Temps Futur 20 mars 2007 14:07

Le ton de votre article et son contenu sont de nature à prolonger une fausse et dangereuse démonstration : il y aurait en France que des Français à part entière, ayant les mêmes droits - oui - les mêmes devoirs - oui - et donc qui seraient ’républicainement’ identiques - oui.

Mais ces trois affirmations masquent une réalité : ces Français ont des différences dont notre système politique ne tient pas compte parce que nous n’avons pas une réelle expérience, la culture, de cette vie nouvelle qui est porteuse d’espoir pour les uns et d’apprentissages délicats ou conflictuels pour les autres.

Parmi ces différences la plus importante est celle que fuient le plus souvent nos hommes politiques : la religion des uns et celles des autres, non pas que la théologie de l’une dérangerait celle des autres, non les différences sont ailleurs, dans des aspects plus ordinaires, moins savants pour ceux qui les vivent, celui des cultures qui leur sont associées, du mode de vie qu’elles supposent.

Nous l’avons vécu avec le voile islamique. Le ’contenant’ efface le contenu.

La vision de l’autre pose problème. Le nier prépare mal l’avenir. Il n’y a pas d’impasse possible.

La France a une longue expérience de l’immigration disent les défenseurs d’une politique généreuse, dont on discerne mal les limites, l’utopie en a-t-elle ? C’est vrai, prenez l’annuaire des communes de nos départements frontaliers, ceux du Sud particulièrement. Les noms sont là pour attester du succès, pour peu que l’oubli des insultes et des comportements d’un autre temps ait envahi nos mémoires.

Mais on ne peut ignorer, le taire, que le premier facteur, le vecteur essentiel, majeur d’intégration de ces Italiens, Espagnols, Portugais fut la religion catholique. Que la messe en latin, que l’on ne comprenait pas, était le lieu d’une union qui dépassait les frontières comme elles sont à nouveau dépassées aujourd’hui par d’autres religions. C’est dans nos églises, alors pleines à craquer, les femmes la tête couverte (!) d’un côté, les hommes de l’autre, la femme venant d’accoucher y étant interdite ou dans le meilleur des cas acceptée vêtue de noir, que se sont sentis à l’aise, reçus, acceptés ces immigrés du sud de l’Europe.

Ce qui fit de la France une autre nation à travers cette puissante identité culturelle, l’entraine aujourd’hui vers d’autres horizons. Incertains.

Voir la différence, la découvrir, l’apprendre, l’accepter tel est l’enjeu, qui dépasse tous les autres. Ce défi qu’à choisi la France doit être relevé, l’intégration des uns et des autres réussie, sans délai, alors que tout porte à croire qu’il faudra plusieurs générations pour y parvenir.

Où irait le temps qui passe si nous ne décidions pas de prendre notre destin en mains.

Nous devons vivre en France ensemble alors que nos racines sont profondément ancrées ici ou là. Et le resteront.

Nicolas SARKOZY propose de changer l’approche du problème, espérons avec lui que nous finirons par poser, en la matière, les bonnes questions avant de formuler des réponses que voudraient prolonger des politiques qui ont pour l’instant conduit notre pays au bord du désastre civil.

Si comme moi vous n’avez pas oublié, si comme moi vous avez profondément eu peur lors du drame des banlieues, par pour nous, pour la France, alors osez affronter le changement.

Gerald JAMPOSKY, un psychiatre américain, disait ’ Nous ne pouvons pas toujours changer le monde, mais nous pouvons changer d’idée’.

Et en changeant d’idée pourrons nous peut-être commencer à avoir l’idée de changer NOTRE pays.


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