Clark Kent Jeussey de Sourcesûre 12 avril 2017 09:14

Vercingetorix partage avec Jeanne d’Arc le pinacle du panthéon républicain structuré par Lavisse et qui avait pour but de réconcilier dans une mythologie à moitié réelle, à moitié fabriquée, les composantes d’une jeune nation géographiquement et historiquement disparates.

Inutile de pinailler sur le folklore, des moustaches et de cheveux longs qui sont autant de contre-sens et interprétations oiseuses qui mettent la représentation connue à travers la statue au rang des accessoires de péplums à petit budget.

Ce qui est plus intéressant est le nom. Ce n’est d’ailleurs pas un nom, mais un titre qui signifie « Grand roi des guerriers ») composé :

-  de ver- (« grand »), du proto-celte uer (« sur, dessus »), lié au germanique über, du proto-indo-européen upo (« sur, dessus »)  ;

-  de cingeto- (« guerrier, brave »), peut-être lié au proto-germanique ginxti-z (« aller, marcher »), du proto-indo-européen g’hengh- (« marcher ») ;

-  et de rix (« roi ») → voir rex en latin (« chef, roi »).

César nommait ainsi les chefs de ses adversaires dans la guerre des Gaules, contre plusieurs peuples, même si le dernier combat avait réuni des groupes hétérogènes, comme la bataille de Wounded Knee. Le personnage mythique développé par les idéologues Napoléon III, puis ceux qui ont fabriqué le catéchisme des hussards noirs, est donc le condensé de plusieurs personnes ayant des physiques et des caractères différents, et il n’est pas étonnant de trouver des éléments contradictoires dans des textes qui croient parler d’un seul héros alors qu’ils ne font qu’évoquer plusieurs chefs de plusieurs tribus.


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