kalachnikov kalachnikov 14 mai 2018 15:01

@ arthes

Bon, je n’ai nullement préconisé que les parents se livrent à des explicitations à leurs bambins.

Ce qui est important, crucial, c’est en fait la justification, donnée à cette frustration (qui est une souffrance, un déplaisir), le sens que socialement on lui donne car cela a un impact sur son devenir.

Voilà les justifications historiquement données si l’on résume l’interdit à ’tu dois’ ou ’tu ne dois pas’.

Au premier temps, comme je l’ai dit, la morale a une visée pratique. Il s’agit d’observer la règle édictée parce que le manquement entraîne des conséquences fâcheuses, de type surnaturel. on vise à éviter la dégradation, ou plus sûrement la reproduction de la dégradation car on vit la survenue de la conscience comme une perte (Chute, expulsion de l’Eden antécédent, souffrance).

Chez les peuplades premières ou dites primitives (sic), y compris jusqu’à l’époque moderne, la pensée est très proche de celle originelle. La plupart du temps, ces peuplades vivent avec l’idée que le Grand Ancêtre ou les Ancêtres (terme à ne pas entendre comme ascendant biologique mais au sens d’initiateur, d’inaugurateur, de premier né) a livré le monde clefs en main et que l’objet est de maintenir parfait ce don reçu en des temps immémoriaux. Tout changement, toute modification, toute transgression entraîne la possibilité de mettre fin au monde.

On entre ensuite dans l’ère morale, où à la notion de sacré et profane, on substitue celle de bien et de mal. ’tu dois parce que Dieu’ et évidemment dieu est un terroriste qui récompense ou donne du fouet.

On entre ensuite dans l’ère rationnelle où la chimère dieu ayant été démolie, le ’tu dois’ se limite à un pseudo impératif catégorique ou à un vide (’tu dois parce que, et ferme-là’).

Est-il compliqué de déterminer dans ces postures celles où l’intelligence et l’humilité gouvernent et celles où la sottise à l’absurdité le dispute ? Celles où l’Homme s’inscrit dans le Monde et la Nature et celles où Il vagit dans un espace qui normalement n’existe pas et qu’on peut appeler Néant ?

Est-il compliqué également de déduire comment l’individu, qui même devenu un animal rationnel demeure avant tout un animal intuitif, peut vivre cela ? Que notre époque soit nihiliste, que les individus soient nihilistes n’a rien d’hasardeux.

Et bref, l’enjeu n’est pas du tout de révéler le mystère de la sexualité mais tout au contraire de donner un sens nouveau à ce mystère, un sens qui grandit l’individu et par conséquent grandit l’Humanité (l’être humain). Quelque chose comme : ’cette souffrance est terrible mais elle est nécessaire car elle est la condition, la nécessité pour que tu deviennes plus beau, plus grand’.  
 


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