monde ou presque.


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