Onecinikiou 28 avril 2017 18:22

@Aimé FAY


14,5% de ce que les ménages français consomment est importé M. FAY (Insee, Enquête budget des ménages, calculs OFCE), revoyez par conséquent vos arguties fallacieuses. 

Une dévaluation, ou une dépréciation si vous préférez, de 10% environ d’un Franc nouvellement réintroduit correspondant à la compétitivité de l’appareil productif français (écart de compétitivité par rapport au court pivot de l’€, tel que l’OCDE l’évalue dans son rapport d’août 2016), s’appliquerait ainsi sur seulement moins d’un 1/6 de ce que les Français consomment quotidiennement. 

Il n’y a rien là de catastrophique ou d’intolérable, surtout en contre-partie des gains escomptés en terme d’augmentation de nos exportations et conséquemment de rééquilibrage de notre balance commerciale, en déficit chronique depuis l’avènement de la monnaie unique. 

Il ne peut y avoir d’ailleurs d’amélioration substantielle et durable de nos comptes publics, de résorption de nos déficit et endettement souverains, SANS rééquilibrage de ladite balance courante (relation de causalité entre les déficits jumeaux). 

Concernant plus spécifiquement l’euro, la seule condition de viabilité d’une monnaie commune chapeautant des économies disparates de pays dont la compétitivité diverge dans le temps (cas de la zone euro) est un transfert massif de fond consenti par les pays à haut niveau de compétitivité et qui engrange des excédents de leur balance courante, vers les pays à moindre compétitivité et qui cumulent les déficits. Sapir valu ces transfert typiquement de l’Allemagne vers les pays du sud de l’Europe à 10% du PIB Allemand, soit plus de 300 milliards d’€. 

C’est la condition sine qua non permettant à toute zone monétaire de correspondre aux critères (encore une fois de viabilité) d’une zone monétaire optimale telle que théorisée par Mundell.

Cet effort ne sera jamais consenti par le peuple allemand pour la simple et bonne raison, et ici l’économisme des crânes d’oeufs dans votre genre (sans vision politique aucune) rejoignant la grande politique et sinon l’anthropologie des éminents hommes d’Etat, qu’une monnaie c’est avant toute chose une nation et un peuple. C’est un principe de solidarité, c’est un sentiment d’appartenance. Or il n’y a pas de peuple européen, mais des peuples en Europe ! La nuance est ici fondamentale.

Ainsi les Américains ou les Allemands trouvent tout à fait normal que le budget de leur Etat fédéral redistribue l’argent collecté par les impôts entre les zones (Etat/Lander) en croissance vers celles en crise. Mais ils ne le toléreraient certainement pas si cela devait concerner des zones situées au-delà de leurs frontières géographiques respectives, au bénéfice de ce qu’ils estimeraient être des étrangers. 

Ainsi, ces transferts étant purement illusoires puisque la condition d’une intégration politique infiniment plus avancée n’est pas réunie pour les raisons évoquées (essentiellement politiques, et en rien économiques), la zone monétaire européenne demeure non optimale, et ne pourra qu’imploser à terme. C’est parfaitement inéluctable, malgré toutes vos dénégations et vos artifices rhétoriques. 

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