Antoine 10 mai 2018 11:00

@arthes
J’utilise le mot œdipe parce que c’est le seul que j’ai et qu’il me convient mais dans une acception plus large que celle de Freud.

J’ai évoqué le chapitre 2 de la Genèse comme une allégorie de l’œdipe, on peut dire qu’il s’agit en quelque sorte de la deuxième naissance de l’homme, à minima d’une naissance psychique au cours duquel l’enfant se découvre comme un être sexué. 
Le tout-petit vit dans un monde centré sur lui dans lequel il est tout puissant. Quand il a faim, on lui donne à manger, s’il a envie de chier il chie, s’il veut crier il crie, il fait donc tout ce qu’il veut puisqu’en dehors de manger, de chier et de crier il n’y a pas d’autres choses qu’il veut. Si dormir et rêver. les choses de la vie font que ce rêve se brise. 
Sur le plan psychique, le tout-petit n’est pas différencié sexuellement, c’est lorsque qu’intervient l’œdipe, avec en arrière fond le rejet de la mère, que l’esprit humain se déchire, en occultant les qualité propre à l’autre sexe. De tout-puissant, il devient petit garçon, clivé, meurtri, devant accepter le sort lié à son sexe.
L’œdipe est une blessure, une déchirure, mais une déchirure fondatrice, puisque c’est elle qui structure l’esprit humain, c’est à ce moment là que se forme l’homosexualité ou la perversion.
C’est à ce moment que se construit notre rapport à l’autre, que l’on entre dans le monde humain. C’est un moment aussi important pour l’homme que le moment où il sort du ventre de la femme, puisque c’est ici qu’il acquière un esprit propre qui lui permettra d’accéder à l’autonomie d’abord puis à la liberté.

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