Philippe VERGNES 9 mars 2018 20:19

@ arthes,


Désolé, j’ai mal compris ce que vous me demandiez sur la relation p.n. / sociopathe. Toutefois, en répondant à côté de la plaque, j’ai tout de même soulevé le problème des étiquettes et de leur compréhension... ou incompréhension. D’où la nécessité des « polyconceptualistes monotechniciens » tel qu’Henir Laborit a pu le souligner. Il s’agit de permettre de créer des ponts interdisciplinaires.

Ceci dit, le couple p.n./sociopathe... ben, c’est le couple p.n./p.n. ou bien p.n./paranoïaque (pour parler selon les références d’un même courant de pensée). Cela correspond à ce que j’en ai déjà en parlant plus haut du couple Bonnie & Clide. Ou si vous vous référez à une approche TCC, ce serait le couple psychopathe/psychopathe.

Je vous rejoins sur les étiquettes et c’est bien la raison pour laquelle nous devons redéfinir les règles du langage comme a pu le faire A. Korzybski pour parvenir à se comprendre. D’où la nécessité d’un dialogue entre les différentes parties pour parvenir à se « synchroniser » dans nos échanges. (L’empathie aide indubitablement... et ceux qui en manquent sont nécessairement « handicapés » à ce niveau-là.)

Sur la femme battue et le p.n., pour certains psys, le p.n. n’en vient pas à la violence physique et celui qui devient violent, c’est le paranoïaque. Mais entre les deux la différence est si maigre, qu’un p.n. peut facilement « décompenser » en paranoïa, s’il sent sa « proie » lui échapper.C’est d’ailleurs bien souvent ce qui se passe. Il y a une « dérive psychopathologique ». Cela suit un continuum très bien mis à jour par Racamier. Avec ces conceptions, on sort de la représentation par « étiquette » pour admettre qu’un individu peut très bien évoluer dans un sens ou dans l’autre (celui de la santé mentale ou bien celui de la « maladie mentale »). Ce qui implique qu’on travaille ensuite sur les processus qui mènent à l’un ou à l’autre. C’est pour moi une démarche plus « saine » que l’étiquetage, pourtant nécessaire dans nos échanges pour partager nos idées.

Cela dit, sur la question sacrificielle, après quelques recherches suite à notre discussion, je viens de tomber sur un article tout récent qui détaille bien les problèmes auxquels je suis confronté sur cette problématique depuis des années (quelle magnifique synchronicité). Il se pourrait qu’il vous permette de mieux « verbaliser » le truc de votre côté. Outre le fait qu’il détaille bien les difficultés que nous avons évoquées, il expose une autre origine aux sacrifices que celle du « bouc émissaire » et de l’expiation d’une faute. Confirmant ainsi qu’il serait utile de réaliser une typologie du sacrifice. De plus, cet article ne cite qu’un seul auteur qui s’est sérieusement penché sur le problème, il s’agit de George Bataille et de son essai La part maudite. Article très intéressant qui souligne à quel point la tâche est hardie. Il y est aussi question de la « perversification » (perversion, détournement) du sacrifice. Comme quoi !

Moralité, il va me falloir lire George Bataille et je ne serais jamais tombé sur cette référence si nous n’avions pas eu cette discussion. smiley

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