Legestr glaz Ar zen 20 juin 2017 08:49

@Ar zen

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le jour de gloire de Joseph Retinger prend forme lors d’un discours prononcé le 7 mai 1946 à Chatham House, think tank de la politique étrangère britannique créé par son ami Lionel Curtis. Il défend le principe de l’unification politique du Vieux Continent. Dès lors, tout se précipite. En 1946, il est « l’initiateur », selon les termes officiels, de la Ligue européenne de coopération économique (LECE) se définissant comme « un groupe de pression intellectuelle ». Réunissant de nombreux responsables industriels et financiers, la LECE promeut l’intégration monétaire ou l’organisation des transports aboutissant à une Europe fédérée. Bénéficiant de relais nationaux, la LECE France fut présidée dès sa création par Edmond Giscard d’Estaing qui fut signataire des deux Déclarations de l’unité atlantique en 1954 et 1962.

Cherchant à fédérer les différents mouvements fédéralistes européens, Retinger organise le Congrès de la Haye en mai 1948 sous l’égide de W. Churchill. Il lance ainsi le processus de la construction européenne. Dans la foulée de ce congrès, le Mouvement européen est créé en octobre 1948 sous la présidence de Duncan Sandys, gendre de Winston Churchill. Ce mouvement joue un rôle important dans la création du Conseil de l’Europe et du Collège européen de Bruges (formation des futurs fonctionnaires de l’UE). Retinger pilote l’ensemble en étant le secrétaire général du mouvement tandis que son alter ego voit le jour aux États-Unis avec la création du Comité américain pour une Europe unie (ACUE) en janvier 1949. Les services secrets américains (OSS, devenu CIA) dirigent ce comité : William Donovan (signataire de la Déclaration pour l’unité atlantique en 1954), Allan Dulles et Thomas Braden . Précisons que l’ACUE finance largement le Mouvement européen. Enfin, Retinger parachève son action en créant le Bilderberg, qui voit le jour en 1954 et dont la finalité est le resserrement des liens euro-atlantiques.

Józef Retinger meurt à Londres d’un cancer des poumons en 1960. Il laisse derrière lui une « œuvre » qui explique largement la dissolution en cours des nations dans le parachèvement du marché transatlantique.



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