tiers_inclus tiers_inclus 26 septembre 2018 23:31

« l y a dans ces quelques formules toute l’explication du caractère réellement nocif de la philosophie schopenhauerienne »

Pour faire court, vous n’avez pas compris Schopenhauer. Notamment, sa philosophie n’invite personne au suicide bien au contraire. Son constat est l’apparition de la souffrance à cause de la « volonté » forcément déçue, ses remèdes étant l’esprit de l’art, la compassion, l’extinction de son vivant de cette volonté. En revanche il pose la question : cela vaut-il la peine d’être né ?

Quant à l’absence de transcendance, il évoque son inatteignabilité et rappelle à la manière de Wittgenstein les limites de l’entendement et du dicible. Rien de nocif ici, on retrouve la pensée bouddhiste, qui ne prône pas non plus le suicide car fuir une illusion c’est l’entériner.

Le bouddhisme offre une libération ultime dans l’extinction du karma que l’on peut apparenter à la volonté de Schopenhauer. Et cette libération, le nirvana donc, n’est pas non plus transcendantale, car inaccessible, c’est pour cela que Bouddha se tait à un moment.
Elle n’est pas transcendantale car elle n’est ni intérieure, ni extérieure.

De la même manière les expériences « mystiques » de rencontre de Dieu, ou de chaleur universelle, que l’on peut éprouver dans la méditation restent des illusions, des leurres et pourtant elles ont la saveur transcendantale.

Elles sont encore immanentes. Les remèdes proposés par Schopenhauer sont apparentés à ceux proposés par le bouddhisme, la différence étant que Schopenhauer n’offre pas la perspective du nirvana ou d’une quelconque libération, mais mener une vie, une orthopraxie schopenhauerienne peut d’un point de vue bouddhiste conduire à cette libération.

Toujours rien de nocif ici.


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe